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Les trajectoires identitaires

 Colloque social sur l’identité maghrébine

En septembre dernier avait lieu un colloque social organisé par l’Association Racines. Le but de cette journée était de parler de la construction identitaire des jeunes maghrébins. Je prenais des notes pour la journée et j’avais envie de vous partager ce que j’ai appris. Le colloque rassemblait des professionnels de tous horizons possibles. Et c’était tellement enrichissant! Voici donc le premier résumé de la journée!

Les trajectoires identitaires : impact sur la construction identitaire

Après le témoignage des quatre jeunes, des professionnels de différents milieux sont venus discuter de trajectoires identitaires. Trois volets ont été discutés : le sociopolitique (Rachad Antonius),  le religieux (Solange Lefebvre) et  la psychologique (Samia Mekhtoul). Il y a évidemment des liens à faire entre les trois. Mais avant tout, il est important de dire que l’identité est quelque chose de complexe, car elle est le résultat d’un cumul de plusieurs expériences. La construction de l’identité peut être source de tensions et soulever des questions qui sont parfois difficiles. Aussi, à rappeler que les tensions sont présentes dans toutes les communautés et qu’il faut considérer ce point.

En tant qu’intervenant…

En tant qu’intervenant, il peut être délicat de se positionner par rapport à l’identité, car il n’y a pas de réponses précises ni de cohérences parfaites. Chaque personne se définit selon ses perceptions. En fait, il faut savoir apprivoiser les enjeux identitaires et non pas les nier, car en fait il y a beaucoup d’incompréhensions qui rendent le débat toxique.

Comment aborder les trajectoires  identitaires ? La religion…

Ce qui est à remarquer, c’est que les trois volets sont interconnectés. Samia Mekhtoul mentionne le fait qu’elle doit aborder la sociologie ou la psychosociologie. Par exemple, Rachad Antonius, qui traitait du sociopolitique, parlait aussi de religion. Pour lui, l’identité est un cumul d’expériences. La religion, prémisse au débat universel, pourrait être réduit à trois points. Du moins, si on parle de l’islam. Premièrement, l’identité est réduite à l’aspect ethnoculturel, qui deuxièmement, est réduit à la religion musulmane. Troisièmement, l’islam possède plusieurs idéologies influencées actuellement par les salafistes ou wahhabites. Ce que confirme Solange Lefebvre en mentionnant que les immigrants ont tendance à catégoriser les gens. Ils se regroupent selon des critères ethnoreligieux, comme la langue, la religion ou la culture. Cela permet de garder la mémoire de ce qui se passait au pays et de développer l’esprit communautaire. C’est le cas entre autres avec l’Église haïtienne et les réfugiés arrivés en 2017.

Le climat familial

La religion a aussi un impact sur le climat familial, il faut savoir intervenir de façon adéquate. Par exemple, dans le cas d’une famille religieuse, les enfants restent plus longtemps sous le toit familial. L’adolescence, période qui a toujours existé et dont la conception diffère d’une culture à l’autre, est un moment de questionnement, surtout vers sa fin. Cela cause un défi aux parents, car il faut éviter, entre autres, les dérapages. Mais cela peut aussi provoquer des confrontations très tôt entre les enfants et leurs parents. Il faut dire que l’adolescence est une période de construction sociale, pas une problématique.

Les jeunes musulmans

Il faut aussi considérer le fait que pour les jeunes musulmans, la religion peut être une manière de protester contre la société d’accueil. La raison ? Le fait que la religion est très critiquée par les médias. Ce qui pousserait les jeunes à pratiquer d’une manière différente. Mais attention à la manière dont on les voit. Ils ne sont pas tous égaux, certains sont meilleurs que d’autres. De plus, il fait comprendre qu’en occident, le climat est beaucoup plus porté à la réflexion en matière de religion. Ce n’est pas le cas partout et il y a du cheminement à faire sur ce point.

Types d’identité et leur impact sur la vie des gens

En ce qui concerne le volet psychologique, Samia Mekhtoul mentionne plusieurs types d’identité. Il y a une identité collective et communautaire et une personnelle. Elle parle notamment du fait que le choix du prénom d’un enfant peut être source de conflits dans un couple. Certains choisissent d’utiliser le prénom d’un enfant comme marqueur identitaire et d’autres tentent de trouver un nom qui cadre bien aux deux cultures. Autre point qui touche les couples musulmans, c’est la violence conjugale. Cette dernière touche directement l’identité personnelle des individus et cause des ambivalences dans les couples. Le vécu de l’immigrant impact sur le couple, comme les inquiétudes et la non-reconnaissance des diplômes. En ce qui a trait à l’identité collective et communautaire, il y a quatre repères importants à considérer. Tout d’abord, cette identité est l’affaire de tous. Il s’agit d’un rapport d’un individu à la société d’origine ou d’accueil. Il s’agit aussi d’une arme à double tranchant tout comme une acculturation à déconstruire. Ce dernier point est vu différemment selon la science sociale utilisée. Elle peut autant être positive (sociologie) que négative (psychologie). Les mythes que propage la société d’accueil sur l’immigration sont aussi à cibler.

