LA PHILOSOPHIE ALIMENTAIRE : SE QUESTIONNE-T-ON ASSEZ SUR NOTRE MANIÈRE DE CONSOMMER ?

La philosophie alimentaire ? Non je ne me souviens pas d’avoir abordé ça au Cégep. Pourtant, aujourd’hui, comme suggestion de lecture, je vous parle d’un livre qui en parle. Je l’ai déjà utilisé pour deux conférences : celles du mois de mars sur l’alimentation et celle de mai sur le jeûne. Cette dernière sera publiée sous peu, si tout va bien. Mais je l’ai aussi utilisé pour un article sur l’éthique à la table.  Il s’agit du livre de Normand Baillargeon À la table des philosophes paru en 2017 chez Flammarion Québec. Pourquoi je vous parle de ce livre ? Parce que, d’un, il parle d’alimentation et, de deux, j’aime bien sa présentation. Le livre contient un peu plus de 200 pages et coûte 40$. La couverture est rigide, ce qui peut être utile dans certaines situations.

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La philosophie alimentaire : les sujets

Le livre comporte dix chapitres. Donc, dix sujets différents les uns des autres qui nous permettent de nous questionner par rapport à un thème précis. Évidemment, ce n’est pas tous les sujets qui nous intéressent. Par exemple, le premier chapitre traite de vin. Même avant ma conversion, je n’étais pas celle qui se calait le plus de verres d’alcool dans une fête. Je n’ai jamais aimé le goût et je suis capable de savoir s’il y en a dans une recette dès la première bouchée ! Par contre, d’autres sujets sont intéressants. On y parle du péché de gourmandise, de manger local ou non, de végétarisme, de choix alimentaires, de zénitude, l’alimentation du futur, d’art culinaire, de régimes et de consommation mondiale. Évidemment, les aspects culturels, sociaux ou religieux sont aussi abordés.

La philosophie alimentaire : les réflexions

Comme je vous ai dit, une des choses que j’aime dans ce livre, c’est sa présentation. On peut poursuivre notre réflexion de deux manières. Et pas besoin d’être philosophe pour ça ! À la fin de chaque chapitre, il y a des sujets de conversions ou de jeux qu’il est possible de faire lors de repas. Question de mettre un peu de dynamisme tout en mangeant. Par exemple, pour le chapitre sur le péché de gourmandise, un jeu proposé est de faire écrire aux invités leurs gourmandises préférées sur un bout de papier. On les dispose dans un contenant et on en pige un au hasard. Le but ? Deviner qui peut bien succomber à l’aliment écrit. Comme sujet de discussion, il y a des questions sur le jeûne ou la grève de la faim. Deuxième manière : des pistes de lectures sont proposées. Et elles sont très variées.

La philosophie alimentaire : la présentation

Un autre point que j’aime : la présentation. Bien que l’on traite de philosophie alimentaire, on n’a pas l’impression de lire sur la philosophie. Oui, par moment, il est question de Kant ou de Platon. Mais ce n’est pas lourd. Le livre contient beaucoup d’images et de recettes. Les explications sont claires, grâce aux encadrés. Comme pour les définitions ou bien l’encadré qui nous explique que notre salade peut être internationale ! Le seul hic ? Les illustrations de Richard Biesinger sont dans les teintes de brun. Personnellement, je trouve l’idée un peu étrange, car les aliments sont tellement colorés. Lorsque l’on mange, tous les sens sont stimulés. La vue et l’odorat, avant le goût ! Alors, illustrer son livre dans les teintes de bruns… Oui, il y a le chocolat dans cette teinte, mais pas seulement ça… Je vous laisse deviner.

La philosophie alimentaire, mais pourquoi ?

De ce que je comprends à la lecture de ce livre, c’est qu’il y a énormément d’enjeux liés à l’alimentation. Je crois que Normand Baillargeon a probablement voulu faire réfléchir ses lecteurs sur ce sujet. Et il a tout à fait raison, en mon sens. En effet, si on se questionne sur notre consommation alimentaire, forcément il y a une démarche réflexive qui s’opère. On a un bel exemple avec le chapitre sur le végétarisme et la manière d’abattre un animal. En effet, la souffrance de l’animal peut être discutable selon les cas. Un autre exemple est le fait de vouloir manger local ou bio. On peut se questionner à savoir si on se fait un jardin ou non. Si on a besoin d’un ananas, on le prend de quel pays ? Et l’éternelle question des régimes. Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? Les réponses varient selon le contexte.

La philosophie alimentaire, une obligation ?

Peut-être pas pour tout le monde. L’enfant prend ce qu’on lui donne sans trop de questions outre le fait qu’il aime ou non. Même chez les adultes, plusieurs ne se questionnent pas trop au sujet de l’alimentation. Nombre de gens qui ignorent le travail qui a derrière le carton de lait ou le casseau de fraises qu’ils achètent à l’épicerie ! D’autres s’en foutre complètement, du moment qu’ils ont de quoi se nourrir. Ils ne pensent pas forcément aux détails liés à l’alimentation. Par contre, c’est une obligation de se nourrir. En fait, c’est même vital ! Au point que nous avons tous des rituels lorsque nous mangeons. Par exemple, mon mari lors du ramadan, dois commencer sa journée avec une recette de couscous aux raisins secs et babeurre. Lors du repas du soir, il doit absolument avoir de la soupe. Mais pas moi ! Question de culture, j’imagine !

La philosophie alimentaire : en bref

Oui, c’est important de faire réfléchir à sa manière de consommer. Cela implique de faire des choix intelligents tout en se respectant. Évidemment, au Québec, certains aliments ne poussent pas, comme les oranges ou les avocats. Mais est-ce que cela signifie de se priver d’en manger ? Je ne crois pas. C’est l’une des raisons qui nous pousse à réfléchir à notre alimentation et de trouver un concept équilibré qui nous convient. L’alimentation étant culturelle, les réponses seront variées. Gandhi disait « qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. » Il n’a pas complètement tort, mais il n’a pas complètement raison. Et si on reconnaissait le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il se traite lui-même ainsi que son environnement ?

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