Publié dans Femmes, Lectures, Linguistique

La présence des mots sexistes de notre quotidien

J’en ai déjà parlé l’an dernier (à relire ici), mais le français est une langue beaucoup de mots sexistes. On le sait, comme dans beaucoup de domaines, l’homme domine même dans les décisions linguistiques. Mais avec les événements des dernières années (#metoo, #moiaussi, #balancetonport…), les femmes tentent de reprendre le dessus sur la misogynie ambiante. Grâce au Dictionnaire critique du sexisme linguistique de Suzanne Zaccour et Michaël Lessard, plusieurs femmes ont pris la parole sur différents mots ou diverses expressions de la langue française qui ont une connotation négative envers les femmes. Publié en 2017 aux éditions Somme toutes, il regroupe 33 termes sexistes qu’autant de femmes abordent à leurs manières, le tout en 264 pages. Dans le livre, les mots sont classés en ordre alphabétique. Par contre, en survolant la table des matières, il est possible de catégoriser les mots.

Dictionnaire critique du sexisme linguistique (c) Éditions Somme toute

Mots sexistes en lien pour nommer les femmes

Pour bien des gens, un besoin de nommer les femmes. Lorsqu’elle est jeune, c’est une Mademoiselle. Jusqu’en 1981, au Québec, une femme prenait le nom de son mari au moment du mariage. C’est encore le cas en France, mais pas automatique. Elle est aussi la femme ou la blonde de quelqu’un d’autre. Ou encore des filles, dans certains domaines où les hommes sont considérer des hommes. Les femmes sont rarement des personnes à part entière.

Sinon, on les nomme comme des mères, des jacasseuses, une conquête ou l’ornement des hommes. Ces derniers préfèrent les blondes (il n’est pas question des rousses), car plusieurs connotations lui sont associées, comme le fait d’être chaude et stupide. La société doit aussi contrôler son habillement, particulièrement si elle porte le voile.

Elle est aussi catégorisée comme radicale dans ses combats quotidiens pourtant, elle a les mêmes droits que les hommes. Olympe de Gouge a rédigé la Déclaration sur l’aspect universel de l’humanité.

Mots sexistes en lien avec les relations avec les hommes

Le bon père de famille est celui qui veille sur sa femme et sa progéniture avec bienveillance. Pourtant, au sens de la loi québécoise, les hommes et les femmes sont égaux et reconnus comme des personnes raisonnables. Et l‘égalitarisme est important dans la cause des femmes, car il est souvent associé au féministe. Mais le terme englobe autant les femmes que les hommes.

Par le fait même, voulant être réellement l’égale des hommes, les femmes sont perçues comme des castratrices. Pourquoi ? Parce que des hommes ont des habitudes plus féminines en raison du fait que les femmes québécoises sont des Germaines (elles gèrent et mènent leurs hommes). Elles auraient aussi tendance à mettre les hommes dans une zone d’amitié.

Même les femmes transsexuelles sont victimes de sexisme et pour plusieurs raisons. Mais plusieurs maladies font en sorte que les chromosomes se mélangent ! alors peut-on être jugé uniquement par le XX ou le XY.

Mots sexistes en lien avec la situation émotionnelle des femmes

Par définition, une femme est délicate, fragile, moins forte que les hommes. C’est peut-être pour cela qu’il est question d’abus envers une majorité de femmes. Certains hommes disent que sont les femmes qui abusent de la situation qu’elles sont hystériques, mais les violences envers les femmes sont bien présentes.

On parle aussi des femmes comme indisposées lorsqu’elles ont leurs règles, sujet tabou dans bien des sociétés. Et que dire d’elles, lorsqu’elles tombent enceintes ! Elles sont aussi lessivées en raison de la charge mentale qui les accable.

On dit aussi que les femmes sont vaches, des chiennes et des poules pas de tête. Bref, les animaux de la basse-cour sont souvent utilisés pour décrire les femmes et leurs réactions.

Pourtant, les femmes sont des Walkyries, des guerrières, mais cela est souvent mal vu par la société. Car une femme qui a trop de pouvoir n’est pas une femme.

Mots sexistes en lien avec la sexualité

La sexualité des femmes est surveillée à la loupe. Elles sont faciles si elles ont une sexualité épanouie, mais frigides si elles osent dire non à un homme. Sinon, elles doivent donner du plaisir aux hommes en étant jouissives. Et la situation est pire si l’on est une femme de couleur, comme les noires ou les sauvagesses.

Pour bien des hommes, les femmes sont des objets qui sont à prendre, banalisant ainsi la culture du viol. Le consentement est d’ailleurs un sujet qui revient de plus en plus dans les dernières années.

Même le terme gouine est péjoratif depuis plusieurs siècles. Au début c’était principalement dirigé vers les prostituées. Maintenant, c’est vers les femmes que l’on juge lesbiennes.

Aussi, plusieurs pro-vie tentent d’imposer leurs valeurs sans connaître le contexte de la situation des femmes passant dans les cliniques d’avortements. Et si elles perdaient un bébé désirer parce qu’il n’est pas viable ?

Mots sexistes en lien avec la nourriture

L’apparence des femmes est scrutée par tous. Elles doivent faire attention à la bouffe qu’elles ingurgitent pour ne pas prendre trop de kilos. Parce qu’une femme doit être appétissante pour son homme. Plusieurs expressions culinaires proposent que les femmes doivent non seulement nourrir leurs hommes par l’estomac, mais doivent leur mettre l’eau à la bouche sexuellement parlant.

Mais les femmes doivent être bien roulées, pas grosses. Dans la tête de bien des gens, la grossophobie est bien présente dans nos sociétés. Pourtant derrière chaque rondeur, il y a une personne qui vit avec ça au quotidien. Certaines personnes s’assument avec brio, mais les moqueries ont un impact sur d’autres et menacent leur confiance. Beaucoup prennent soin d’elles et font face aux préjugés. Mais certaines personnes aiment bien les rondeurs, et tant mieux.

Comme on vient de le voir, les expressions linguistiques restreindre les femmes à des étiquettes ou à des suffixes. Mais comme on le sait, la langue tend à changer et à être plus inclusive. Ce qui est une bonne chose en soi, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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