Comme vous le savez, chaque être humain a des droits. Même les enfants ont une Convention relative à leurs droits. Cette semaine, dans la presse, un article concernant un Malaisien de 41 ans qui a marié une jeune thaïlandaise de 11 ans a été publié. En fait, la Malaisie, un pays musulman qui défend les droits des enfants, dénonce la situation. Je vous laisse lire l’article, qui date du 1er juillet, ainsi, vous pourrez vous faire une idée. Mais de ce que j’ai compris en Malaisie, il est permis de marier les moins de 16 ans, mais sous certaines conditions. Actuellement, il y aurait 16 000 jeunes filles de 15 ans et moins qui sont mariées. Ce qui est énorme ! C’est ce qui m’a convaincu d’être sur le sujet.

LA CONVENTION RELATIVE AUX DROITS DE L’ENFANT DES NATIONS UNIES

 

Qu’importe l’endroit où vivent les enfants, ces derniers sont protégés par des droits, et ce, de leur naissance jusqu’à leur majorité. Personne ne peut donc  leur enlever ses droits. Que ce soit en lien avec l’éducation, la protection, l’épanouissement, la survie ou tout ce qui a un lien avec le développement de l’enfant, il y a un privilège qui s’y rattache. Ils ont tous importants et il y a un lien entre chacun d’entre eux. En tout, il y a une cinquantaine d’articles, qui englobent la protection, l’éducation, la liberté d’expression ou de croyance, l’accès à l’information, d’avoir une famille et des loisirs, faire des choix et d’avoir une vie privée. Il y a beaucoup d’autres, comme le fait que les enfants doivent connaître leurs droits. Les divers gouvernements et organisations doivent aussi les reconnaître et les appliquer. En gros, veiller au respect de la convention et faire en sorte de protéger les enfants.

Des exemples d’articles de la convention relative aux droits de l’enfant

 

Qu’est-ce qu’un enfant ?

 

L’article 1 définit ce qu’est un enfant. Il s’agit de toute personne de moins de 18 ans. À moins que l’âge de la majorité soit atteint avant en raison de la législation du pays où cette loi s’applique. Donc, dans certains pays, la majorité peut être avant les 18 ans malgré le fait que ce soit la norme.

Relations avec les parents

 

Plusieurs articles concernent la relation que l’enfant doit avoir avec ses parents. On pense, entre autres, aux articles suivants : 3, 7, 8, 9, 10. Ce que l’on peut comprendre, c’est que, dans l’intérêt de l’enfant est ce qui est le plus important. Dans la très grande majorité des cas, ce sont les parents qui doivent s’en assurer. Par contre, l’État peut aussi le faire. Cela implique aussi son identité (nom et nationalité) et sa relation qu’il peut avoir avec ses parents.

Droits et libertés de l’enfant

Tout comme les adultes, les enfants ont leur droit d’avoir des opinions et de les exprimer. Ils peuvent aussi s’informer par les différents médias mis à sa disposition et de se construire une pensée qui lui est propre. Il a le droit à sa propre conscience, de choisir sa religion et de s’associer pacifiquement. Évidemment, il a aussi droit d’avoir une vie privée.  C’est ce qu’expliquent les articles 12 à 17.

Les cas spéciaux

 

Les enfants réfugiés ou handicapés ont accès à des soins particuliers et une protection qui leur est propre. C’est ce qu’expliquent les articles 22 et 23. L’article 38, qui parle des conflits armés, mentionne aussi que les moins de 15 ans ne peuvent pas y participer. Du moins, directement ! Ceux qui en sont victimes ont aussi droit à une protection spéciale et des soins adaptés à leur situation. L’article 24 complète ses articles en disant que tous les enfants ont droit de bénéficier des soins qui leur permettent de vivre en bonne santé.

