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Katimavik, de qu’éssé ? Ma réponse en 5 points

En 2002, j’ai fait Katimavik. Il s’agit d’un programme fédéral qui permet de découvrir le Canada par le bénévolat. Mais ce n’est qu’une facette de ce que le programme offre. En effet, non seulement, cela permet de découvrir le pays, mais avant tout, se découvrir en tant qu’individu. Je vous parle de ça, parce que je viens de relire le livre Katima… quoi ? de Jacques Hébert. Petit livre de 200 pages publié chez Cosmopolite en 2001. Les profits allaient, à l’époque, à Katimavik. Mais je ne vous parlerais pas du livre, mais de mon expérience durant le programme, mais surtout de ce qu’est Katimavik.

Livre Katima… quoi (c) Myrianne Lemay
J’avais rencontré Jacques Hébert lors de l’événement organisé à Vancouver pour le 25e anniversaire de Katimavik (c) Myrianne Lemay

Qu’est-ce que Katimavik ?

Katimavik, signifie lieu de rencontre, en Inuktitut et s’adresse à tou·te·s canadien·ne·s âgé·e·s de 17 à 21 ans. Lorsque moi je l’ai fait, j’avais 20 ans. J’ai eu mes 21 ans durant le projet. La principale mission est de favoriser le développement personnel des jeunes. Pour y arriver, Katimavik mélange le bénévolat, des activités de formation et la vie de groupe. Les formules ont changé depuis la fondation du programme en 1977. À ma connaissance, il y a des cohortes qui ont eu un volet militaire. Il y a eu aussi quelques cohortes qui ont pu faire une rotation en Californie. La durée dans le temps a eu différentes formes aussi. Actuellement, le programme dure 6 mois. Quand je l’ai fait, on y était pour 7 mois. Dans mon cas, de janvier à août. Mais avant ma participation, le programme durait 9 mois. Pourquoi ? En raison du budget.

Katimavik et les coupures budgétaires

En effet, depuis 1977, Katimavik a eu de nombreuses coupes budgétaires. Malgré les bons commentaires que les gens peuvent dire sur le programme, les Conservateurs ont eu tendance à fermer complètement le programme pour plusieurs années. La première fois c’était de 1986 à 1994, sous le règne de Brian Mulroney. La deuxième fois c’était de 2012 à 2018 à cause de Stephen Harper. Les fois où le programme revenait, c’était quand les Libéraux étaient au pouvoir. Lors de l’inauguration initiale, c’était Pierre Elliot Trudeau qui était là. Ne demandez-vous pas pourquoi, il est ami de Jacques Hébert. En 1994, c’était Jean Chrétien et tout récemment, c’était Justin Trudeau, le fils de l’autre, qui a eu la tâche de ressuscité le programme. Le budget a un impact aussi sur la participation des gens. Lorsque moi je l’ai fait, c’était gratuit à 100%. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Katimavik aujourd’hui

Aujourd’hui, Katimavik est toujours présent malgré la dernière coupure conservatrice. Comme il a été mentionné, le programme a déjà été gratuit. Ce qui n’est plus le cas désormais à cause du manque de subventions. Par contre, le Gouvernement Canadien en donne quand même une bonne partie. Mais lors de l’inscription, celui qui souhaite participer à Katimavik doit débourser 150$ pour s’assurer d’une place. Ce qui peut sembler discriminatoire comparer à la version antérieure. Les jeunes moins fortunés ne peuvent pas participer. Mais en même temps, la tranche d’âge des participants a changé. Il faut désormais être âgé de 18 à 25 ans. Donc, des adultes, pour la plupart des provinces, pouvant travailler. Mais bon ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, dans le livre Katima… quoi ? il est question d’un jeune qui vivait dans le rue et qui s’en est sorti grâce à sa participation au programme…

À quoi ressemblait Katimavik lorsque je l’ai fait ?

