Aujourd’hui, c’est la journée canadienne du multiculturalisme. En gros, c’est le fait qu’il y ait plusieurs cultures dans un même pays. Comme c’est le cas au Canada. C’est l’occasion de fêter le fait que le Canada a une grande richesse culturelle et du respect presque réciproque entre les différents groupes culturels qui compose la société canadienne. Pourquoi presque réciproque ? Parce qu’on le sait, il y a beaucoup d’incompréhension par rapport à certaines communautés d’immigrants. En 2011, le pays comptait environ 200 communautés différentes, dont quelques-unes qui dépassaient le million de membres. Un groupe est souvent victimes de préjugés : les Maghrébin·e·s. Au Québec, la grande majorité habite Montréal. Bochra Manaï a écrit un livre sur ce sujet précis : Les Maghrébins de Montréal paru en 2018 aux Éditions des Presses de l’Université de Montréal. Il contient 160 pages.

(c) Myrianne Lemay, capture d’écran

L’ethnicité des Maghrébin·e·s

Si j’ai bien compris, l’ethnicité n’est pas seulement le fait d’hériter des gênes de nos ancêtres. Les interactions sociales sont primordiales dans la construction de l’ethnicité individuelle ou d’un groupe. L’ethnicité d’un groupe, selon Max Weber, le lien de parenté a son importance, mais la croyance et les similitudes (histoire, cultures ou autres) l’ont encore plus. Donc, le lien de sang passe souvent au second rang. Dans le cas qui nous concerne ici, les Maghrébins sont les gens habitant le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Il s’agit souvent d’Arabes ou d’autochtones habitant l’un de ces pays et qui ont en commun la langue, la religion et un passé colonial pas très élogieux. Malgré ces similitudes, il y a de nombreuses différences qui font que l’identité ne se définit pas uniquement de façon globale, mais selon des caractéristiques qui lui sont propres. Il existe donc des sous-catégorisations à considérer qui définissent l’ethnicité d’un groupe.

L’immigration des Magrhébin·e·s

Le profil des Maghrébin·e·s est paradoxale. La grande majorité de ce groupe est beaucoup plus éduqué que la moyenne canadienne. Par contre, lorsque l’un de ces membres trouve un emploi, il est souvent surqualifié. Aussi, beaucoup d’immigrant·e·s sont des étudiants provenant d’Afrique du Nord. La présence des femmes maghrébines se fait sentir de plus en plus. Contrairement à la France, où l’immigration féminine provenant du Maghreb résulte du regroupement familial, le cas du Québec diffère. En effet, l’immigration des Maghrébin·e·s découle du recrutement de la province et du pays. Le Québec choisit ses immigrants en fonction de plusieurs critères, dont la scolarité et la qualification au travail. Les femmes, considérées comme un vecteur important pour les communautés. Bien que la société considère bien souvent les femmes musulmanes comme des victimes, elles ont un pouvoir socio-économique important.

Montréal, un ghetto de Maghrébin·e·s

La grande majorité des Maghrébin·e·s vivent dans la grande région de Montréal. Plusieurs vivent sur l’île, mais aussi dans ses banlieues. Comme la majorité des immigrant·e·s présent·e·s, les Maghrébin·e·s se rassemble avec leur semblable. Leur forte concentration dans un même endroit fait en sorte de créer un ghetto. Une minorité dans un même secteur qui provoque donc une cohésion sociale qui peut sembler majoritaire. D’où le fait que, pour certain·e·s, il faut éviter. Les Maghrébin·e·s de Montréal sont présents dans de nombreux quartiers plus ou moins centraux de l’île. On pense à Parc-Extension, Rosemont-Petite-Patrie, Saint-Laurent, Ahuntsic-Cartierville et Côte-des-Neiges. Le fait de savoir où habitent les immigrant·e·s permet d’en connaître davantage sur leur situation. On peut donc découvrir beaucoup de choses à leur sujet. On pense notamment au Petit Maghreb, mais aussi au quartier Chinois ou à la Petite Italie. Montréal ne manque pas de quartiers comme ces derniers.

Les marqueurs identitaires des Maghrébin·e·s

En fait, il y a deux grands types de marqueurs que l’on peut identifier chez tout groupe. Le premier est visible et le deuxième, non. L’image de l’Iceberg revient souvent comme représentation de cette dualité. Au niveau urbain, on note une définition des lieux. C’est-à-dire que le territoire se définit selon des relations de pouvoir ou conflictuelles. Et c’est normal ! Pour beaucoup d’immigrant·e·s, cela passe par exemple, par des associations (culturelle, religieuse ou patrimoniale), des médias communautaires, des lieux de cultes ou des commerces. Vu leur visibilité, ces marqueurs peuvent être source de négociations. Comme c’est le cas pour les lieux de culte. À Montréal ou dans d’autres centres urbains, il y a divers lieux de cultes. Cela permet l’intégration des immigrant·e·s. Les écoles religieuses ont aussi leur impact sur la manière dont les nouveaux arrivants s’intégreront à la société. D’ailleurs, beaucoup de commerçants ont appris leur travail actuel ici, sur le « tas ».

