* Les mythes en santé Avertissement*

 Vous pouvez lire La notion de santé selon la culture, document d’accompagnement de la conférence d’avril qui a pour thème la santé.

Ce texte en est extrait.

Il y a plusieurs mythes concernant la santé. Que ce soit individuelle ou sociale. Cela touche les politiques, les systèmes de santé, la prévention, les soins, les maladies infantiles et maternelles, les populations que la recherche. En fait, les mythes sont partout. Le livre Des idées reçues en santé mondiale, sous la direction de Valéry Ridde et Fatoumata Ouattara, aborde justement ces mythes sur la santé mondiale. J’y en ai ressorti quelques-un, question de vous permettre de comprendre l’aspect culturel de la santé.

Des idées reçcues en santé mondiale

Capture d’écran du livre (c) Myrianne Lemay 2018

Les mythes en santé no 1 : Les médecines traditionnelles ne valent rien

Oui, les médecines locales sont souvent mal perçues par la médecine occidentale. Les Occidentaux·les pensent qu’en instaurant leurs structures médicales aux endroits où la médecine traditionnelle est plus tôt encouragée seront bénéfiques aux communautés qui les utilisent. Pourquoi ces préjugés ? Parce qu’elles utilisent peu la modernité que la médecine occidentale préconise. Pourtant, selon Nicolas Vornax, l’auteur du chapitre, l’occidentalisation des soins aura un impact sur la relation praticien·ne/patient·e, car pour certain·e·s, la médecine occidentale est perçue comme plus efficace par rapport à la médecine locale. En gros, les praticien·ne·s occidentaux·les sont ceux·celles qui sont dans le droit chemin tandis que les professionnl·le·s plus traditionnel·le·s sont perçus comme des arnaqueur·euse·s.

(c) Pixabay Pixel

Pourtant, ce n’est pas forcément le cas. En Asie, par exemple, la médecine traditionnelle est complémentaire aux services biomédicaux. En effet, la présence d’une médecine plus locale est importante dans les pays moins à l’aise financièrement. Et elles savent tirer leur épingle du jeu. Même en Occident, les médecines alternatives ont aussi la côte auprès d’une population qui peut se le payer. Une étude canadienne sur le sujet, datant de 2006, a révélé que sur 2000 répondant·e·s, 70% avaient eu recours à une médecine alternative au cours de leur vie. La moitié d’entre eux·elles l’avaient fait dans l’année précédente à celle de l’étude.

Il semble aussi que les différentes médecines dites locales, complémentaires ou alternatives sont là pour rester malgré la pression du biomédical. La raison est simple. Ces médecines sont plus accessibles en raison des horaires disponibles, de la situation géographique ou pour des raisons financières. Évidemment, c’est selon le contexte culturel. Par contre, elle ne remplace pas complètement la médecine occidentale. Une opération à cœur ouvert restera toujours dans le domaine de la médecine conventionnelle. Par contre, lors d’une blessure musculaire ou osseuse, il est possible de trouver son compte. L’OMS reste ouverte aux différentes médecines alternatives, car elle suggère même une étroite collaboration entre les deux types de médecine. Ce qui n’est pas fou comme idée.

Les mythes en santé no 2 : Les Africain·ne·s ne sont pas assidu·e·s à la prise des médicaments

