Gestion de la diversité culturelle.

Dans le cadre d’un travail lors de ma première session de maîtrise, nous avions à prendre position par rapport à la gestion de la diversité. En voici le résultat.

Ma position par rapport à la gestion de la diversité

Pour ce qui a trait à la gestion de la diversité culturelle, j’irais pour quelque chose se situant entre le multiculturalisme et l’interculturalisme. C’est peut-être utopique, mais je ne crois pas qu’il faut qu’il y ait de culture dominante, mais qu’il faut mettre les valeurs communes de l’avant tout respectant les valeurs individuelles des membres qui composent la société. Après l’écoute du vidéo intitulé « Le pluralisme au Canada- Prof Charles Taylor[i] » d’une durée d’environ vingt de minutes, je m’aperçois que j’opterais l’utilisation de cette méthode de gestion de la diversité. À la suite de ce visionnement, je me retrouve à être d’accord avec plusieurs points que Monsieur Taylor apporte.

Le pluralisme

Tout d’abord, le pluralisme est la capacité à vivre ensemble, à pied d’égalité et avec une intelligence commune des différences culturelles. Dans le cas de l’interculturalisme, il y a une culture dominante, donc forcément un changement s’opère au sein de la culture dominée : soit une assimilation ou soit une exclusion. Bien qu’il y a un échange culturel, il n’est pas sur un pied d’égalité. Tandis que dans le cas du multiculturalisme, il y a une certaine égalité, mais il ne semble pas avoir de points communs. Les communautés culturelles semblent vivre en parallèle et non ensemble comme dans le cas du pluralisme. Au Canada, l’immigration et la diversité ont une place très importante et sont faciles à mettre en évidence.

Depuis le début de la colonisation, il y a plus 400 ans, l’immigration est présente sur notre conscient. Dans notre secteur seulement, les Français ont été les premiers à s’établir ici. Les Anglais ont suivi quelque temps après. Bien que dès cette époque, il y a eu des flammèches entre les deux cultures et que, maintenant, il est question des deux solitudes, on devrait plutôt apprendre à utiliser cette caractéristique unique en Amérique du Nord, du moins. Le Canada offre un grand éventail de possibilités pour ses habitants. Si on a la chance de parler une ou l’autre des deux langues officielles, cela augmente les chances d’intégration. La dualité offerte par le Canada permet, si on l’utilise à bon adéquate, permet d’ouvrir des portes que l’on ne pensait pas forcément. Le Québec a toujours eu tendance à se refermer sur lui-même parce qu’il se dit toujours qu’il est né pour un petit pain, alors qu’il est capable de faire grande chose. En favorisant l’interculturalisme, le Québec choisit en quelque sorte de reproduire l’histoire qui s’est écrite sur son territoire. En effet, moindrement qu’on lit l’histoire du Canada, il est question de la domination des Anglophones sur les Francophones ou de la fameuse guerre de clochers entre protestants et catholiques. Bien qu’ils se soient défendus, il y en eut une certaine exclusion d’une grande majorité des Franco-canadiens envers les Anglo-canadiens. Maintenant, les Québécois en particulier, il y a une reproduction de cette domination anglo-saxonne sur nos ancêtres.

L’interculuration

Les raisons de cette interculturation sont variées, mais doivent être perçues comme positives. Pour Taylor, la différence est ce qui fait la force du Canada. Je suis d’accord avec ce fait. Nous avons l’opportunité d’avoir plusieurs cultures qui ont des valeurs communes. Il est donc évident de se concentrer sur ces valeurs qui nous semblent parfois différentes, mais qui sont pourtant communes. Ici, au Canada, on peut considérer trois dimensions culturelles : 1) les Anglais ; 2) les Français et 3) les immigrants. En considérant ces trois points prioritaires, on met tout le monde à égalité et on évite ainsi de faire des demandes d’accommodements raisonnables québécois et le multiculturalisme anglo-canadien. Pour que cela fonctionne, il y doit avoir une ouverture d’esprit, car le pire ennemi de l’intégration et du pluralisme est bien la crainte de l’autre et être hostile à son égard.

Un société hétéroclite, vraiment ?

