Publié dans Femmes, immigration, Réflexion

La violence faite aux femmes : la culture

On le sait, la violence faite aux femmes est sujet délicat. Mais qu’en est-il lorsque les femmes vivent de la violence et qu’elles sont issues de l’immigration ? C’est déjà difficile lorsque l’on connaît les ressources et que la langue parlée de la société est notre langue maternelle. Et encore là ! C’est ce qu’aborde le document que Pamela Cross a réalisé en 2013 pour le Conseil Canadien des femmes musulmanes. Il traite de La violence à l’égard des femmes santé et justice pour les femmes musulmanes canadiennes. Il s’agit d’une série d’articles décrivant le contexte culturel de la violence.

La violence faite aux femmes, le contexte culturel

Dès l’introduction, il est mentionné que la violence envers les femmes existe partout, qu’importe la communauté à laquelle on appartient. Cette violence peut être physique, psychologique ou sexuelle, et se fait autant en privé qu’en public. La violence se faite par les conjoints, les parents, les enfants, mais aussi par des camarades d’école, des collègues de travail, des chefs religieux et même des gouvernements. Mais la violence faite aux femmes porte plusieurs noms, mais aucun n’est assez nuancé pour s’assurer que la violence soit bien comprise par ceux qui ne la subissent pas. Dans certaines communautés, la violence peut être faite aussi par les femmes de la famille. Ce n’est donc pas que l’apanage des hommes. Il s’agit souvent des belles-mères qui maltraitent leurs brus. Mais l’inverse existe aussi.

La violence faite aux femmes, les différences culturelles

Dans une société comme celle du Canada, il parait difficile pour les femmes musulmanes de trouver l’aide nécessaire. La société d’origine et celle d’accueil sont diamétralement opposées. La société d’origine est davantage communautaire et au Canada, nous sommes plus individualistes. L’approche individuelle est difficilement acceptable pour de nombreuses femmes qui préfèrent refuser l’aide qui leur est offerte qui est axée sur le vécu unique de la femme et sans considérer son contexte de vie. Dans les communautés musulmanes, plus collectives, les intérêts du groupe ont plus de poids. La famille passe donc avec l’intérêt personnel. Les femmes chercheront davantage à être en sécurité au sein de leurs familles au lieu d’en sortir.

La violence faite aux femmes, un portrait

Utiliser que des statistiques pour analyser la violence faite aux femmes n’est pas assez. La complexité de la problématique ainsi que ses nuances ne se lisent pas à la lecture des chiffres. Par contre, en 2010, selon Statistique Canada, 25% des victimes de violence sont des cas de violence familiale. Les femmes, principalement celles entre 25 et 34 ans, sont deux fois plus à risque que les hommes d’en être victimes. La violence conjugale à un coût. 56% des cas de violence familiale ont donné lieu à des accusations ou au moins à une recommandation à le faire. En fait, la majorité des hommes (65%) accusés d’homicide ont des antécédents judiciaires en matière de violence conjugale. En 2009, Statistique Canada estima à 7.4 milliards de dollars ce coût qui comprend les divers services perçus par les familles (police, soin de santé, sécurité, avocat, enterrements, etc.)

La violence faite aux femmes, la vulnérabilité

Mais les immigrantes sont en situation de vulnérabilités : du fait qu’il y a plusieurs défis à relever lorsque l’on est immigrant (les lois, le manque de réseau social, l’isolation sociale, la langue, etc.). Les musulmanes, qu’importe le moment de l’arrivée au Canada, elles vivent de multiples formes de violence. Les nouvelles arrivantes le sont davantage que les autres en raison de l’isolation sociale qu’elles vivent lors de leur arrivée au Québec. Mais il y a plusieurs défis auxquels elles font face, comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, les discriminations et le manque d’argent.

La violence faite aux femmes, ses formes

Mais il existe d’autres formes de violence que subissent les femmes musulmanes qui sont liées à la culture ou à des traditions ancestrales. Et il y a une réticence de la part de la communauté musulmane à parler de ce qu’elle vit avec cette problématique. Il faut dire que de nombreux préjugés existent envers la communauté et le fait d’en parler publiquement peut faire en sorte de les alimenter. Donc, bon nombre de musulmans gardent le silence pour ne pas envenimer la situation. Le phénomène semble se répandre du côté des non-musulmans. Malgré les bonnes intentions, ils ne veulent pas se voir accuser de racisme. La notion du relativisme culturel peut cautionner le silence des communautés musulmanes face la violence.

La violence faite aux femmes, les obstacles

Il y a plusieurs obstacles lorsqu’une femme, musulmane ou non, souhaite quitter une relation abusive. Par exemple, le fait de continuer à aimer le partenaire, les rôles genrés au sein du mariage et de la famille, manque de ressources, l’ignorance des femmes quant aux services offerts, etc. Mais plusieurs facteurs sont à considérer dans la décision de partir ou non. Comme le fait que la violence peut s’intensifier, le père peut demander la garde des enfants et quitter le pays, le manque de ressources, de soutien social, la violence est-elle réelle, etc.

Les ressources

Il est important de dire qu’elles ne sont pas responsables du fait de ne pas trouver les ressources nécessaires. La problématique démontre clairement le manque de ressources des services communautaires à bien les sensibiliser aux activités offertes.

Le milieu

Le plus grand obstacle pour les femmes musulmanes est de se retrouver dans un milieu non musulman. Cela peut entraîner la perte de leur identité religieuse et du sentiment d’appartenance à la communauté. Natalie Sokolov dit que de : « présumer que les femmes se déferont de leur héritage culturel aussi facilement que de leur résidence est un manque de respect envers l’existence même des femmes.»

L’identité religieuse

Par contre, les femmes musulmanes ont des difficultés supplémentaires qui leur sont propres. Comme le fait de perdre leurs identités religieuse ou culturelle si elle quitte une situation malsaine. Le barrage le plus important c’est l’attitude raciste et l’ignorance culturelle des différentes institutions œuvrant auprès d’elles.

Le racisme

Il est question aussi du fait que, pour Baobaid et Hamed, les femmes musulmanes sont sujettes au racisme. Elles doivent composer avec plusieurs formes de discrimination et d’exclusion de la part de la société dominante, qui est non-musulmane. Mais cette exclusion se vie aussi au sein même de sa communauté d’appartenance. Surtout si elles ont parlé ouvertement de leurs situations. Ce racisme silencieux fait que les femmes musulmanes se retrouvent prises dans leurs familles et communautés religieuses. Cela est du au fait qu’elle refusent de briser les liens avec celles-ci. Ce qui fait que la décision la plus difficile pour les femmes violentées est de quitter ou non leurs maris.

Voici la fin de la première partie, revenez bientôt pour la suite.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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