Publié dans Lectures

Comment vivre ensemble ?

Le vivre ensemble n’est pas un rince-bouche. C’est le titre du dernier livre de Rachida Azdouz publié en 2018 chez Galimard ltée- Édito. Le livre de 200 quelques pages se lit très bien, car il est bourré d’anecdotes et de cas réels qui se passent au quotidien. Le chapitre qui m’a le plus accroché est celui qui traite de comment vivre ensemble. Car il y a plusieurs façons de vivre ensemble. C’est ce que l’on va voir dès maintenant.

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Livre Le vivre ensemble n’est pas un rince bouche (c) Myrianne Lemay

Les modèles du vivre ensemble

J’en ai déjà parlé ici, il y a déjà un moment, mais il existe plusieurs modèles pour vivre ensemble. Mais pour le bien du texte, il est bien de se rafraichir la mémoire. Comme on le sait, au Québec, il y a deux modèles qui s’opposent : le multiculturalisme canadien et l’interculturalisme québécois. Pour beaucoup d’entre nous, québécois, nous avons une double référence qui fait qu’il est difficile de se pencher sur la question identitaire et enfin de résoudre la problématique. Le dialogue interculturel est ce qui semble être la solution pour répondre à la question. Mais cela n’est pas toujours facile, car il faut la bonne volonté des différentes parties doit être présente. Mais comme nous avons vu avec les spectacles de Robert Lepage, il est difficile d’arriver à un consensus et régler adéquatement les choses.

La solution idéale pour vivre ensemble ?

Certains aimeraient bien importer le modèle français ici au Québec. Mais plusieurs s’y opposent, car la situation est totalement différente. Il ne faut pas oublier que la France a un passé où il était colonisateur. Et cela inclut le Québec de l’époque. Cela forcément un impact sur l’immigration en France et sa manière de la gérer. Le Québec est basé sur l’immigration. On ne peut donc pas comparer les deux histoires. Le multiculturalisme n’est pas forcément mieux, car les diverses communautés vivent une à côté de l’autre et pas forcément l’une avec l’autre. Selon Azdouz, la meilleure solution est de favoriser la cohésion sociale tout en encourageant le fait de coexister pacifiquement ensemble. Bref, un joyeux mélange d’interculturalisme et de multiculturalisme tout en saupoudrant de républicanisme français. Donc, les choix personnels sont respectés et les gens ne sont pas assimilés à la vie québécoise sans en être exclus.

Les réponses pédagogiques en lien avec le vivre-ensemble

Je vous dis souvent que la meilleure façon de sensibiliser les gens à une situation est l’éducation. Ce qui est vrai. Mais Azdouz mentionne aussi le fait que dans certains cas, il est préférable de passer par un autre chemin pour y arriver. Sans négliger l’éducation comme moyen de sensibilisation.

L’altérité des faits

Le fait d’avoir peur que les choses que l’on connaît changent est normal. Par contre, lorsqu’il y a de fausses perceptions par rapport aux préjugés, il faut agir autrement. Avant d’éduquer quelqu’un face à la problématique ciblée, il faut le rassurer par rapport à ses croyances.

L’incompréhension

Certaines personnes ne comprennent pas que certaines choses s’appliquent à tout le monde et non pas aux minorités. L’exemple cité est celui de la Charte des droits et des libertés. Tout le monde peut en bénéficier, et ce, à n’importe quel moment de sa vie. Dès que l’on se sent lésé, on peut faire appel à la Commission des droits de la personne. Alors il faut d’abord expliquer les choses avant de favoriser l’éducation.

Les désaccords

Beaucoup de gens comprennent bien les concepts, les enjeux et tout ce qui s’y rattache. Par contre, ils sont en désaccord avec certaines pratiques qui touchent ces phénomènes. Avant de prioriser l’éducation, il faut donc débattre avec la personne concernant en évitant l’erreur de prétendre que la peur ou l’ignorance les fait résonner un peu maladroitement. Il faut plutôt déconstruire l’idée reçue et donner des contre-exemples afin de se faire comprendre. Il faut favoriser le rationnel avant tout.

Le combattant

Celui qui dénonce le pluralisme le fait souvent par conviction profonde. Il dénonce certains aspects de la vie souvent par intérêts politiques. Le militantisme peut être une manière de les atteindre, car c’est ce qui les anime.

Le discours haineux

On est davantage sur le plan juridique, donc des poursuites et des plaintes avant tout. L’éducation peut se faire en parallèle ou non, mais une fois l’acte fait, entamer des poursuites est la meilleure chose à faire.

L’équité, l’égalité, c’est la même chose dans le vivre ensemble ?

Non, ce n’est pas la même chose, car tout le monde est différent. Il y a donc une différence entre les deux. Ce n’est pas parce que l’on traite quelqu’un de façon égalitaire que c’est équitable. Vous pensez que mettre une seule marche n’affectera pas l’accès à votre commerce ? Quelqu’un à mobilité réduite peut aller ailleurs parce qu’il n’est pas capable de la monter. Ce n’est donc pas équitable, car l’accès au commerce lui est refusé. Il ne faut pas oublier que l’équité n’est pas un privilège. C’est une obligation. On a souvent l’impression que les minorités sont souvent les victimes d’iniquité, mais c’est faux. C’est que les chiffres qui sortent les concernent plus. Mais dans les faits, c’est autre chose. On pense souvent à ce que la Commission des droits de la personne et de la jeunesse publie comme chiffres. On voit souvent que les minorités religieuses, par exemple, demandent très peu d’accommodements.

En terminant, vivre ensemble c’est…

Azdouz affirme que « c’est d’accepter de perdre un peu de soi et d’acquérir un peu de l’autre, sans se perdre complètement et sans fusionner. » Comme dans toutes relations, il est clair que les gens changent au contact des autres. Donc, ce n’est pas qu’une seule personne qui change, mais tout le monde.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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