À la fin du moins d’avril, j’ai fait un mooc sur le droit des réfugié·e·s. C’était un cours offert pas Amnistie internationale. J’ai bien aimé, car c’était en quelque sorte une révision d’un cours que j’avais fait lors de ma première session de maitrise. C’était un cours sur les flux migratoires et nous avions parlé abondamment des réfugiés et du processus d’immigration au Québec et au Canada. Ce mooc est arrivé à point. Non seulement pour me rafraichir la mémoire, mais parce qu’aujourd’hui, c’est la journée internationale des réfugiés. Au Québec, l’immigration a toujours été un sujet sensible, car souvent perçu comme une menace identitaire. Mais est-ce vraiment le cas ? Bonne question !

Quelques définitions sur les réfugié·e·s

Voici quatre définitions importantes à savoir lorsqu’il est question d’immigration. Tout d’abord, les demandeur·euse·s d’asile sont des personnes qui souhaitent être reconnues comme étant réfugié·e. Il faut déposer une demande et en attendre la décision concernant. Le titre de réfugié·e dépend des instances nationales ou internationales. Un·e réfugié·e est une personne qui ne peut pas retourner dans le pays d’origine parce que sa vie ou ses droits sont en danger. Les réfugié·e·s ne sont pas protéger par leur gouvernement, donc forcé de quitter le pays pour se protéger. Par contre, certaines personnes se déplacent uniquement à l’intérieurs de leurs pays afin de se protéger. Elles fuient un conflit régional et s’établissent dans une autre région. Les apatrides sont ceux qui ne possèdent aucune citoyenneté. On peut naitre apatride ou le devenir en vieillissant. Ces gens n’ont aucune protection étatique, parce qu’ils font pas parti d’aucun État.

Les réfugié·e·s et les apatrides en chiffre

En 2016, les chiffres mentionnent que plus de 10 millions de personnes ont été en mouvement en raison des conflits et des persécutions dans leurs pays de résidence. On estime que pour chaque minute, 20 personnes doivent quitter leur foyer. Ce qui représente plus ou moins 28 300 personnes par jour qui sont en fuite. Le nombre d’apatride en 2016 était similaire, soit environ 10 millions de personnes dans le monde. Ces personnes n’ont aucune preuve qu’elles existent. Elles sont contraintes de rester là où elles sont, car ne peuvent pas voyager ou travailler. À moins de le faire illégalement, ce qui implique beaucoup de risques.

La différence entre migrant·e·s et réfugié·e·s

En fait, les migrant·e·s peuvent voyager librement autant dans son pays d’accueil qu’à l’étranger ou dans leurs pays d’origine sans menace réelles. La liberté de travailler et de faire des études à l’endroit où c’est possible de le faire est aussi une option. Tout comme le fait d’aller ailleurs si la qualité de vie est mieux. Pour les réfugié·e·s, rien de tout ça est acquis. Au contraire, ces personnes ne peuvent retourner dans leur pays, car la situation est trop dangereuse pour eux. De ce fait, ils doivent se protéger ailleurs, parce qu’elles sont en fuite de situations conflictuelles. Elles n’ont donc pas le choix de traverser les frontières pour s’en protéger. Malgré la différence entre ces deux termes, les médias et les politiciens font l’erreur de les mentionner dans le mauvais contexte. Ce qui peut être compliquée autant l’un que pour l’autre.

Comment protéger les réfugié·e·s ?

En fait, trois fondements sont nécessaires. En tant que politiciens, il faut s’assurer de pas renvoyer les réfugié·e·s dans le pays qu’ils ont fui, car cela est dangereux pour eux. Au lieux de cela, il faut faciliter les démarches en lien avec les demandes d’asile. Ces dernières doivent être non seulement équitable, mais efficaces. Ces personnes sont vulnérables, ce n’est pas le temps d’abuser de leur situation. D’où l’importance, une fois dans le pays d’accueil, de respecter leurs droits et de faire en sorte d’établir un lien de confiance avec eux.

Réfugi·é·s irréguliers ou illégal, là est la question !

Nous entendons les deux termes dans les médias. Des fois dans le même reportage sans mentionner la différence. Comme si les deux termes étaient interchangeables. Désolée de vous apprendre que non, ce n’est pas le cas. En fait, les médias et les politiciens font souvent l’erreur d’utiliser le terme illégal en ce qui a trait à la situation des réfugié·e·s. C’est vrai qu’un acte peut être légal comme être illégale. Mais juridiquement parlant, cette distinction ne s’applique pas aux réfugié·e·s. Oui, ils peuvent y entrer de façon irrégulière, souvent pas aux douanes, comme les voyageurs, mais ce n’est pas illégale. Il s’agit plutôt d’une infraction aux réglementations administrative. Car préserver sa vie n’est pas un crime. Ce qui l’est c’est de l’enlever à quelqu’un.

Les pays où il y a le plus de réfugié·e·s

Dans le top 5 des pays où il y a des réfugié·e·s, on retrouve des pays d’Asie et un d’Amérique latine. En effet, on y trouve la Syrie, où Bachard Al-Asad bombarde depuis plusieurs années. Le Canada en a d’ailleurs accueilli dans les dernières années. Plusieurs avaient peur de se faire envahir par les musulmans, mais en Syrie, se sont autant les chrétien·ne·s que les musulman·e·s qui sont ciblé·e·s. Les musulman·e·s font juste en parler plus. Autres pays asiatique, on y retrouve le Yémen, le Myamar et l’Iran. Dans la majorité des cas, les musulman·e·s sont les principales victimes. Le pays d’Amérique latine est la Colombie. Je ne connais pas tous les conflits de ces pays, mais, s’ils sont dans le top 5, c’est clairement parce que la violence est extrême et que les droits humains sont bafoués à l’os ! En 2015, les 10 pays générateurs de réfugié·e·s représentaient les 3/4 du nombre total à eux seuls.

Les réfugié·e·s, ce sont des histoires qui nous viennent de loin…

Honnêtement, pas vraiment. Des réfugié·e·s, il en existe aussi en Amérique. Je vous ai parlé de la Colombie, juste un peu plus tôt. Mais beaucoup de pays d’Amérique latine ont généré des réfugié·e·s dans les dernières années. On pense au Salvador, au Guatemala et au Honduras où les violences augmentent sans cesse et font en sorte que les gens quittent leur pays. Ces personnes cherchaient principalement refuge au Mexique et aux États-Unis. Quoi qu’avec Trump comme président, les choses vont probablement changer ! Mais en l’espace de trois ans (2012 à 2015) le nombre de réfugié dans les trois pays susmentionnés, a plus que quintuplé.