Le Petit Maghreb : haut lieu des Maghrébin·e·s

Le meilleur exemple que l’on peut donner de ce territoire urbain ce sont les quartiers multiethniques. Montréal en compte plusieurs, dont le quartier chinois ou la Petite Italie. Dans le cas qui nous concerne, le Petit Maghreb ne donne pas sa place non plus. Situé sur la rue Jean-Talon, principalement entre Saint-Michel et Pie-IX, on y trouve tous les marqueurs visibles typiques des Maghrébin·e·s. Il y a des commerces de toutes sortes, des mosquées, des associations, etc. Tout comme au Maghreb, les gens vivent dans la rue. Les événements sont très inclusifs et c’est là que les gens socialisent. Il y a peu de distinction entre les habitants des trois pays, tous vivent une situation similaire. Évidemment, l’identité maghrébine reste présente, on la sent dès qu’on met les pieds dans le quartier. Est-ce que cela en fait un endroit touristique ? Non, car ce sont principalement les Maghrébins qui y habitent. Les autres sont des minorités.

Les Maghrébin·e·s et l’Islam

Pour beaucoup, les deux vont de pairs. Les gens voient un Arabe, il est automatiquement musulman. Mais les Arabes, qu’importe l’origine, représentent que 20% de la population musulmane. La très grande majorité est asiatique. Pourtant, la religion est probablement le marqueur le plus important chez les Maghrébin·e·s, car bon nombre d’entre eux sont musulmans. Ce qui peut porter à confusion par moment. Aussi, lorsqu’il est question de l’Islam, les médias ont une tendance à sortir tous les clichés concernant la communauté arabo-musulmane. Par contre, les préjugés peuvent aller dans les deux sens. Parce qu’ils ne sentent pas accueilli au Québec, certain·e·s Maghrébin·e·s vivent une ambivalence identitaire. Étrangers, ils et elles resteront aux yeux des gens, même si né·e·s au Québec. Le sentiment d’appartenance est donc ambigu pour certain·e·s. Mais est-ce dû au fait que plusieurs ignorent ce qu’est l’Islam et que très peu de questions ne sont posées sur le sujet ?

Bref, il s’agit d’un bref résumé du livre, mais je vous invite à le lire, si vous êtes intéressé par le sujet. Évidemment, il est question des Maghrébin·e·s, mais je crois qu’il y a un parallèle avec n’importe quelles communautés à Montréal. Avez-vous des exemples ?

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On le sait tous ! On passe sa vie à se chercher en tant que personne à se questionner sur qui l’on est. Lorsqu’on est issu de la deuxième génération, la recherche identitaire est encore plus importante. On n’est pas d’ici, ni d’ailleurs. C’est ce dont parle les 78 pages du recueil de poésie d’Elkahna Talbi, Moi, figuier sous la neige paru chez Mémoire d’encrier en 2018.

 

L’identité d’Elkahna Talbi

Elkahna Talbi est née ici au Québec de parents tunisiens. Artiste multidisciplinaire passionnée des mots, Elkahna est présente sur scène et à la télévision. C’est aussi Queen Ka, slameuse. Pourquoi ce nom de scène ? Son prénom est une dérive de celui de la reine berbère La Kahina. Elle participe à de nombreux projets artistiques, mais Moi, figuier sous la neige est son premier recueil. Dès la rédaction des poèmes, elle savait qu’elle ne les lierait pas sur scène. Que leur destin était autre. Elle donne aussi des ateliers auprès des jeunes et constate, qu’en tant qu’adulte, elle peut avoir une influence positive auprès de ceux qui sont issus du Maghreb. Elle ne sent pas obliger de le faire, mais elle le juge important du fait qu’il y en peu dans les médias actuellement.

Parler d’identité en poésie

Oui, c’est possible. Elkahna y arrive très bien. Elle pose un regard sur le pays de ses parents : la Tunisie et de la société dans laquelle elle est née : le Québec. D’où l’image du figuier sous la neige. Dans ses poèmes, Elkahna parle de son enfance entre deux pays, deux mondes. Ce qui fait que l’enfant qui est dans cette situation se trouve divisé et qu’il se lance dans une quête identitaire qui lui est propre. Souvent, l’enfant dans ces circonstances a un monde en lui qui est contradictoire, mais qui bouscule les conventions. Elkahna souhaite, par ce livre, faire en sorte de donner la parole à la deuxième génération d’immigrant. Ils ne sont pas qu’un pays ou l’autre. Ils sont les deux à la fois. Si elle écrit, c’est par rapport à l’autre et son insécurité. Elle se questionne sur le fait d’être une femme d’ici et d’ailleurs.

L’identité de la deuxième génération

Comme je l’ai déjà dit, les gens issus de la deuxième génération ont très peu de points de repère dans la société actuelle. Ce qui fait qu’il existe chez eux un sentiment de ne pas être à la maison, d’être seuls au monde. Pourtant, ce n’est pas le cas. Seulement, ce qui fait qu’ils ont cette impression est cette ambiguïté identitaire. Par exemple, Elkahna Talbi mentionne en entrevue avec Marc Cassivi que dès qu’elle a décidé que Montréal était sa maison, elle s’est choisi une identité. Les doutes se sont effacés et elle sait qui elle est maintenant. Aussi, l’adolescence est une période charnière dans la recherche identitaire. On est vulnérable aux différentes influences présentent autour de nous. Adulte, c’est autre chose. Une fois bien enraciné, on est capable de faire la part des choses.

 

Pourquoi cette quête d’une identité ?