L’éducation, les loisirs et la culture

 

Les articles 28 à 31 parlent d’éducation et de loisirs. L’éducation est un droit et accessible à tous. Le primaire est gratuit et obligatoire, mais pas les autres niveaux, selon le cas. Les buts sont l’épanouissement total et le développement complet de l’enfant. Ce qui implique d’apprendre sa langue maternelle, d’avoir accès à la culture sous toutes ses formes. Cela est davantage nécessaire pour les minorités et les autochtones. Évidemment, les enfants doivent avoir accès des périodes de repos, cela implique les congés de garderie et de passer du temps de qualité avec ses parents.

L’exploitation des enfants

 

Évidemment, si l’enfant a droit a des périodes de repos, cela veut dire que le travail leur est interdit. Cela ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas avoir des tâches à faire à la maison. Il est quand même permis d’aider les parents, selon les capacités de chacun. On parle principalement d’exploitation économique, sexuelle ou autres qui peuvent nuire à l’éducation ou la santé de l’enfant. Cela inclut la vente, la traite ou la privation de leur liberté.  Je vous invite à lire les articles 32 à 37 sur ce sujet.

La protection des droits des enfants

 

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a publié en 2006 un cade de protection concernant les droits des enfants. Ainsi, on y trouve des objectifs, des principes directeurs et des stratégies pour y parvenir.

Principes directeurs

 

Le premier principe est le fait que les États sont responsables de la protection des droits des enfants. C’est donc ce que la Convention préconise. Viennent ensuite la famille et la communauté. Elles sont les éléments centraux dans la prévention des droits autant des filles que des garçons. D’une manière ou d’une autre, lorsque les droits des enfants sont bafoués, il est toujours urgent d’intervenir en mobilisant le plus de ressources possible, incluant l’enfant lui-même sans aucune discrimination. Tout comme la Convention le dicte, l’intérêt supérieur des jeunes est prioritaire. Évidemment, il est important d’aider l’enfant en prenant compte de sa situation sociale et culturelle et en s’adaptant à lui.

Objectifs

 

En tout, il y a six objectifs mentionnés. Ils ont tous des suggestions d’actions à prioriser pour s’assurer de leur réussite. À vous de voir s’il vous est possible de les appliquer dans votre secteur. Premièrement, autant les filles que les garçons sont sécurité dans les  espaces ils vivent, étudient et jouent. Bref, partout où ils doivent être. De plus, leur participations est nécessaire au renforcement de leur capacité. Les enfants sont donc impliqués dans les procédures qui les concernent. Ils ont accès aux documents légaux qui les concernent. Les enfants nécessitant des soins spécifiques doivent y avoir accès. Dans l’intérêt des enfants, il est nécessaire qu’ils bénéficient d’une solution qui perdure dans le temps.

Les droits des enfants en conclusion

 

Bref, lorsqu’il est question des droits des enfants, on aborde toujours un sujet délicat. Ils font partie des plus vulnérables des sociétés actuelles. Mais plus le temps passe, plus leurs droits sont mis de l’avant. Ce qui fait que plusieurs sociétés, leurs conditions de vie s’améliorent grandement. Par contre, il en reste encore beaucoup à faire, principalement dans les sociétés moins nanties.

Publicités

On le sait, la violence conjugale ou familiale, bien que discrète, fait partie du quotidien de bien des gens. Elle peut prendre plusieurs formes et être subie à toute âge. La grande majorité des victimes est féminine (78% en 2015) mais les hommes peuvent l’être aussi. Il faut dire que plusieurs facteurs sont susceptibles d’influencer le comportement violent et que la culture n’a rien à voir avec la violence. Oui, il y a des communautés qui ont le sang plus chaud que d’autres, mais il ne faut pas généraliser. Le 24 juin dernier, j’ai assisté à une conférence sur le sujet. Il était principalement question de la perspective islamique. Ce qui m’a permis de confirmer certaines idées que je m’étais faite de l’Islam. L’atelier était offert en collaboration avec Déf’illes et des ailes et le Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM). L’idée derrière cette activité était d’aller chercher la participation des hommes, mais peu se sont présentés.

Mobiliser les hommes à la violence familiale, mais pourquoi ?