La fuite des réfugié·e·s

Comme on a vu avec les définitions au début, des gens doivent fuir pour se protéger. Il y a une différence entre les réfugié·e·s qui doivent sortir des frontières de leurs pays et les personnes qui restent à l’intérieur malgré la fuite. La grande majorité des gens choisissent la deuxième option. Car, même s’il y a un conflit dans une des régions du pays, il n’est pas partout. Alors, les gens préfèrent seulement changer de région. En 2016, selon le HCR, 40 millions de personnes se sont déplacés à l’intérieur de leur pays. Par contre, pour 22.5 millions de gens, seule la première option est valide. Et prendre la fuite vers l’extérieur comporte de nombreux risques. Comme ne pas se rendre à destination, rencontrer des gens de peu de confiance, des attaques, ne pas être suffisant protéger, ne pas avoir les bons papiers, etc.

Les pays vers lesquels se tournent les réfugié·e·s

Tous les pays reçoivent des réfugié·e·s. Par contre, ce sont les pays voisins qui sont les premiers à les recevoir. En 2016, la Turquie (2.9 millions), le Pakistan (1.4 millions), le Liban et l’Iran (1 million chacun), l’Ouganda (900 000) et l’Éthiopie (800 000) sont les pays accueillant le plus de réfugié·e·s. Mais si l’on calcule selon le ration réfugié·e·s/habitant·e·s, c’est le Liban qui arrive en tête de liste. On y dénombre 1 personne sur 6 qui, en 2016, était réfugiées. En Jordanie, même s’il n’est pas dans le top 6, on y 1 personnes sur 6 qui était en fuite de son pays. La Turquie, quant à elle, en dénombre 1 personne sur 28. Je n’ai pas les chiffres pour le Canada, malheureusement, mais avec les politiques de Trump, le nombre va surement augmenter, car plusieurs personnes s’étant réfugiées aux États-Unis viennent s’établir chez nous.

Mineur·e·s et réfugié·e·s

Oui, malheureusement, ça existe. Pour diverses raisons : décès des parents, abandons, séparations forcées, etc. Les chiffres entourant les mineur·e·s qui s’exilent sont vraiment tristes à regarder. En 2016, on estimait qu’il y avait 75 000 demandes d’asile faites par des mineur·e·s. On parle d’Afghans, de Syriens, d’Irakiens ou des Érythréens. Il est question d’estimation parce que certains pays ne communiquent pas toutes les informations concernant les demandes d’asile. Mais 70 pays l’on fait, ce qui fait qu’on peut arriver à une estimation. Évidemment, le nombre est en croissance. En estimait que 41% des moins de 18 ans étaient des réfugié·e·s. Entre 2014 et 2016, il y a une stabilité, malgré une hausse de 10% en l’espace de 5 ans.

Les droits des réfugié·e·s

Les réfugié·e·s doivent être sauvé·e·s. Que ce soit sur la mer ou sur terre, la seule raison pour laquelle on ne peut s’essayer est s’il y a du danger pour notre propre vie. En mer, tout navire voyant une personne en détresse est obliger de la secourir qu’importe la situation et même s’il n’y a aucune consigne du capitaine. La logique veut que la priorité soit de sauvé des vies possibles. Lors d’une intervention frontalière, la logique est un peu différente, mais reste la même : sauver des vies. Par contre, il est possible de refuser des gens selon certains motifs. En fait, les facteurs économiques ne sont pas des facteurs permettant d’accueillir les gens comme réfugiés. Il faut vraiment qu’il y ait des persécutions ou des violences faites envers ces personnes. On parle de convictions religieuses, de violences sexuelles ou liées à l’orientations sexuelle. L’exclusion en matière de justice est aussi une raison valable.

La meilleure façon d’intervenir auprès des réfugié·e·s

En fait, lorsqu’on travaille dans les camps de réfugié·e·s, c’est d’avoir recours à des interprètes, si nécessaire. Je l’ai dit souvent dans mes textes, mais quelqu’un qui maîtrise la langue et qui connait la culture de la personne en avant de nous ne peut qu’être rassurant pour les réfugié·e·s. Évidemment, cela crée un climat de confiance. Sinon le non-verbal fait aussi le travail. Avoir une attitude accueillante est primordiale pour rassurer des gens arrivant dans un nouvel endroit qui lui est inconnu. Il va de soi que la force est déconseillée. Évidemment, il faut s’assurer de la sécurité de tous, la nôtre en premier. Mais sinon la première chose est de savoir s’il y a des urgences au niveau des soins et de la fournir. Après, c’est le moment de rassurer les gens qui en ont besoin en répondants à leurs questions.

L’adaptation des réfugié·e·s

Lorsque l’on arrive dans un pays qui nous est inconnu, il y a énormément d’épreuves. Il y a la barrière linguistique, mais aussi culturelle. Cela a de nombreuses conséquences. On parle par exemple d’isolement sociale ou économique. On mentionne aussi des cas de violences, de discriminations ou d’exclusion pour diverses raisons. Il y a le manque de ressources financières ou matérielles qui affectent aussi le moral des troupes. Bref, les réfugié·e·s doivent vivre beaucoup d’adaptations, car, il ne faut l’oublier, ils ont quitté de force un endroit qu’ils aimaient pour venir s’établir dans un lieu qu’ils ou elles ne connaissent pas. Il s’agit, dans bien des cas, d’un dépaysement forcé. Sans compter tout ce qu’ils peuvent avoir vécu entre les deux pays.

En lisant ce texte, on constate que la situation des réfugié·e·s n’est pas toujours évidente. Non seulement ils vivent énormément d’épreuves, prennent beaucoup de risques et viennent s’établir dans un pays inconnu qui leur est parfois réfractaires. Par contre, une fois rendu à destination, l’aventure leur permet de faire en sorte d’avoir une meilleure vie. En gros, on peut déduire que le fait de prendre la fuite peut sauver des vies…

Publicités

L’immigration en sol québécois a toute une histoire. Bien qu’aujourd’hui, elle peut sembler mal vue par certaines personnes, elle a toujours été présente en Amérique. C’est grâce à elle que les Américains d’aujourd’hui sont bel et bien actifs ici. Par Américains, je parle de tous les habitants des Amériques, pas les États-Unis. J’aurais utilisé États-Uniens à la place. Ce qui est certain·e, c’est que malgré nos différences, nous avons tous un point en commun : l’immigration. Évidemment, il y a plusieurs variantes, selon le contexte, mais dans le cadre de ce texte, on verra que l’immigration québécoise a sa propre histoire.