Dès le prologue, Elkahna Talbi parle de désenchantement en disant qu’ « [il] y a toujours, chez l’enfant qui n’a pas le même pays de naissance que ses parents, l’instant où l’autre patrie dévoile sa fragilité et ses imperfections. C’est une sorte de désenchantement. Où l’on comprend que là-bas n’est pas mieux qu’ici. Il n’existe pas de pays refuge. Et nous serons toujours un peu l’autre où que l’on aille. » Ainsi, cette double identité est n’est peut-être pas si multiple que ça. Chacun·e d’entre nous a une identité multiple et on se fraie tous un chemin dans celle-ci. C’est ce qui fait notre unicité. Mais on traite les immigrants différemment sur quelques générations. Pourtant, comme bien des gens qui sont dans la même situation, ils sont à la fois deux arbres à la fois. Un originaire de la terre de leurs parents et l’autre enraciné dans la société qui les a vus naître.

Identité unique ou multiple ?

Les deux à la fois. Car l’identité est quelque chose qui nous représente uniquement. Mais elle est partagée en plusieurs étiquettes. Pour certain·e·s, une identité prend plus facilement le dessus sur les autres. Dernièrement, en relisant Amine Maalouf, je me suis souvenu de sa définition d’identité. « Mon identité, c’est ce qui fait que je ne suis pas identique à aucune autre personne. » Je ne crois pas que personne ne s’obstinera là-dessus, car cette affirmation est véridique. On le constate même sur les jumeaux identiques. Il y a tellement d’événements qui influencent l’identité de quelqu’un. Et comme le mentionne Maalouf, c’est le regard des gens qui change la donne. Il peut autant emprisonner quelqu’un dans des stéréotypes que de le libérer de ces généralités. Pourtant, ces identités multiples ne sont jamais en opposition l’une contre l’autre. Elles forment un tout qu’il faut apprivoiser au fil du temps.

Des extraits de livres qui traitent d’identité

Ici, je vous mets quelques extraits qui me font rire ou réfléchir. Bien que je n’ai jamais mis les pieds en Tunisie, je connais un peu le pays pour avoir vécu avec un Tunisien pendant quelque temps. Sa famille y vit toujours et lui, il est enterré là-bas suite à un cancer. Il m’a toujours dit que s’il venait à mourir, que son souhait était d’y terminer sa vie. Alors, c’est ce qui est arrivé. Pour lui s’était claire qu’il était Tunisien avant d’être Québécois. C’était même une fierté de l’être. Et je crois que c’est le lot de plusieurs immigrants d’être fières de leurs origines. Mais la réalité d’une nouvelle situation change parfois la donne.

L’immigration en sol québécois a toute une histoire. Bien qu’aujourd’hui, elle peut sembler mal vue par certaines personnes, elle a toujours été présente en Amérique. C’est grâce à elle que les Américains d’aujourd’hui sont bel et bien actifs ici. Par Américains, je parle de tous les habitants des Amériques, pas les États-Unis. J’aurais utilisé États-Uniens à la place. Ce qui est certain·e, c’est que malgré nos différences, nous avons tous un point en commun : l’immigration. Évidemment, il y a plusieurs variantes, selon le contexte, mais dans le cadre de ce texte, on verra que l’immigration québécoise a sa propre histoire.

Suggestion de lecture sur l’immigration au Québec

La suggestion de cette semaine est le livre Histoires d’immigrations au Québec qui relate 14 récits migratoires. Évidemment, la migratoire coloniale de la France et de la Grande-Bretagne n’en fait pas partie. Aussi, on ne parle pas de la réalité de cette époque coloniale. J’en ai déjà parlé dans un autre texte du blogue, mais il y a eu de l’esclavagiste durant 200 ans lors de l’époque de la Nouvelle-France. Était ciblé les autochtones et des Africain·e·s subsaharien·ne·s. Donc, lorsqu’il est question d’immigration de certains peuples, cette époque n’est pas abordée. Probablement parce que la migration des Africain·e·s, relevait davantage d’un déracinement involontaire qu’une décision intentionnelle de quitter son pays. Mais bon, ce n’est qu’une supposition. Le livre présenté ici a été publié aux Presses de l’Université du Québec en 2014 sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil. 14 collaborateur·trice·s ont aussi participé au livre.

L’immigration écossaise

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Les Écossais·es font partie de l’histoire coloniale du Québec, malgré le fait qu’ils aient toujours été minoritaires. Présents lors d’événements marquants de cette époque, ils ont participé entre autres à la bataille des Plaines d’Abrahams en 1759 et aux rébellions des Patriotes en 1837-1838. D’ailleurs, lors de la bataille des Plaines, autant les Français·es que les Anglais·es avaient dans leurs équipes des Écossais·es ! Les Plaines ont d’ailleurs hérité leur nom d’un Franco-Écossais, Abraham Martin, pilote d’un des navires de Samuel de Champlain. Les Écossais·es ont toujours été très actifs dans la Nouvelle-France de l’époque. Il faut dire qu’à l’époque, pratiquement tout le monde était immigrant et vivait les mêmes difficultés. Un bel exemple est l’Université McGill. Elle résulte d’un héritage de James McGill, homme d’affaires du 18e siècle. Pour beaucoup de Québécois, les Anglos représentent qu’un seul morceau. Pourtant, les Écossais·es considèrent avoir une identité distincte des Britanniques.