Parce que la violence au sein d’une famille, c’est une problématique où, dans la très grande majorité des cas, il y a un homme d’impliquer. Que ce soit le père, le frère, un oncle ou un conjoint. Il faut donc les sensibiliser à la manière de se comporter avec leur entourage féminin. Par contre, les hommes peuvent être victime de violence familiale. En moins grand nombre, évidemment, mais ils peuvent l’être. Il est donc primordial de leur permettre de s’exprimer sur le sujet. Par exemple, le CCFM mentionne un rapport du projet Sakinah où sur 800 entrevues 31% des femmes musulmanes sont victimes de violence physique dans leur couple. Et ça, c’est celles qui affirment l’être. Au Québec, en 2015, près du tiers des infractions criminelles sont issues d’un contexte familiale. Donc, on peut constater, que ce n’est pas une question de culture, mais une question d’éducation

Pourquoi la violence familiale ?

En fait, il y a plusieurs raisons. Mais ces dernières poussent à la création d’inégalités qui se forgent graduellement à la maison. Les égalités font place au contrôle et au pouvoir. Ce qui n’aide pas aux relations familiales. En fait, il existe deux roues qui expliquent qu’est-ce qu’une relation saine en rapport à une relation malsaine. Dans une relation saine, évidemment, il n’y a pas de violence. On y retrouve le respect de l’autre, aucun comportement menaçant, de la confiance et les responsabilités sont partagées. Tous les membres de la famille participent donc selon leur capacité. Par contre, dans une relation où il y a un déséquilibre, ce n’est pas ce qui est vécu. La personne qui a le contrôle dans la maison va utiliser des menaces de toutes sortes pour créer un climat malsain. Comme le fait de la quitter la personne, de se suicider ou de s’en prendre aux enfants. Il peut y avoir de l’intimidation, de l’isolement ou autres comportements néfastes.

Photo (c) Myrianne Lemay

Photo (c) Myrianne Lemay

Les raisons

Je vous parlais du fait qu’il y ait plusieurs raisons qui poussent à un déséquilibre de pouvoir. Il a la conception du patriarcat, de ce qu’est un couple, l’éducation reçue, des traumatismes, l’image que l’on a de soi, etc. Bref, chaque personne à son historique qui fait ce qu’elle est. Cela ne veut pas dire qu’elle est une mauvaise personne, mais il y a quelque chose en elle qui doit être réglé.

La violence familiale et l’écoute active

Habituellement, quand on interagit avec les gens, on communique avec notre corps. Lorsqu’on est attentif ou non à ce qui se passe autour de nous, cela parait. Les gens autour de nous le ressentent même si ce n’est pas verbaliser. Lorsque quelqu’un utilise l’écoute active et est axé sur le présent, l’attitude corporelle le démontre. La personne va vous regarder et prendre en considération ce qui vous dite. Qu’importe la position (assis ou debout) il y a une ouverture, une tranquillité qui se dégage de la personne qui écoute. On sent sa présence, même si on s’occupe à autre chose. Quelqu’un qui n’est pas présent intellectuellement parlant, n’aura pas cette ouverture, cette possibilité d’échange. Le cerveau et le cœur n’y sont pas. Ce qui rend difficile toute communication et résolution de problèmes. Et on le sait, pour communiquer, non seulement la parole est importante, mais l’écoute l’est aussi.

Photo (c) Myrianne Lemay

La violence familiale et la documentation du CCFM

Photo (c) Myrianne Lemay

Photo (c) Myrianne Lemay

Le CCFm a créé en 2016 une documentation concernant la violence familiale. La documentation est très bien faite. Il y a deux cahiers qui ont comme thématique la mobilisation des hommes et des garçons pour mettre fin à la violence familiale. Le premier est une trousse d’animation ayant quatre thématiques :

  1. Désapprendre le patriarcat et explorer les liens à la violence envers les femmes et les filles
  2. Remettre en question les normes et les stéréotypes sexospécifiques
  3. Promouvoir les relations saines
  4. Stratégies d’intervention efficaces

Il comprend aussi des guides et des feuillets à l’intention des animateurs. Le deuxième document est la perceptive islamique du programme de mobilisation. Donc, ceux et celles qui interviennent auprès des couples musulmans peuvent se fier à ce livret, car il y est question du Coran, des hadiths et de tout ce qui est relatif à l’islam. Je vous conseille vraiment d’aller le télécharger si vous travaillez avec cette clientèle.