Suggestion de lecture sur l’immigration au Québec

La suggestion de cette semaine est le livre Histoires d’immigrations au Québec qui relate 14 récits migratoires. Évidemment, la migratoire coloniale de la France et de la Grande-Bretagne n’en fait pas partie. Aussi, on ne parle pas de la réalité de cette époque coloniale. J’en ai déjà parlé dans un autre texte du blogue, mais il y a eu de l’esclavagiste durant 200 ans lors de l’époque de la Nouvelle-France. Était ciblé les autochtones et des Africain·e·s subsaharien·ne·s. Donc, lorsqu’il est question d’immigration de certains peuples, cette époque n’est pas abordée. Probablement parce que la migration des Africain·e·s, relevait davantage d’un déracinement involontaire qu’une décision intentionnelle de quitter son pays. Mais bon, ce n’est qu’une supposition. Le livre présenté ici a été publié aux Presses de l’Université du Québec en 2014 sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil. 14 collaborateur·trice·s ont aussi participé au livre.

L’immigration écossaise

img_20180506_114239_606-821279768.jpg

Les Écossais·es font partie de l’histoire coloniale du Québec, malgré le fait qu’ils aient toujours été minoritaires. Présents lors d’événements marquants de cette époque, ils ont participé entre autres à la bataille des Plaines d’Abrahams en 1759 et aux rébellions des Patriotes en 1837-1838. D’ailleurs, lors de la bataille des Plaines, autant les Français·es que les Anglais·es avaient dans leurs équipes des Écossais·es ! Les Plaines ont d’ailleurs hérité leur nom d’un Franco-Écossais, Abraham Martin, pilote d’un des navires de Samuel de Champlain. Les Écossais·es ont toujours été très actifs dans la Nouvelle-France de l’époque. Il faut dire qu’à l’époque, pratiquement tout le monde était immigrant et vivait les mêmes difficultés. Un bel exemple est l’Université McGill. Elle résulte d’un héritage de James McGill, homme d’affaires du 18e siècle. Pour beaucoup de Québécois, les Anglos représentent qu’un seul morceau. Pourtant, les Écossais·es considèrent avoir une identité distincte des Britanniques.

L’immigration irlandaise

img_20180506_114216_865129340391.jpg

Les Irlandais·es arrivèrent en Nouvelle-France assez tôt. Leur arrivée massive découle en partie de la grande famine qui a eu lieu en 1847. À ce moment, 98 000 personnes prirent la route vers Québec.  90 000 arrivèrent à destination de Grosse-Île. Les migrant·e·s étaient en quarantaine pour cause de typhus et 5424 Irlandais·es y trouvèrent la mort. Ce qui fait de Grosse-Île le plus gros cimetière irlandais, hors Irlande. Déjà plusieurs irlandais·es arrivèrent dans la colonie en 1815. L’Irlande étant 50% protestante 50% catholique, cela se reflète sur l’immigration de l’époque. 66% protestant·e·s allèrent vers l’Ontario et 66% catholiques vers le Québec. D’ailleurs, les Irlandais·es ont marqué l’histoire du Québec notamment par leur nombre. En effet, jusqu’en 1900, ils représentaient le deuxième groupe ethnoculturel en importance. Le premier étant les francophones. Ils habitèrent Griffintown jusqu’à la démolition du quartier. Par contre, ils sont maintenant partout dans les environs de Montréal.

L’immigration italienne

screenshot_2018-05-03-08-27-57-272967485.png

L’unification de l’Italie, en 1861, a marqué l’immigration italienne. À partir de ce moment jusqu’en 1910, 13 millions d’Italien·ne·s émigrèrent vers des jours meilleurs. La raison est simple, l’unification du pays a des répercussions politiques et économiques dans tous les milieux de l’époque, car elle favorisait l’industrie au détriment de l’agriculture. Les personnes qui quittèrent le territoire sont des cultivateur·trice·s, des ouvrier·ère·s ou des artisan·ne·s et prirent la direction de l’Europe de l’Ouest ou des Amériques. Au Québec, la présence des Italien·ne·s se fait sentir à Montréal bien avant la période de l’unification. De plus, l’immigration a diminué lors de la Première Guerre mondiale pour reprendre en force qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Actuellement, on peut trouver les Italien·ne·s dans différents quartiers montréalais. Les liens familiaux représentent, encore aujourd’hui, une valeur importante pour les Italiens. Les familles demeurent encore à proximité, même une fois les enfants grands.

L’immigration juive

L’immigration juive se fait en deux parties dans le livre. Dans le cadre du texte, je les mets ensemble, question de fluidité. Un premier texte parle des Yiddish tandis qu’un second parle des Juif·ve·s sépharades.

Les Yddish

screenshot_2018-05-03-21-13-23378220856.png

Les Yiddish, originaires d’Europe de l’Est, arrivèrent au Québec au 20e siècle. En 1891, on dénombrait 2700 juifs. 10 ans plus tard, le nombre avait plus que doublé. En 1931, il était question de 60 000 juifs. Évidemment, cela a un impact sur la manière de vivre sa religion. Certains juifs deviennent plus radicaux au Québec.  Au niveau linguistique, de 1900 à 1950, le yiddish représentait la troisième langue parlée au Québec. Durant la même période, les Yiddish furent la communauté qui immigra le plus dans la Belle province. Évidemment, avec l’Holocauste, le visage de l’immigration juive change quelque peu. Mais a aussi des conséquences sur le continent européen. Comme c’est le cas avec l’immigration italienne. En effet, l’italien a détrôné le yiddish dans le top 3 des langues parlées au Québec en raison d’arrivée massive des Italien·ne·s après 1945. La présence des Yiddish marque le milieu des arts.