L’immigration irlandaise

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Les Irlandais·es arrivèrent en Nouvelle-France assez tôt. Leur arrivée massive découle en partie de la grande famine qui a eu lieu en 1847. À ce moment, 98 000 personnes prirent la route vers Québec.  90 000 arrivèrent à destination de Grosse-Île. Les migrant·e·s étaient en quarantaine pour cause de typhus et 5424 Irlandais·es y trouvèrent la mort. Ce qui fait de Grosse-Île le plus gros cimetière irlandais, hors Irlande. Déjà plusieurs irlandais·es arrivèrent dans la colonie en 1815. L’Irlande étant 50% protestante 50% catholique, cela se reflète sur l’immigration de l’époque. 66% protestant·e·s allèrent vers l’Ontario et 66% catholiques vers le Québec. D’ailleurs, les Irlandais·es ont marqué l’histoire du Québec notamment par leur nombre. En effet, jusqu’en 1900, ils représentaient le deuxième groupe ethnoculturel en importance. Le premier étant les francophones. Ils habitèrent Griffintown jusqu’à la démolition du quartier. Par contre, ils sont maintenant partout dans les environs de Montréal.

L’immigration italienne

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L’unification de l’Italie, en 1861, a marqué l’immigration italienne. À partir de ce moment jusqu’en 1910, 13 millions d’Italien·ne·s émigrèrent vers des jours meilleurs. La raison est simple, l’unification du pays a des répercussions politiques et économiques dans tous les milieux de l’époque, car elle favorisait l’industrie au détriment de l’agriculture. Les personnes qui quittèrent le territoire sont des cultivateur·trice·s, des ouvrier·ère·s ou des artisan·ne·s et prirent la direction de l’Europe de l’Ouest ou des Amériques. Au Québec, la présence des Italien·ne·s se fait sentir à Montréal bien avant la période de l’unification. De plus, l’immigration a diminué lors de la Première Guerre mondiale pour reprendre en force qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Actuellement, on peut trouver les Italien·ne·s dans différents quartiers montréalais. Les liens familiaux représentent, encore aujourd’hui, une valeur importante pour les Italiens. Les familles demeurent encore à proximité, même une fois les enfants grands.

L’immigration juive

L’immigration juive se fait en deux parties dans le livre. Dans le cadre du texte, je les mets ensemble, question de fluidité. Un premier texte parle des Yiddish tandis qu’un second parle des Juif·ve·s sépharades.

Les Yddish

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Les Yiddish, originaires d’Europe de l’Est, arrivèrent au Québec au 20e siècle. En 1891, on dénombrait 2700 juifs. 10 ans plus tard, le nombre avait plus que doublé. En 1931, il était question de 60 000 juifs. Évidemment, cela a un impact sur la manière de vivre sa religion. Certains juifs deviennent plus radicaux au Québec.  Au niveau linguistique, de 1900 à 1950, le yiddish représentait la troisième langue parlée au Québec. Durant la même période, les Yiddish furent la communauté qui immigra le plus dans la Belle province. Évidemment, avec l’Holocauste, le visage de l’immigration juive change quelque peu. Mais a aussi des conséquences sur le continent européen. Comme c’est le cas avec l’immigration italienne. En effet, l’italien a détrôné le yiddish dans le top 3 des langues parlées au Québec en raison d’arrivée massive des Italien·ne·s après 1945. La présence des Yiddish marque le milieu des arts.

Les sépharades

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Les sépharades sont les juif·ve·s originaire d’Afrique du Nord. Ils ont donc, pour beaucoup, l’avantage de déjà parler français, mais aussi espagnol et arabe. Mais la présence des sépharades au Canada date de 1759. À cette époque, il s’agit de marchand·s, d’industriel·le·s et d’entrepreneur·e·s. Des 1768, une synagogue sépharade est construite. Ce qui changea un peu la donne du judaïsme, c’est l’arrivée de juif·ve·s originaires d’Europe de l’Est. Les deux guerres mondiales ont aussi un impact sur l’immigration juive. Particulièrement la deuxième qui a fait en sorte que l’État d’Israël fut créé en 1948. Les politiques québécoises ont des répercussions sur l’immigration juive, car depuis 1968, il est obligatoire de parler français pour s’établir au Québec. Mais une fois ici, les juif·ve·s ont deux possibilités. La première est la création de filières francophones au sein d’organisations juives. La deuxième concerne la création de nouvelles entités qui leur sont propres.

L’immigration polonaise

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Bien que l’attribution du premier polonais soit difficile à établir, une certitude demeure : en 1752, il y avait déjà un Polonais à Montréal. Après plusieurs vagues d’immigration polonaise, en 2011, plus d’un million de Canadien·ne·s se disaient, à l’époque, polonais·e. Au début des premières vagues, les groupes allèrent s’installer dans les prairies, en raison de la demande agricole. Ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que les Polonais·es s’établirent davantage dans l’est du pays. En 2006, selon Statistiques Canada, près de 50% des Polonais·es vivaient en Ontario. L’immigration était pour des raisons politiques. Durant une période de 123 ans, la Pologne n’existait tout simplement pas. 120 000 Polonais·es ont donc émigré au Canada. Durant cette première vague d’immigration polonaise, le Canada cherchait principalement des travailleurs agricoles. Pour la deuxième vague, il était question de travailleurs ferroviaires. Les Polonais·es eurent des difficultés, notamment avec l’identification officielle canadienne.