Pour en savoir plus

La campagne du ruban blanc : www.whiteribon.ca

SOS Violence Conjugale : www.violenceconjugale.ca

Pour télécharger la documentation du Conseil canadien des femmes musulmanes : www.ccmw.com/violence-against-women-health-and-justice-for-canandian-muslim-women/

Les enfants, dans la culture occidentale, sont des trésors. On les surprotège même un peu trop. On le remarque quand on compare ce que vivent actuellement les jeunes versus ce que l’on a vécu il y a tout juste quelques décennies. Mais ailleurs dans le monde, la situation des enfants n’est pas toujours rose. D’ailleurs, demain le 12 juin, c’est la journée mondiale contre le travail des enfants.

La journée mondiale contre le travail des enfants : initiative de l’Organisation internationale du Travail

Depuis 2002, le 12 juin est consacré à la sensibilisation au travail des enfants. Il s’agit d’une initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT), une agence de l’ONU ayant des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de 187 États. L’égalité entre les trois parties est importante, car cela a un impact sur la manière d’appliquer les décisions prises ensemble. La mission de l’OIT a deux objectifs. Premièrement, la promotion des droits au travail. Deuxièmement, elle vise à encourager la « création d’emplois décents, de développer la protection sociale et de renforcer le dialogue social dans le domaine du travail. » La fondation de l’OIT date de 1919, soit après la Première Guerre mondiale. Le but : le principe universel à l’accès à un travail décent. En 1946, après la Deuxième Guerre mondiale, l’OIT se joint à l’ONU comme première agence spécialisée.

Une journée mondiale contre le travail des enfants, mais pourquoi ?

Parce qu’il y a une incompréhension par rapport au concept du travail réalisé par les enfants. Selon l’ONU, cela regroupe plusieurs facteurs qui privent les jeunes non seulement de leur enfance, mais des droits qui y sont associés. On parle de dignité, de réaliser leur plein potentiel, d’aller à l’école et être en bonne santé physique et mentale. Donc, cette journée fait donc référence aux travaux qui sont dangereux pour l’enfant et qui affectent leur développement d’une manière ou d’une autre. Dans le meilleur des mondes, il faut privilégier l’éducation au travail. Ou du moins, ne pas faire en sorte que le travail nuit à l’éducation. Dans certains cas, on parle d’enfants esclaves ou séparés de leurs familles. Forcément, ils se trouvent seuls avec eux-mêmes à risque de développer des maladies graves qu’ils ne peuvent soigner. Les conditions de travail des enfants dans certains pays sont condamnables. C’est variable selon les situations.

 

Le travail des enfants : idées pour son abolition

L’OIT a créé en 1992 un programme international pour l’abolition du travail des enfants. L’objectif est son élimination progressive en renforçant les habiletés des pays concernés pour régler la situation. La manière de procéder ? En faire la promotion. Déjà, beaucoup de pays ont une législation concernant le travail des enfants. Dès 1999, l’OIT a publié une Convention (182) sur les pires formes de travail des enfants. Cette publication a permis d’attirer l’attention sur une problématique à régler. L’une des solutions apportées est d’inciter sur le fait de faire commencer le travail des enfants le plus tard possible. D’ailleurs, un enfant est une personne de moins de 18 ans selon la Convention. La proposition d’un âge légal est mentionnée dans la Convention (138) sur l’âge minimum. En fait, cela est variable selon les pays. En gros, tant que l’école est obligatoire, les enfants ne peuvent travailler. Mais en moyenne, vers 15 ou 16 ans selon les cas.

