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Définition de concept : la médiation interculturelle

L’an dernier, je vous avais fait une conférence sur la médiation interculturelle. Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, je vous rafraîchie la mémoire. Aujourd’hui, je me concentre principalement sur la définition de différents concepts liés à la médiation interculturelle.

Sinon, pour en connaître plus, vous pouvez voir la vidéo et le document ici. Il s’agit de la conférence de février 2018.

Définition de la médiation

À ne pas confondre avec médiation! Quoiqu’il peut avoir des similitudes entre les deux. Avoir une définition précise de la médiation relève d’une mission impossible. Plusieurs définitions existent et il est possible d’en ressortir des points communs. Tout d’abord, la médiation se veut une action impartiale et volontaire dont le but est la résolution de conflits par la communication et la réflexion des parties prenantes. Malgré le fait qu’à la base, la non-violence est primordiale, la médiation peut être lourde en émotions.

Les dictionnaires en disent quoi?

Selon le Larousse Maxipoche 2018, l’origine du mot est latine (mediatio, de mediare) et signifie s’interposer. Deux définitions sont possibles, soit une « entreprise destinée à mener un accord », comme l’arbitrage, ou bien, au sens de la loi, il s’agit d’une « procédure qui propose une solution de conciliation aux parties en litige », comme un arrangement. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 y va aussi de sa définition. Dans son cas, il s’agit d’une « entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des parties. » Il s’agit aussi du fait de servir d’intermédiaire. Philosophiquement parlant, le Petit Robert mentionne un processus créateur par lequel on passe d’un terme initial à un aspect final.

Il s’agit d’un moyen d’intervention, donc les intervenants, appelés médiateurs, sont présents pour aider et soutenir les gens qui ont décidé de cheminer dans ce processus. Ils peuvent porter plusieurs chapeaux selon la situation :  abrite, conciliateur, intermédiaire, négociateur et même plus.

Les types de médiation

Il existe plusieurs types de médiation, chacune ayant sa spécificité. Selon les différents organismes qui travaillent dans le domaine, on peut trouver les différents types de médiations suivants :

  • Communautaire ;
  • Civile et commerciale ;
  • Familiale ;
  • Interculturelle ;
  • Internationale ;
  • Pénale ;
  • Sociale ;
  • Transfrontalière.

Définition de la culture

La définition de culture est très large. Edward Tylor, anthropologue britannique, disait, en 1871, qu’il s’agit d’un « ensemble complexe incluant les savoirs, les croyances, l’art, les mœurs, le droit, les coutumes, ainsi que toute disposition ou usage acquis par l’homme vivant en société. » Dans les années 50, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn, anthropologues américains, ont tenté de définir la culture. Résultat : ils ont trouvé 164 possibilités. Le site CultureNego définit globalement la culture comme étant « l’ensemble des réponses apportées par un groupe aux questions posées par son contexte. » Pour le Larousse Maxipoche 2018, la culture est n ensemble de coutumes ou de manifestations de toute sorte qui caractérise un groupe d’individu. On parle de l’intellect, de religion ou des arts. Anthropologiquement parlant, la culture est donc acquise, évolutive et dépendante d’un contexte précis. La culture est donc apprise contrairement à l’état de la nature, qui elle, est innée.

Il ne faut pas oublier que nous sommes tous des porteurs de cultures. Il y a une culture dominante et des sous-cultures. Par exemple, au Québec, on a la culture dominante du francophone blanc hétérosexuel en santé ayant un déni de la religion. Dès que l’on sort de ce cadre, on fait partie des sous-cultures, que l’on pense aux autochtones, aux LGBTQ, aux malades, aux croyants, aux immigrants, aux allophones, etc. Donc, la culture réfère à la civilisation locale comme internationale.