On le sait, une des maladies les plus répandues dans le monde est le VIH/Sida. En Afrique, actuellement, 26.3 millions de personnes en sont atteintes.  L’apparition des antirétroviraux en 1996 a permis des changements dans les traitements concernant cette maladie. Au point qu’aujourd’hui, il s’agit d’une normalité à l’échelle mondiale. À long terme, une possible guérison de la maladie. Par contre, ce traitement demande une surveillance élevée afin d’y parvenir. Ce qui fait qu’il y a eu de nombreux débats sur le sujet notamment avec l’organisme USAID et la Banque mondiale qui n’étaient pas favorables à ces traitements auprès des populations sans défense. Le point névralgique de ces discussions est que le soutien financier pour assurer l’accès aux traitements est un pur gaspillage ! Les organismes en santé locaux sont prétendument incapables d’administrer le traitement par manque de personnel ou par des infrastructures inefficaces. Le facteur culturel est aussi invoqué, notamment en raison de la gestion du temps. En fait, plusieurs études ont démenti ces préjugés et ont démontré qu’au contraire, les pays africains sont égaux ou même supérieurs aux pays occidentaux. En fait, les contraintes ne sont pas dues aux patient·e·s, mais plutôt aux manques de ressources financières ou de médicaments et aux conditions sociales (guerre) ou naturelles (inondations) des pays africains.

Les mythes en santé no 3 : Les accouchements à domicile sont le résultat de l’ignorance des femmes

En Afrique Subsaharienne, le taux de mortalité lié à la grossesse ou à l’accouchement est important. Pourtant, tout est en place pour les femmes puissent bénéficier d’un·e profesionnel·le de la santé. Par contre, les mères en devenir, autant celles en ville que celles à la campagne, n’y vont pas. Les préjugés qui courent à ce sujet parlent de l’aspect culturel ou éducationnel de la situation. Selon les Occidentaux, les mères préfèrent accoucher à la maison parce qu’elles ne connaissent pas le bonheur que procure un accouchement à l’hôpital… Bien que cela réduise les taux de mortalité maternelle, le fait d’accoucher à l’hôpital ne l’efface pas totalement. Cela a un impact sur la manière dont les soignant·e·s traitent leurs patientes. On constate d’ailleurs des reproches ou un ton infantilisant à leur égard.

Dans bien des cas, il existe une culturalisation des faits sociaux, dans ce cas-ci, le fait d’accoucher à la maison. En résumé, le personnel soignant voit le phénomène avec des préjugés et passe sous silence la réalité du terrain. Donc, la situation qui semble figée dans le passé, comme si les femmes ne voulaient pas de la modernité. Ou laisse croire que pour bien des femmes, la grossesse et l’accouchement sont un cycle de vie qui ne nécessite pas de suivi particulier et typiquement féminin. Les choses changent, car les femmes enceintes sont conscientes qu’elles doivent aller à un établissement de santé pour l’accouchement. Mais il existe des contraintes économiques, matérielles ou autres. En gros, les intervenant·e·s font une mauvaise lecture de la réalité sociale de leur pays.

Les mythes en santé no 4 : Favoriser les actions auprès des moins nantis réduit l’iniquité sociale

Selon Éric Breton, de l’École des hautes études en santé publique (EHESP), en occident, un discours est ancré dans les discours politiques et sociaux. Celui de favoriser les actions auprès d’une clientèle plus vulnérable que les autres. Pour Breton, les actions doivent être ciblée toute la population et non qu’une partie. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de frontières dans le domaine de la santé. Tout le monde est vulnérable à un moment ou l’autre. Donc, en ciblant une partie de la population, on discrimine les autres. Entre autres dans la répartition des ressources. Il va sans dire qu’il est injuste que quelqu’un ait plus ou moins accès aux mêmes ressources à cause de l’argent. En d’autres mots, il existe une hiérarchisation d’accès à la ressource en raison du fait qu’il y ait une catégorisation de gens selon le secteur d’emplois.

(c) Pixabay ptrabattoni

En effet, Breton mentionne quatre points qu’il juge critiques en matière d’intervention dans le domaine de la santé. Premièrement, en ciblant les plus vulnérables, on cerne que les symptômes. On ne voit donc pas entièrement la problématique, parce que les causes sont absentes. Deuxièmement, on risque de chambouler l’ordre social parce qu’on ne cible qu’une partie des plus faibles et non à sa totalité de la communauté. Troisièmement, les organismes aidant cette clientèle sont sujets aux flux économiques et politiques de leur société. En terminant, les programmes stigmatisent les gens en les catégorisant.