Les sépharades

img_20180506_114652_550231216925.jpg

Les sépharades sont les juif·ve·s originaire d’Afrique du Nord. Ils ont donc, pour beaucoup, l’avantage de déjà parler français, mais aussi espagnol et arabe. Mais la présence des sépharades au Canada date de 1759. À cette époque, il s’agit de marchand·s, d’industriel·le·s et d’entrepreneur·e·s. Des 1768, une synagogue sépharade est construite. Ce qui changea un peu la donne du judaïsme, c’est l’arrivée de juif·ve·s originaires d’Europe de l’Est. Les deux guerres mondiales ont aussi un impact sur l’immigration juive. Particulièrement la deuxième qui a fait en sorte que l’État d’Israël fut créé en 1948. Les politiques québécoises ont des répercussions sur l’immigration juive, car depuis 1968, il est obligatoire de parler français pour s’établir au Québec. Mais une fois ici, les juif·ve·s ont deux possibilités. La première est la création de filières francophones au sein d’organisations juives. La deuxième concerne la création de nouvelles entités qui leur sont propres.

L’immigration polonaise

screenshot_2018-05-03-21-43-141556387238.png

Bien que l’attribution du premier polonais soit difficile à établir, une certitude demeure : en 1752, il y avait déjà un Polonais à Montréal. Après plusieurs vagues d’immigration polonaise, en 2011, plus d’un million de Canadien·ne·s se disaient, à l’époque, polonais·e. Au début des premières vagues, les groupes allèrent s’installer dans les prairies, en raison de la demande agricole. Ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que les Polonais·es s’établirent davantage dans l’est du pays. En 2006, selon Statistiques Canada, près de 50% des Polonais·es vivaient en Ontario. L’immigration était pour des raisons politiques. Durant une période de 123 ans, la Pologne n’existait tout simplement pas. 120 000 Polonais·es ont donc émigré au Canada. Durant cette première vague d’immigration polonaise, le Canada cherchait principalement des travailleurs agricoles. Pour la deuxième vague, il était question de travailleurs ferroviaires. Les Polonais·es eurent des difficultés, notamment avec l’identification officielle canadienne.

L’immigration grecque

img_20180506_114632_785151630094.jpg

En 1830, la Grèce devient indépendante. Mais avant cette date, en raison de l’Empire ottoman, plusieurs Grecques ont émigré principalement en Europe. L’émigration vers l’Amérique se fait à partir de 1880. Les États-Unis sont le pays ciblé par les premier·ère·s immigrant·e·s et ce, jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1950, les États-Unis sont plus restrictifs dans leurs choix migratoires, alors les Grecques se tournent, entre autres, vers le Canada. Mais la présence grecque se fait sentir bien avant ces changements politiques. D’ailleurs, certains documents démontrent la présence de Grecs en Nouvelle-France dès 1628. Un jeune homme, qui a voyagé avec Champlain, était posté au Cap-Tourmente dans le but de voir l’arrivée de nouveaux bateaux. Mais bon, selon le recensement de 1971, il n’y avait que 7 Grecs au pays. Il faut dire que durant une longue période, ce sont les hommes célibataires qui venaient s’établir ici.

L’immigration portugaise

img_20180506_114544_093-95420089.jpg

En mai 2018, les Portugais·es célèbrent le 65e anniversaire de leur arrivée au Canada. Il s’agit donc d’une immigration encore très récente. Leur présence se fait sentir partout au pays et au Québec, on estime à 57 000 le nombre de portugais y habitant. La réputation des Portugais·es en matière d’exploration n’est plus à faire. Ils ont plusieurs conquêtes de cacher dans leur poche. Mais le Canada n’était pas dans leur vision à long terme, car ce n’est qu’au 20e siècle qu’ils s’y intéressèrent. Ils vinrent s’établir ici en trois phases successives. La première dans les années 1960, la deuxième vers 1974 et la dernière en 1986. La grande majorité d’entre eux s’établir en Ontario. Leur enracinement social passe par le travail, notamment l’entrepreneuriat. Comme plusieurs cas de migrations, bon nombre de Portugais·es ont travaillé comme ouvrier·ère·s. Mais la scolarité et la langue ont un impact sur l’intégration des migrants·e·s.

L’immigration haïtienne

img_20180506_114521_911-915568983.jpg

L’histoire entre le Canada et Haïti remonte à loin dans le temps. Dès 1754, lors de la déportation des Acadiens vers la Louisiane et les Antilles. Aussi, bon nombre de communautés religieuses qui agirent comme missionnaires en Haïti. Comme la rédaction du livre date bien avant l’arrivée des réfugiés de 2017, ce sujet n’est pas abordé. Par contre, ce que l’on peut comprendre à la lecture du texte, c’est qu’il y a eu plusieurs vagues de migrations haïtiennes vers le Québec. Comme pour beaucoup d’autres cas d’immigration. Une des principales raisons est le régime Duvalier, père et fils. Entre 1967 et 1977, l’immigration d’intellectuel·le·s est tellement importante, qu’on parle d’exode des cerveaux. Mais durant la même période, il est aussi question d’exode de bras. Ce qui signifie que la dictature touche toutes les sphères de la société. La dernière vague mentionnée est dans les années 1990. Cette vague est la plus difficile des trois.

L’immigration latino-Américaine

screenshot_2018-05-15-15-29-10-43974667.png

Ici aussi, l’immigration est récente. On parle du milieu des années 1960. En fait, les latinos émigraient très peu jusqu’au moment où plusieurs pays d’Amérique latine expulsèrent bon nombre de leurs habitants. Avant les années 1960, la migration des Latino-Américain·ne·s touchaient davantage les conjoint·e·s de ressortissant·e·s ou des marins. C’est surtout après les années 1970 au Canada que leur présence se fait sentir. Cette première vague vient de la côte sud de l’Amérique latine. Lors des années 1980, ce sont des réfugié·e·s d’Amérique centrale qui débarquent en sol québécois. Dans les années 1990, les Péruvien·ne·s et les Chilien·ne·s ont marqué leur présence en nos terres. La dernière vague date du début des années 2000. La principale raison de ces vagues migratoires est la dictature qui règne dans plusieurs pays. Les Latino-Américain·ne·s ont plusieurs réussites d’intégration. Ils sont très actif·ve·s aux plans civique, social et culturel.