Les solutions possibles en matière de trajectoires identitaires

Pour Rachad Antonius, le fait de favoriser le dialogue qui pourrait déboucher à un compromis est une option. Le but étant de comprendre ce qui se passe dans les communautés musulmanes en posant des questions sur ce qui se passe dans les pays d’origine. Cela permet de se poser de meilleures questions pour intervenir ici, dans la société d’accueil. À ce moment, l’écoute doit être respectueuse. En matière de pratique religieuse auprès des jeunes, Solange Lefebvre propose comme solution de laisser pour que l’adolescent puisse apprendre par lui-même tout en lui mettant des balises pour le guider. Samia Mekhtoul s’adresse aux parents en leur disant qu’ils doivent s’impliquer dans la vie de leur enfant. Cela leur permet de connaître la réalité du Québec. En ce qui a trait aux médias, les immigrants doivent les utiliser afin de donner une image positive de leur communauté. Ce qui peut aider à la résolution du débat politique et au développement du sentiment d’appartenance et de bien-être, c’est le fait d’offrir du travail aux immigrants en reconnaissant leurs compétences et qualifications. Autre solution possible, le fait de soutenir les organismes qui interviennent auprès des jeunes et de faciliter la compréhension de la réalité des Maghrébins aux Québécois qui ne la connaissent pas. Samia Mekhtoul conseille d’accepter les embûches, car cela peut être positif sur la qualité de vie. En effet, elle dit que cela permet d’éviter l’isolement et favorise une meilleure adaptation à la société, principalement par la participation citoyenne.

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Les Maghrébins, histoire de leurs migrations au Québec

Montréal, ville multiculturelle

Selon un article du Journal de Montréal, les musulmans qui viennent s’établir au Québec proviennent en très grande majorité de l’Afrique à 63,37 %. Vient par la suite l’Asie (32,11%), l’Europe (3.52%), d’Amérique (1%) et l’Océanie (0,78%).  Dans le cadre de cet essai, il sera principalement question des Maghrébins, car non seulement ils font partie du groupe majoritaire dans le phénomène du flux migratoire lié aux musulmans au Québec, mais parce que je côtoie cette communauté depuis plusieurs années.

Qui sont les Maghrébins ?

En résumé, ils sont à la fois Africains, Arabes et majoritairement musulmans, plus rarement juifs ou chrétiens. Ils sont à un carrefour identitaire et culturel qui couvre la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Le colonialisme français à laisser des traces lors de son passage dans ces pays. Exception faite de la Libye, qui a été colonisée par l’Italie durant plus ou moins trente ans, mais qui a marqué le pays à sa manière. Ce qui en fait un peuple riche d’une culture qui les unit et qui les différencie tous. Mais lorsque l’on parle de Maghrébins, on parle surtout du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, car leur présence se fait sentir davantage que la Mauritanie ou la Libye. En 2016, on estimait à 1000 le nombre de Mauritaniens présents dans l’ensemble du Canada. Selon le recensement de 2016, le nombre de Libyens au Canada tournerait autour de 3750. Alors que dire du nombre d’entre eux qui vivent à Montréal !

Pourquoi quitter son pays ?

En fait, il existe plusieurs facteurs qui poussent les gens à migrer d’un pays à un autre. Dans l’Atlas des migrations, un équilibre mondial à inventer, Catherine Wihol de Wenden évoque principalement des raisons d’inégalités économiques, sociales, culturelles, alimentaires, etc. ou bien de crises politiques, démographiques ou environnementales. Évidemment, cela provoque plusieurs problématiques autant dans la société d’origine (l’exode des cerveaux) que dans la société d’accueil (chômage élevé).