Le plus grand avantage est d’avoir une société hétéroclite. Pour que le pluralisme fonctionne bien, il faut assurément une base commune que les gens doivent être en accord. Cette vision collective de notre société ne peut être que bénéfique. Avec ce que Taylor appelle un code d’éthique de base, on peut réussir à inclure tout le monde dans notre société. Avec cette convention, Taylor préconise de préserver la tolérance, la démocratie, l’égalité, les droits de la personne et l’inclusion. On pourrait ajouter à cela la connaissance d’une des deux langues officielles. Habituellement, les immigrants qui viennent s’établir ici, le font deux principales raisons. Le sentiment de liberté qui règne ici et le fait de pouvoir donner de meilleures opportunités à leurs enfants. Mais ce que l’on entend aussi sur le terrain est le fait que les immigrants ne sont pas toujours acceptés par leurs nouveaux concitoyens. Avec la situation actuelle, on revient toujours à la même situation. On tourne en rond, au lieu de régler le problème.

La laïcité, un mal nécessaire

Un aspect qui ne semble pas être pris en compte par les modèles de gestion de la diversité, c’est la laïcité. Cela peut être bon comme mauvais, tout dépend comment on s’y prend. Dans l’idéal, lorsque l’on parle de laïcité, pour Taylor, on parle d’impartialité religieuse, ce qui excuse l’exclusion. On peut aussi parler de neutralité religieuse de l’État. C’est le cas pour Pierre Bosset, professeur au département des sciences juridiques de l’UQAM, Ryoa Chung, professeure agrégée au département de philosophie de l’Université de Montréal et de Haroun Bouazzi de l’Association musulmane et des Arabes pour la laïcité au Québec.

À vrai dire, le problème dans l’intégration des immigrants est la pratique religieuse de certains d’entre eux. Haroun Bouazzi lors de Webinaire de la Fondation canadienne des relations raciales[ii] le 13 décembre dernier ayant pour titre La laïcité et le pluralisme culturel : dialogue de sourd? mentionne que le terme laïcité n’existe pas en anglais. Mais selon le site Linguee[iii], le terme anglais le plus utilisé secularism. Qui a donc un lien avec les traditions ancestrales. Ce qui peut, entre autres, expliquer pourquoi le multiculturalisme semble fonctionner mieux que l’interculturalisme. De plus, une des grandes différences entre le Québec et le Canada, c’est la relation avec la religion. Au Québec, la religion et l’État ne font plus un depuis une quarantaine d’années. Cela a forcément un impact sur les politiques d’États. En effet, au Québec, avec l’interculturalisme, on tend vers l’assimilation. On a pu le constater avec la fameuse charte de la laïcité du PQ en 2013.  La définition du terme assimilation est la suivante :

« L’assimilation est le processus de transformation culturelle que subissent les groupes sociaux minoritaires, au contact du groupe majoritaire. Le sens que prend globalement le terme aujourd’hui est l’adoption progressive par les individus d’un groupe minoritaire des traits culturels du groupe majoritaire qui les « accueille » jusqu’à la progressive disparition de tous traits culturels initiaux.[iv]»

L’assimilation

Pour connaître plusieurs personnes immigrantes qui se sont assimilées à la culture dominante, c’est le modèle de gestion de la diversité que j’aime le moins. Comme si, pour être intégré à une société, il faut oublier tout du passé. Pourtant, toujours pour le site Les mots sont importants.net « Dans la sociologie dominante de l’immigration, l’intégration s’entend dans un sens opposé à l’usage durkheimien. La notion ne s’applique plus à la société dans son ensemble, mais à l’individu. L’individu est intégré quand il est « englobé » par ses différents groupes d’appartenance.[v]» Au bout du compte, l’intégration vise à l’inclusion des immigrants, et non pas à les assimiler ou à les exclure. Ce qui n’est ni le cas de l’interculturalisme ni du multiculturalisme. Dans le premier cas, les minorités sont assimilées au détriment de la majorité et dans le deuxième, c’est la société d’accueil qui semble disparaître aux yeux des minorités. Mais où est donc le pied d’égalité que mentionne le pluralisme ? Nulle part, car même encouragée, la diversité ne doit passer le plus souvent inaperçue et promouvoir la protection de la langue française[vi].

