Publié dans Femmes

La violence faite aux femmes autochtones au Canada

Le 4 novembre dernier, l’Association Défi-lles et des Ailles a tenu une conférence sur la violence faite aux femmes autochtones avec Michèle Audette. L’activité c’est tenu dans un café de Montréal, donc dans une ambiance très décontractée. D’emblée, il faut dire que Madame Audette est d’origine métis, c’est à dire qu’elle a une mère Innu et un père blanc. Elle est née au Québec à Mani Utenam et sa langue maternelle est l’innu. Elle est l’ancienne présidente des Femmes autochtones du Québec. De plus, elle a été  sous-ministre chargée du Secrétariat à la condition féminine du Québec. Elle est donc bien placé pour parler de la situation. Actuellement, elle est commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Dans la société autochtone, il y avait à l’origine un équilibre entre les deux sexes. Les  rôles étaient définis et complémentaires. Les hommes s’occupaient de la chasse et la femme de ce qui tourne autour de la cellule familiale. Par contre, lorsque les hommes partaient pendant de longues périodes, les femmes avaient une plus grande marge de manœuvre, c’est-à-dire, qu’elles pouvaient chasser le petit gibier ou pêcher pour la survie de la famille. Si une des femmes était malade, son mari s’occupait de la cellule familiale.

Les changements culturels, spirituels et dans la relation femme-homme s’opèrent à la suite de l’arrivée des premiers Européens. Cela se fait sentir dans la transmission orale des autochtones. En effet, dans les sociétés européennes de l’époque, les relations entre l’homme et la femme étaient différentes de celles des autochtones. Les Européens ont donc eu une grande influence au niveau l’identité autochtone. Aujourd’hui, on a l’exemple avec loi sur les Indiens.

Par contre, les autochtones n’étaient pas toujours perçus comme étant un peuple à dominer. Jusqu’aux alentours des années 1810, il existait une alliance entre autochtones et Européens. Les tentatives d’assimilation se font après cette période. La première est un échec. Les Européens avaient donné des fermes aux autochtones afin de les sédentariser et de s’en servir comme ressources. Les autochtones n’ont rien compris au fait d’attendre après les animaux pour subvenir à leur besoin. Ex. il faut attendre que la vache soit prête à donner de son lait pour pouvoir la traire. La deuxième tentative a été plus fructueuse. Ce fut la création des pensionnats autochtones dont le but était « de tuer l’indien dans les enfants » qui y résidaient ainsi que de leur enlever toute autonomie. C’est le cas encore aujourd’hui. La situation est encore plus dramatique pour les femmes. Elles ne peuvent plus transmettre leur identité autochtone à leurs enfants, en particulier si elles sont en couple avec un homme blanc. Pour les Européens, l’identité passe donc par le père. Ils ont donc fait en sorte qu’une femme autochtone soit perçue comme une traite par sa communauté si elle va se marier à un blanc.

Les cours d’histoire ont aussi un impact sur le racisme que vivent les Premières Nations ainsi que sur l’image que les blancs peuvent avoir d’elles. On nous apprend que ces peuples étaient des sauvages, des barbares et qu’ils scalpaient les hommes blancs. Ce qui n’était pas le cas, naturellement.

Maintenant, la violence faite aux femmes autochtones est normalisée, autant dans les communautés elles-mêmes que dans la société en générale. Pourtant, elle n’a pas à l’être. D’où l’importance, pour Madame Audette, d’aller vers ces peuples et de communiquer avec eux. C’est un des buts de la Commission sur la violence faite aux femmes autochtones. Les commissaires voyagent dans tout le pays pour rencontrer les membres des différentes communautés autochtones. Une des exigences de la Commission est de laisser libre cours à la parole et aux traditions des Premières Nations. Les gens peuvent, non seulement parler de manière conventionnelle avec les commissaires en étant filmé, mais aussi le faire hors caméra ou simplement avec un des commissaires et une personne de confiance. Mais les témoignages peuvent être aussi livrés sous forme d’œuvre d’art, dessins, poèmes, sculptures, chants, danses, etc. Il s’agit de la première Commission canadienne à le permettre, même si les juges et avocats étaient sceptiques au départ.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.