L’immigration asiatique

img_20180506_114442_3511838712405.jpg

Ici, il est principalement question des boats people qui viennent du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Trois pays marqués par la guerre et des politiques communistes. Il est question, entre autres, de la guerre du Vietnam et des Khmers Rouges au Cambodge. Le premier ressortissant vietnamien au Canada était un jeune cuistot sur un navire français. Son débarquement eut lieu à Halifax en 1947. Dans les années 1950, quelques étudiant·e·s Vietnamien·ne·s s’installèrent à Québec pour des études universitaires. La deuxième vague est celle des boats people à la fin des années 1970. Pourtant l’arrivée d’Asiatiques au Canada a toujours été présente.  Plusieurs étaient travailleurs ferroviaires et s’installèrent en Colombie-Britannique à la fin des travaux. Par la suite, l’immigration des Asiatiques fut beaucoup plus difficile, car à cette époque l’immigration européenne est privilégiée. Il n’est pas non plus question d’adoptions massives de fillettes chinoises qui marquèrent les années 1990.

L’immigration libanaise

img_20180506_114422_8361959777864.jpg

Le premier Libanais au Québec remonte avant même l’arrivée de Christophe Colomb. Des fouilles archéologiques prouvent qu’au moins une expédition phénicienne a eu lieu il y a plus de 2500 ans. Mais comme toute autre migration, il y a eu plusieurs vagues. La première couvre une grande période, soit entre 1882 et 1936. Les migrant·e·s devaient posséder au minimum 50$ dans leurs poches pour traverser les frontières. Montant qui augmente rapidement. Mais les Libanis·e·s sont là pour faire fortune. La deuxième vague est après la Deuxième Guerre mondiale, soit entre 1945 et 1975. Contrairement à la première, qui était plus collective, celle-ci est davantage individuelle. La raison qui ressort le plus : la corruption et la dégradation du pays. La dernière vague commence en 1975. Elle est divisible en deux groupes distinctes : 1975-1980 et 1986-1991. La guerre civile est la cause qui a fait que plusieurs quittèrent leurs pays.

L’immigration africaine

L’immigration africaine se divise en deux : soit subsaharienne et maghrébine. Dans le livre, les deux sont séparées, mais l’Afrique étant un grand continent possédant plusieurs cultures.

L’Afrique subsaharienne

img_20180506_114404_387105901013.jpg

L’immigration de l’Afrique subsaharienne semble être une histoire oubliée, car, selon l’auteur, peu de documents abordent le sujet. Il s’agissait, pour lui, d’un défi. Il ne faut pas oublier que tout le continent regroupe une cinquantaine de pays à lui seul. L’immigration afro-américaine est récente, car je l’ai mentionné plus tôt, l’immigration canadienne était très sélective, voire teintée de racisme. Par contre, il y a un parallèle à faire entre l’Afrique et le Québec. Les deux luttaient énormément pour leur indépendance dans les années 1960.  Par contre, ce n’est qu’à la fin des années 1970, que le Québec peut choisir par lui-même ses immigrants. De nombreux africain·e·s sont arrvié·e·s avant ce combat identitaire. Aussi, des ressortissant·e·s afro-américain·e·s arrivent entre 1966 et 1968. Pour cette raison les spécialistes semblent dire que la décennie de 1960 est le début de l’immigration africaine. Le plus gros de l’immigration se fait dans les années 1990 et 2000.

Le Maghreb

screenshot_2018-05-15-15-27-01-387403549.png

Il a déjà été question des juif·ve·s issu·e·s du Maghreb. Mais dans ce segment, on parle des arabo musulman·e·s. En effet, le Maghreb représente qu’une partie de l’Afrique du Nord. Elle comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. On ne peut donc pas faire d’amalgame entre eux et les Arabes de l’ouest de l’Afrique du Nord. Encore moins avec ceux de l’Asie ou les musulman·e·s de cette région. Chaque région musulmane à ses différences. En fait, la première vague est celle des années 1970 où de nombreux maghrébin·e·s arrivèrent pour les études. Certain·e·s viennent s’établir au Québec pour d’autres raisons. À long terme, des étudiant·e·s restèrent pour des raisons économiques, personnelles ou sociales. Depuis 2001, le Maghreb est l’un des trois endroits dans le monde où les migrant·e·s sont recruté·e·s. Les deux autres sont la France et la Chine. Cela est dû aux critères de sélections québécoises qui encouragent les jeunes francophones scolarisés à venir s’établir dans la province.

En conclusion

Il m’est impossible de tout résumé le livre en si peu de mots. Je vous encourage donc à lire le livre pour en découvrir plus, car j’ai dressé qu’un portrait des différents peuples qui font le Québec actuel. Il est aussi important de se rappeler d’où l’on vient en tant que société. Comme on peut le voir, le Québec a longtemps favorisé l’immigration européenne. Donc, une immigration blanche en premier lieu. La langue n’était pas un facteur aussi important qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le français passe avant la couleur. Par contre, en arrivant ici, les minorités visibles ont d’énormes difficultés. Déjà que plusieurs ont quitté leur pays pour des raisons économiques ou politiques. Ces gens se retrouvent donc dans des situations parfois plus difficiles qu’ils ou elles vivaient avant de partir de chez eux. Pourtant, beaucoup d’entre eux se font choisir par le Québec. Mais est-ce pour le mieux ?

Les femmes musulmanes voilées sont toujours au cœur du débat identitaire québécois. D’un côté, on veut qu’elle s’intègre à la société mais en oubliant qui elles sont. De l’autre côté, il y a des gens qui prônent sensiblement la même chose, l’intégration, mais en leur permettant de mettre leurs capacités en valeur et de démontrer qui est elles sont. Évidemment, dans les dernières semaines, on a eu droit à tout un débat.

Les élections provinciales et les femmes musulmanes voilées

D’un, parce qu’une femme musulmane portant le voile a décidé de poser sa candidature aux prochaines élections provinciales, le premier octobre prochain. Pourtant le DGE permet le fait que tout le monde soit candidat·e. En effet, depuis peu, il est possible de présenter une photo dont le visage seulement est découvert. Avant, la photo devait montrer la tête au complet, cheveux inclus. Ce que certains jugeaient discriminatoire. Ce qui est vrai. Pourtant, bien des gens étaient vraiment fâchés de savoir qu’une femme portant le voile s’essaie pour les élections. Le hic, c’est que cette règle est déjà permise, tant au municipal qu’au Fédéral, depuis des années. Évidemment, le Québec est en retard sur le reste du Pays.