Le multiculturalisme

Pour le Gouvernement fédéral, le multiculturalisme canadien[vii] se définit en premier lieu comme un fait de société, c’est-à-dire, une cohabitation en un même lieu de gens provenant de différentes parties du globe. Deuxièmement, de manière idéologique, il s’agit d’un ensemble cohérent de pensées et de valeurs servent à la célébration de la diversité culturelle du pays. En dernier lieu, du point de vue politique, il s’agit de la gestion de la diversité culturelle au moyen d’interventions étatiques. En aucun cas, il n’est question de valeurs communes, comme le dicte le pluralisme.

Les différentes formes de gestion de la diversité culturelle

Ce que je comprends en lisant les différentes gestions de la diversité, c’est qu’elles visent toutes l’intégration des immigrants. Malheureusement, je constate qu’aucune d’entre elles ne semble pas actuellement efficace. Dans les deux cas, il y a l’effacement d’une partie de la société. D’un côté, c’est la minorité, de l’autre, la société d’accueil. À la suite des diverses lectures faites pour ce portfolio, je suis de plus en plus convaincue que le meilleur modèle de gestion de la diversité est le pluralisme. Comme je l’ai mentionné au début, il semble être le juste milieu entre l’interculturalisme et le multiculturalisme, car il ne défavorise aucune partie. J’aime bien comment l’UNESCO décrit le pluralisme. Pour ces derniers,

«Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir-vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. Des politiques favorisant l’intégration et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. Ainsi défini, le pluralisme culturel constitue la réponse politique au fait de la diversité culturelle. Indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique.[viii]»

Savoir se questionner pour s’améliorer

Bien que cela est improbable à court terme, il est bon de se questionner en tant que société afin de se réorienter et se réorganiser notre modèle de gestion de la diversité. Au moment où les modèles actuels sont apparus au sein de notre société Pan canadienne et québécoise, la réalité culturelle était complètement différente.  Au fils des années, la société s’est diversifiée à plusieurs niveaux, elle s’est métissée au point où pratiquement tout le monde a côtoyé des immigrants à un moment ou l’autre dans sa vie. Pour que ces derniers se sentent intégrés sans que la société d’accueil se sente menacée ou s’efface, il faut donc favoriser un modèle favorisant la diversité culturelle qui va de pair avec les valeurs du Canada. Lors de l’épisode de la charte, on nous rabâchait que les valeurs du Québec impliquaient l’égalité des sexes et que l’État souhaitait que toutes les femmes travaillent. Pourtant, les principales victimes étaient des femmes voilées. Pour beaucoup d’entre elles, il était préférable de déménager ailleurs au Canada que d’enlever le voile. Il y avait une discordance dans le discours des péquistes en ce qui a trait à l’égalité des sexes.

La diversité culturelle en bref…

En conclusion, je suis donc d’avis qu’il est temps de changer de modèle de gestion de la diversité pour un modèle plus ouvert, plus égalitaire et qui permette aux immigrants de rester eux-mêmes tout en aidant la société d’accueil à s’améliorer et s’ouvrir aux autres. Le pluralisme favorise ces points tout en permettant une communication, un échange entre cultures. Il s’agit donc de la création d’un pont, d’un lien entre plusieurs univers qui semblent parallèles, mais qui sont similaires.

Références

[i] Le pluralisme au Canada – Prof Charles Taylor https://www.youtube.com/watch?v=RlL5baCh8-I, vu le 21 décembre 2016

[ii] Fondation canadienne des relations raciales : http://crrf-fcrr.ca/en/ vu le 24 décembre 2016

[iii] Linguee : http://www.linguee.fr/francais-anglais/traduction/la%C3%AFcit%C3%A9.html, vu le 24 décembre 2016

[iv] Les mots sont importants.net :  http://lmsi.net/Integration-et-assimilation, vu le 25 décembre 2016

[v] Idem.

[vi] Dewing, Micheal, (2009, révisé en 2013) Le multiculturalisme Canadien. Bibliothèque du Parlement, Ottawa, Canada. Publication no 2009-20-F

[vii] Idem.

[viii]  UNESCO : http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=12321&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html, vu le 25 décembre 2016

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