Pour ces raisons, l’ensemble de la population doit être ciblé dans les interventions liées à la santé.  Car en créant des programmes que pour une clientèle donnée, on ne règle pas le problème, on le déplace. Breton suggère les mesures universelles proportionnées. Ce qui a un impact sur l’ensemble de la population, mais selon un pourcentage précis selon le cas.

Les mythes en santé no 5: Si les traitements ne sont pas bien suivis par certain·e·s patient·e·s, c’est à cause de leur culture

 

En fait, pendant longtemps, la culture n’était pas prise en compte dans le domaine médical. Les choses sont tranquillement en train de changer, mais il y a encore du chemin à faire.  La culture est de moins en moins homogène en raison des rencontres culturelles de plus en plus fréquentes. Donc, nous sommes toujours en mouvance et en train de s’adapter. Dans le milieu hospitalier comme dans le reste de la société, c’est une réalité qui est en train de se structurer, non sans difficultés.

 

Lorsque l’on perçoit que l’autre est différent, on croit qu’il ne vient pas de notre culture. Une distance se crée entre l’intervenant·e et le·la patient·e. Ainsi, la proposition d’un traitement peut être écartée parce que le spécialiste le croit inconciliable avec la culture du·de la patient·e. Ce qui peut nuire à la relation entre les deux parties, c’est lorsque les patient·e·s s’éloignent du comportement habituel auquel l’intervenant·e s’attend. Le mieux, lorsque l’on travaille auprès de communautés culturelles minoritaires, s’est de s’adapter à elles. Que ce soit au niveau du langage ou de l’attitude positive. Cela aura des conséquences importantes sur le comportement des patient·e·s et de leur entourage, car ils se sentiront pris en considération. Il a été recommandé de réfléchir à ce que le philosophe Paul Ricœur préconise, soit de reconnaître le fait que l’on ne connaît pas quelque chose. L’auteure fait le lien avec ce qu’elle appelle l’humilité culturelle. Évidemment, les compétences interculturelles sont nombreuses. Et cela peut qu’être bénéfique à la relation intervenant·e/patient·e.

Les mythes en santé no 6 : L’Occident teste ses médicaments dangereux en Afrique

La recherche médicale en Afrique est contestée, car dans la tête de bien des gens, les entreprises pharmaceutiques profiteraient des plus vulnérables. Pourtant, ce n’est pas le cas. Comme ailleurs dans le monde, il y a bien des essais cliniques et elles sont très variées. Ces essais sont divisés en quatre phases bien différentes et qui impliquent des divers risques pour les participant·e·s. Les phases 2 et 3 sont en Afrique et autres pays émergents depuis plus ou moins trente ans. Cela se fait souvent dans le cadre de partenariat privé/public. Ce type de partenariat permet aux pays émergents de profiter de médicaments à bas prix. De plus, ceux testés dans ces pays ont déjà été autorisés à la vente ailleurs dans le monde. Ce qui représente très peu de risques pour les participant·e·s. Au contraire, cela permet une accessibilité médicale efficace à peu de frais.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de recherches controversées. Car il en existe. Ce qui diffère du premier cas, c’est que les organisations comme l’Organisation mondiale de la santé et Unicef sont d’importants partenaires dans le domaine de la santé. Par contre, les pays ne sont souvent pas en mesure de négocier quoi que ce soit au sujet des recherches médicales. Ces dernières sont en quelque sorte imposées aux pays participants. Mais d’autres organismes, comme Médecins sans frontières, militent vigoureusement pour le droit à l’accès aux médicaments pour les plus pauvres. C’est ce qui peut faire penser que l’Afrique est une victime. Mais ce n’est pas le cas. En fait, des études anthropologiques démontrent que les médecins africains tirent avantage de la situation pour stimuler les développements en santé.