Comme je viens de le dire, j’ai participé à la version 7 mois du programme. On recevait même un 21$ par semaine et une bourse de 1000$ si on complétait le programme. Nous devions visiter trois communautés dans différentes provinces : deux anglophones et une francophone. Aujourd’hui, il n’y a que deux rotations : une anglophone et une francophone. Car l’un des buts de Katimavik c’est d’apprendre la deuxième langue officielle du pays. Ce qui est quand même important. Mais la vie de groupe a un impact sur ce que nous apprenons. Le groupe est composé de 11 jeunes et d’un agent de projet. Ce dernier est le lien entre le groupe et la communauté. Mais à chaque rotation, nous devions nous occuper de faire la maison pendant que les autres travaillent. Nous pensons aussi une période dans une famille de la communauté afin de connaître la culture locale.

Oui, il y a une erreur dans mon nom 😂 C’est une chose tout à fait fréquente 😂 (c) Myrianne Lemay

Mes trois rotations durant Katimavik

La première rotation que j’ai fait était en Saskatchewan, dans la communauté de Swift Current. J’y ai travaillé dans un centre où des personnes ayant des déficiences mentales travaillaient dans différents secteurs : couture, menuiserie et assemblage. Il y avait le secteur des loisirs, là où j’ai travaillé, j’ai eu énormément de plaisir à y être. Pour la deuxième rotation, je suis revenue au Québec à Saint-Adèle. J’ai travaillé pour l’Entraide Bénévole et la maison de la famille des Hautes Laurentides. J’y ai fait diverses tâches, comme être réceptionniste, travailler auprès des enfants et faire de la cuisine. La dernière rotation était en Colombie-Britannique, à Princeton dans la Vallée de l’Okanogan. J’y ai travaillé dans un hôpital principalement à l’aménagement paysager, mais parfois avec les personnes âgées. Je n’ai pas aimé ma dernière rotation. J’ai eu l’impression d’être une étrangère là-bas. Dès que je parlais français, j’avais l’impression de déranger. Assez désagréable comme sensation.

Ce que j’ai appris durant Katimavik…

J’ai appris beaucoup sur moi-même, dont qui j’étais réellement. Je n’étais pas celle que mes parents m’ont toujours décrite. Donc, le fait de me détacher du lien qui m’attachait à ma famille m’a permis de prendre confiance en mes capacités et d’apprendre à me foutre un peu de ce que les autres pensaient de moi. Bref, à m’accepter tel que je suis. Cela m’a aussi permis de voir autrement le monde et que la vie de groupe, ce n’est fait pour moi. D’ailleurs, après 2002, mis à part pour ma dernière année de Cégep, je n’ai plus été capable de vivre en groupe. La seule exception, c’est quand j’ai fait l’écostage (toujours avec Katimavik) en 2009. Mais le groupe était scindé en deux et je me suis retrouvée seule avec un coloc… Ce qui facilite grandement les choses, car on vivait chacun pour soi… Évidemment, on apprend beaucoup sur ce qui nous entoure, mais davantage sur nous.

L’attestation que l’on reçoit à la fin du programme. © Myrianne Lemay

L’impact de Katimavik

Oui, le programme Katimavik a un impact sur les participants. Mais l’impact que le programme a sur les communautés est aussi important. Car non seulement, en tant que participant, on apprend beaucoup sur nous-mêmes, mais pour les communautés, cela permet la réalisation de projets qui n’auraient pas lieu faute de ressources, que ce soit humaines, matérielles ou financières. Dans bien des cas, l’impact perdure dans le temps. Il y a des projets qui datent de 1977 qui laissent encore des traces aujourd’hui. Bref, c’est le genre de programme qui a des conséquences à différents niveaux, mais qui sont hyper importantes pour tout le monde.

PSSS…

Les inscriptions pour les nouvelles cohortes en janvier 2019 sont ouvertes!!! Vous serez dans l’une de ces villes :

  • Nanaimo, C.-B.
  • Calgary, AB
  • Saint Boniface, MB
  • Sudbury, ON
  • Ville de Québec, QC
  • Moncton, N.-B.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

Une réflexion sur “Katimavik, de qu’éssé ? Ma réponse en 5 points

  1. À la fin de l’année scolaire, en cinquième année du primaire, nous sommes allés une semaine au camp Kanawana. Mais Katimavik, à part de savoir que c’est relaté d’une certaine façon avec Justin Trudeau, moi…

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