Publié dans Intervention

La communication dans l’intervention féministe

Depuis quelques semaines, je vous parle d’intervention féministe. Parce qu’il y a un moment déjà, j’ai fait une formation en ligne sur l’intervention féministe. Et que je voulais vous en faire un résumé. La formation que j’ai suivie est proposée par l’institut de formation en matière de violence faite aux femmes. Malgré tout, les notions vues peuvent s’appliquer, dans certains cas, à tous types d’interventions.

Soit dit en passant, l’organisme est Ontarien. Il délivre des attestations de formation selon les normes ontariennes. Je ne sais pas si elles sont identiques à celles du Québec. Ou ailleurs au Canada. C’est à vous de voir. Par contre, rien n’empêche de suivre les formations offertes, car elles peuvent être transférables.

Aujourd’hui, je vous parle de l’importance de la communication dans l’intervention féministe. Et comme je viens de le dire, moindrement que l’on intervient auprès d’êtres humains, les mêmes compétences reviennent.

Pourquoi établir une relation de confiance ?

Selon la situation dans laquelle se trouve la personne devant soi, il se peut qu’elle ait des craintes à raconter son histoire. Et c’est normal. Cette personne a des peurs présentes et qui l’empêchent de s’exprimer correctement par rapport à la situation. À quoi cela ressemble ?  À la peur d’être

  • Jugées ;
  • Intimidées
  • Incomprise.

Et sans compter les nombreuses questions qui peuvent semer le doute…

D’où l’importance de savoir établir une bonne relation de confiance avec la personne devant nous. Cela passe par une belle relation avec l’intervenante. Et par l’écoute et la communication.

C’est l’une des bases de l’intervention féministe. Pourquoi ? Parce qu’elles permettent d’établir une relation basée sur le respect, la confiance et la sécurité. Avec ces points, l’intervenante peut aller chercher plus facilement les propos de sa clientèle. Et par le fait même, la comprendre.

Les 2 types de communication

Pour comprendre quelqu’un, il y a 2 façons d’y arriver. La communication verbale et la communication non verbale.

L’aspect verbal donc comprend les mots, les phrases et les expressions du langage.

La communication non verbale, à l’inverse, comprend tout ce que le corps exprime, comme le comportement, les gestes, la voix, etc.

Pour bien comprendre quelqu’un, il faut être capable de comprendre les 2 types de communication. La raison est simple. Lorsqu’une personne parle, nous comprenons que 7% des mots qu’elle dit. On comprend davantage lorsque l’on y ajoute le ton de la voix (38%). Encore plus avec l’expression corporelle (55%).

Donc, une intervenante choisira avec soin les mots, son ton de voix et son attitude lorsqu’elle est en situation d’intervention.

Par le fait même, une intervenante doit donc être attentive à la personne assise en face d’elle dit ou fait. Si elle ne l’est pas, cela brise la confiance entre elle et sa clientèle.

Le non verbal

Comme on vient de le voir, le non verbal est important dans la communication. Qu’importe la personne avec qui l’on interagit. Elle permet d’avoir beaucoup d’informations. Du moins plus que les mots uniquement. Car il se peut que les mots exprimés entrent en contradiction avec l’expression corporelle de la personne.

Mais quand on parle de non-verbal, qu’est-ce qu’il faut observer exactement ?

  1. Les mouvements et la position du corps ;
  2. Les mouvements des yeux : comment est le regard ?
  3. Comment est la voix ?
  4. Comment est la distance entre l’intervenante et sa cliente.

Il ne faut pas oublier que le langage non verbal est culturel. En effet, dans certaines sociétés, les personnes ne regardent pas dans les yeux ceux qu’elles considèrent comme en position d’autorité. Pour d’autres, il n’est pas question d’entrer en relation avec quelqu’un de l’autre sexe. Et il y a bien d’autres exemples.

écoute
(c) Rawpixel

Les difficultés communicationnelles

La communication verbale peut être parfois déroutante. Un mot peut avoir différentes significations selon plusieurs facteurs. Mais tout dépendant de notre position, il y a plusieurs difficultés peuvent se faire sentir.

En fait, plusieurs éléments peuvent empêcher une bonne communication. Malgré tout, elle demeure essentielle à la création d’un climat de confiance. Les mots, les attitudes le ton et les gestes peuvent influencer la compréhension du message.

Pour l’intervenante

Dans son cas, l’intervenante peut avoir de la difficulté à se concentrer. Plusieurs causes entrent en jeu, comme le stress, l’émotivité ou des problèmes personnels. Il est donc important qu’elle les connaisse.

Pour la clientèle

Ce qui peut nuire à la communication sont la peur, les préjugés, les émotions, les problèmes personnels, le manque de concentration, la compréhension défaillante, désaccords, la culture, etc.

Quoi faire pour réussir une bonne communication ?

Il y a plusieurs aspects importants pour réussir une bonne communication en tant qu’intervenante. En voici donc quelques-uns.

  • La présence, par le verbal et le non verbal ;
  • L’empathie, ne pas porter de jugements ;
  • L’écoute active, pour entendre et comprendre l’autre ;
  • Le respect et l’acceptation assurent la liberté d’expression de la clientèle ;
  • L’authenticité crée un contact avec la clientèle en facilitant une ouverture dans la relation ;
  • L’assurance permet de créer un climat chaleureux et informel. Par le fait même, l’intervenante se positionne comme aidante et non comme experte ;
  • L’observation des comportements, du verbal, du non verbal, d’une détresse émotionnelle ou autres points importants dans une situation d’intervention.
  • La flexibilité dans ses techniques d’intervention et avec les outils utilisés dans ce même contexte ;
  • La connaissance de soi, de ses aptitudes, préjugé, valeurs, etc. Bref, connaître son cadre de référence personnel ;
  • La révélation de soi au bon moment et dans un but précis.
(c) Rawpixel

Donc, on voit que la communication n’est pas toujours facile. Mais ce n’est qu’un début. La suite sera dans un prochain texte…

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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