Les actions contre le travail des enfants

L’OIT suggère de nombreuses actions pour contrer le travail des enfants. Entre autres, pour les gens travaillant dans l’aide humanitaire, il est important de faire en sorte d’aborder cette thématique avec les pays concernés. Cela peut se faire en abordant l’éducation ou en parlant de protection sociale. Mais aussi en axant sur l’accès au travail des adultes. Les droits fondamentaux des enfants doivent aussi être abordés. La protection des enfants contre le fait qu’ils peuvent être enlevés dans le but d’être exploités. Le dialogue semble une bonne solution afin de sensibiliser les gens à la cause. Mais c’est un travail de longue haleine. Pour y arriver, il faut avoir une collaboration entre les différents acteurs. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer auprès des entreprises présentes sur leur territoire.

Le travail des enfants… où exactement ?

Selon le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, les zones les plus touchées sont celles où des conflits et des catastrophes s’y trouvent. Par conséquent, les premières victimes sont les enfants. Pourquoi ? Parce que dans ces cas-là, la destruction des infrastructures a un impact sur la vie des gens. Car, il ne faut pas oublier que les structures humaines volent, elles aussi, en éclats. Pour ces raisons, les enfants se retrouvent dons dans les plus vulnérables. Principalement, s’ils sont migrants. En 2009, il existait près de 60 pays où l’on trouvait des enfants au travail. On parle de pays principalement en Asie et en Afrique, mais aussi en Europe orientale et en Amérique du Sud. On trouve principalement les enfants dans les domaines suivants : le textile, l’agroalimentaire, l’industrie du sexe et l’industrie minière.

Le travail des enfants, présent partout ?

Malgré tout, les enfants travaillent dans tous les pays du monde. Enfant, je gardais mes voisins à 12 ans, même s’il y avait de l’école le lendemain. Et je n’étais pas la seule dans la classe. En sixième année, la grande majorité de la classe avait pris le cours de gardien·ne averti·e. C’est sûr que ce n’est rien de comparable à ce que vivent des millions d’enfants dans le monde. Par contre, même ici, en occident, il y a beaucoup de jeunes qui travaillent dans des milieux désagréable pour eux. Dans la série Fugueuse, on peut le voir une réalité à laquelle on ne pense pas forcément. Combien de jeunes filles se trouvent mêler à la prostitution ou à vendre de la drogue parce que victime de proxénète ? Comme quoi que l’on ne voit pas tout quand on a le problème sous le nez !

La femme que je vous présente aujourd’hui, vous la connaissez probablement. À la suite du dépôt de la loi 62 à l’automne 2017, elle a été dans les médias pour la dénoncer. En effet, Warda est l’une des demanderesses, avec deux Associations, de la contestation de la loi. L’article 10 est contesté, car elle porte atteinte à la liberté de religion et nuit à l’égalité des sexes, notamment des femmes musulmanes portant le voile et le niqab. Mais avant d’en arriver là, quel est le parcours de Warda vers l’Islam ?

L’enfance de Warda

Bien qu’elle ait un nom qui a une teinte étrangère, Warda est Québécoise. Elle est née au Québec dans les années 80 et y a grandi. Comme elle a toujours vécu à Montréal, elle a toujours été entourée de croyants et de gens issus de différentes cultures. Comme son père est décédé tôt dans sa vie, Warda a eu, dès son jeune âge, trois femmes dont l’impact fut important dans sa vie. Il s’agit de sa mère, d’une tante maternelle et d’une religieuse originaire des Philippines. Évidemment, elles pratiquent toutes le christianisme d’une manière différente. De son propre aveu, son cheminement dans la vie fut un peu chaotique. Warda vécut beaucoup de choses qu’elle considère comme positives… ou non.

