Publié dans Diversité, expérience personnelle, Identité, immigration, Lectures, médiation interculturelle

Éducation interculturelle et petite enfance

Comme vous le savez peut-être, j’ai travaillé avec les enfants du préscolaire (0-5 ans) quelques années. J’ai étudié dans le domaine lorsque j’étais au Cégep. À Québec, pour être précise. À une époque où le visage de la Ville était encore très blanc, mais avec beaucoup de jeunes issus de l’adoption internationale. Ceux de ma génération étaient surtout noirs, mais dans les années 90, elle était surtout asiatique. Alors, la question de l’interculturalité dans les cours n’était pas abordée. Ou du moins, peu parlée. Je peux vous dire que lorsque je suis arrivée à Montréal et que j’ai rencontré mon premier groupe en garderie, j’ai été très surprise de sa constitution. Sur six enfants de moins de 2 ans, j’avais 3 Arabes, 1 haïtien, 1 asiatique et 1 québécois. Seul le dernier me comprenait lorsque je parlais. J’ai passé une très belle journée (not) 😂 Je suis revenue à la maison complètement vidée ma journée.

Manquement dans la formation en éducation à la petite enfance?

Tout ça pour dire qu’en fait je n’étais pas préparé à cette réalité. J’étais dans une période un peu floue de ma vie, lorsque je faisais cette formation. Je la faisais à contrecœur, car ce n’était pas ce qui m’intéressait. C’est peut-être une des raisons pour laquelle j’ai quitté rapidement la profession d’éducatrice. Mais bref de bavardages, un des manquements qu’il y avait dans ma formation est l’aspect de l’éducation interculturelle et de la petite enfance. J’ai eu comme formation une technique en éducation en service de garde. Aujourd’hui appelé éducation en petite enfance. Mais dernièrement, j’ai trouvé un livre sur le sujet. J’avoue que sa lecture me ramène en arrière de plus ou moins 20 ans et que cela me rappelle de beaux souvenirs. Mais c’est ce type d’information que j’aurais aimé avoir que j’ai étudié pour être éducatrice.

Mais de quel livre je parle ?

En fait, je parle du livre Éducation interculturelle et petite enfance de Carole Lavallée et de Micheline Marquis. La première a été professeure en techniques en service de garde au Cégep du Vieux-Montréal et la deuxième directrice d’un Centre de la petite enfance à Montréal. Donc, très ancrée de la réalité montréalaise. À ma connaissance, il n’y a qu’une seule édition qui a été publiée en 1999 sous Les Presses de l’Université Laval. Je vous dirais que cela paraît qu’il n’y a pas eu de réédition, car certaines informations ne tiennent plus la route vingt ans plus tard. Mais bon la base du livre est quand même bien. Et si quelqu’un de la maison d’édition lit l’article, on ne sait jamais 😉, une mise à jour de certains chapitres ne ferait pas de tort.

Et qui s’intéresse à l’éducation interculturelle de la petite enfance ?

Ceux et celles qui devraient lire ce livre ? Les éducateur·trice·s à l’enfance, évidemment. Mais à toutes personnes qui travaillent de près ou de loin avec les enfants. Surtout si ces dernières sont en contact direct avec des jeunes issus de l’immigration. En fait, comme l’immigration est de plus en plus présente au Québec, principalement dans les grands centres urbains, tous ceux qui travaillent auprès de cette clientèle devraient posséder ce livre. Que ce soit aussi les intervenant·e·s sociaux, les éducateur·trice·s spécialisé·e·s, travailleur·euse·s sociaux, médiateur·trice·s interculturel·lle·s, etc. Oui, même des gens ayant ma formation, s’ils ont à travailler auprès d’enfants, devraient avoir ce livre. Mais des gens travaillant à la D.P.J, devraient l’avoir. Pourquoi ? Parce qu’il est reconnu que l’organisme à des problèmes à gérer la diversité interculturelle. Et vu qu’ils travaillent directement avec les enfants, il va de soi qu’ils doivent l’avoir.

Ce que j’aime de ce livre Éducation interculturelle et petite enfance ?

Chaque chapitre est clairement bien divisé. Dans le premier, on aborde les notions en lien avec les centres de la petite enfance et l’éducation interculturelle. Comme les C.P.E. venaient de naître, on y explique ce que c’est. Mais bon 20 ans plus tard, je ne sais pas si c’est toujours pertinent. Les notions en lien avec l’immigration sont aussi abordées. Mais encore là, certains aspects ont changé en deux décennies. Dans les autres chapitres, on parle du développement socioaffectif de l’enfant, d’interventions, de pédagogies, des choix d’activités, d’apprentissages linguistiques, de la relation avec les parents et de la gestion des ressources humaines. Bref tout ce qu’un milieu de garde devrait savoir pour bien accueillir les enfants. À la fin de chaque chapitre, des pistes de réflexion sont lancées. Elles peuvent autant faire réfléchir individuellement, qu’en groupe. Des activités sont aussi au menu.

Comment faire l’éducation interculturelle à la petite enfance ?

L’éducation interculturelle des moins de 5 ans est particulière sans l’être vraiment. Un enfant reste un enfant qu’importe l’endroit d’où il vient. La conscience de la différence n’existe pas avant l’âge de 5 ans. Ce qui est dit ou fait avant cet âge l’est par curiosité ou par répétition. Ainsi, lorsqu’un enfant dit des gros mots, c’est parce qu’il les a entendus ailleurs. Souvent, il s’en sert pour exprimer sa peur ou sa colère contre une situation. Pas contre une personne. Mais pas l’enfant qui reçoit les mots ou les gestes. Ne pas oublier que les enfants sont dans le moment présent. Cela doit teinter la préparation des activités. Il est difficile de résumer en peu de mots toute l’information du livre sur le sujet, mais la diversité et l’interculturalité doivent être présentes au quotidien. Surtout si l’on veut favoriser l’inclusion des enfants. Pas seulement une journée thématique par mois.

L’éducation interculturelle en petite enfance…

Ça commence en très jeune âge. Il est certain qu’à la pouponnière, les enfants s’en aperçoivent moins, mais elle demeure quand même présente. L’enfant qui intègre un service de garde aura des réactions qu’importe l’âge où il arrive. Si l’enfant ne comprend pas la langue, il réagira d’une manière différente d’un autre qui la comprend. Si la nourriture n’est pas comme à la maison, aussi. Il faut donc, en tant qu’intervenant trouver des astuces pour faire en sorte que la transition soit le plus facile pour tout le monde. C’est ce qui ressort du livre lorsqu’on le lit.

Si vous avez vécu des situations semblables, quels ont été vos trucs pour faciliter l’intégration des petits ?

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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