Publié dans Femmes

Intervention féminise : la dévictimisation

Il y a un moment, j’ai fait une formation en ligne sur l’intervention féministe. Comme je vous parle souvent du féminisme, je vais vous en faire un résumé. La formation est proposée par l’institut de formation en matière de violence faite aux femmes . Malgré tout, les notions vues peuvent s’appliquer, dans certains cas, à tous types d’interventions.

Soit dit en passant, l’organisme est Ontarien. Il délivre des attestations de formation selon les normes ontariennes. Je ne sais pas si elles sont identiques à celles du Québec. Ou ailleurs au Canada. C’est à vous de voir. Par contre, rien n’empêche de suivre les formations offertes, car elles peuvent être transférables.

Aujourd’hui, je vous parle de la dévictimisation et de la reprise du pouvoir par la femme sur sa propre vie.

Qu’est-ce que la victimisation ?

En gros, c’est l’inverse de victimiser quelqu’un. En fait, victimiser une personne, ça se résume à l’empêcher de contrôler une situation qui lui est propre.  Soit sa vie, partiellement ou complètement. C’est aussi lui limiter ses droits fondamentaux. Un peu ce que fait la CAQ avec son projet de loi 21.

Ce que l’on peut comprendre dans le fait de victimiser quelqu’un, c’est le fait de placer un déséquilibre de pouvoir entre deux parties. L’une des parties a plus de puissance que l’autre. Ce qui entraîne un sentiment d’injustice pour la personne qui subit ce rapport.

Les rôles genrés

Souvent cette victimisation se fait de façon inconsciente. Elle fait partie de l’apprentissage social que l’on donne aux enfants. C’est ce qu’on appelle la socialisation sexuée. On apprend donc très jeune que les filles aiment le rose, les robes et les fleurs. Tandis que les garçons aiment supposément mieux le bleu, les tracteurs et se rouler dans la bouette.

Selon Femme au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe (Statistique Canada, 2010) le nombre d’heures que les hommes et les femmes consacrent par semaine aux soins non rémunérés aux enfants n’est pas le même. Pas trop étonnant. Surtout si vous vous souvenez les articles sur la charge mentale et le travail invisible. En 2010, les femmes consacrent 50,1 heures par semaines aux soins des enfants. Les hommes ? La moitié moins. L’écart est plus grand quand on parle des tâches domestiques.

Le processus de socialisation et le processus de victimisation

En fait, le processus de socialisation se passe en 4 étapes. Les enfants se socialisent principalement par la famille, l’école, les amis et les médias. En vieillissant, le monde du travail et le couple peuvent aussi permettre une socialisation de la personne.

  1. L’apprentissage du moule social ;
  2. Remise en question du moule social ;
  3. Doute et justification du moule social ;
  4. L’acceptation et conformisation au moule social.

Pour le processus de victimisation, le processus est le même. Ce sont les apprentissages qui diffèrent. Par exemple, dans l’apprentissage social, la femme apprend à être une bonne épouse ou comment s’habiller pour ne pas attiser les hommes. Lorsqu’un événement arrive, comme du harcèlement, il y a une remise en question qui s’opère. Cela met en place des doutes. La femme se responsabilise donc du harcèlement qu’elle a vécu. Le tout se termine souvent par la banalisation de la violence qu’elle subit.

La dévictimisation, sa définition

Il s’agit d’une démarche autant individuelle que collective. Cela permet aux femmes de reprendre le pouvoir qu’elles ont perdu sur leur vie. Comment ? En remettant les rapports de forces entre les hommes et les femmes en perspective. Notamment en ce qui concerne la norme implicite. L’empowerment est une solution à la victimisation.

La norme implicite

Cette norme implicite est souvent inconsciente. Ce sont les différents aspects culturels qui s’apprennent de génération en génération. Comme les façons d’agir par rapport à une situation. Inconsciemment, on apprend donc aux garçons de ne pas pleurer et aux filles à être émotives. Par exemple, je me souviens que mon grand-père paternel (88 ans) m’ai dit qu’il n’avait jamais pleuré de sa vie. À part quand il se blessait. Et sûrement quand il était bébé, mais je crois qu’il parlait du fait de pleurer consciemment. Mais je me souviens d’avoir vu mon père le faire quelques fois. Surtout quand la charge émotive est très lourde. Aujourd’hui, mon mari me dit que je suis égoïste, parce que je ne montre pas tant mes émotions. Un peu le contraire de bien des femmes dans sa culture.

On peut donc comprendre que l’éducation a un impact sur les normes implicites et la socialisation des gens. Il faut savoir remettre en question cette norme afin d’équilibrer les relations entre les hommes et les femmes.

L’empowerment

C’est l’un des fondements du mouvement féministe. Il est né dans les années 1960 et fait son apparition dans les communautés franco-canadiennes un peu plus tard.

Mais qu’est-ce que l’empowerment ? En français, on utilise le terme autonomisation. Il s’agit d’un processus qui permet à la femme de reprendre son pouvoir sur sa vie. Elle travaille donc en partenariat avec d’autres femmes pour y arriver. Cela se fait au travers diverses activités et différents domaines.

En fait, l’empowerment donne aux femmes le pouvoir de changer de situation grâce à un travail d’équipe. Le tout en éliminant les frontières entre ce qui est privé et public.

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(c) Rawpixel

Aspect et processus

Il y a 4 aspects à l’empowerment :

  1. Un gain de pouvoir ;
  2. Un processus autodéterminé complètement choisi par la personne ;
  3. Un processus associé à l’action ;
  4. Un concept multidimensionnel le gain de pouvoir se trouve dans plusieurs dimensions.

Ces 4 aspects se trouvent dans un processus en 3 temps. Tout d’abord, il y a un déficit du pouvoir. La femme a une image négative d’elle-même et elle tolère la situation dans laquelle elle se trouve. C’est lors de la prise de conscience que les choses changent. Le regard qu’elle pose sur elle est différent. Elle prend donc conscience de ce qu’elle vit. Son comportement tend à devenir positif. C’est à ce moment que le gain de pouvoir se fait. Grâce à ce changement, l’amélioration des conditions de vie de la femme se voit.

On comprend donc qu’en favorisant l’empowerment auprès des femmes, la reprise du pouvoir de la part des femmes se fait graduellement. Et évidemment, cela a un impact sur la société dans laquelle on vit.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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