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L’exploitation sexuelle : 5 faits sur le sujet

Depuis le #metoo, en 2017, on entend parler beaucoup d’agression sexuelle. Plusieurs dénonciations ont été faites car les langues se délient de plus en plus. Et c’est super. Mais depuis 2009, une journée est consacrée à l’exploitation sexuelle. Car on a beau en parler, ça ne règle pas le problème immédiatement dans toutes les sociétés.  Avec l’initiative du Groupe International de Parole de femmes, cette journée a pour objectif de dénoncer le fait de brimer les droits fondamentaux de l’être humain. Voici donc 5 faits sur les exploitations sexuelles.

1er fait : quelques statistiques sur l’exploitation sexuelle

Ce que l’on sait, c’est qu’aucun pays n’est épargné par l’exploitation sexuelle.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en 2009, 92% des victimes de la traite se trouvent être victimes de prostitution. 48% d’entre elles sont des enfants.

Toujours selon ONUDC, presque la totalité des victimes est des femmes ou des fillettes.

L’ONUDC estime que les victimes d’exploitation sexuelle en Asie du Sud-Est ont fait plus de victimes dans les années 1990 que durant la période de l’esclavagiste.

Le Conseil du statut de la femme mentionnait en 2012 que les Canadiennes qui subissent la prostitution ont un taux de mortalité 40 fois plus élevé que les autres. Le Conseil estime aussi que l’âge moyen, au Canada, où les gens commencent la prostitution tourne autour de 15 ans.

Pour plus d’informations :

  • Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Rapport mondial sur la traite des personnes. Résumé analytique, 2012.
  • Conseil du statut de la femme, Avis La prostitution: il est temps d’agir, 2012.

2e fait : les victimes de l’exploitation sexuelle

Chaque année, on estime le nombre de victimes à 4 millions. Sur ce nombre 500 000 femmes sont victimes de prostitution. Mais les enfants le sont aussi. Fille ou garçon.

Selon la Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, les personnes que l’on peut considérer comme vulnérables sont les femmes issues de l’immigration, les jeunes à risque et les personnes vivant dans la précarité socio-économique.

Lorsque l’on parle de jeunes on parle principalement d’adolescent-es en fugue vers des centres urbains. Les raisons sont variées. Mais il est notamment question de meilleure qualité de vie.

L’origine de personne n’a pas d’incidence sur le choix des victimes. Donc, qu’importe l’endroit où l’on se trouve, il y a des femmes et des adolescent-es sont qui sont au prise dans l’exploitation sexuelle.

3e fait : l’exploitation sexuelle chez les enfants

Parce que même ici, les enfants sont victimes d’exploitation sexuelle. Voici le topo concernant le Canada et le Québec.

Au Canada

Au Canada, les organismes œuvrant auprès des victimes d’exploitation sexuelle estiment qu’il y a 16 000 victimes par années. Par contre, vu qu’il s’agit souvent de trafic clandestin, le nombre d’enfants dans le réseau est méconnu.

Si l’on parle de trafic humain, la GRC estime entre 600 et 800 victimes au Canada. Mais le nombre est plus élevé si l’on parle de trafic humain du Canada vers les États-Unis. On parle d’au moins 1500 à 2200 personnes. Malheureusement, il est estimé que le nombre d’enfants victime du trafic humain à 1300. Le Service canadien de renseignements criminels mentionne qu’il y a des fillettes de moins de 12 ans qui en sont victimes.

Au Canada, les femmes et fillettes autochtones sont les plus représentées dans les statistiques sur l’exploitation sexuelle.

Pour plus d’informations :

  • UNICEF Canada, Protéger les enfants contre le trafic d’êtres humains, 2012.
  • Gendarmerie royale du Canada, Compte rendu sur les enfants disparus – 2009: Services nationaux des enfants disparus, 2009.
  • Comité permanent de la condition féminine, Rapport, 2007.
  • Service canadien de renseignements criminels, «Organized Crime and Domestic Trafficking in Persons in Canada» dans Strategic Intelligence Brief, 2008.

 Au Québec

L’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a fait une étude sur le sujet entre juillet 2008 et mai 2009. 610 jeunes de plus de 14 ans de 6 centres jeunesses ont participé. Les résultats ? 25% des filles et 7% des garçons ont déjà reçu de l’argent contre un acte sexuel. Certains ont même mentionné avoir déjà dans les bars érotiques. Près de 10% des filles et 1% des garçons. Le quart d’entre eux l’on fait avant 14 ans.

Pour plus d’informations :

Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Sexe, drogue et autres questions de santé: Étude sur les habitudes de vie et les comportements associés aux infections transmissibles sexuellement chez les jeunes hébergés dans les centres jeunesse du Québec, 2012.

4e fait : mythes et réalités sur l’exploitation sexuelle

Plusieurs mythes existent concernant l’exploitation sexuelle.

Comme on vient de le voir, la traite humaine et l’exploitation sexuelle sont présentes au Canada. Les statistiques le démontrent bien. Mais en plus, la Canada est une plaque tournante dans la traite des femmes. Certaines sont originaires du Canada. D’autres s’y établissent définitivement. D’autres ne font que transiter par le Canada.

Par le fait même, on s’aperçoit que ce n’est pas que les femmes provenant d’ailleurs qui sont victimes d’exploitation sexuelle. Autant à l’interne qu’à l’externe. C’est-à-dire que les enfants peuvent se trouver à voyager au Québec, au Canada ou ailleurs pour être exploités sexuellement.

On pense à tort aussi qu’il faut être naïf-ve pour se trouver dans un réseau de prostitution. Ce qui est faux. Certaines tentent de fuir ces réseaux, mais c’est parfois difficile. Les proxénètes utilisent des techniques de manipulation pour amadouer les victimes.

5e fait : les conséquences de l’exploitation sexuelle

Lorsqu’une personne vit l’exploitation sexuelle, des conséquences viennent aussi. Autant pour les adultes que les enfants. Elles sont toutes graves et peuvent être irréversibles. Dans le cas des enfants, des conséquences sur leur développement sont à considérer.

Les victimes doivent vivre avec le danger de violence. Physique, psychologique, économique, etc. Ces violences viennent autant des proxénètes que des clients.

C’est sans compter les maladies sexuelles qu’il est possible d’attraper. Dans le cas des enfants, plusieurs facteurs influencent leur situation physique. Ils n’ont pas la capacité de demander une protection. Et leurs tissus et muqueuses se fragilisent plus facilement. Ils se trouvent forcément plus vulnérables lors de contacts sexuels.  Le manque d’informations a aussi un impact sur leur vulnérabilité.

Psychologiquement parlant, il y aussi des conséquences. Elles sont invisibles, mais bien présentes. La honte, la culpabilité et le manque de respect sont des sentiments qui sont présents dans la vie des victimes.

Il existe des vidéos de sensibilisation sur le sujet. En voici une sur le sujet. Adressée pour le Madagascar.

Comme on le voit, l’exploitation sexuelle touche beaucoup de monde. Une sensibilisation doit se faire. Localement ou plus globalement. Mais elle doit se faire.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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