La population musulmane du Québec

Vous ne serez peut-être pas surpris par cette révélation, mais les Canadien·ne·s, selon un sondage Ipsos Mori publié en décembre 2016, auraient tendance à surévaluer la présence des musulman·e·s en sol canadien. Phénomène rependu un peu partout dans le monde, d’ailleurs. Mais pour en revenir à la situation du Canada, beaucoup de nos concitoyen·ne·s pensaient, qu’en 2016, 17% de la population était musulmane. On est loin de la réalité, car le chiffre tourne vraisemblablement autour de 3,2%. Cela représente un écart de 14%. Mais bon, sur les 40 pays faisant partie de l’étude d’Ipsos Mori, 38 pays surestimaient eux aussi la présence de musulmans sur leurs terres. La France en tête de liste !

D’ailleurs, c’est probablement le mythe le plus persistant concernant les musulman·e·s. Plusieurs croient qu’une personne sur cinq est musulmans. Comme on vient de le voir, ce n’est pas le cas. Mais les chiffres parlent pour le Canada. Qu’en est-il au Québec ? Les chiffres sont similaires, soit 3,1% de la population. Cela représente 300 000 personnes sur une possibilité de 8 millions… Évidemment, ce n’est qu’une moyenne, la concentration est plus forte à Montréal qu’en région (environ 1%).

Autre mythe, le fait que les musulman·e·s ne s’intègrent pas à la société québécoise. D’ailleurs, Frédéric Castel les qualifie « d’élite professionnelle », car 45% d’entre eux ont un diplôme universitaire et veulent travailler. Ce qui les empêche souvent de travailler, ce sont les préjugés véhiculés contre ce groupe en particulier. Un autre préjugé est que les musulman·e·s sont très pratiquants. En fait, 62% des musulman·e·s ne vont pas à la mosquée comparativement à 36% de la population canadienne qui ne fréquente pas un lieu de culte. En d’autres mots, les Canadien·ne·s sont davantage pratiquant·e·s que les musulman·e·s.

Pour continuer dans cette veine, on peut dire que la grande majorité des femmes musulmanes ne portent pas le voile. Pour bon nombre d’entre elles, l’identité féminine passe avant l’identité religieuse. Il ne faut pas oublier que l’identité se construit grâce à un savant mélange d’aspect socioculturel, ethnico-linguistique, de scolarité et de travail. De plus, aucune femme musulmane n’a les mêmes repères culturels. Le voile, bien que mentionner dans le Coran, reste un choix personnel. Idem pour la manière de le porter. On a l’impression que les femmes voilées sont partout, car elles sont plus visibles que la moyenne. Pourtant, ce n’est pas le cas. Surtout si l’on parle du niqab. Pour Castel, il s’agit d’un phénomène « hyper marginal. On ne se trompe pas en disant [qu’elles sont] entre 50 et 100 sur une population d’environ 150 000 femmes. »

Ce qui me désole le plus dans cette situation, c’est le fait qu’au nom de l’égalité entre femmes et hommes, certaines personnes ont des réactions inappropriées par rapport aux femmes voilées. Personnellement, le moment où je me suis faite le plus insultée par rapport à mon choix de vie, c’est lors du débat concernant la Charte des valeurs québécoises en 2013. Je me suis fait dire plusieurs noms désobligeants, mais beaucoup de femmes ont connu pires. On parle de crachats, de voiles retirés de force ou de bousculades. Pour être honnête, je ne connais aucune femme musulmane qui porte le voile ou le niqab de force. Elles l’ont toute faite par choix. Ce qui va dans le même sens que les gens disant que la femme est libre de s’habiller comme elle le souhaite. Le fait de retirer le voile de sur la tête d’une femme est une atteinte à ses droits à la liberté de choix et de conscience. C’est une violation et non une façon de lui dire qu’elle est l’égale à l’homme. C’est une grosse erreur.

La meilleure façon pour une prise de conscience efficace concernant la femme musulmane, qu’importe son origine ou sa culture, reste de discuter avec elle, de lui poser des questions sur son quotidien. Sinon, je vous propose de consulter les documents suivants pour en apprendre davantage sur la population musulmane au Québec.

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2 commentaires

  1. Ce n’est pas une entreprise simple que de causer avec une femme musulmanes voilée. J’ai tenté la «chose » à 3 reprises depuis deux ans au marché Jean-Talon, et une autre fois de mon perron avec ma voisine qui a préféré faire comme si je m’adressais à quequ’un d’autre. Depuis, ses fenêtres sont aveugles de l’ours tissus. Quant aux trois premières avec qui je n’echangeais que sur la qualité de certains produits, leur mari ou frère ont eu vite fait de remettre les pendules à l’heure en les soustrayant de la communication. Mais en bon québécois, je me suis dit qu’il s’agissait probablement de ma faute. La plupart des autres ne me regardent pas, encore moins m’aborde. Tant qu’aux chiffres que vous citez, ils sont pratiquement invérifiables et sujet au gré fluctuant quotidiennement des arrivées officielles et non officieuses.

    1. Il est vrai que dans certains cas, c’est plus difficile. Mais ce n’est pas le cas de tous. Certaines femmes apprennent à ne pas parler aux hommes et certains hommes s’assurent que les femmes de la famille ne parlent pas aux hommes. C’est souvent une question d’éducation. Mais je vous assure que c’est pas le cas de toutes. J’en suis la preuve 😊 Je ne gêne pas de parler aux hommes si nécessaire. Mais je fais attention si mon mari est présent question de respect. Mais ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça. J’ai été marié à un Tunisien et la dynamique était complètement differente. Vous souhaitez discuter avec une femme musulmane pour comprendre ce qu’elles vivent? Essayez avec une qui ne porte pas de voile. Vous aurez plus de chances. 😉

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