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Février, le mois de l’histoire des noirs

Aujourd’hui, 1er février, nous entrons dans le mois de l’histoire des Noirs, tant au Canada qu’aux États-Unis. Le mois est aussi célébré au Royaume-Uni, mais au mois d’octobre. Comme le nom l’indique, le mois est consacré à l’histoire des noirs. Donc, en voici les grandes lignes, selon la Table de concertation du Mois de l’histoire des Noirs de Québec.

C’est en 1926 que naît cette commémoration. Sous l’initiative de Carter Goodwin Woodson, historien afro-américain, il s’agissait d’une semaine de février où l’histoire des Noirs était mise à l’honneur y compris dans les programmes scolaires. Pourquoi au mois de février ? Car c’est le mois de naissance de deux grands abolitionnistes américains : Abraham Lincoln, qui était Président américain qui a aboli l’esclavage, et Frederik Douglas, né esclave, mais qui avait pris fuite de sa plantation en 1836 et devient en liberté illégale. Ce n’est qu’en 1976 que la semaine s’étend sur un mois. L’idée fut importée au Canada vers la fin des années 40 par des noirs voyageant entre les États-Unis et le Canada. C’est en 1950 qu’est célébrée, pour la première fois à Toronto, la présence des noirs en sol canadien. En 1979, grâce à plusieurs pétitions, Toronto baptise l’événement « Février, mois des Noirs. »  Ce n’est qu’en 1993 que l’Ontario Black History Society reconnaît officiellement que le mois de février est le mois des Noirs en Ontario. Le Canada suit deux ans plus tard grâce à une motion de Jean Augustine, députée fédérale d’Etobicoke-Lakeshore entre 1993 et 2005.

Ici, au Québec, ce n’est qu’en 2005 que le gouvernement libéral met sur pied un groupe de travail sur la participation des noirs à la société québécoise. Ce groupe est dirigé par Yolande James, alors députée de Nelligan. Le 18 octobre 2006, l’une des recommandations de ce groupe se concrétise : le projet de loi 39, qui proclame le Mois de l’histoire des Noirs, est déposé à l’Assemblée nationale. Le 23 novembre suivant, la motion fut adoptée et sanctionnée six jours plus tard. Le mois de l’histoire des Noirs est célébré pour la première fois le 1er février suivant.

Mais pourquoi célébrer cela au Canada ? Parce que la présence des noirs en sol canadien remonte au début de la colonisation. C’est un sujet qui n’est pas abordé dans les cours d’histoire, du moins au secondaire, quand on parle de la fondation de notre pays. Le premier noir connu ici est Mathieu Da Costa. Il est arrivé ici libre et, vers 1606, était interprète auprès des Autochtones. Mais il s’agit d’une exception, car la grande majorité des noirs étaient des esclaves de la colonie. Ils étaient victimes aussi de ségrégation et de discrimination. Étonnamment, jusqu’à il y a tout juste 50 ans, l’immigration noire était peu présente au Canada, car les noirs étaient des indésirables. Mais ceux déjà présents au Canada ont lutté énormément pour la reconnaissance de leurs droits. Dans cette optique, un Guide_sur l’histoire des Noirs au Canada a été créé dans le but de faire connaître l’histoire des Noirs au Canada.

Le phénomène est similaire au Québec. La présence des noirs au Québec remonte aux origines de la Nouvelle-France. On peut voir trois grandes périodes. La première couvre de 1629 à 1834, la deuxième de 1834 à 1950 et la dernière de 1950 à aujourd’hui. Au moment de la première période, les noirs étaient des esclaves sous ordonnance de l’intendant Raudot, mais cela n’a jamais été autorisé par le roi de France. Mais lorsque la Nouvelle-France passe aux mains des Anglais, l’esclavagisme est plus présent qu’auparavant. En 1760, selon l’article 47 de la capitulation de Montréal fait en sorte que les Noirs et les Amérindiens n’avaient pas d’autres possibilités que d’être esclave. L’esclavagisme prit fin en 1834 à la suite de plusieurs années de combat qui commencèrent en 1793. Le député Pierre-Louis Panet en est l’instigateur de ce long processus. Dès l’année suivante, le juge James Monk fait en sorte d’interdire la possession d’esclave. Les poursuites intentées par les propriétaires d’esclaves en fuite furent rejetées par le juge. La décision de l’abolition de l’esclavage fut décidée à Londres en 1833 et entre en vigueur en 1834 ici. Malgré tout, la situation ne s’améliore pas instantanément. Les descendants subissent beaucoup de préjugés socioculturels ou économiques. Ce qui fait les noirs en réaction à ces discriminations en créant leurs propres infrastructures. Ce qui a, malgré tout, un impact économique pour le Québec. Aussi avant les années 50, l’immigration noire n’étaient pas favorisées par le gouvernement. Par contre, dès que la politique d’immigration canadienne a changé, l’image du Québec a quelque peu changé. En 1967, la sélection des immigrants se fait en calculant des points, ce qui influence l’immigration des Antillais et des Africains que ce soit comme travailleurs, réfugiés ou étudiants.

Toute cette histoire n’est pas très connue. D’où l’importance du mois de l’histoire des Noirs. Cette année, le thème pour Montréal est Notre histoire s’écrit tous les jours.  Pour Québec, cette année le thème est S’unir pour bâtir ensemble. Plusieurs activités sont programmées selon l’endroit où l’on se trouve. À vous de voir ce qui se passe dans votre secteur.

Notre histoire s'écrit chaque jour
Le thème du mois de l’histoire des noirs de 2018.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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