Définition de l’interculturel

Toujours selon le Larousse Maxipoche 2018, l’interculturel est ce qui est défini par le contact entre diverses cultures. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 parle, quant à lui, de ce qui « concerne les rapports, les échanges entre cultures, entre civilisations différentes. » Si l’on divise le mot en deux on obtient les mots « inter- » et « culturel ». Toujours selon le même dictionnaire, « Inter- » dérivée du latin signifiant « entre » et qui exprime l’espacement, la répétition ou une relation qui se veut réciproque. Le « culturel » est relatif, non seulement à la culture, mais aussi à la civilisation dans ses aspects intellectuels.  Il est aussi question de comportements, autant celui qui est inné que celui qui est acquis. On parle donc de rencontres ou d’interactions, positives ou non, entre porteurs de cultures différentes. Cela favorise donc d’une prise de conscience sur les différences et les similitudes possibles entre les différentes cultures. Comme dans chaque culture, il y a aussi des sous-cultures qui sont aussi à considérer. Donc, l’interculturel apporte son lot de complexités plus ou moins gérables sont les situations.

Selon le site Irénées ce terme peut être décrit comme un « processus dynamique d’interaction entre individus et groupes porteurs de représentations et de valeurs différentes [ce qui] implique d’emblée une vision non figée de la culture, de la société, des identités individuelles et collectives ».

Et la médiation interculturelle dans tout ça ?

Avec les définitions de la médiation et de l’interculturel que l’on vient d’établir, on peut donc conclure que la médiation interculturelle est donc de favoriser les contacts et les échanges entre deux cultures différentes. Selon les situations, les médiateurs interculturels peuvent agit à titre de prévention, de sensibilisation, de résolution de conflits, de promotion, de formation et de défense des droits. Mais la médiation interculturelle a sa propre caractéristique : elle considère la culture comme étant un système en soi, avec ses propres règles et habitudes. Un porteur de culture a une origine, une classe sociale, un âge, un genre, une langue, etc. En fait, il porte en lui une intersectionnalité culturelle qui lui est propre.

La médiation interculturelle se doit d’être une ressource volontaire. On ne peut pas forcer quelqu’un à y participer s’il n’en a pas envie. La rencontre de l’autre se veut un processus d’ouverture de soi vers, dans bien des cas, l’inconnu. Si quelqu’un n’a pas l’intérêt de connaître l’autre ou résoudre une problématique liée à la culture, il ne sert à rien de poursuivre la démarche.

Les objectifs de la médiation interculturelle

Il existe plusieurs objectifs à la médiation interculturelle. En voici une liste non exhaustive :

  • Avoir une attitude positive au sujet de la diversité et de l’interculturalité ;
  • Collaborer à l’organisation et à la programmation d’activités favorisant l’intégration et l’interaction des minorités grâce aux communautés impliquées ;
  • Éduquer au pluralisme culturel selon trois principes : l’égalité, le respect et la diversité ;
  • Encourager l’apprentissage des valeurs culturelles communes et la participation à la société ;
  • Faciliter l’accès à des ressources pertinentes en créant une banque d’organismes et de documents à jour et disponible pour tous ;
  • Favoriser un rapprochement entre les diverses cultures présentes sur un même territoire ;
  • Promouvoir le dialogue entre les différents groupes composant la société actuelle et les instances pouvant les soutenir ;
  • Stimuler la rencontre de l’autre en créant des liens entre les membres d’une communauté territoriale.

La naissance de la médiation interculturelle

Qu’importe où l’on se trouve dans le monde, on peut remarquer qu’il y a des mouvements migratoires qui sont de plus en plus importants. Cela fait en sorte que l’on côtoie de plus en plus de gens issus de cultures différentes de la nôtre. Ce qui peut faire en sorte que l’on peut avoir peur et développer des préjugés.

C’est de là qu’est née la médiation interculturelle, car il s’est développé un manque communicationnel et social. La médiation permet donc la création d’un dialogue et de liens sociaux entre des communautés qui sont différentes. On parle de rapprochements, de rencontres favorisant la compréhension de l’autre ayant une culture différente de la nôtre. La culture comprend des codes implicites, des règles formelles ou non, des comportements, des valeurs et des croyances. Évidemment, cette dernière diffère d’un endroit à l’autre. On ne peut donc pas dire qu’une culture est un bloc immuable. Au contraire, il y a une culture et des sous-cultures. Tout cela est influencé par l’environnement dans lequel on évolue en tant qu’être humain et a un impact sur notre identité.

Bref, on peut voir que la médiation interculturelle est importante. Mais surtout multidimensionnelle. De plus, elle peut être utilisé dans plusieurs contextes… D’après vous, lesquels ?