Immigration régionale : l’impact des collectivités

Dans mes textes, je parle souvent du fait que l’immigration se situe à Montréal. Du moins, c’est un peu l’impression que j’ai. Bien que la majorité des immigrants s’y installent, beaucoup choisissent de s’installer ailleurs dans la province, notamment lorsqu’ils sont étudiants. C’est une des raisons qui me poussent à vous parler du livre Les collectivités locales au cœur de l’intégration des immigrants. Questions identitaires et stratégies régionales. Il a été publié par les Presses de l’Université Laval en 2013 sous la direction de Michèle Vatz Laaroussi, Estelle Bernier et Lucille Guilbert.

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Livre les collectivités locales au coeur de l’intégration des immigrants             (c) Myrianne Lemay

 

Le livre est divisé en deux parties ayant plusieurs textes par chapitre. La première concerne les transitions de vie et les familles immigrantes en région. On y trouve deux chapitres. Premièrement, il est question du lien qui existe entre les familles nouvellement arrivées en région et les écoles fréquentées par les enfants. Trois textes s’y retrouvent, notamment une étude de cas concernant la région de Sherbrooke. Les deux autres textes concernent l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration au sein du système scolaire québécois, dont un avec le point de vue des organismes qui aident à l’accueil des familles immigrantes. Le deuxième chapitre parle des transitions de vie, comme la migration, les études, le travail ou la maternité. On oublie souvent que les immigrants vivent des étapes importantes de leurs vies loin de leur famille, ce qui peut avoir un impact majeur sur ce qu’ils vivent. Dans ce chapitre, le principal texte mentionne un modèle de coopération interculturelle qui permet un accompagnement dans ces moments de vie parfois critiques. À la fin, un petit texte réflexif de Richard Walling parle justement des communautés d’apprentissage qui facilite la transition du « je » vers un « nous » collectif.

La deuxième partie du livre est plus volumineuse. On y trouve cinq chapitres traitant de divers sujets liés à l’immigration regroupant chacun entre un et trois textes. Il y est question de l’emploi, de l’administration des réseaux d’acteurs, de la langue, de diversité et des enjeux dans les régions du Québec. Évidemment, il est impossible de ne pas comparer Montréal et les régions. Je crois qu’il s’agit d’un incontournable sur plusieurs sujets, mais principalement en matière d’immigration. Comme on le sait déjà qu’à Montréal la recherche d’emplois est difficile ! Par contre, il existe des ressources, même en région, pour les chercheurs d’emplois. Et qui dit employabilité, dit aussi socioéconomie. Il en est évidemment question au chapitre trois du livre.

Le chapitre quatre parle des politiques et des réseaux d’acteurs concernant l’immigration. On parle, entre autres, du Réseau des organismes de régionalisation de l’immigration du Québec (RORIQ) qui a pour but de faire en sorte que les immigrants puissent s’établir en région. Une vingtaine d’organismes y travaillent pour réussir cette mission. C’est aussi un endroit d’échanges et de réseautage, ce qui est important, surtout lorsque l’on vient d’arriver en tant qu’immigrant. En lisant ce chapitre, on s’aperçoit qu’il est primordial d’avoir ce genre d’organisme qui permet aux immigrants d’avoir un réseau de contacts avec leur nouvelle terre d’accueil et que le travail qui est rattaché est nécessaire.

Mais pour pouvoir s’intégrer, un immigrant doit avoir les capacités linguistiques nécessaires pour le faire. Le chapitre cinq parle de cette réalité. Une analyse de la communauté anglophone est présentée en début de chapitre. On n’y pense pas en premier lieu, mais les diverses communautés anglophones présentent dans la belle province ont un impact important dans l’histoire du Québec. Les anglophones ont pratiquement toujours fait partie de l’histoire du Québec. Après les Français, les Britanniques et les Irlandais ont aidé à construire le Québec actuel. En comptant sur les « minorités » de l’époque (voir le texte sur le mois de l’Histoire des Noirs). Il est donc normal de considérer leur participation dans l’intégration des immigrants dans le Québec actuel. La deuxième génération est étudiée dans cette partie du livre.

Au chapitre six, la question de la diversité en région et l’ouverture des gens y habitant sont abordées. Dans le premier texte, une recherche sur les attitudes par rapport à l’immigration et la diversité est abordée. On pense qu’en région, il y a plus de préjugés concernant les immigrants, mais est-ce réellement le cas ? Il faut lire le texte pour connaître la réponse. Mais une chose est certaine, le rôle que peuvent jouer les organismes et les médiateurs interculturels est capital. Le septième chapitre aborde la modélisation du capital d’attraction et d’attraction des immigrants en région. Ce que l’on comprend, c’est que le communautaire, comme dans bien des cas, est essentiel à la réussite de cette démarche.

À la lecture de ce livre, on comprend que les immigrants qui décident d’aller ailleurs qu’à Montréal vivront leur intégration différemment de ceux qui décident de rester dans la métropole. Les organismes régionaux qui interviennent en la matière dépendent aussi de ceux qui viennent s’y établir. Qu’est-ce que vous pensez de cette réalité ? Est-ce que ça devrait être obligatoire pour les immigrants d’aller s’établir ailleurs dans la province ? La situation actuelle est-elle adaptée à la réalité que nous vivons en ce moment ?

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