En fait, les recherches médicales permettent de pallier les erreurs présentes dans le système de santé, comme l’accessibilité des traitements et aux soins de qualité, de payer les employé·e·s et ainsi éviter la fuite des cerveaux africains dans les pays occidentaux. Mais cela fait en sorte que les frontières peuvent être de vraies passoires entre la recherche et les soins, ce qui peut soulever des questions en ce qui a trait aux limites des recherches en Afrique.

En conclusion

Bien sûr, il y a une multitude de mythes et de fausses idées qui règnent au sujet de la santé. Ici, ce n’était qu’un survol. À la lecture du livre susmentionné, il est possible de mieux comprendre les conséquences économiques, culturelles et sociales liées à la santé. Vous pouvez trouver le livre en libre accès sur le site Équité santé

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Lorsque l’on travaille dans certains domaines, on peut croire que l’on ne peut pas être à notre compte. Erreur ! Ayant tous un parcours unique, nous pouvons donc facilement créer notre propre emploi, du moment que l’on est fait pour le travail autonome. Évidemment, certains domaines ont plus de concurrences que d’autres. Par exemple, selon le Répertoire des travailleurs autonomes (REPTAQ), un seul agriculteur en est membre alors que 73 personnes travaillent dans le domaine de la construction et qu’il y a 251 informaticiens. Ce qui me laisse croire qu’en tant que pigiste, il faut savoir se démarquer des autres. Alors comment peut-on y arriver sans trop perdre de plumes ?

Misez sur vos qualités et soyez authentique

Il s’agit probablement du meilleur conseil que l’on peut vous donner ! En effet, personne d’autre que vous ne peut être dans vos souliers. Vous êtes rédacteur et avez un talent fou pour les calembours de toutes sortes, même les plus subtils, mettez ce talent à profit. Cela peut accrocher un lecteur et rendre l’information plus accessible. Vous êtes graphiste et avez une signature particulière, insérez la dans vos œuvres ! Elles seront personnalisées et se distingueront des autres œuvres. Le plus important, ne vous dénaturez pas. Ne soyez pas spontané si vous êtes hyper timide et l’inverse est aussi vrai. Être naturel et mettre à profit ses qualités et ses talents feront en sorte que vous vous démarquerez des autres. On a tous une personnalité qui plaît à certains, mais qui tombe sur les nerfs des autres. Aussi bien faire en sorte d’être soi-même et plaire à une minorité que de se forcer à être quelqu’un que l’on n’est pas et finir par frapper un mur et ne pas s’en sortir. Alors, même si vous écrivez des textes ou faites de l’art graphique/visuel, dotez-vous d’une ligne directrice et gardez-la précieusement près de vous. Vous êtes l’auteur de votre travail et cela doit se sentir, même si vous n’êtes pas directement en contact avec vos clients. Eux le sentent.

Maîtrisez un sujet en particulier

Si vous êtes dans un milieu qui a beaucoup de concurrence, maîtrisez un sujet qui vous démarquera des autres. Vous êtes ornithologue et êtes spécialisé au sujet des oiseaux venant d’Asie, cela peut-être un plus si vous voulez donner des conférences Aux Grands Explorateurs ou au Biodôme par exemple. Ce qui est important, lorsque l’on veut se démarquer, c’est d’avoir confiance en soi et de savoir s’imposer de manière à se voir faire sans être désagréable. Et cela ne veut pas dire qu’il faut accepter tous les mandats que l’on vous offre. Il faut savoir doser ses énergies et se placer stratégiquement pour avoir une crédibilité et tout en étant présent un peu partout. Le but étant d’être la personne de référence sur un sujet précis et de le faire mieux que les autres.

