Publié dans Réflexion

Le débat éternel du Québec : la laïcité et la neutralité de l’État

Avec l’élection de la CAQ, en octobre 2018, le débat sur la laïcité et la neutralité de l’État. Il est donc important d’aborder la question, car ce n’est pas tout le monde qui comprend la nuance entre laïcité et neutralité de l’État. On va essayer de comprendre cette différence.

La laïcité de l’État

 

Selon le Larousse 2018, la laïcité est le caractère de ce qui est indépendant des conceptions religieuses existantes. Dans le cas qui nous concerne ici, c’est aussi la séparation entre l’État et la religion. Ce qui existe au Québec depuis longtemps. Les boomers et leurs parents s’en souviendront davantage que les plus jeunes, mais la Révolution tranquille des années 60, qui a tant changé le Québec, touchait la séparation entre l’État et l’Église. Donc, pour ceux nés après 1970, ils n’ont assurément pas connu l’union des deux. Ce n’était pas le seul changement, mais c’en était un très important au point de vue social et religieux. La désertion de l’Église s’est fait sentir peu de temps après. Jeune, le dimanche, j’allais à la messe, dans les années 80. Il n’y avait pas tant de monde que ça.

 

La neutralité de l’État

 

Selon un document de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, on entend dire souvent que l’État québécois devrait reconnaître la neutralité de l’État. Mais dans la réalité… le principe de la neutralité de l’État existe déjà. C’est un droit tout comme la liberté religieuse. Les deux sont garantis par la Charte des droits et libertés de la personne. En fait, la neutralité de l’État découle de deux articles de cette Charte. L’article 3 mentionne les libertés fondamentales des Québécois. Cela comprend la liberté de conscience et de religion. Aussi, l’article 10 interdit toute discrimination basée sur la religion.

Mais pourquoi être neutre ?

 

La neutralité de l’État signifie que le Gouvernement ne doit pas favoriser une religion ou une autre. Comme c’est le cas avec l’Islam depuis les dernières années. Toujours selon la Commission, L’État demeure neutre par rapport aux religions. Cela permet de montrer l’exemple dans le fait de pouvoir choisir de pratiquer une religion ou non. En prenant des gens issus de différentes communautés religieuses, cela permet aussi d’éviter toutes discriminations en matière de religion. D’ailleurs, la prière à l’Assemblée nationale n’est plus récitée depuis 1976, par respect pour ceux qui ne sont pas catholiques. Par contre, lorsqu’il est question du crucifix par exemple… Le sujet est plus délicat et le patrimoine religieux l’emporte facilement.

La petite histoire du crucifix de l’Assemblée nationale

 

Pourtant, le crucifix actuel est en place dans le salon bleu, l’a où siège les députés, depuis 1982. Celui installé par Duplessis en 1936 n’étant pas en fonction depuis belle lurette, car il est introuvable. Du moins, l’un des deux que Duplessis a mis à l’Assemblée. Il y en avait un dans le salon rouge, là où il y a les assermentations notamment. Du moins, c’est ce que Radio-Canada affirme. Il faut dire que l’édifice qui abrite le Parlement du Québec a été construit entre 1877 et 1886. Les crucifix de Duplessis sont donc arrivés 50 ans après sa construction.

 

 

Neutralité, impartialité… La différence ?

 

En fait, selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, ce sont les institutions qui doivent être neutres. Pas les individus. Par contre, ces derniers doivent être impartiaux. La différence entre les deux ? La neutralité c’est l’état de quelqu’un qui reste neutre par rapport à une situation, qui reste à l’écart d’un conflit. L’impartialité est le fait de ne pas favoriser une partie plus qu’une autre. Il n’y a pas de parti pris. L’un s’implique dans un processus, l’autre non.

 

Le port de signes religieux au sein de l’État

 

Donc, un employé portant un signe religieux peut avoir un poste dans une entreprise étatique. Par contre, il ne peut pas vendre la religion qu’il pratique aux personnes qu’il rencontre. Le port d’un signe religieux n’adhère pas au principe du prosélytisme et n’empêche pas personne d’accomplir son travail en toute impartialité.

L’État ne peut exiger de quelqu’un d’enlever son voile ou sa kippa en raison de la neutralité religieuse. Comme il a été mentionné plutôt, la neutralité de l’État par rapport à la religion est présente dans la Charte des droits et libertés du Québec. Donc, une personne portant un signe considéré comme ostentatoire par l’État peut quand même travailler pour le Gouvernement… à moins de changer la loi. Mais ce n’est pas donné tout de suite.

Bref, même si les politiciens essaient de toujours de nous faire peur avec des projets de loi, je ne crois pas qu’un jour, ils réussissent à faire quoi que ce soit. Premièrement, parce que les lois protègent le peuple. Mais aussi parce qu’ils n’ont visiblement pas compris que les minorités culturelles sont capables de se battre et continueront de le faire pour s’assurer d’un meilleur vivre-ensemble. Au lieu de causer le trouble au sein de la population, les politiciens devraient encourager les initiatives qui prônent les rencontres et l’ouverture à l’autre. L’éducation restera toujours la meilleure arme.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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