La réalité du monde Arabe

Une région du globe la plus affectée est celle du monde arabe. Il s’agit de l’une parmi tant d’autres. La révolution de 2010/2011 a fait beaucoup de migrants dans de nombreux pays du monde arabe. Deux raisons permettent d’expliquer cette révolution : la croissance de la démographie et le taux de chômage élevé. Mais plusieurs autres événements, comme la guerre civile en Algérie à la fin du 20e siècle, ont un impact direct sur l’immigration du monde arabe. Mais le Maghreb est aussi une terre de transit pour d’autres migrants venant d’Afrique subsaharienne. Les voies empruntées varient selon la destination. Mais il est aussi vrai que le Maghreb est l’un des pôles d’attraction migratoire. Les Africains y vont pour fuir, les Chinois pour y investir.

La réalité du Proche-Orient

Le Proche-Orient, autre partie du monde arabe gravement atteinte de conflits qui perdurent dans le temps. On pense notamment à la Syrie et à la Palestine. Ces deux pays ont un nombre important d’expatriés. Selon Wihol de Wenden, la Palestine en a 5 millions depuis 1948 et la Syrie 4 millions depuis 2011. Ces gens se trouvent dans les pays voisins ou ailleurs dans le monde. Les conflits armés sont diversifiés et ils incluent les aspects ethnoculturels, religieux ou identitaires. Pour ces raisons, des minorités sont victimes de conflits qu’ils n’ont pas cherchés, et ce, à cause de leurs différences.

Pourquoi choisir le Québec ?

Toujours selon Wihol de Wenden, au Canada, 25% des Canadiens sont nés à l’étranger. Pourquoi ? Parce que, depuis 1967 la politique migratoire a changé. Il n’y a plus de favoritisme et les portes sont ouvertes à tous. Ce qui a une influence sur les différents flux migratoires. Par exemple, en 2011, 63% de l’immigration concerne le regroupement familial suivi de loin par l’immigration économique à 25%. Loin derrière, les réfugiés sont estimés à 12% de l’immigration vers le Canada. Le Canada, comme le Québec, choisissent les immigrants en fonction de points. Par contre, la ressemblance s’arrête là. En effet, le Québec, qui a sa propre loi de l’immigration depuis 1971, encourage davantage le fait de parler français et la qualification que le reste du Canada qui avantage le capital humain. Donc, toutes personnes parlant français sont favorisées au Québec, ce qui explique la présence de Maghrébins au Québec.

La présence de Maghrébins au Québec

Ces derniers sont dans la Belle Province depuis plusieurs décennies. Il est possible de remonter jusque dans les années 1970 pour trouver des traces de cette immigration. À cette époque, il s’agissait surtout d’étudiants. Surtout ceux qui venaient pour faire des maîtrises ou des doctorats ! Du moins, c’était l’objectif initial. Car bon nombre d’entre eux se sont mariés ou trouvé un emploi. Et beaucoup devaient aussi rembourser des dettes étudiantes. Mais ce ne sont pas les seuls. Rachida Azdouz mentionne dans son texte Les québécois d’origine maghrébine publié dans Histoires d’immigrations au Québec, qu’il y a des électrons libres qui sont venus s’établir ici. Ces électrons, expressions aussi utilisées par Bouchra Manaï, sont des artistes, des jeunes couples, des gens qualifiés en quête de liberté et d’opportunité que l’Europe ne peut leur offrir.

L’arrivée de masse des maghrébins au Québec

Par contre, dès les années 1990, plusieurs vagues massives d’immigrations ont lieu à partir du Maghreb. Actuellement le troisième bassin de recrutement en matière d’immigration, le Maghreb a permis en premier lieu des immigrants de l’Algérie. Pour cause de guerre civile. Le Maroc et la Tunisie ont, eux aussi, envoyé de leurs compatriotes pour diverses raisons. Depuis 1996, le Québec a fait le choix de séduire les Maghrébins à cause de leurs qualités : ils sont jeunes, scolarisés et parlent français ! Et cela a tellement fonctionné qu’une fois au Québec, plusieurs points négatifs se font remarquer : chômage, précarité, socialisation défaillante, etc.

Montréal et les Maghrébins, une histoire d’amour

Comme mentionné au début d’article, 90% des quelques 300 000 musulmans, toutes origines confondues, habitent Montréal. Pour le Maghreb, en 2011, Statistiques Canada estimait à 90 630 maghrébins dans l’agglomération montréalaise. Sur l’Île, on trouve des maghrébins cinq arrondissements : Ahuntsic-Cartierville, Côté-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, Ville St Laurent, Saint Léonard et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Le Petit Maghreb

D’ailleurs dans cet arrondissement, il y a un secteur appelé Petit Maghreb. Cet endroit se situe principalement sur la rue Jean Talon, entre le boulevard Saint-Michel et le boulevard Pie IX, mais déborde sur la rue Bélanger. On y trouve différents commerces : restaurants, boutiques de vêtements, boucheries, cafés, etc. L’arabe y est entendu comme tous les dialectes maghrébins. Pour Bouchra Manaï, ce secteur, qui s’est construit grâce aux histoires des immigrants, fait partie intégrante de l’histoire, urbaine et sociale, de Montréal. Les Maghrébins agissent de façon identique aux immigrants les ayant précédés : ils se regroupent afin de marquer leur territoire, leur identité.