L’arrivée de l’Islam dans la vie de Warda

À 19 ans, Warda, comme beaucoup de jeûne à cet âge, aimait faire la fête. Un peu plus que la normale, peut-être, car elle a dépassé les limites. Ce qui aurait pu avoir des conséquences plus graves. C’est à ce moment que l’Islam prit graduellement place dans sa vie. Après cette prise de conscience, Warda changea son entourage, car elle voulait être avec des gens qui aiment la vie sans perdre le contrôle de façon constante. C’est là qu’elle prit contact avec des arabo-musulmans. Une culture qu’elle ne connaissait pas de prime abord, mais avec le fait qu’elle ait une éducation religieuse, elle entreprit donc d’approfondir la leur. Elle y trouva des similitudes, notamment avec les récits biographiques des prophètes. De plus, elle s’était aussi dit que ce qui se raconte dans les médias ne devait être le reflet de la réalité islamo-québécoise.

Comment Warda fit son apprentissage de l’Islam ?

Malgré son nouvel entourage qui pratique l’Islam, Warda du apprendre par elle-même cette religion. Elle croit que le climat à cette époque a eu un impact sur cet aspect de son apprentissage. Ses ami·e·s étaient moins enclins à parler de religion. Elle fit donc des recherches par elle-même. Sur le coup, ce qu’elle lisait ne faisait rien. Elle comprenait ce qui était écrit, mais pas de déclic qui pourrait l’accrocher à cette religion. L’autre option qui se présentait à elle, était la lecture du Coran. C’est à ce moment qu’elle comprit que l’Islam était pour elle. « Mon premier contact avec le coran fut incroyable, au début la peur, puis enfin cet étrange sentiment d’enfin rentrer à la maison après un long voyage ». À ce moment, Warda fait le lien avec son éducation religieuse catholique et les enseignements coraniques. Elle y trouve aussi des balises pour avancer dans la vie.

Le port du voile selon Warda

Le grand saut vers l’Islam s’est fait en 2003, à 19 ans. Le choix du voile intégral s’est fait en 2011. Huit ans après sa conversion, par choix personnel. Désormais, Warda se considère faire partie d’une très petite minorité visible. Tellement petite qu’elle est à peine quantifiable. Frédirick Castel estime, qu’au Québec, en 2015, il y a qu’une cinquante de femmes qui le portaient. Évidemment, pour Warda, cela a un impact sur ce que l’autre pense d’elle. Warda a toujours aimé être entourée de gens. Qu’importe qui ils sont. Mais le niqab a changé un peu la donne. D’un côté, il y a la peur, l’incompréhension, la désinformation ou de la haine provenant de ces personnes. Beaucoup d’insultes sont aussi présentes dans son quotidien et qui fait qu’elle s’est construit une barrière entre elle et ces individus. Ce qu’elle trouve déplorable : tout le monde parle du voile, sauf les principales intéressées !

Ce que pense Warda de l’intolérance et de l’injustice.

Comme le voile est le sujet de discussion de bien des gens qui croient comprendre ce qu’il représente, Warda considère être victime de deux types d’intolérance. Cela provient autant des musulmans que des non-musulmans. Le premier est l’islamophobie. La peur de l’islam qui signifie la paix en arabe. Étonnamment, le deuxième vient de l’intérieur même de la communauté musulmane. Certains trouvent qu’il est sectaire, d’autres qu’il donne une mauvaise image de l’Islam. Ils préfèrent donc parler d’autres choses que de protéger les femmes qui le portent. Fait à noter, à cause de son niqab Warda vit aussi des injustices. Par exemple, elle reçoit parfois des menaces. Lorsqu’elle va se plaindre à la police, ces plaintes ne sont pas prises au sérieux. Idem lorsqu’elle souhaite recevoir un service dans un lieu public. Elle trouve cela blessant et humiliant. Tout ça parce qu’elle a le visage caché. Chose qu’elle n’a pas vécue en Algérie !

Pourquoi Warda s’est opposée à la loi 62 ?