La police et les femmes musulmanes voilées

Mais le premier débat a été vite remplacé par celui de l’étudiante en techniques policières. Pourquoi ? Parce que l’étudiante en question porte le voile. L’école Nationale de police du Québec à Nicolet en profite pour en discuter. Non seulement sur le port du voile, mais aussi sur les autres signes religieux comme le turban et le kirpan. Cette réflexion prendra quelque temps, car cela aura

« aura un impact sur toutes les organisations policières québécoises ».

Mais au dire de Pierre Saint-Antoine,

« [dans la] directive actuelle, il n’y a pas d’éléments qui disent que le port du hijab est défendu, mais il n’y a rien qui l’autorise non plus. »

Il est donc normal qu’une réflexion se fasse à ce sujet et les politiques s’adaptent à cette dernière.

Paradoxe face aux femmes musulmanes voilées

Oui, en occident, il y a un paradoxe qui est présent. On veut bien que les minorités culturelles s’intègrent, mais pas à n’importe quel prix. Notamment pour les femmes musulmanes portant le voile. Par exemple, on critique, à raison, des pays, comme l’Arabie Saoudite ou l’Afghanistan, qui imposent le port de la burqa aux femmes, sous prétexte que les femmes ne sont pas libres de porter ce qu’elles veulent. Ce qui est vrai. Par contre, lorsqu’il est question pour les femmes musulmanes de prendre la décision de porter ou non le voile, là, la liberté du choix vestimentaire disparaît. Pourquoi le choix vestimentaire d’une femme doit-il être à géométrie variable ? Dans un cas comme dans l’autre, on impose aux femmes musulmanes une tenue qui doit ressembler aux standards d’une société dominante. Mais est-ce pour le mieux ? Pas vraiment !

Le racisme systémique et les minorités culturelles

Dans un autre article, j’avais déjà abordé le racisme systémique. Petit rappel sur ce qu’est ce type de racisme. Pour le barreau du Québec, le racisme systémique c’est « […] la production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société. » On parle de discrimination à l’emploi, d’incarcération massive, de sous-représentation et d’intersectionnalités des discriminations. Voici quelques statistiques disponibles sur le site de la Table de concertation contre le racisme systémique.

Discrimination à l’emploi

À compétences égales, les demandeurs d’emploi ayant un nom de famille à consonance québécoise auront 60% plus de chance à être appelés pour un entretien d’embauche qu’un individu ayant un nom de famille à consonance étrangère.

Incarcération massive

Depuis dix ans, les incarcérations de population non blanche sont en forte hausse. Par exemple, la présence d’autochtones a augmenté de près de 50%.  Celle des Noir·e·s de 90%. Ce qui est énorme.

Sous-représentation

En 2012, lorsque l’on regardait les statistiques de la ville de Montréal, il était possible de constater que les minorités visibles ne représentaient que 5.9% des travailleurs administratifs. Pourtant, 30% de la population montréalaise est issue des minorités visibles. Mais il y a des avantages à avoir ces derniers dans une entreprise. Cela peut, par exemple, attirer des clients, ouvrir à de nouveaux marchés ou permette un lien de confiance avec le public.

Intersectionnalités des discriminations

L’intersectionnalité des discriminations, c’est lorsque l’on cumule plusieurs différenciations par rapport à la société dominante. Au Québec, on parle de l’homme blanc, riche et francophone. C’est d’ailleurs eux que l’on voit majoritairement dans les hautes sphères administratives. Les minorités culturelles ne représentent que 2.6% de ces postes. De ce nombre, seulement 0.4% sont des femmes. On dénombre davantage de femmes blanches que de minorités visibles dans les sphères de haute direction. Elles représentent à elles seules 15.1% du nombre total de gens possédant un de ces postes.

Des exemples d’intégration de femmes musulmanes voilées

Ailleurs dans le monde, plusieurs exemples d’intégrations à l’emploi démontrent que les femmes musulmanes portant le voile sont aptes à travailler dans différentes sphères de la société occidentale. On pense notamment à la police d’Edmonton, en Alberta, où le port du voile est permis depuis 2013. À Toronto aussi, les femmes musulmanes voilées peuvent appliquées pour être policières, et ce, depuis 2011. Dans les hôpitaux, les femmes musulmanes voilées sont aussi présentes en grand nombre.

Au Québec, il est possible de trouver des femmes musulmanes portant le voile ou non dans les sphères de l’éducation et des soins de santé. Plusieurs travaillent aussi dans des organismes communautaires ou démarrent des entreprises à leur compte.

Pourquoi donc refuser du travail aux femmes musulmanes voilées ?

Parce qu’il existe de nombreux préjugés envers elles. Notamment celui d’être totalement soumise à leur mari ou celui de vouloir imposer sa religion aux autres. Ce qui est faux, évidemment.

La soumission des femmes musulmanes voilée à leur mari

En fait, l’un comme l’autre se doivent respect mutuel. Comme n’importe quel couple dans le monde. Donc, si la femme n’est pas soumise à son mari, ce n’est pas certainement pas ce dernier qui lui impose le voile. Chaque fois que je parle du voile islamique, je mentionne le fait qu’il s’agit d’un choix personnel de la femme dans la très grande majorité des cas. Mais comme dans toutes les sociétés du monde, il y a des abus qui se font au détriment des femmes. Les musulmans ne font pas exception.

Les femmes musulmanes voilées veulent imposer leur religion

Non, les femmes musulmanes portant le voile ne veulent pas imposer l’islam aux gens qui l’entoure. Il est même écrit à plusieurs endroits dans le Coran que si les gens viennent vers l’Islam, c’est par la décision d’Allah. Idem si la personne décide de quitter cette religion. En plus, il y a un verset dans le Coran où il est dit qu’il n’y a aucune contrainte en religion. Donc, on ne peut pas rien imposer à personne. Ce qui fait que des gens décident de changer de religion, c’est à la suite de réflexions sur le sujet. Mais évidemment, pour les musulmans, cela vient du fait qu’Allah a mis des signes dans la vie de ces gens.

Ce qu’il faut faire pour changer les idées reçues sur les femmes musulmanes voilées ?

Plusieurs choses ! Avant tout, déconstruire ces préjugés. Les femmes musulmanes portant le voile sont aussi intelligentes que les autres. Le fait de se couvrir le corps est davantage de la pudeur qu’autre chose. D’autres vont porter le voile pour des raisons politiques ou pour des raisons identitaires, mais rarement parce qu’un homme de son entourage lui impose. Les femmes musulmanes sont à l’intersection de plusieurs préjugés : elles sont des femmes croyantes qui ont choisi de vivre selon les principes de leurs religions. L’éducation et le dialogue restent les meilleurs moyens d’éradiquer les stéréotypes. Je le répète souvent.