L’immigration grecque

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En 1830, la Grèce devient indépendante. Mais avant cette date, en raison de l’Empire ottoman, plusieurs Grecques ont émigré principalement en Europe. L’émigration vers l’Amérique se fait à partir de 1880. Les États-Unis sont le pays ciblé par les premier·ère·s immigrant·e·s et ce, jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1950, les États-Unis sont plus restrictifs dans leurs choix migratoires, alors les Grecques se tournent, entre autres, vers le Canada. Mais la présence grecque se fait sentir bien avant ces changements politiques. D’ailleurs, certains documents démontrent la présence de Grecs en Nouvelle-France dès 1628. Un jeune homme, qui a voyagé avec Champlain, était posté au Cap-Tourmente dans le but de voir l’arrivée de nouveaux bateaux. Mais bon, selon le recensement de 1971, il n’y avait que 7 Grecs au pays. Il faut dire que durant une longue période, ce sont les hommes célibataires qui venaient s’établir ici.

L’immigration portugaise

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En mai 2018, les Portugais·es célèbrent le 65e anniversaire de leur arrivée au Canada. Il s’agit donc d’une immigration encore très récente. Leur présence se fait sentir partout au pays et au Québec, on estime à 57 000 le nombre de portugais y habitant. La réputation des Portugais·es en matière d’exploration n’est plus à faire. Ils ont plusieurs conquêtes de cacher dans leur poche. Mais le Canada n’était pas dans leur vision à long terme, car ce n’est qu’au 20e siècle qu’ils s’y intéressèrent. Ils vinrent s’établir ici en trois phases successives. La première dans les années 1960, la deuxième vers 1974 et la dernière en 1986. La grande majorité d’entre eux s’établir en Ontario. Leur enracinement social passe par le travail, notamment l’entrepreneuriat. Comme plusieurs cas de migrations, bon nombre de Portugais·es ont travaillé comme ouvrier·ère·s. Mais la scolarité et la langue ont un impact sur l’intégration des migrants·e·s.

L’immigration haïtienne

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L’histoire entre le Canada et Haïti remonte à loin dans le temps. Dès 1754, lors de la déportation des Acadiens vers la Louisiane et les Antilles. Aussi, bon nombre de communautés religieuses qui agirent comme missionnaires en Haïti. Comme la rédaction du livre date bien avant l’arrivée des réfugiés de 2017, ce sujet n’est pas abordé. Par contre, ce que l’on peut comprendre à la lecture du texte, c’est qu’il y a eu plusieurs vagues de migrations haïtiennes vers le Québec. Comme pour beaucoup d’autres cas d’immigration. Une des principales raisons est le régime Duvalier, père et fils. Entre 1967 et 1977, l’immigration d’intellectuel·le·s est tellement importante, qu’on parle d’exode des cerveaux. Mais durant la même période, il est aussi question d’exode de bras. Ce qui signifie que la dictature touche toutes les sphères de la société. La dernière vague mentionnée est dans les années 1990. Cette vague est la plus difficile des trois.

L’immigration latino-Américaine

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Ici aussi, l’immigration est récente. On parle du milieu des années 1960. En fait, les latinos émigraient très peu jusqu’au moment où plusieurs pays d’Amérique latine expulsèrent bon nombre de leurs habitants. Avant les années 1960, la migration des Latino-Américain·ne·s touchaient davantage les conjoint·e·s de ressortissant·e·s ou des marins. C’est surtout après les années 1970 au Canada que leur présence se fait sentir. Cette première vague vient de la côte sud de l’Amérique latine. Lors des années 1980, ce sont des réfugié·e·s d’Amérique centrale qui débarquent en sol québécois. Dans les années 1990, les Péruvien·ne·s et les Chilien·ne·s ont marqué leur présence en nos terres. La dernière vague date du début des années 2000. La principale raison de ces vagues migratoires est la dictature qui règne dans plusieurs pays. Les Latino-Américain·ne·s ont plusieurs réussites d’intégration. Ils sont très actif·ve·s aux plans civique, social et culturel.

L’immigration asiatique

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Ici, il est principalement question des boats people qui viennent du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Trois pays marqués par la guerre et des politiques communistes. Il est question, entre autres, de la guerre du Vietnam et des Khmers Rouges au Cambodge. Le premier ressortissant vietnamien au Canada était un jeune cuistot sur un navire français. Son débarquement eut lieu à Halifax en 1947. Dans les années 1950, quelques étudiant·e·s Vietnamien·ne·s s’installèrent à Québec pour des études universitaires. La deuxième vague est celle des boats people à la fin des années 1970. Pourtant l’arrivée d’Asiatiques au Canada a toujours été présente.  Plusieurs étaient travailleurs ferroviaires et s’installèrent en Colombie-Britannique à la fin des travaux. Par la suite, l’immigration des Asiatiques fut beaucoup plus difficile, car à cette époque l’immigration européenne est privilégiée. Il n’est pas non plus question d’adoptions massives de fillettes chinoises qui marquèrent les années 1990.

L’immigration libanaise

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Le premier Libanais au Québec remonte avant même l’arrivée de Christophe Colomb. Des fouilles archéologiques prouvent qu’au moins une expédition phénicienne a eu lieu il y a plus de 2500 ans. Mais comme toute autre migration, il y a eu plusieurs vagues. La première couvre une grande période, soit entre 1882 et 1936. Les migrant·e·s devaient posséder au minimum 50$ dans leurs poches pour traverser les frontières. Montant qui augmente rapidement. Mais les Libanis·e·s sont là pour faire fortune. La deuxième vague est après la Deuxième Guerre mondiale, soit entre 1945 et 1975. Contrairement à la première, qui était plus collective, celle-ci est davantage individuelle. La raison qui ressort le plus : la corruption et la dégradation du pays. La dernière vague commence en 1975. Elle est divisible en deux groupes distinctes : 1975-1980 et 1986-1991. La guerre civile est la cause qui a fait que plusieurs quittèrent leurs pays.