La construction du Petit Maghreb

En effet, l’arrivée des Maghrébins à Montréal s’est fait par étapes. Il y a eu celle déjà mentionné des électrons libres, qui correspond à l’arrivée des premiers immigrants. Ces électrons s’installèrent partout dans la ville, car il n’y avait pas encore d’endroit à eux. À ce moment l’identité maghrébine n’est pas encore défini. Ce sont les précurseurs qui ont fait en sorte que le Petit Maghreb se construit graduellement, un commerce à la fois. Comme les maghrébins ne trouvent pas d’emplois dans leurs domaines d’étude, ils se reconvertissent dans le commerce. Le Petit Maghreb explose entre 1998 et 2004, à l’époque des pionniers, époque où l’économie se développe à grand V. Les montréalais découvre aussi un endroit où il est possible d’acheter des produits exotiques. À partir de 2005, l’époque des développeurs du Petit Maghreb débute. C’est à partir de ce moment que ce dernier marque son territoire grâce à la socialisation. La dernière étape est la stabilité. Depuis 2011, le quartier est là pour rester. Mais le secteur garde une saveur très touristique, car il permet de voyager à petit prix.

La construction de l’identité et le Petit Maghreb

L’avantage d’un secteur comme le Petit Maghreb concerne la sociabilité. Les plus jeunes peuvent s’y développer une identité nouvelle au contact des anciens. Quant à ces derniers, il utilise le secteur pour le quotidien, comme les achats de pains et autres. Par contre, dans beaucoup de cas, les hommes se rencontrent dans les cafés, les femmes à la maison. Comme au bled. Mais les choses changent graduellement.

Bref, les maghrébins aiment bien vivre à Montréal, mais il y en a quand même qui vivent ailleurs. Êtes-vous capable de me dire où ils vivent ???

Références

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Le développement de l’identité chez l’enfant. partie 3 : l’intervention auprès d’enfants issus de l’immigration

Après quelques semaines d’école, vos enfants ont repris la routine scolaire et retrouvé leur identité propre. Quoique vous avez peut-être découvert de nouveaux traits de personnalité. Avec les nouveautés de la rentrée et le retour des vacances, parfois, on ne voit pas immédiatement les changements chez nos enfants. Mais qu’importe, quand ça arrive, c’est souvent une belle découverte. Parce que, des fois, ce l’est moins. La relation que l’on développe avec les gens travaillant avec nos enfants peut aider à faire avancer les choses si le besoin se fait sentir. Surtout dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V. Dans le premier texte, il était question du développement de l’identité. Je vous expliquais les grandes lignes des standards universels. La semaine dernière, on parlait des enfants issus de l’immigration. Mais quand est-il du lien avec les intervenant·e·s qui travaillent avec nos enfants ?

La relation entre l’intervenant·e et l’enfant : les bases pour construire une identité

La relation entre un enfant et l’adulte qui partage son quotidien est importante. Surtout quand, en tant que parent, on confie nos bébés à des inconnus. Le lien de confiance est primordial, surtout dans un contexte interculturel. Le fait de tisser des liens avec un adulte qui connaît la société d’accueil facilite l’intégration de l’enfant. Cela permet à ce dernier de connaître les codes sociaux, les règles et la langue. Le plus important, c’est que l’enfant peut développer un sentiment de sécurité avec l’adulte en question. Lorsque la famille vient d’immigrer dans sa nouvelle société, l’enfant a peu de contacts seuls auprès des natifs. Sa première vraie expérience est lorsqu’il met les pieds à la garderie ou à l’école. Et c’est un gros choc. Il est donc nécessaire de lui permettre de créer des liens avec une personne significative dans son nouvel environnement. Même si la personne ne connaît ni la culture de l’enfant ni sa langue.

Quel style d’intervention privilégier ?