Le réseautage

Vous voulez travailler avec une clientèle précise ? Contactez-les directement en mentionnant ce que vous cherchez à faire avec eux. Si vous débutez comme pigiste, il y a de fortes chances que vos futurs clients ne vous connaissent pas encore, alors aussi bien aller à leur rencontre et leur dire qui vous êtes. Il y a toutes sortes d’endroits et de façon de se faire connaître, c’est à vous de voir ce qu’il y a de mieux pour favoriser ses rencontres et de les maximiser. Du moment que vous évitez les endroits où vos possibles compétiteurs se trouvent afin de maximiser vos chances. Évidemment, une fois que la première rencontre est faite, il est important de garder contact avec ces personnes. Une personne vous a confié que sa mère était malade ou que son fils aîné avait un match de foot important, écrivez-lui afin de lui demander des nouvelles. C’est un geste simple, mais qui peut faire la différence !

Vous n’avez pas de clientèle précise ? Définissez-la avant de commencer vos démarches. Il vous sera plus facile après d’établir des contacts. Il va de même avec vos mandat et objectif de carrière. Si ces trois points sont trop flous, les gens n’auront pas d’intérêt pour ce que vous leur offrez, même si vous avez les meilleures intentions du monde. D’ailleurs, il est conseillé d’avoir peu de services à offrir aux clients afin de ne pas trop s’essouffler dans tous les projets qui nous est possibles de faire. Encore une fois, cela pour éviter de heurter un mur.

Formation continue

Être pigiste, c’est en formation continue. Bien qu’il faut être spécialisé dans le domaine dans lequel nous œuvrons, il faut savoir être capable de toucher à tout. Cela inclut comptabilité, site internet, médias sociaux, dans notre propre domaine, etc. C’est ce qui fait que l’on se démarque et que l’on peut innover.

Collaborer et s’entourer

Vous cherchez un endroit où vous impliquer ? Faites votre propre recherche. Il y a sûrement un blogue, un commerce qui, en échange de service, pourrait vous aider à vous faire connaître. Cela vous permettra non seulement d’apprendre, mais aussi d’élargir votre réseau professionnel. Ce réseau, qui peut être composé de pigistes de différents horizons, vous permettra de ne pas vous sentir isolés dans votre travail, mais aussi vous guider dans vos démarches. Du moment que vous ayez un groupe que vous pouvez consulter et dans lequel vous vous sentez à l’aise de discuter de tout et de rien.

Se vendre

Hé oui ! En tant que travailleur autonome, on n’a pas trop le choix. Même si ce n’est pas quelque chose que tout le monde est à l’aise. Comme mentionné plus haut, il faut être en mesure de se décrire le plus rapidement possible. Question de garder l’intérêt de notre interlocuteur. En quelques mots, il faut être capable de décrire notre entreprise, notre philosophie et les services que l’on offre. Au début, cela n’est pas trop évident, alors pratiquez-vous avec vos amis et votre famille afin d’être à l’aise lorsque vous entrez en contact avec des clients. De plus, lorsque l’on débute comme pigiste, on a peut-être tendance à se dévaloriser, car on a peu d’expérience. Selon L’entremetteuse, il faut aussi être capable de négocier notre prix. Demander un prix juste est un gage de confiance et de qualité. Il ne faut donc pas aller trop bas ni trop haut.

Et quoi d’autre ?

Le métier de pigiste étant particulier, il faut savoir un tas de choses avant de se lancer. Il s’agit d’un travail insécurisant, car il y a des hauts et des bas. Il faut donc savoir gérer cette insécurité, mais savoir aussi s’organiser en cas de pépins. Ce ne sera pas le temps d’appeler votre mère parce que vous êtes en brouille avec un client qui ne vous a pas payé. Et non ! Vous devrez savoir comment faire par vous-même pour remédier à la situation. Si vous ne vous sentez pas capable, passez Go et réclamez 200$, ce travail n’est pas pour vous. De plus, le statut fiscal de pigiste est à voir, car selon la relation que vous avez avec un client peut changer la donne.

Il est donc important de savoir dans quoi on s’embarque avant de faire quoi que ce soit. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à un quelqu’un d’expérience comme un mentor (beaucoup plus pratique que votre mère) afin d’éviter la noyade. D’où l’importance de savoir s’entourer et de ne pas s’isoler.

Bonne route dans votre vie de pigiste.