Parce qu’elle trouve cette loi inquiétante. Cela fait en sorte de rassurer les gens intolérants dans leurs pensées. Sans compter les conséquences que cela peut avoir dans la société. Au lieu de prôner la vraie égalité des sexes ainsi que l’ouverture d’esprit, le Gouvernement québécois préfère cacher ce qui dérange : les femmes musulmanes portant le niqab. Non seulement il s’agit de racisme, mais de sexiste. L’impact de cette loi touche que quelques femmes. Mais il s’agit d’un gros impact : il s’agit d’exclure ces femmes parce qu’elle délibérément fait le choix de se couvrir le visage. Par cette loi, les politiciens briment la liberté de conscience de ces femmes. Les chartes des droits et libertés du Canada et du Québec en parlent de cette liberté de conscience et de religion. Au Canada, cette liberté est présente depuis 1982. Au Québec, depuis 1975 ! Maintenant, on souhaite l’effacer !

Les solutions…

Éviter les dialogues qui stagnent. Oui, la communication est importante pour avoir accès à une meilleure cohésion sociale. Mais cela va de pair avec l’éducation. Bref, il faut que ce soit constructif et que les deux parties fassent leur bout de chemin.

Dernièrement, j’ai suivi un mooc sur la défense des droits humains. C’était un cours organisé par Amnistie internationale. En gros, on pouvait en apprendre plus sur les défenseur·e·s des droits humains et leurs motivations en ce qui concerne leurs combats. Il y a une grande variété de droits humains. On peut être d’accord ou non avec certains droits, mais à la base, qu’importe qui nous sommes, nous méritons le respect. Il peut y avoir de l’incompréhension par rapport à certains droits. C’est quelque chose de normal. Mais de respecter ce qui est nous semble illogique est encore plus difficile. Je ne parle pas de situations où une personne nuit volontairement à quelqu’un de vulnérable. Comme la pédophilie ou les agressions. Dans ces cas-là, ce sont les victimes qui doivent être protégées dans leurs droits. Mais je parle principalement de cas, comme la liberté d’expression, de religion ou tous autres droits.

Droits humains ou droits de l’Homme

En français, on dit droit de l’Homme. Lorsqu’on l’écrit avec un « h » majuscule, les deux sexes sont compris. C’est donc un terme neutre. Mais est-ce vraiment le cas ? Pour bon nombre de femmes, la réponse est non. Quant au Larousse 2018, dans ses définitions, il est principalement question du sexe masculin. D’ailleurs, lorsque la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été vers la fin du 18e siècle, Olympe de Gouges rédigea le pendant féminin. Il fut publié en 1791. Il est possible de lire un texte à ce sujet sur le blogue. En anglais, on parle de human rights, de droits humain. Ce qui, je trouve, est beaucoup plus inclusif et neutre que d’utiliser le sexe dominant pour se dire neutre. En effet, car l’adjectif humain englobe autant le féminin que le masculin, car il définit le caractère ou la nature des gens.

Qui sont les dérenseur·e·s des droits humain ?

Selon Amnistie Internationale, les défenseur·e·s des droits humains sont des gens qui agissent pour la promotion des droits fondamentaux. Ces personnes agissent individuellement ou en groupe de manière à ne discréditer la haine, la discrimination ou la violence. Nous pouvons tous défendre les droits humains, car nous sommes tous sensibles à l’injustice touchant certains groupes. Ce qui est bien, c’est que les militant·e·s viennent de différents milieux, donc peuvent agir autant dans le cadre de leur travail que de manière bénévole. Ce qui fait aussi que les projets peuvent être variés, car il existe plusieurs droits fondamentaux. Certains activistes agissent sur un seul droit, alors que d’autres en ciblent un peu plus. Par exemple, en ciblant un groupe d’individu comme les handicapé·e·s ou les femmes. L’expression défenseur·e·s des droits humains existe depuis peu, mais les mouvements de revendications ont toujours existé. L’histoire derrière la journée des travailleurs, par exemple.

Mais d’où vient les termes défenseur·e·s des droits humains ?

