La construction identitaire : quelques notions culturelles

Je vous avais parlé, il y a un moment déjà, de quelques notions concernant la construction identitaire. Je poursuis donc ici avec quelques notions culturelles.

La société

J’en ai parlé ici à quelques reprises, mais il y a deux types des sociétés. Il y a les diverses sociétés de l’occident qui sont beaucoup plus individuelles que les sociétés traditionnelles, qui elles, sont axées sur la collectivité. Qu’est-ce que cela implique ? Regardons à cela sous trois angles : celui de l’individu, la manière d’entrer en contact avec autrui et l’entretien de ces relations avec les autres.

Dans une société comme le Québec ou la France, les gens sont autonomes. Ils apprécient l’intimité, être indépendant des autres tout en étant leur égale, mais aussi d’avoir le libre choix de leurs actes. La société valorise les contacts directs et francs et le fait de questionner pour avoir des informations. En échange, les titres et les procédures sont peu respectés. Exemple le Code Morin lors de réunions, les Québécois, on déteste ça! Et avoir une relation amicale avec notre patron? C’est tout à fait normal.

Par contre dans une société où le collectivisme est roi, c’est pas tout à fait pareil! L’individu est fidèle à sa communauté et fier de lui appartenir. Il en est respectueux et veille à ce qu’il y ait une bonne entente qui y règne. S’il veut parler à quelqu’un de précis, il passe par un intermédiaire. La communication ne se fait pas directement entre les personnes concernées, mais par quelqu’un d’autre. Pourquoi ? Parce que les gens de ces sociétés sont des réseaux. Ils fonctionnent ensemble. On ne détient pas l’information de la personne concernée, hé non! On passe par des connaissances communes pour échanger tout ce qui est nécessaire. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Parce que la société est ainsi constituée ! Les relations sont aussi très formelles. On ne demande rien sans avoir posé des questions sur la famille, la santé, les enfants et tout le reste. On ne se contente pas du « Qu’est-ce que tu as fait ce week-end? » Le réseau de la personne est beaucoup plus important qu’elle-même.

La socialisation
Forcément, cela a un impact sur l’éducation que l’on donne à ses enfants. La socialisation ne se fait pas de la même façon d’une société à l’autre. Ici, au Québec, dès son plus jeune âge, l’enfant apprend à être autonome. On lui donne des tâches à effectuer selon sa capacité et on stimule son autonomie en fonction de son âge. Certaines activités se font sous la supervision du parent, d’autres non. On n’essaie pas d’être autoritaire avec eux, mais on valorise la discussion et l’apprentissage par ses intérêts. Dans les sociétés traditionnelles, on apprend à l’enfant que dès sa naissance, il peut compter sur les autres. Ses intérêts sont mis de côté au profit de la collectivité.

La culture

Elle fait quoi dans tout ça? La culture favorise la cohésion sociale et elle permet l’adaptation à l’environnement. Il ne faut pas oublier que les cultures sont des systèmes en soi, car il y a des cohérences entre ses éléments qui, pour nous, vont de soi. Pour quelqu’un issu d’une autre culture, c’est l’inverse, il s’agit d’incohérences et ne comprennent pas pourquoi les gens agissent ainsi. Ces cohérences sont innées, elles font partie de nous. Plusieurs aspects composent la culture comme la langue, les rites et symboles, les valeurs et traditions, les comportements et bien plus.

En 1958, Lévis-Strauss disait que la culture est « tout ensemble ethnographique qui […] présente, par rapport à d’autres, des écarts significatifs ». Non seulement il y a un écart entre les différentes cultures présentes dans le monde, mais, dans une même culture, il y a des sous-cultures. Aucune culture n’est uniforme. Les anthropologues ne sont pas unanimes sur le sujet. Concernant la définition de la culture, ils sont même divisés en deux écoles: 1) universaliste et 2) relativiste. La première insiste sur ce qui est commun à la population tandis que la deuxième le fait sur ce qui nous différencie. Les deux ont raison et les deux ont tort. Car ce que tout être humain a en commun avec son voisin, c’est qu’il est différent des autres.

Ces trois aspects culturels nous laissent croire que la construction identitaire est donc variable dans le temps et dans l’espace. Reculez il y a tout juste 10 ans. Facebook commençait à peine à être populaire. Aujourd’hui, on a peine à imaginer notre vie avant son apparition. Ce qui signifie qu’on a plus à se déplacer comme on le faisait à lors de notre adolescence… en ce qui concerne les trentenaires et plus. Les événements marquent le rythme et la progression du changement identitaire culturels. Et selon qui l’on côtoie, l’identité peut être réclamé (je suis comme ça) ou donnée (tu es comme ça).

Il ne faut pas oublier que l’identité culturelle s’inscrit dans trois axes importants : 1) des interactions directes ou non, qu’elle a une histoire qui la défini et qu’elle consciemment construite. Chaque culture à ses propres marqueurs identitaires qui font en sorte qu’il y ait des frontières entre chacune d’entre elles.

Comme je le mentionne souvent ici, l’identité passe à travers différents aspects. Depuis quelques mois, je vous parle de la langue, de la relation avec les autres, d’habitudes de vie ou de tout autre aspect qui nous caractérisent par rapport aux autres. L’être humain est aussi appelé à changer. J’en suis la preuve. En me convertissant à l’Islam, je suis passé de la société majoritaire à la société minoritaire. C’est la même chose pour un immigrant. Il passe d’une société majoritaire dans son pays d’origine, à une communauté minoritaire dans son pays d’accueil. Évidemment, selon l’endroit où il s’établit, il aura à s’adapter. Par contre, qu’importe qui nous sommes, nous avons 5 besoins identitaires.  Comme individu, nous avons tous besoin d’être différents des autres, mais nous avons besoin d’appartenir à un groupe. Notre identité doit être claire, au moins pour nous-mêmes, et être cohérente avec qui nous sommes et le groupe à qui nous appartenons. En terminant, notre identité doit être une image positive de soi.

Comme l’adage le dit: « Connais-toi toi-même! » C’est important que l’on fasse partie d’une société individuelle ou collective. Car en te connaissant toi-même, tu connais les autres personnes issues de ta culture. Les interactions seront toujours plus faciles, selon le contexte.

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