L’immigration africaine

L’immigration africaine se divise en deux : soit subsaharienne et maghrébine. Dans le livre, les deux sont séparées, mais l’Afrique étant un grand continent possédant plusieurs cultures.

L’Afrique subsaharienne

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L’immigration de l’Afrique subsaharienne semble être une histoire oubliée, car, selon l’auteur, peu de documents abordent le sujet. Il s’agissait, pour lui, d’un défi. Il ne faut pas oublier que tout le continent regroupe une cinquantaine de pays à lui seul. L’immigration afro-américaine est récente, car je l’ai mentionné plus tôt, l’immigration canadienne était très sélective, voire teintée de racisme. Par contre, il y a un parallèle à faire entre l’Afrique et le Québec. Les deux luttaient énormément pour leur indépendance dans les années 1960.  Par contre, ce n’est qu’à la fin des années 1970, que le Québec peut choisir par lui-même ses immigrants. De nombreux africain·e·s sont arrvié·e·s avant ce combat identitaire. Aussi, des ressortissant·e·s afro-américain·e·s arrivent entre 1966 et 1968. Pour cette raison les spécialistes semblent dire que la décennie de 1960 est le début de l’immigration africaine. Le plus gros de l’immigration se fait dans les années 1990 et 2000.

Le Maghreb

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Il a déjà été question des juif·ve·s issu·e·s du Maghreb. Mais dans ce segment, on parle des arabo musulman·e·s. En effet, le Maghreb représente qu’une partie de l’Afrique du Nord. Elle comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. On ne peut donc pas faire d’amalgame entre eux et les Arabes de l’ouest de l’Afrique du Nord. Encore moins avec ceux de l’Asie ou les musulman·e·s de cette région. Chaque région musulmane à ses différences. En fait, la première vague est celle des années 1970 où de nombreux maghrébin·e·s arrivèrent pour les études. Certain·e·s viennent s’établir au Québec pour d’autres raisons. À long terme, des étudiant·e·s restèrent pour des raisons économiques, personnelles ou sociales. Depuis 2001, le Maghreb est l’un des trois endroits dans le monde où les migrant·e·s sont recruté·e·s. Les deux autres sont la France et la Chine. Cela est dû aux critères de sélections québécoises qui encouragent les jeunes francophones scolarisés à venir s’établir dans la province.

En conclusion

Il m’est impossible de tout résumé le livre en si peu de mots. Je vous encourage donc à lire le livre pour en découvrir plus, car j’ai dressé qu’un portrait des différents peuples qui font le Québec actuel. Il est aussi important de se rappeler d’où l’on vient en tant que société. Comme on peut le voir, le Québec a longtemps favorisé l’immigration européenne. Donc, une immigration blanche en premier lieu. La langue n’était pas un facteur aussi important qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le français passe avant la couleur. Par contre, en arrivant ici, les minorités visibles ont d’énormes difficultés. Déjà que plusieurs ont quitté leur pays pour des raisons économiques ou politiques. Ces gens se retrouvent donc dans des situations parfois plus difficiles qu’ils ou elles vivaient avant de partir de chez eux. Pourtant, beaucoup d’entre eux se font choisir par le Québec. Mais est-ce pour le mieux ?

La philosophie alimentaire ? Non je ne me souviens pas d’avoir abordé ça au Cégep. Pourtant, aujourd’hui, comme suggestion de lecture, je vous parle d’un livre qui en parle. Je l’ai déjà utilisé pour deux conférences : celles du mois de mars sur l’alimentation et celle de mai sur le jeûne. Cette dernière sera publiée sous peu, si tout va bien. Mais je l’ai aussi utilisé pour un article sur l’éthique à la table.  Il s’agit du livre de Normand Baillargeon À la table des philosophes paru en 2017 chez Flammarion Québec. Pourquoi je vous parle de ce livre ? Parce que, d’un, il parle d’alimentation et, de deux, j’aime bien sa présentation. Le livre contient un peu plus de 200 pages et coûte 40$. La couverture est rigide, ce qui peut être utile dans certaines situations.

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La philosophie alimentaire : les sujets

Le livre comporte dix chapitres. Donc, dix sujets différents les uns des autres qui nous permettent de nous questionner par rapport à un thème précis. Évidemment, ce n’est pas tous les sujets qui nous intéressent. Par exemple, le premier chapitre traite de vin. Même avant ma conversion, je n’étais pas celle qui se calait le plus de verres d’alcool dans une fête. Je n’ai jamais aimé le goût et je suis capable de savoir s’il y en a dans une recette dès la première bouchée ! Par contre, d’autres sujets sont intéressants. On y parle du péché de gourmandise, de manger local ou non, de végétarisme, de choix alimentaires, de zénitude, l’alimentation du futur, d’art culinaire, de régimes et de consommation mondiale. Évidemment, les aspects culturels, sociaux ou religieux sont aussi abordés.