L’éducation aux médias traditionnels et sociaux

On le sait, les médias, tous genres confondus, sont l’endroit idéal pour dire ce que l’on pense. Surtout maintenant avec les réseaux sociaux. Mais au Québec, Quebecor Media remporte la palme haut la main ! Que ce soit à la télé ou dans ses journaux, les critiques par rapport aux minorités culturelles sont nombreuses. On a qu’à penser à Bock-Côté, Martineau et son épouse, etc. Idem avec la Radio poubelle de Québec avec Duhaime et Fillion. Ils sont les bien-pensants de la droite islamophobe. Et beaucoup de gens les croient. C’est aussi l’endroit idéal pour les fausses nouvelles. D’ailleurs des images circulent sur le fait que l’étudiante en techniques policières est sur Facebook sans voile, alors que ce n’est pas elle. Ou celle de la police israélienne avec des femmes juives sans le voile… Elles n’en portent déjà pas, elles sont juives ! Pas musulmanes ! Alors oui, différencier les fausses nouvelles de celles qui sont vraies est important afin d’éviter les préjugés.

Photo qui circule sur facebook qui dit que les femmes policières en Israël ne portent pas le voile! Je ne sais pas qui est  l’auteur-e.

Image qui circulent sur Facebook. Et non ce n’est pas la même fille. Regardez bien les yeux, le nez et la bouche… Je ne sais à qui donner le crédit de cette fausse nouvelle!

Le dialogue et la recherche

Lorsque l’on ne comprend pas quelque chose, c’est important de voir les deux côtés de la médaille. Pas seulement celle à laquelle on souhaiterait croire. Si vous saviez combien de gens qui souhaitaient, à la base, trouver la faille dans l’Islam qui prouverait que c’est la pire religion au monde et qui, en fin de compte, s’est convertis… Vous n’avez tellement pas idée. Ce sont les musulmans qui sont imparfaits, pas la religion en tant que telle. Car les musulmans sont des humains comme tout le monde. Il y en a des bons et des mauvais. Et ceux qui, habituellement, dans les médias à se plaindre de l’Islam, sont, selon certains sociologues américains, des natives informant. Ce sont ceux qui prennent la parole au nom de leur communauté, mais qui n’en ont pas le soutien. Comme Djamila Benhabib et Nadia El Mabrook. D’où l’importance de faire des recherches…

En bref…

Le débat identitaire du Québec est éternel. Pour beaucoup de Québécois, on a tellement été piétiné par les Anglais, qu’ils considèrent qu’il faut faire pareil avec les minorités culturelles. Pourtant, les Québécois sont issus de l’immigration et de mélanges culturels. Encore là, l’éducation a son rôle à jouer ici. Nombre de choses que j’aurais dû apprendre au secondaire et que j’ai appris qu’à l’université ? Trop nombreuses. Mais que plusieurs Québécois n’y ont pas été, c’est une option de revoir la manière d’enseigner aux générations actuelles et futures la vérité sur bien des sujets.  Car il faut se rappeler que les générations actuelles d’immigrants n’ont rien inventé de nouveau. Ils souhaitent juste avoir le respect de leurs concitoyens.

En 2017, on a entendu parler énormément des migrants. Parfois en bien, parfois non. Par contre, on s’entend pour dire que les mots qui les caractérisent sont vraiment flous. Alors, en voici quelques uns pour bien comprendre leur situation.

Premièrement, on doit faire la différence entre émigration et immigration. Le premier terme est le fait de quitter son pays d’origine pour aller vivre dans un autre pour toujours. L’immigration, c’est l’inverse. C’est celui qui vient s’installer définitivement dans un nouveau pays après avoir quitté celui qui l’a vu naître. La distinction entre les deux est mince, car bien souvent le migrant est les deux à la fois. Mais qu’est-ce qui pousse les gens à migrer? Plusieurs raisons.

Il y a évidemment les guerres, le climat, l’économie, etc., qui font que les gens demandent asile dans un autre pays. On pense aux Syriens ou Haïtiens qui sont venus s’établir ici. Ils sont venus en tant que réfugiés. Mais qu’est-ce qu’un réfugié ? Selon la Convention relative au statut des réfugiés datant de 1951, les deux premiers articles, il s’agit de toute personne qui craint « avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »

Une demande d’asile est le fait de demander l’admission au pays en attendant que les autorités décident si oui ou non on accepte le demandeur. Mais avant d’en arriver à la demande d’asile, certains sont arrivés au pays de manière irrégulière en contrevenant d’une manière ou d’une autre à la réglementation établie. La situation n’est jamais illégale, mais bien irrégulière. Malheureusement, dans certains cas, il y a du trafic illicite de migrants qui peut se produire. Les gens qui aident à la migration de ces gens le font directement ou non dans le but d’en tirer des profits financier ou matériel. Bien souvent, on entend parler des passeurs. C’est eux, moyennant de l’argent, font en sorte que les migrants ont de faux papiers pour passer les frontières. C’est ce qui est illicite dans les démarches migratoires ! Et la ligne est mince entre le trafic illicite et la traite des personnes, qui elle, utilise la menace ou la force envers des personnes qui sont en étant de vulnérabilité.

passport-315266__340

(c) Pixabay PublicDomainPicture

Deux possibilités s’offrent au demandeur d’asile. La naturalisation ou le rapatriement. Dans le premier cas, il s’agit d’un acte fait par une autorité nationale qui à la suite d’une demande offre la nationalité du pays où la demande a été faite. Les conditions étant variables d’un État à l’autre, mais dans le cas de réfugiés, la naturalisation doit être facilitée. Dans le cas de rapatriement, l’État doit s’assurer que le retour des gens concerné se fasse dans les meilleures conditions possibles vers leurs pays d’origine. Le rapatriement est aussi utilisé pour les diplomates et fonctionnaires internationaux lors de moments de crise. Exemple, un ambassadeur qui se retrouve dans un pays en guerre peut avoir droit au rapatriement.