En fait, le meilleur style d’intervention permet à l’enfant de s’intégrer à son groupe et à la société. L’intervenant·e le stimule à apprendre une nouvelle langue et de nouvelles règles.  Soutenir l’enfant lors de difficultés est aussi important. En fait, trois types d’intervention existent. L’autoritarisme qui préconise l’obéissance à l’autorité. On peut le comparer à l’assimilationnisme. Ce, qui pour moi, n’était pas l’idéal, car l’enfant doit s’effacer et renier une partie de son identité. Le deuxième est l’intervention permissive. On respecter l’enfant et ses décisions. L’enfant à tous les pouvoirs. On peut comparer cela au culturalisme. Ce n’est pas mieux, car les comportements inacceptables le deviennent. Le type d’intervention idéal est le type démocratique. Pourquoi ? Parce que tout le monde décide ensemble de ce qu’il faut faire tout en respectant autrui. Ainsi l’enfant connaît les limites à respecter et sait exprimer ses besoins s’il en ressent la nécessité.

Quels sont les facteurs qui influencent les relations ?

Il y en a plusieurs et peuvent venir autant de l’enfant que de l’adulte. D’un côté comme de l’autre, l’origine culturelle influence grandement, mais n’est pas le seul facteur. Les caractéristiques personnelles ont aussi une incidence sur la relation entre les deux parties. On parle aussi du nombre d’années passées dans la nouvelle société, du sexe de l’enfant, de son tempérament ou de son état de santé. En effet, les idées reçues varient d’une culture à l’autre et se transposent dans les relations que l’on a avec l’autre. Les facteurs économiques ont aussi un impact sur ce que transmet la famille à l’enfant. Du côté de l’intervenant·e, son éducation, ses expériences ou sa formation se répercutent sur les enfants côtoyés au quotidien. La personnalité, l’humeur ou la santé de l’intervenant·e a des répercussions sur la dynamique de groupe.

Le milieu de garde dans tout ça ?

L’aménagement physique a son importance. Si le local n’est pas propice à ce que l’éducatrice ait l’œil sur tout le monde ou qu’il y a trop d’enfants, personne ne sera à l’aise dans le groupe. Mais le plus important est le programme éducatif. S’il n’est pas adapté aux enfants du groupe, le lien de confiance entre l’enfant et l’intervenant·e en sera affecté. Aussi, il ne faut pas oublier que l’enfant tisse des liens avec la première personne qu’il voit dans le service de garde. Il est donc important de lui permettre de la voir régulièrement dans la journée. Cela stimulera son sentiment d’appartenance à son nouvel environnement. Aussi, la personne qui crée un lien avec un enfant ne maîtrisant pas la langue doit surveiller le non verbal, car beaucoup de choses peuvent être dites malgré tout. Si quelqu’un parle la langue de l’enfant ou peut l’apprendre, c’est le jackpot !

Les actes discriminatoires… quoi faire avec ça ?

Évidemment, dans une vie de groupe, il y a souvent des discordes. On ne peut pas faire sans. Par contre, dans un contexte interculturel, il faut savoir faire attention. Car même si on dit qu’il n’y a pas de discrimination ou de racisme à un très jeune âge, cela ne veut pas dire qu’il faut laisser en passer. Dès que l’on voit qu’un comportement n’est pas approprié, il faut intervenir. Comment ? En montrant l’exemple, car l’influence la plus importante pour les enfants est celle des adultes. Celles des autres enfants de son groupe viennent par la suite. Il faut savoir faire la distinction entre curiosité et discrimination, car il est normal de poser des questions. Il faut donner une réponse juste, honnête et facile à comprendre pour l’enfant. Par contre, ce l’est moins de ridiculiser un enfant en raison de sa différence. Axée sur les similitudes est une belle option.

L’adaptation, oui, c’est parfois difficile ?

Pour certains enfants, l’adaptation à un nouvel environnement est plus difficile. Surtout quand il y a beaucoup d’éléments et que tout ce fait rapidement. Évidemment, l’enfant envoie des signaux d’alarme. D’où le fait de surveiller le non verbal, si nécessaire. Mais bref, si on remarque que l’enfant a certaines habitudes qui changent, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Eh oui, il se peut qu’au début, l’enfant soit agressif ou être malade tous les matins. Mais avec le temps, de la patience, il finira par s’habituer et tout rentrera dans l’ordre. Le meilleur truc à donner aux intervenant·e·s, c’est de prendre le temps d’observer l’enfant en question. Cela permet de comprendre pourquoi il a ce comportement et quand. Cela donnera des réponses et aidera l’intégration de l’enfant par la suite. La collaboration avec les parents reste aussi une clé importante dans l’adaptation de l’enfant dans son nouveau monde.