[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3.

Du Nord au Sud, des femmes luttent encore pour faire face à l’injustice, l’exclusion et l’oppression. Ces dernières mènent une lutte permanente pour faire reconnaître leurs droits, obtenir la place qui leur revient dans la société ou « simplement » contribuer au bien-être de leurs congénères. Certes, « elles ont obtenu des gains, mais il reste beaucoup à faire ». C’est l’idée dans laquelle s’est inscrit le forum et le colloque Femmes et féminismes en dialogue. Cette rencontre a été menée en s’appuyant sur deux cadres théoriques : la médiation interculturelle et l’intersectionnalité. C’est dans une ambiance conviviale que les participantes ont présenté et échangé leurs idées et expériences grâce à un processus de recherche action-médiation qui avait été mis en place dans leurs pays respectifs.

Chacun de ces pays a des enjeux qui lui sont propres. Il est certain que la réalité des femmes est différente selon l’endroit d’où elles viennent. On note des éléments de différenciation entre ces femmes qui ont une influence sur leur perception de ce que sont les enjeux.  En effet, en référence à ce que l’on a entendu durant ces quatre jours, il apparaît que des faits tels que l’âge, le statut social, l’éducation, la religion, l’ethnie, la couleur de peau, l’accès aux ressources, le handicap, la colonisation, etc., ont un impact important sur les problématiques vécues par les femmes. Et de toute évidence, ces éléments ont aussi un impact sur leur perception des stratégies à adopter afin d’adresser les problèmes. La définition que l’on donne du féminisme peut varier en fonction de ces éléments de différenciation et, dans certains cas, le féminisme peut devenir un terme controversé tout en permettant l’inclusion ou l’exclusion d’autres femmes.

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Mini synthèse de ce que l’équipe a retenu de cet événement! Crédit: une membre de l’équipe!

Malgré tout, il est possible de trouver des similitudes dans les revendications communes à l’ensemble de ces femmes. On pense à l’accès à l’éducation, à la lutte contre la violence qui leur est faite, au besoin de solidarité entre elles ou à la nécessaire participation des femmes à différents niveaux de la société. Lors du forum, à travers différents ateliers (de conte, d’écriture et de théâtre), ces femmes ont pu s’exprimer et échanger au sujet de leurs préoccupations. Par ce dialogue autour de la question des femmes et les luttes qu’elles ont menées, il s’est avéré possible de favoriser une compréhension commune, de se rapprocher, de « sortir de la zone du féminisme et trouver une place normale dans tout ce qui se passe dans le monde », selon les dires d’une femme présente lors du colloque. La convivialité, qui a teinté les divers échanges, a permis de construire des ponts et de créer des zones de rapprochement. Au point où, vers la fin, ces femmes se sont vues comme étant militantes, alliées, motivées, fortes, humaines, bâtisseuses, courageuses, chercheuses de solutions, sensibles, ouvertes, etc. Elles ont trouvé un consensus et avancé le souhait que, quelles que soient leurs revendications, il serait important de développer un « bled » (probablement virtuel), où il serait possible de travailler pour une construction collective et la capitalisation des acquis. Aussi, ce qui semble important n’est plus d’arriver à une définition commune du féminisme, mais d’être à même de communiquer sur nos différences, de les accepter et de favoriser leur compréhension et la prise en considération des perceptions qu’elles génèrent.

Dans ce contexte, il est bon de se rappeler l’Article 3 de la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination sur la discrimination à l’égard des femmes disant que « toutes mesures appropriées doivent être prises pour éduquer l’opinion publique et inspirer dans tous les pays le désir d’abolir les préjugés et de supprimer toutes les pratiques, coutumières, et autres, qui sont fondées sur l’idée de l’infériorité de la femme. »

Comme certains le savent, je suis étudiante à la maîtrise en médiation interculturelle à l’université de Sherbrooke. Dans la dernière session, nous devrons faire un stage et rédiger un essai à propos de la matière que l’on a vu en 1 an et demi. J’ai envie de vous partager mon idée afin d’avoir vos commentaires. Peut-être que cela pourra m’aider à produire quelque chose de mieux. Je ne mentionnerais pas le milieu dans lequel je ferais mon stage, car, au moment d’écrire ces lignes, rien n’est encore signé.