La philosophie alimentaire : les réflexions

Comme je vous ai dit, une des choses que j’aime dans ce livre, c’est sa présentation. On peut poursuivre notre réflexion de deux manières. Et pas besoin d’être philosophe pour ça ! À la fin de chaque chapitre, il y a des sujets de conversions ou de jeux qu’il est possible de faire lors de repas. Question de mettre un peu de dynamisme tout en mangeant. Par exemple, pour le chapitre sur le péché de gourmandise, un jeu proposé est de faire écrire aux invités leurs gourmandises préférées sur un bout de papier. On les dispose dans un contenant et on en pige un au hasard. Le but ? Deviner qui peut bien succomber à l’aliment écrit. Comme sujet de discussion, il y a des questions sur le jeûne ou la grève de la faim. Deuxième manière : des pistes de lectures sont proposées. Et elles sont très variées.

La philosophie alimentaire : la présentation

Un autre point que j’aime : la présentation. Bien que l’on traite de philosophie alimentaire, on n’a pas l’impression de lire sur la philosophie. Oui, par moment, il est question de Kant ou de Platon. Mais ce n’est pas lourd. Le livre contient beaucoup d’images et de recettes. Les explications sont claires, grâce aux encadrés. Comme pour les définitions ou bien l’encadré qui nous explique que notre salade peut être internationale ! Le seul hic ? Les illustrations de Richard Biesinger sont dans les teintes de brun. Personnellement, je trouve l’idée un peu étrange, car les aliments sont tellement colorés. Lorsque l’on mange, tous les sens sont stimulés. La vue et l’odorat, avant le goût ! Alors, illustrer son livre dans les teintes de bruns… Oui, il y a le chocolat dans cette teinte, mais pas seulement ça… Je vous laisse deviner.

La philosophie alimentaire, mais pourquoi ?

De ce que je comprends à la lecture de ce livre, c’est qu’il y a énormément d’enjeux liés à l’alimentation. Je crois que Normand Baillargeon a probablement voulu faire réfléchir ses lecteurs sur ce sujet. Et il a tout à fait raison, en mon sens. En effet, si on se questionne sur notre consommation alimentaire, forcément il y a une démarche réflexive qui s’opère. On a un bel exemple avec le chapitre sur le végétarisme et la manière d’abattre un animal. En effet, la souffrance de l’animal peut être discutable selon les cas. Un autre exemple est le fait de vouloir manger local ou bio. On peut se questionner à savoir si on se fait un jardin ou non. Si on a besoin d’un ananas, on le prend de quel pays ? Et l’éternelle question des régimes. Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? Les réponses varient selon le contexte.

La philosophie alimentaire, une obligation ?

Peut-être pas pour tout le monde. L’enfant prend ce qu’on lui donne sans trop de questions outre le fait qu’il aime ou non. Même chez les adultes, plusieurs ne se questionnent pas trop au sujet de l’alimentation. Nombre de gens qui ignorent le travail qui a derrière le carton de lait ou le casseau de fraises qu’ils achètent à l’épicerie ! D’autres s’en foutre complètement, du moment qu’ils ont de quoi se nourrir. Ils ne pensent pas forcément aux détails liés à l’alimentation. Par contre, c’est une obligation de se nourrir. En fait, c’est même vital ! Au point que nous avons tous des rituels lorsque nous mangeons. Par exemple, mon mari lors du ramadan, dois commencer sa journée avec une recette de couscous aux raisins secs et babeurre. Lors du repas du soir, il doit absolument avoir de la soupe. Mais pas moi ! Question de culture, j’imagine !

La philosophie alimentaire : en bref

Oui, c’est important de faire réfléchir à sa manière de consommer. Cela implique de faire des choix intelligents tout en se respectant. Évidemment, au Québec, certains aliments ne poussent pas, comme les oranges ou les avocats. Mais est-ce que cela signifie de se priver d’en manger ? Je ne crois pas. C’est l’une des raisons qui nous pousse à réfléchir à notre alimentation et de trouver un concept équilibré qui nous convient. L’alimentation étant culturelle, les réponses seront variées. Gandhi disait « qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. » Il n’a pas complètement tort, mais il n’a pas complètement raison. Et si on reconnaissait le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il se traite lui-même ainsi que son environnement ?

Hier, 1er mai, c’était la journée internationale des travailleurs. À ne pas confondre avec la fête du travail qui a lieu, au Québec, le premier lundi du mois de septembre. Mais pourquoi cette journée ? Je vais vous donner la réponse bientôt. Mais avant, si vous êtes intéressés à en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire le texte d’André Larané, Tragédies et joies du 1er Mai – Journée de 8 heures et Fête du Travail, publié le  29 avril 2015, sur le site herodote.net. Pour être honnête, je n’ai aucun document sur la main concernant ce sujet. Mais je suis sûre et certaines qu’il y a des livres sur le sujet dans une librairie ou une bibliothèque quelques part. Je n’ai pas eu le temps de faire de recherches sur ce point. Par contre, je trouvais l’article intéressant. Mon choix s’est donc arrêter sur lui, car il complète bien ma réponse.

