Publié dans Réflexion

Constituons l’identité québécoise

Constituons! En décembre dernier, j’ai trouvé un appel au mémoire pour ce projet. Il venait de l‘Institut du Nouveau monde  et de Christian Lapointe du théâtre Carte blanche. Le but ? Doter le Québec d’une Constitution. J’ai décidé de participer. Voici la partie qui concerne le préambule  de la constitution ainsi que les valeurs et principes québécois.

Constituons l’identité québécoise

L’identité québécoise se trouve difficile à définir, car elle se multiplie de plus en plus. Mais, elle a toujours été. Le Québec s’est construit grâce à l’immigration. Française, Britannique, Irlandaise et bien d’autres. Actuellement, le Québec est teinté de toutes les couleurs et on y entend tous les accents.

Ce que l’on sait, c’est que définir l’identité québécoise est complexe. Pour certains, elle se définit par le fait de parler français, d’être né sur le territoire québécois et la couleur de la personne. Pour d’autres, la définition d’identité québécoise est tout autre. L’identité se définit comme complexe pour plusieurs raisons : elle reflète ce que nous voyons. Amine Maalouf, dans Identité meurtrière, mentionne que « c’est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c’est notre regard aussi qui peut les libérer. »

Ce qui prouve ce que j’ai mentionné plutôt : l’identité se multiplie. Elle ne peut donc pas se définir que par quelques critères. Comme Edgar Morin le mentionne, l’identité d’une personne se définit par trois points importants. On parle de l’identité individuelle, de l’identité biologique et l’identité socioculturelle. Bref, plusieurs facteurs sont donc à prendre en compte. À la fin 2016, Le code Québec aborde la question identitaire. Jacques Nantel, Pierre Duhamel et Jean-Marc Léger ont décortiqué le sujet et ont trouvé sept traits qui définissent l’identité québécoise. Le peuple québécois se définit comme un être joyeux qui cherche l’unanimité et qui aime vivre en communauté. Il est détaché, créatif et fier, mais il a tendance à se victimiser. Cela va au-delà des aspects ethniques. Ces traits inclusifs vont au-delà de la couleur de peau, de la religion ou du lieu de naissance.

Si l’on se fie aux propos de certains immigrants, quelle valeur importante du Québec les rejoint le plus ? Ils apprécient la liberté que le Québec leur offre. Ils peuvent vivre leur vie sans contrainte. Par contre, ils constatent du racisme, variable selon la situation. Est-ce dû à l’ignorance ? Un manque d’éducation par rapport à la réalité migratoire ? Cette discrimination affecte la participation à la vie sociétale des gens qui la vivent. Nous sommes, d’une certaine façon, en train de leur dire qu’ils ne sont pas des citoyens à part entière. Pourtant, les immigrants aiment participer à la vie de leur société.

Constituons la démocratie participative

Ce qui serait à privilégier comme régime démocratique est la démocratie participative. Cela permet de permettre les citoyens au cœur des décisions politiques qui le concerne. Par le fait même, cela engage le citoyen dans sa communauté en lui accordant un rôle qui lui ressemble. De plus, la démocratie participative permet d’établir une meilleure représentation de la société. Comme la société québécoise se diversifie, la démocratie doit la représenter. La démocratie participative encourage un système mixte. Donc, la présence des politiciens, toujours nécessaire, se voit complétée par la participation citoyenne. C’est un plus pour la société, car les citoyens y posent des actions et peuvent s’exprimer comme il l’entend.

Constituons la langue française

Un bel exemple concerne la protection de la langue française. Le Québec étant positionné entre la France et l’océan anglophone qui l’entoure il a plusieurs influences. Une nécessité à protéger la langue française se fait sentir au quotidien. La loi 101 aide à la protection du français. Par contre, elle est peut-être due pour une mise à jour. Les jeunes d’aujourd’hui sont davantage ouverts sur le monde. Ils parlent plusieurs langues et ne s’identifient pas toujours par la langue. La loi 101 restreint les minorités, même si son principal but favorise leur inclusion dans la société d’accueil. Par exemple, l’affichage commercial ou public peut causer des incompréhensions, voire des problématiques en ce qui a trait aux ressources disponibles. Cela peut nuire aux touristes et aux immigrants qui ne comprennent pas forcément le français. Un équilibre se trouve entre la protection de la langue et facilitée la participation des gens qui nous visitent ou viennent s’établir.

Dans le cas des nouveaux arrivants, les cours de francisation devraient se voir obligatoires. Même pour ceux qui parlent déjà français. Notre manière de parler diffère de celle de l’Europe. Cette dernière reste probablement la plus connue. En effet, notre manière de parler fait partie de notre identité. Le fait de protéger le français québécois, c’est de faire en sorte que les gens qui viennent s’établir au Québec comprennent notre parlure.

Évidemment, cette protection de la langue française nécessite le respect de la diversité culturelle présente sur le territoire Québécois. Cela signifie de faire en sorte que les gens qui parle une autre langue puissent l’utiliser, principalement lorsque les situations liées aux émotions l’exigent. La langue maternelle se trouve semblable au langage du cœur. Alors, se conscientiser au fait que les immigrants peuvent utiliser une autre langue dans certains contextes trouve son importance.

Constituons la diversité culturelle

C’est important de parler de la diversité culturelle québécoise. La diversité culturelle se voit partout, même linguistiquement. Tout comme d’inclure cette diversité dans le préambule. La construction du Québec passe par la diversité depuis longtemps. Oui, les immigrants, mais aussi les autochtones, la communauté LGBTQ, les handicapés, les personnes âgées, les jeunes, etc. La diversité culturelle doit donc se voir dans le préambule, car elle reflète la société québécoise.

Constituons l’histoire du Québec

Par le fait même, l’histoire du Québec doit aussi marquer sa présence dans le préambule. Si le Québec actuel possède l’image qu’il a aujourd’hui, c’est dû à son historique. Une nécessité de rappeler ce qui a construit le Québec trouve son importance : les différentes vagues migratoires, l’histoire avec les Premières Nations, la Révolution tranquille, etc.  La mémoire humaine oublie facilement et les cours d’histoire en effacent de grands pans. La mention de ces points dans le préambule trouve donc leur place dans la constitution.

Constituons les symboles nationaux

Si l’on parle de symboles nationaux, la question du drapeau peut revenir. Il doit briller par son absence dans la constitution. Du moins dans sa forme actuelle. Le Québec ayant changé depuis 1948, je crois qu’il devrait refléter davantage l’histoire du Québec. Mais le débat qui touche le plus les Québécois par rapport aux symboles nationaux touche particulièrement le crucifix placé dans la salle de l’Assemblée nationale. Mais aussi d’afficher la laïcité du Québec. Depuis plusieurs années, on entend dire que le Québec est laïc, mais la présence d’une croix sur le Drapeau et à l’Assemblée nationale se voit. Je crois en une nécessité dans la différenciation entre le patrimoine, l’histoire et la laïcité. Oui, la religion catholique a fait partie de notre quotidien pendant de nombreuses années. Mais ce n’est plus le cas. Un terrain d’entente entre histoire et politique doit se trouver. Cela devrait paraître dans le préambule.

Vous pouvez lire le Mémoire que j’ai mis à votre disposition. Il est aussi présent dans la section des conférences 2019.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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