La problématique du stage

Ma problématique part du fait que depuis quelques années, on entend parler en mal des musulmans. Les médias semblent associer l’islam à certains actes violents qui sont perpétrés actuellement. Ces fusions idéologiques ont un impact sur la cohésion sociale au sein de la population québécoise, entre musulmans et « de souche ». Selon certaines études, les adolescents sont les plus vulnérables dans cette situation. Non seulement l’adolescence est une période difficile à vivre, mais certains se font davantage étiqueter que d’autres de sobriquets en raison de cet amalgame. C’est à cette période que l’adulte se forme. Par contre, on constate un manque de soutien provenant des différents milieux où se trouvent ces jeunes. Ce qui ressort des études sur le sujet, c’est le manque d’espace de discussions pour que ces jeunes puissent s’exprimer et se développer. De quoi parler dans ces espaces ? De tout ce qui peut les intéresser : religion, politique, histoire, etc. L’avantage de ces échanges est de favoriser le développement de compétences qui sont utiles tout au long d’une vie : l’esprit critique, l’ouverture, la confiance, la communication, le respect, l’apprentissage linguistique, etc. La relation avec les parents peut influencer aussi ce que l’adolescent comprend de sa nouvelle réalité. Aussi, le manque de formation des intervenants est mentionné dans les études. L’impact des différents éléments peut faire en sorte qu’un individu reste sur la bonne voie ou non.

Cette réflexion m’amène à me poser la question suivante : comment promouvoir l’autonomisation des jeunes musulmanes au sein de la société québécoise et ainsi favoriser la cohésion sociale entre musulmans et québécois ?

Mes objectifs

L’objectif principal est de créer une banque de ressources permettant à l’autonomisation de jeunes adolescentes musulmanes. Il s’agira d’un document ayant des activités et des outils qui favoriseront le dialogue et l’apprentissage de compétences comme l’esprit critique, la langue arabe et la connaissance de soi et d’autrui.

L’objectif secondaire est de permettre à l’organisme d’être autonome dans l’animation des activités. J’espère que ce document soit un outil de travail pour vous et qui vous sera utile pour attirer une visibilité qui sera positif ainsi d’être une plus-value en matière d’intervention.

En gros, ce que je compte apporter par la réalisation d’une banque de ressources, c’est de permettre aux jeunes musulmanes d’en apprendre sur elles, mais aussi de s’assurer qu’elles soient outillées pour analyser certaines situations. D’où l’apprentissage de compétences qui seront traversables dans quatre aspects qui ont été relevés dans plusieurs études. Il y a l’aspect identitaire, le fait d’en apprendre sur la société québécoise, la relation qu’elles ont avec leurs parents et tout ce qui touche la religion musulmane et la langue arabe.

Mon positionnement

Bref, c’est mon idée de départ, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je tiens à préciser qu’en tant que médiatrice, la neutralité reste importante. Je ne suis pas là pour créer un document de propagande afin d’endoctriner qui que ce soit. Au contraire, le but est de faire en sorte de prévenir que cela arrive. Étant convertie, je comprends un peu le fait de se remettre en question lorsque quelqu’un nous attaque par rapport à notre foi et ne pas être en mesure de se défendre parce qu’on ne connaît pas assez bien le sujet et qu’on ne maîtrise pas la langue arabe. Je sais aussi que bien des parents immigrants ne connaissent pas très bien la société québécoise n’ont pas forcément l’opportunité de bien l’expliquer à leurs enfants. Je crois que le fait que je sois musulmane et Québécoise est une richesse qui permettra au projet d’avoir des répercussions positives sur les adolescentes.