L’origine de la journée internationale des travailleurs

À la fin du XIXe siècle, en Amérique, des revendications aux États-Unis faisaient rage dans les milieux ouvriers. Le but étant d’avoir une meilleure qualité de vie en réduisant les heures de travail à huit heures par jour. Le mouvement fut lancé un 1er mai. C’est pourquoi aujourd’hui, cette journée est célébrée cette même date. Mais avant d’arriver à ce que nous connaissons aujourd’hui, le chemin fut long. Les premières répercussions se sont faites sentir en Europe. Pendant plusieurs années, le premier mai, les européen·ne·s manifestaient pour eux aussi avoir moins d’heures de travail. Dans la plupart de ces pays, c’est durant la période de l’entre-deux-guerres, que les revendications furent entendues et ratifiées. Dans plusieurs pays, le 1er mai est férié, mais ce n’est pas le cas partout. Notamment au Québec, mais ailleurs dans le monde.

Les travailleurs et la religion

Parce qu’il existe au moins deux points de vue en matière de religion. Dans le catholicisme, le pape Léon XIII avait désigné Saint Joseph comme étant le patron des pères de familles et des travailleurs. C’était en 1889, soit plus ou moins au début de la révolution du monde du travail. Le but était de donner un bon modèle de piété aux travailleur·euses catholiques. L’information que j’ai est un peu vague, mais j’ai l’impression que l’association entre les deux est tombée aux oubliettes. En effet, le pape Pie XII la remet à l’honneur en 1955 afin que cette « fête » soit christianisée… Mais on voit que ça n’a pas trop fonctionné.  Autre point de vue est celui de l’Islam. Elle est appelé fête des ouvrier (aid, al ‘unmal). Bien que célébrée partout dans les pays musulmans, ce n’est qu’en Tunisie qu’un parti islamiste l’autorise officiellement.

La journée internationale des travailleurs dans le monde

Dans plusieurs pays, cette journée se célèbre en souvenir des luttes ouvrières ou parce que la lutte doit se faire encore. Mais ce n’est pas le cas partout. Certains endroits font des manifestations seulement, car les journées fériées n’existent pas le 1er mai. D’autres pays ne célèbre rien du tout. Il s’agit ici d’un survole des trois catégories.

Les pays en bleu foncé célèbrent la journée internationale des travailleurs le 1er mai. En bleu pale, c’est une journée proche du 1er mai Rose, ce n’est pas férié, mais il y a des manifestations Rouge, il n’y a rien du tout. (c) Wikipédia

Ceux qui célèbrent

La journée internationale des travailleurs est célébrée en Europe, en Amérique latine et aux Caraïbes. Cette journée est fériée, donc pas de travail dans ces régions. Beaucoup de manifestations ont lieu ce jour. Par exemple, la Belgique et le Luxembourg, ce sont les socialistes qui sortent le plus. Par contre, en Europe centrale et en France, bien que c’est congé pour tous, il y pas de manifestations. Au Brésil, les syndicats ont déjà été plus actifs. Les activités sont plus ludiques aujourd’hui. Tout comme au Paraguay où les patrons invitent leurs employés à un asado. Au Mexique, le 1er mai s’associe à la fin des récoltes. Si on va en République Dominicaine, cette journée se célèbre le 1er mai… Si elle tombe un samedi, un dimanche ou un lundi. La fin de semaine s’allonge aussi en Grande-Bretagne, car la fête des travailleurs se déplace au premier lundi du mois. Sinon, elle est reportée au lundi le plus proche. À Cuba, plusieurs défilés ont lieu pour el día del trabajadores.

Ceux qui ne célèbrent pas mais qui marque le coup

Bien que les États-Unis soit le berceau de la journée internationale des travailleurs, elle n’est pas férié. Par contre, les syndicats et les organisations dites de gauches célèbre amplement la classe ouvrière. Il y a donc beaucoup de manifestations malgré le fait que ce ne soit pas férié. Idem au Québec. Le 1er mai, il est plutôt coutume de travailler, mais la fin de semaine avant ou après le 1er mai, beaucoup de manifestions ont lieu. Mais de plus en plus de manifestations ont lieu la journée même par des organismes anticapitalismes. Au Québec, le premier lundi de septembre est la fête du travail, qui elle, est fériée. Aux Pays-Bas et en Suisse, la journée n’est pas fériée. Par contre des organismes et des entreprises internationales donnent congé à leurs employés pour l’occasion.

Ceux qui ne célèbre pas du tout

L’Australie, Israël et le Japon ne célèbre pas la journée internationale des travailleurs. En Australie, plusieurs fêtes du travail sont célébrées vers la fin de l’été ou à l’automne. C’est soit en mars et mai pour eux, selon les régions. Quoique la capitale la fête en octobre, donc au printemps. Israël, bien que se sont les socialistes qui se sont appropriés la Palestine, il n’est nullement mention de la journée internationale des travailleurs. On ne célèbre rien du tout. Au Japon non plus, il n’est pas question de fêter le 1er mai. Par contre, il y a quatre jours fériés concentrés en l’espace d’une semaine. Cela coïncide seulement avec la date de la célébration internationale. En fait, le 29 avril, c’est le jour de naissance de l’Empereur Showa qui est férié. Par la suite, les 3, 4 et 5 mai sont aussi des jours où personne ne travaille. Le 3 mai est le jour de la Commémorations de la Constitution. Le 4 mai, le jour de la nature. En terminant, le 5 mai est le jour des enfants.

Il s’agit ici d’un bref aperçu de ce qui se passe dans le monde. Mais on sait tous que le combat doit quand même continuer. Il y a des endroits dans le monde où l’exploitation est encore présente. Mais si vous souhaitez en sa