Publié dans Identité

L’identité et la culture, un bon ménage ?

On se définit tous par notre identité. L’identité et la culture, notamment. Et comme je vous le dit souvent, personne n’en possède qu’une seule. Lorsque l’on parle d’identité, on sous entend souvent identités. Car personne ne garde la même en tout temps. Elle change selon la situation. Par contre, certaines sont permanentes. Comme l’identité et la culture, que l’on aborde maintenant.

Pour vous rafraîchir la mémoire, vous pouvez lire le document que j’avais fait pour la conférence de juin 2018. Par contre, il n’y a pas de vidéo sur la thématique de l’identité et de la culture.

Petite histoire de l’identité et de la culture

Il est clair que l’identité d’un individu est teintée par l’environnement dans lequel il baigne. Que ce soit la culture, la langue, la religion, l’éducation, etc. Par contre, ce qu’il est possible de constater c’est qu’il y aura toujours une évolution dans la définition de ce qu’est une identité. A une certaine époque, l’identité de l’un était beaucoup plus similaire à celle de son voisin. Dès qu’il y avait quelqu’un qui débordait un peu du cadre, il était stigmatisé. Ce qui n’est plus le cas actuellement. Ce type d’identité est souvent utilisé pour parler d’un groupe. Il englobe souvent des gens qui ne s’identifient pas à ce groupe. Comme lorsqu’on dit les musulmans sont arabes et vice et versa. Bien que présente partout, entre autres dans les médias, l’identité culturelle n’a pas de définition scientifique en tant que telle. Pourtant ce que nous sommes aujourd’hui, notre identité, est aussi le reflet de l’histoire qui s’est déroulée avant nous. Cette identité fait en sorte aussi de tracer une ligne entre « nous » et « eux ». Bien que l’identité soit un marqueur de différenciation, elle est aussi synonyme de diversité. Nous sommes tous pareils : nous sommes différents les uns des autres. C’est une bonne chose, sinon, la vie serait vraiment plate.

Et la personnalité, c’est la même chose ?

Des études ont été faites sur la question au cours des années. Ruth Benedict en est un bel exemple, car elle a étudié les types de culture. Ce qui en est ressorti, c’est qu’il y a une cohérence culturelle qui s’opère. Cette logique offre un éventail de possibilités où il est possible d’agir. Ce qui entraîne, de facto, une différenciation culturelle. Margaret Mead, quant à elle, a étudié les rôles genrés dans les tribus du Pacifique. Il s’avère qu’il y a une variation en ce qui au traitement des gens selon leur sexe en raison de la catégorisation sociale que les tribus font d’elles-mêmes. Il va donc de soi que les apprentissages que chaque individu fait a un impact sur sa personnalité, son identité.

Pour certaines personnes se spécialisant dans ce domaine précis, il y a une personnalité de base qui est appelée à se développer tout au long de la vie. Cela est variable selon notre environnement immédiat. Pour Abraham Kardiner, par exemple, il y a deux types d’institutions qui permettent ce développement. Les institutions primaires, comme la famille et l’école. Les institutions secondaires sont celles qui génèrent tout le système de croyances et de valeurs. Ce qui laisse croire que malgré le fait que certains pensent que l’identité est innée, elle est aussi acquise.

L’identité, un produit, une ressource ?

Je dirais les deux. Car l’identité est quelque chose de dynamique, en constante évolution. Pour les acteurs sociaux, l’identité est un outil indispensable pour œuvrer à l’ouverture des esprits et un enrichissement important.

D’une manière ou d’une autre, il y a un choc qui se fait constamment entre la personne et la société. Entre l’identité individuelle et l’identité collective. Ce qui fait qu’il y a de multiples possibilités d’études à faire sur la relation entre la culture ambiante et l’individu. Il y a des négociations qui se font entre les membres d’une même collectivité ou entre les membres et la société elle-même.

Ce qui est clair, c’est que la culture est intimement liée à l’être humain. C’est ce dernier qui permet à la culture de circuler, de voyager. Encore grâce à cette perception de la culture, on peut constater que l’identité et la culture sont deux aspects de l’être humain qui sont majoritairement acquis. Dès qu’il y a l’apprentissage qui entre en ligne de compte, on peut penser acquisition, enrichissement.

Évidemment, ce n’est pas quelque chose qui se fait seul. Les acteurs qui travaillent à développer l’identité d’un groupe doivent avoir accès à des outils pertinents à leur travail. Grâce à cela, il est possible de faire des liens entre les personnes, car, comme on l’a dit dès le début, l’identité réfère à la similitude tout comme à la différence. On n’essaie plus d’assimiler les identités culturelles à la société dominante, mais plutôt d’encourager la rencontre de ces cultures de manière à ce que les participants apprennent de l’autre.

L’identité et le choc culturel

C’est indéniable. Lorsque l’on rencontre quelqu’un, même s’il est de notre culture, il y a une possibilité de frictions, d’accrochages, de choc. En fait, le choc culturel est quelque chose de personnel. Personne n’aura les mêmes réactions par rapport aux mêmes situations. C’est donc une manière de communiquer un malaise face à quelqu’un ou quelque chose que l’on découvre pour la première fois. En tant qu’humains, nous vivons des chocs culturels tous les jours. Mais les enfants en vivent plus que les adultes en raison du fait qu’ils sont davantage en apprentissage que les adultes.

Dans la plupart des cas, ces confrontations pédagogiques sont vécues positivement. Ce qu’ils nous apprennent tourne autour de la réflexion, l’adaptation, la médiation, l’ouverture. Bref, des qualités jugées positives par la grande majorité des gens. Les chocs culturels sont donc des sources d’apprentissages importants qu’importe l’âge auquel on le vit. Par le fait même, en ouvrant ses œillères et en se permettant de se conscientiser au vécu de l’autre, il est donc possible de briser l’isolement ou les préjugés. Il y a plusieurs façons de vivre un choc culturel. Par la rencontre de gens, par la lecture, les voyages, la gastronomie…

Évidemment, les chocs culturels sont très liés à l’éducation. Si l’on encourage dès un très jeune âge les enfants à l’ouverture et au respect des autres, leurs sensibilités à l’autre auront un impact sur leur réaction en cas de chocs culturels. En gros, la meilleure façon de permettre à un enfant de donner le goût d’apprendre et de bien gérer ses apprentissages, c’est de le laisser vivre des expériences positives dans ce sens. Par conséquent, tout choc culturel vécu forgera l’identité de l’individu le vivant.

Choc culturel ou choc des cultures ?

Il y a une différence entre les deux, mais il y a aussi une certaine complémentarité que l’on peut retrouver. Dans le cas du choc culturel, il s’agit d’un processus personnel, que seul l’individu vit. Il s’interroge sur ses propres valeurs, les normes sociales, ses propres repères. Dans cette optique, il se compare aux autres et se remet en question.  Le cas du choc des cultures, il est plus question d’un processus collectif. C’est à ce niveau que se joue la résolution de conflit, par exemple. Les gens réagissent en bloc et non par eux-mêmes. Il y a une certaine hostilité qui se répercute sur les autres et les contamine. On pense, entre autres, au colonialisme. Mais comme l’environnement immédiat joue sur l’identité de chacun d’entre nous, l’action collective a donc un impact sur nos questionnements individuels. Au cours d’une vie, les gens ont eu a plus ou moins vivre des variations identitaires selon les fréquentations qu’ils ont.

Je vous invite à lire le livre d’Amine Maalouf, identités meurtrières. Un essai vraiment intéressant qui nous fait réfléchir sur ce qui nous définit.

Vous qu’est-ce qui vous défini ?

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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