Qu’en pensez-vous? J’attends de vos nouvelles.

La semaine dernière avait lieu l’événement Femmes et Féminismes en dialogue. Je vous en ai parlé en long et en large avant l’événement, mais maintenant que les 4 jours sont terminés, voici un léger survol. Oui, car comme tous les événements du genre, il y a énormément d’informations à retenir. Mais voici celles que moi, j’ai retenues.

Tout d’abord, des femmes de partout dans le monde y étaient présentes. Oui, le Québec était représenté, mais aussi des femmes de l’Amérique latine et de l’Afrique (du nord et subsaharienne) étaient là. En tout, une douzaine de pays y étaient. Plusieurs sujets ont été abordés : les femmes autochtones, l’avortement, l’histoire, la politique, la médiation interculturelle, l’intersectionnalité, la religion, l’identité, les enjeux, les tensions, d’handicap, les droits… Bref, vous voyez le genre.

Ce que je retiens de ces journées, c’est que le combat est toujours nécessaire, mais que le mot féminisme et ce qui l’entoure font peur. Il y a un côté péjoratif au mouvement des femmes. Plusieurs femmes ont de la difficulté à s’identifier à ce mouvement principalement pour cette raison. Mais plusieurs sont d’accord avec le fait qu’il faut être solidaire entre femmes, mais pour certaines d’entre elles, il y a une hiérarchie dans le mouvement. D’où l’intersectionnalité. Mais je vous ai déjà parlé de ça dans un autre article. Par contre, une conférencière à mentionner le fait que les hommes doivent aussi s’impliquer dans le mouvement, qu’il faut qu’ils soient solidaires avec les femmes. Ce n’est pas faux, mais comme mentionné par une autre conférencière, pour les hommes, le mouvement des femmes appartient aux femmes. Pour plusieurs, la femme a sa place bien définie et si elle tente d’y déroger, ils vont tenter de la discréditer en allant chercher les bibittes dans son passé.

L’éducation est aussi un enjeu important. Non seulement pour les femmes, mais celles des générations futures, filles et garçons. On parle d’éducation de base, comme le fait d’être capable de lire et d’écrire, mais aussi d’éducation sociale, juridique, politique. Les femmes sont des courroies de transmission dans toutes les sociétés. C’est elles qui, non seulement, éduquent les générations qui nous suivent, mais qui transmettent les informations aux autres femmes. Elles constituent un réseau important. Pour l’éducation des enfants, il a été mentionné de faire attention pour ne pas à inculquer les stéréotypes spécifiques aux sexes. En d’autres mots, ne pas faire sorte que les filles jouent seulement qu’avec des poupées ou que les garçons ne fassent aucune tâche domestique. L’éducation matrilinéaire est importante. En gros, les femmes se transmettre des savoirs de génération en génération. On pense à l’autonomie, les femmes n’ont pas besoin des hommes pour arriver à leurs fins.

Ce qui ressort beaucoup c’est l’aspect de la domination. Tout à bord,  masculine, mais aussi le féminisme blanc et hétérosexuel. En effet, c’est tellement dominant qu’aucune intervenante n’a parlé de la lesbophobie. Pire encore, très peu de conférencières ont parlé des marginalisées comme les transgenres ou les itinérantes. Une seule panelliste a parlé des femmes en précarité, mais en France. Du moins, parmi celles auxquelles j’ai assisté… On ne peut être partout… Le phénomène des converties était prévu à l’horaire, mais malheureusement, la conférencière n’est pas venue. J’aurais aimé y assister, car c’est un sujet très peu abordé.

Bref, le sujet du féminisme, bien qu’il soit nécessaire et qu’il fasse peur, doit se poursuivre. Il y a énormément d’inégalités entre les différents pays et la solidarité entre femmes est importante pour les combattre. Le travail doit continuer et les initiatives ne manquent pas. Mais le progrès se fera graduellement. On est déjà parti de loin, on ne peut qu’avancer!