Publié dans Réflexion

LA VIOLENCE FAMILIALE : PLACE À LA MOBILISATION

On le sait, la violence conjugale ou familiale, bien que discrète, fait partie du quotidien de bien des gens. Elle peut prendre plusieurs formes et être subie à toute âge. La grande majorité des victimes est féminine (78% en 2015) mais les hommes peuvent l’être aussi. Il faut dire que plusieurs facteurs sont susceptibles d’influencer le comportement violent et que la culture n’a rien à voir avec la violence. Oui, il y a des communautés qui ont le sang plus chaud que d’autres, mais il ne faut pas généraliser. Le 24 juin dernier, j’ai assisté à une conférence sur le sujet. Il était principalement question de la perspective islamique. Ce qui m’a permis de confirmer certaines idées que je m’étais faite de l’Islam. L’atelier était offert en collaboration avec Déf’illes et des ailes et le Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM). L’idée derrière cette activité était d’aller chercher la participation des hommes, mais peu se sont présentés.

Mobiliser les hommes à la violence familiale, mais pourquoi ?

Parce que la violence au sein d’une famille, c’est une problématique où, dans la très grande majorité des cas, il y a un homme d’impliquer. Que ce soit le père, le frère, un oncle ou un conjoint. Il faut donc les sensibiliser à la manière de se comporter avec leur entourage féminin. Par contre, les hommes peuvent être victime de violence familiale. En moins grand nombre, évidemment, mais ils peuvent l’être. Il est donc primordial de leur permettre de s’exprimer sur le sujet. Par exemple, le CCFM mentionne un rapport du projet Sakinah où sur 800 entrevues 31% des femmes musulmanes sont victimes de violence physique dans leur couple. Et ça, c’est celles qui affirment l’être. Au Québec, en 2015, près du tiers des infractions criminelles sont issues d’un contexte familiale. Donc, on peut constater, que ce n’est pas une question de culture, mais une question d’éducation

Pourquoi la violence familiale ?

En fait, il y a plusieurs raisons. Mais ces dernières poussent à la création d’inégalités qui se forgent graduellement à la maison. Les égalités font place au contrôle et au pouvoir. Ce qui n’aide pas aux relations familiales. En fait, il existe deux roues qui expliquent qu’est-ce qu’une relation saine en rapport à une relation malsaine. Dans une relation saine, évidemment, il n’y a pas de violence. On y retrouve le respect de l’autre, aucun comportement menaçant, de la confiance et les responsabilités sont partagées. Tous les membres de la famille participent donc selon leur capacité. Par contre, dans une relation où il y a un déséquilibre, ce n’est pas ce qui est vécu. La personne qui a le contrôle dans la maison va utiliser des menaces de toutes sortes pour créer un climat malsain. Comme le fait de la quitter la personne, de se suicider ou de s’en prendre aux enfants. Il peut y avoir de l’intimidation, de l’isolement ou autres comportements néfastes.

Photo (c) Myrianne Lemay
Photo (c) Myrianne Lemay

Les raisons

Je vous parlais du fait qu’il y ait plusieurs raisons qui poussent à un déséquilibre de pouvoir. Il a la conception du patriarcat, de ce qu’est un couple, l’éducation reçue, des traumatismes, l’image que l’on a de soi, etc. Bref, chaque personne à son historique qui fait ce qu’elle est. Cela ne veut pas dire qu’elle est une mauvaise personne, mais il y a quelque chose en elle qui doit être réglé.

La violence familiale et l’écoute active

Habituellement, quand on interagit avec les gens, on communique avec notre corps. Lorsqu’on est attentif ou non à ce qui se passe autour de nous, cela parait. Les gens autour de nous le ressentent même si ce n’est pas verbaliser. Lorsque quelqu’un utilise l’écoute active et est axé sur le présent, l’attitude corporelle le démontre. La personne va vous regarder et prendre en considération ce qui vous dite. Qu’importe la position (assis ou debout) il y a une ouverture, une tranquillité qui se dégage de la personne qui écoute. On sent sa présence, même si on s’occupe à autre chose. Quelqu’un qui n’est pas présent intellectuellement parlant, n’aura pas cette ouverture, cette possibilité d’échange. Le cerveau et le cœur n’y sont pas. Ce qui rend difficile toute communication et résolution de problèmes. Et on le sait, pour communiquer, non seulement la parole est importante, mais l’écoute l’est aussi.

Photo (c) Myrianne Lemay

La violence familiale et la documentation du CCFM

Photo (c) Myrianne Lemay
Photo (c) Myrianne Lemay

Le CCFm a créé en 2016 une documentation concernant la violence familiale. La documentation est très bien faite. Il y a deux cahiers qui ont comme thématique la mobilisation des hommes et des garçons pour mettre fin à la violence familiale. Le premier est une trousse d’animation ayant quatre thématiques :

  1. Désapprendre le patriarcat et explorer les liens à la violence envers les femmes et les filles
  2. Remettre en question les normes et les stéréotypes sexospécifiques
  3. Promouvoir les relations saines
  4. Stratégies d’intervention efficaces

Il comprend aussi des guides et des feuillets à l’intention des animateurs. Le deuxième document est la perceptive islamique du programme de mobilisation. Donc, ceux et celles qui interviennent auprès des couples musulmans peuvent se fier à ce livret, car il y est question du Coran, des hadiths et de tout ce qui est relatif à l’islam. Je vous conseille vraiment d’aller le télécharger si vous travaillez avec cette clientèle.

Pour en savoir plus

La campagne du ruban blanc : www.whiteribon.ca

SOS Violence Conjugale : www.violenceconjugale.ca

Pour télécharger la documentation du Conseil canadien des femmes musulmanes : www.ccmw.com/violence-against-women-health-and-justice-for-canandian-muslim-women/ (en date du 22 octobre 2018, le lien n’est pas fonctionnel. Je ne sais pas s’il sera de nouveau fonctionnel.)

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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