Bref, c’était le dernier texte sur le développement identitaire de l’enfant. J’avoue que dans ce texte, je parlais surtout aux professionnel·le·s. Mais si vous êtes parents, cela peut vous intéresser. Cela vous permettra peut-être de comprendre le travail des gens qui sont auprès de vos petits, mais aussi de bien choisir le milieu qui vous ressemble. Et si vous voyez qu’un enfant a de la difficulté à s’intégrer en raison de sa différence identitaire, soyez présent auprès de lui. Si ça se trouve, vous aurez un impact positif sur lui durant toute sa vie.

e, vous aurez un impact positif sur lui durant toute sa vie.

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LE DÉVELOPPEMENT DE L’IDENTITÉ CHEZ L’ENFANT. PARTIE 1 : LES STANDARDS UNIVERSELS

L’été tire à sa fin et vos enfants semblent avoir changé d’identité, tellement ils ne s’endurent plus. Bonne nouvelle ! Septembre est commencé et la routine revient graduellement. Ce qui est une bonne chose en soi, car vos enfants vont se retrouver. Mais qui dit retour à un quotidien plus régulier amène aussi son lot de nouveautés qui nous paraissent énormes quand on est enfant. Quand on est adulte, aussi parfois. De nouveaux groupes se forment, les ami·e·s partent et vont et la rencontre d’un nouvel adulte qui s’occupe de l’enfant. Bref, septembre est un gros mois pour les familles. Les enfants en particulier, je dirais. Le début d’une nouvelle vie apporte son lot de stress. Surtout quand on est dans un contexte où l’on vient d’arriver dans un nouveau pays. Déjà que dans les premières années de vie, entre 0 et 5 ans, l’identité se développe à la vitesse grand V.

Développement de l’identité chez l’enfant : moi versus les autres

La première étape du développement de l’identité chez l’enfant

L’enfant a conscience de qui il est avant de voir qu’il est différent des autres. Il commence graduellement en se distinguant des gens autour de lui, mais aussi de l’environnement dans lequel il baigne. Quand j’étais plus jeune, on disait qu’autour de huit mois, l’enfant était sauvage. Un peu étrange comme expression, mais c’est justement parce qu’il commence à faire la distinction entre l’être qu’il est et l’être qu’est sa mère. Avant cet âge, dans sa tête, le bébé n’est qu’un avec sa mère. Pour lui, il s’agit d’une seule et même entité. C’est la première étape du développement identitaire de l’enfant. Et on est tous passés par là. C’est en vieillissant que l’image de l’enfant se construit, tout dépendant de l’estime qu’il a de lui-même. Cette estime de soi est primordiale, surtout quand un enfant est en situation minoritaire. C’est ce qui influence son déroulement à long terme.

La deuxième étape du développement de l’identité chez l’enfant

C’est vers deux ans que la perception que l’enfant a de lui change. Il est capable de voir qu’il est différent de l’autre, et surtout, qu’il soit capable de beaucoup de chose tout seul… ou presque. Comme il apprend l’autonomie, sa technique n’est pas toujours au point. Mais l’intention est là 😊 C’est aussi vers les deux ou trois ans que l’enfant découvre les gens comme des entités à part entière. Que chacun d’entre eux a des besoins, mais pas toujours au même moment que lui le voudrait.

La troisième étape du développement de l’identité chez l’enfant

En ce qui concerne l’identité de genre, ethnique ou culturelle, ce n’est pas avant trois ans que l’enfant en a vraiment conscience. Avant cet âge, tout le monde est pareil, un peu comme une poupée Barbie, asexué et malléable à souhait. Mais à partir de trois ans, l’enfant est capable de voir que les autres ont des habitudes que lui n’a pas. Le rejet des amis et l’approbation d’un adulte sont donc susceptibles de l’influencer dans sa quête identitaire. C’est l’âge où l’enfant peut changer d’amis rapidement selon les événements de la journée. Lucky Luke a côté, ce n’est rien 😂 Mais tout se stabilise vers 4 ans.

Comment l’enfant voit la différence d’identité chez l’autre ?

Principalement par ce qui est visible. L’enfant vit tout au premier degré. Alors ce qui se voit est souvent ce qui le frappe le plus chez l’autre. Donc, une des premières choses qu’il remarque, c’est ce qui est physique, la couleur de la peau, les cheveux, les yeux, etc. Par la suite vient ce qui est plus culturel, comme l’habillement ou le langage. Il ne faut pas oublier qu’avant de constater qu’il fait partie d’un groupe dont l’identité est similaire à la sienne ou non, l’enfant fait partie d’une famille. C’est là qu’il fait ses premiers apprentissages liés à l’identité. Cela peut être variable d’un enfant à l’autre. Si l’enfant est né d’une union mixte ou est adopté, sa réalité n’est pas la même que si les deux parents ont la même identité culturelle. Dans le premier cas, il n’est pas comme papa ni comme maman. Ce qui n’est pas le cas du deuxième.

