Publié dans Identité, Journée internationale

La capoeira activité multi dimensionnelle à la jonction de cultures

La capoeira est un ensemble d’activité : un jeu, une lutte, une danse, un sport… en gros un art. Et les arts martiaux ont toujours eu une certaine popularité. Tout comme les sports de combat en général. Je crois que chaque partie du monde à son art du combat. En premier, on pense à l’Asie qui en a une panoplie. Mais aujourd’hui, le 3 août, c’est la journée dédiée aux capoeiristes en raison de la loi 4649 créée par le gouvernement de l’État de Sao Paulo. Désormais présente dans plusieurs endroits du monde, la capoeira a son importance dans la culture lusophone.

 

L’origine de la capoeira ?

La capoeira que l’on connaît maintenant est originaire du Brésil. De la région de Salvador de Bahia, au nord-est du pays, dans la péninsule Atlantique. Il s’agit d’une combinaison de danse et de lutte, mais est considéré comme un art martial. Comme dans beaucoup de pays dans le monde, le Brésil a un passé d’esclavagiste. La capoeira vient de ce passé, en dépit de ses débuts incertains. Les esclaves afro-brésiliens s’inspirèrent probablement de ce qu’ils connaissaient déjà de leurs techniques de combat en Afrique pour les adapter à une nouvelle situation. L’origine exacte est un peu floue, en raison du fait que les esclaves afro-brésiliens venaient de plusieurs régions africaines. La capoeira était pratiquée principalement dans les quilombos, des refuges secrets d’esclaves. Ces endroits permettaient d’être à l’écart des tortionnaires. La capoeira est un langage corporel. Il permettait aux différentes ethnies de communiquer entre elles, malgré la variété de langues.

L’évolution de la capoeira

La capoeira a survécu à la disparition de l’esclavagiste en 1888. Par contre, les autorités de l’époque la voient du mauvais œil, car elles la jugeaient dangereuse. Il faut dire qu’à cette époque, les combats se faisaient dans les rues. Mais avant, entre 1864-1870, les esclaves prirent part à la guerre du Paraguay en échange de la liberté. Beaucoup moururent. En 1890, le gouvernement interdit la capoeira. Donc ceux qui la pratiquent risquent l’emprisonnement ou les travaux forcés. Ce qui fait que malgré tout, les capoeiristes demeurent cachés, choisissant des instruments légers, donc transportables. Quelqu’un était responsable d’avertir en cas de danger. Ce n’est qu’au 20e siècle que la capoeira se démocratisa. Au point où, en 1930, une première école apparut. Il fallut attendre 1940 pour légaliser de nouveau la capoeira. Mais le véritable essor de la capoeira débute dans les années 1970, grâce à l’immigration partout dans le monde. On parle surtout de l’Europe et des États-Unis.

L’expansion de la capoeira

Non seulement l’immigration aide à l’expansion de la capoeira, mais un ensemble de caractéristiques influence sa propagation à l’internationale. La capoeira est un sport dont la pratique est spectaculaire. Lors de représentation, il est difficile de manquer le fait que la musique est partie intégrante des démonstrations de capoeira. Il y a une énergie qui s’en dégage. En plus, c’est une porte ouverte à la culture brésilienne et au portugais. Avec son développement à l’international, des groupes se forment vraiment partout. Chacun d’entre eux à ses propres règles, mais il y a une base commune : la discipline. Par exemple en, 2015, au Québec, on dénombre plusieurs écoles.

La capoeira, entre la danse et la lutte

Oui et non. Cela dépend des valeurs des différents groupes qui pratiquent la capoeira.[i] Dans son livre Capoeira danse de combat paru en 2005, Arno Mansouri qualifia la capoeira de « danse guerrière ». Mais c’est peut-être un peu simpliste comme explication. Pour d’autres, il s’agit d’un mélange. Alors que le maître de l’académie Capoeira Paname dit que la capoeira est un art martial sans trop l’être. Bref, c’est un peu flou comme sport et que cela dépend du contexte. Ce qui est clair, c’est que le corps s’exprime, mais sans violence et en coopération avec la personne qui participe. Qu’il y ait une chorégraphie n’a pas d’importance. Ce qui l’est, c’est l’attention que l’on porte à l’autre, car chaque geste a sa signification. On peut donc être éliminé rapidement.

La définition de la capoeira

La capoeira n’est pas définie par des règles universelles comme les autres sports de compétitions.  Au contraire, le règlement varie selon les différents codes et des savoir-faire transmissibles par les maîtres aux élèves. Ce qui fait de la pratique de la capoeira est modifiable selon la situation : compétitions, spectacles, baptêmes ou rencontres amicales. Mais une définition, celle de Monica Aceti, est donnée sur le site ethnographies.org. Je trouve qu’elle cerne bien ce qu’est la capoeira, ou du moins, ce que j’en comprends.

La capoeira est une manifestation culturelle et rituelle, au cours de laquelle deux individus interagissent dans un jeu corporel, se déroulant à l’intérieur d’un cercle (la roda), formé par les autres participants, animés par des chants et rythmés par des instruments de musique. […] En fonction des codes et des rituels propres au groupe de participants, l’action prend une valeur symbolique qui influe sur le statut de l’un ou l’autre des individus.

La capoeira, en bref

Il y a tellement de choses à dire sur la capoeira. Donc, impossible de tout dire. Il y a les mouvements qui ont des significations propres, les chants, en portugais, qui parlent de religion, etc. Il y a plusieurs aspects qui donnent à la capoeira une dimension culturelle importante et qui est en lien direct avec l’identité des Afro-Brésiliens.

[i] Meziani, M. (2010). La capoeira : ni lutte, ni danse. Proposition de définition. Staps, 89,(3), 43-50. doi:10.3917/sta.089.0043.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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