Dans la majorité des cas, la situation est régulière, c’est-à-dire que le migrant est conforme à la situation dans laquelle il se trouve. Plusieurs cas se situent ici, mais on pense en premier lieu au migrant économique ou au rapatriement familial. Bien qu’il n’y ait pas de définition claire, on s’entend pour dire que la migration est un processus décisionnel volontaire de la part de gens qui la prennent. La grande majorité des migrants le sont en pour des raisons économiques, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Lorsque le migrant quitte son pays d’origine pour aller travailler ailleurs, on parle de fuite des cerveaux. Cela peut être bénéfique comme ne pas l’être, car plusieurs pays sont touchés par ce phénomène. Mais s’il y en a qui quitte le pays, plusieurs autres viennent s’établir pour, entre autres, se trouver du travail. Il y a donc possibilité d’équilibre… si on laisse la chance aux migrants économiques de faire leur part.

Source

OIM, Glossaire de la migration, série consacrée au droit international de la migration no.9, 2007

Lundi dernier, je vous ai parlé de la journée mondiale des droits de l’enfant. Il n’y a pas si longtemps, l’enfance et l’adolescence n’existaient tout simplement pas, ou du moins, n’avaient pas la même définition qu’aujourd’hui. Mais que pour certains spécialistes, l’adolescence n’est qu’une invention culturelle liée à certaines sociétés contemporaines. En effet, encore aujourd’hui, pour certains peuples, il n’y a pas vraiment d’étape entre l’enfance et l’âge adulte. Dès que l’être humain est pubère, il est considéré comme adulte. Donc, pour la grande majorité d’entre nous, c’est autour de 12 ou 13 ans. Mais pour beaucoup, l’adolescence n’est qu’une transition entre l’enfance et la majorité.

On le sait tous, l’adolescence a été une période hasardeuse pour beaucoup d’entre nous. Et ce l’est encore aujourd’hui. On n’est plus des enfants, mais on n’est pas des adultes. On est donc responsables, mais immatures à la fois. L’adolescence est donc un moment ambigu dans la vie d’un humain. Il y en a qui sont encore couvert jusqu’à leur départ de la maison alors que d’autres l’ont difficile dès leur plus jeune âge.

Si vous vous souvenez de votre adolescence, nos besoins étaient essentiellement égocentriques. Nous voulions être reconnus pour ce que nous étions réellement. Nous voulions nous dissocier, pour la grande majorité d’entre nous, de ce que nos parents voulaient pour nous. Mais que dire quand on traverse l’adolescence dans un contexte migratoire.

L’adolescence est synonyme de quête identitaire. Nous cherchons à combler des besoins de singularisation, d’appartenance, d’une identité bien définie, de continuité, de cohérence et d’avoir une image positive de soi. En gros, on a besoin d’être unique, mais de ressembler à des gens auxquels on s’identifie (amis, vedette, adultes qu’on admire, etc.) et qui nous valorisent.

Les jeunes issus de l’immigration ont les mêmes besoins que les jeunes natifs. Par contre, la manière de combler ces besoins est difficile. Ils sont confrontés entre les désirs de leurs parents et ceux qu’ils découvrent en s’établissant ailleurs. Je le répète souvent, mais les jeunes immigrants sont souvent pris entre deux mondes. Ils ne sont pas d’ici totalement, mais ne sont plus de cet ailleurs. Par contre, ils vivent encore dans ces deux environnements et doivent faire en sorte de trouver un équilibre entre les deux. Y arriver n’est pas toujours évident, car chacune de ces expériences est douloureuse. Alors, imaginez lorsqu’on vit simultanément une immigration en pleine crise d’adolescence. J.A. Howard disait qu’être immigrant en même temps que de vivre son adolescence est beaucoup plus difficile en raison du faire fait que, non seulement les aspects physiques, sociaux et économiques ont un impact sur la vie de tout adolescent, mais que ces aspects varient selon la culture dans lequel nous vivons. Donc, c’est un joyeux bordel pour les adolescents immigrants.

En effet, il est difficile pour les adolescents issus de l’immigration de concilier les différents écarts de règles : celles de la maison et celles de la société. Forcément, lorsqu’on est confronté à ce genre de situation, beaucoup de questions se posent par rapport aux valeurs de ces deux mondes. Cela a donc un impact sur la manière de se définir en tant qu’individu, de cheminer vers une nouvelle version de soi-même. Les parents perdent souvent leurs repères en raison qu’ils n’ont pas de références dans la nouvelle société. Ils ont vécu leur propre adolescence d’une autre manière que celle de leurs enfants. La culture a une influence sur notre perception de notre vécu et de celui des autres. Ce qui fait que, dans tout ça, le jeune essaie de trouver une cohérence entre ce qu’il vit à la maison et à l’extérieur. Il se retrouve donc en repositionnement constant à la recherche de lien de confiance et d’amitié avec autrui.

Ce dernier point est souvent difficile à vivre pour ces jeunes immigrants par le fait que les repères ne sont pas les mêmes que pour les jeunes natifs. Il s’agit d’un problème d’intégration, soit dans leur communauté d’appartenance ni dans la société d’accueil. L’école est l’endroit par excellence pour que ces jeunes s’intègrent. Pour bien des parents, la scolarisation de leurs progénitures est importante par le fait de réussir à l’école est un gage d’intégration dans le nouveau milieu. Mais pourtant, ce n’est pas le cas. Souvent, lorsque les parents ne parlent pas la langue du pays, ces jeunes se retrouvent donc l’intermédiaire entre leurs géniteurs et la société d’accueil. Ce n’est pas une mince affaire que d’être le responsable de ses parents quand on se cherche soi-même.

Tout dépendant de l’âge où l’intégration scolaire se fait, divers problèmes peuvent être découverts soit avec l’enfant ou le parent : linguistique, sociale, santé, l’hiver québécois. Il y a un isolement qui se fait, surtout quand on est parent immigrant. Cet isolement est un résultat du manque de reconnaissance de compétences parentales. Pourtant, dans leur pays d’origine, ils ont ces compétences. Cela a donc un impact sur la vie familiale.

Tout ça fait que la question identitaire devient un sujet sensible pour bien des immigrants. Les repères ne sont plus les mêmes et que la transmission des valeurs peut se faire difficilement. Dans un prochain texte, j’aborderais la notion de la religion sur la construction identitaire. Car, bien qu’au Québec, la religion fait partie du privé, ce n’est pas le cas de toutes les sociétés.