La couleur de peau et l’identité chez l’enfant

Plusieurs études états-uniennes estiment que l’âge vers laquelle les enfants sont capables de faire la différence entre deux couleurs de peau est vers trois ans. Les premiers préjugés viennent aussi vers cet âge. Certains enfants, surtout des minorités visibles, en ont plus envers leur propre communauté que les blancs envers les mêmes groupes. Bref, les enfants issus des minorités sont souvent plus sévères envers eux-mêmes et les enfants blancs, selon les études, envers les minorités. Il faut donc faire attention avant de crier au racisme avec un enfant ! Ce dernier peut être en train d’apprendre les différents concepts de race. Il se peut qu’il soit en train de répéter ce qu’il a entendu ailleurs. Ou bien, il agit de la sorte parce qu’il est curieux et manifeste sa curiosité en l’exprimant en mots ou en geste. Cela dépend du stade d’apprentissage où l’enfant se situe.

Comme le sujet du développement de l’enfant est un sujet qui est complexe et long à expliquer, je vous laisse digérer les informations que je viens de vous transmettre. Ce qui a été expliqué ici s’adresse à tous les enfants du monde. Évidemment, il se peut qu’il y ait des différences culturelles sur certains aspects, mais l’être humain étant ce qu’il est, on peut dire qu’il s’agit de standards universels. Dans un prochain texte, j’aborderais le développement de l’identité chez les enfants issus de l’immigration. On se revoit donc bientôt pour la suite du sujet.

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La diversité existe-elle vraiment ? La pyramide de Maslow en réponse.

Dernièrement, en lisant un commentaire sur Facebook à la suite d’un article traitant d’une initiative issue de la diversité, je me suis posé une question. Est-ce qu’à force de vouloir faire accepter la différence chez l’autre, on oublie nos similitudes ? Car, à la base, on est tous des êtres humains, avec des besoins et des émotions. La différence est dans la manière de les vivre. Ce qui m’a fait penser à la pyramide d’Abraham Maslow, que certains ont sûrement vu dans un cours en lien avec la psychologie ou autre. Je me souviens de l’avoir vu au début de mon secondaire et je me demande si je ne l’avais pas vu dès la fin de mon primaire. C’est assez vague. Mais grâce à cela, on peut avoir que toute personne a les mêmes besoins. Sommes-nous si différents des autres, en fin de compte ?

La pyramide de Maslow

Pour ceux qui ne savent ce qu’est la pyramide de Maslow, il s’agit en gros d’un classement de besoins. Ces derniers sont placés selon un ordre où les prioritaires sont situés à la base de la pyramide. Évidemment, les moins importants sont en haut. Il y a 5 types de besoins :

  1. L’aspect physiologique
  2. La sécurité
  3. Le sentiment d’appartenance
  4. L’estime de soi
  5. L’accomplissement

Personne n’a les mêmes besoins que les autres au même moment. Il se peut que vous n’ayez pas envie de manger à la même heure que votre conjoint, parce que vous n’avez tout simplement pas vraiment faim. Ou que vous soyez un plus grand dormeur que lui. Et c’est normal. Personne n’est fait sur le même moule après tout. C’est la manière d’exprimer ses besoins qui fait que nous sommes tous pareils : tous différents les uns des autres.

Le premier aspect de Maslow : la physiologie

Ici, il est question des soins de base : manger, dormir, boire et, surtout, respirer. Bref, tout ce que l’on a besoin pour vivre. Surtout respirer, c’est primordial. 😂 Si on ne comble pas ces besoins primaires, nous ne pouvons pas être fonctionnels. On le sait, lorsque certains manquent de sommeil ou ont faim, le comportement change. Ils sont plus agressifs ou réfléchissent moins bien. Alors, imaginez quand votre quotidien se résume à vivre dans la rue ou dans toutes autres situations qui nous privent de ces besoins. Ce n’est pas évident ! C’est l’une des raisons qui poussent certaines personnes à quitter leur pays d’origine pour un monde meilleur. D’où le fait de porter attention à ce point lorsque nous accueillons des réfugiés. Il est important de vérifier leur état de santé afin de pouvoir travailler les autres points. Quoique dans leur cas, le sentiment de sécurité est nécessaire pour avancer dans l’épreuve.