Comme mentionné plus tôt, l’expression est encore récente dans notre vocabulaire. J’estime qu’elle date tout au plus de 20 ans. Pourquoi ? Parce que, selon Amnistie International, l’ONU a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme après la Deuxième Guerre mondiale. Donc, après 1945. Cinquante ans plus tard, soit à la fin des années 1990, une Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme fut acceptée. Ce qu’il faut retenir de cette Déclaration est le fait que toute personne qui se porte à la défense des droits humains doit respecter deux éléments importants. Le premier consiste à accepter que tous les droits humains soient universels. Donc, même si un groupe lutte pour la promotion d’un seul droit fondamental, il ne peut pas nuire aux autres droits. Le deuxième principe est le fait de travailler pacifiquement et d’éviter, le plus possible la discrimination. Ce qui justifie l’importance de la non-violence.

À la défense de tous les droits humains

Les défenseur·e·s des droits humains reconnaissent tous les droits fondamentaux ainsi que l’importance de ces derniers. Faire une distinction entre eux n’a donc aucun fondement. Les droits humains ont trois caractéristiques importantes. Ils ne peuvent être divisés, car il y a une interdépendance entre eux en raison de leur universalité. Par ce fait même, chacun d’entre nous possède les mêmes droits fondamentaux que nos voisins. Même si certains essaient de nous les enlever, il y aura toujours un·e militant·e quelque part pour défendre ces droits. Par exemple, le droit à la vie, à un logement convenable ou la non-discrimination s’équivaut tous dans le régis des droits fondamentaux. Car souvent, l’un des droits à un impact sur l’autre. La discrimination d’une personne peut faire en sorte qu’elle ne trouve pas d’emplois. Donc, cette dernière ne peut avoir, de façon générale, une vie décente (logement, nourriture, loisirs, etc.)

Les motivations des défenseur·e·s des droits humains ?

Les injustices ! Tout simplement. Pour les militant·e·s des droits humains, cette lutte à l’injustice a quelque chose de personnel. Ils ou elles connaissent quelqu’un qui a subi des préjudices. Les défenseur·e·s peuvent aussi vivre des injustices et s’exprimer contre celles-ci. Les actions qu’ils ou elles portent se situent à différents niveaux selon le contexte. Une personne à mobilité réduite peut se battre pour l’accès universel dans son secteur résidentiel. Mais cet accès aura un impact pour tout le monde, comme les femmes ayant de jeunes enfants ou une personne âgée. On peut agir aussi plus de façon plus globale, comme de faire en sorte que les immigrant·e·s puissent vraiment trouver du travail et que ce ne soit pas une fausse promesse électorale. Bref, les motivations personnelles sont variées, mais l’objectif est clair : faire en sorte qu’il y ait un changement positif dans les différentes communautés.

Les défenseur·e·s des droits humains ont parfois la vie dure

Selon le contexte, ces gens prennent de grands risques. Car de l’opposition aux combats à mener, il y en a toujours. Mais cela peut nuire à la réputation des gens lorsqu’il y a du trollage sur le web, de la stigmatisation ou bien des représailles. À titre informatif, un troll sur le net n’a rien à voir avec les films fantastiques. Il s’agit de gens qui créent des messages sur les médias sociaux pour susciter de la peur ou stigmatiser des gens. Ce sont souvent eux qui créent les fausses nouvelles qui circulent sur internet. Ce qui est désagréable pour ceux qui subissent ces injustices. Parfois, cela va plus loin. Depuis 1998, 3500 personnes ont été tuées en raison de leur combat contre les injustices. Préalablement, ces gens ont eu des menaces afin de faire les faire taire. Par chance, ce n’est pas le cas de tous les combats !

En bref

Il s’agit ici d’un survol de ce que peuvent faire ou subir les défenseur·e· des droits humains. Comme vous l’avez remarqué, j’ai utilisé volontairement l’anglicisme « droits humains ». Comme je vous l’ai mentionné plus tôt, pour moi, cela fait plus de sens que droit des Hommes. Car, à la base, nous sommes des êtres humains. Cette expression est aussi beaucoup plus appropriée et égalitaire que sa version française. Ce qui revient aux principes sus mentionnés : universel et non discriminatoire. Du moins, d’un point de vue linguistique.

Vous connais