Le deuxième aspect de Maslow : la sécurité

Vient ensuite le sentiment d’être en sécurité. Cela peut être variable d’une personne à l’autre. Momentané comme être permanent. Être en sécurité, ça signifie qu’il n’y a pas de peur ni de craintes. Donc quelqu’un qui a grandi dans un contexte de violence ou de guerre n’a rien à voir avec la peur qu’un enfant peut avoir des chiens par exemple. Dans un cas de violence ou de guerre, le manque de sécurité est permanent, en raison du fait qu’on ne sait pas quand les coups et les attaques peuvent arriver. Que ce soit de la violence conjugale ou d’une guerre civile, on se retrouve pris dans un contexte traumatisant à long terme. Cela peut affecter la vie pour un certain moment. Un enfant qui a peur d’un chien parce que c’est la première fois qu’il voit un, c’est complètement autre chose. Le rassurer et lui laisser le temps de l’approcher à son rythme est préférable que de lui imposer. À moins qu’il se fasse mordre… là c’est autre chose.

Le troisième aspect de Maslow : le sentiment d’appartenance

En tant qu’être humain, on souhaite tous faire partie d’une communauté, d’un groupe. On s’identifie à nos semblables. Si on me demande si je suis plus québécoise que musulmane, je ne peux pas choisir, car je suis les deux. Et l’un n’empêche pas l’autre. Pourtant, comme d’autres Québécois, je mange de la poutine une fois de temps en temps. Mais comme d’autres musulmans, je fais mes 5 prières par jour et je vais à la mosquée quand je peux y aller. Et comme d’autres convertis, je baragouine l’arabe comme je peux. Les gens ont besoin de catégoriser selon des critères qui leur est propre. Cela fait en sorte que parfois, il y a des confusions. Comme le fait que si tu es musulman, forcément, tu es arabe. Ou tu viens d’ailleurs. Et non ! Ce qui influence notre appartenance au groupe, ce n’est pas la nationalité, le teint ou la religion. C’est une question de bien-être.

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Le quatrième aspect de Maslow : l’estime de soi

L’estime de soi est quelque chose que doit apprendre à coup de bravo quand on est enfant. Ou d’expériences positives tout au long de notre vie. L’échec fait partie de l’aventure. Mais si on les cumule et que personne ne vient nous encourager à continuer, ça se peut que ce soit plus pénible pour certains. L’estime de soi est quelque chose que l’on cultive d’abord pour soi-même, mais qui se fait en partenariat avec les gens autour de nous. Si nous sommes entourés que de personnes négatives, qui détruits constamment nos efforts pour avancer, cela a un impact qui se fait ressentir à long terme. Par contre, lorsque nous sommes avec des gens qui nous apprécient, forcément, nous sommes beaucoup plus épanouis. Cela paraît dans notre manière d’être et d’agir. Et aussi sur nos relations avec les autres. Nous avons une attitude différente en raison de ce que nous pensons des gens autour de nous.

Le cinquième aspect de Maslow : l’accomplissement

Avouez que quand vous réussissez quelque chose que vous croyez impossible pour vous, la fierté vous sort de partout ! Ça, c’est l’accomplissement. Qu’il soit purement personnel ou collectif, le fait de réussir quelque chose permet de s’épanouir davantage. On a l’impression que rien ne peut nous détruire à ce moment n’est-ce pas ? Même si l’accomplissement peut sembler minime, il est important pour la personne qui l’accomplit. Pensez au premier pipi dans la toilette de votre enfant ou la première fois qu’il ou elle s’habille par lui-même (même s’il y a du progrès à faire 😂). Ou à votre ado qui a de la difficulté dans une matière et que tout d’un coup, il a un score impressionnant dans un examen. Il s’agit d’un accomplissement pour la personne qui ne doit pas être négligé. Cela a un impact sur son estime de soi.

Comme vous le voyez, les besoins peuvent être interreliés. Ils ont été placés dans un ordre précis, mais en écrivant ce texte, je me dis qu’il y a une interconnexion entre les 5. Bon, à part pour les besoins physiologiques, je me dis que les besoins peuvent peut-être bouger selon le contexte, l’histoire de la personne. Rien n’est vraiment fixe avec l’être humain…. Par contre, ce que l’on sait, c’est que les besoins sont similaires d’une personne à l’autre. Juste exprimer différemment. Alors, la diversité se situe exactement ?