Publié dans Intervention

Le traumatisme vicariant… la suite

Le traumatisme vicariant, vous vous souvenez de ce que c’est ? Je vous en avais parlé avant mon départ pour mes vacances. J’avoue ça fait un bail. Pour vous remettre dans le bain, je vous invite à (re)lire le texte que j’avais écrit à ce moment.

Sinon en bref, le traumatisme vicariant est un peu comme un épuisement professionnel, mais trop l’être. C’est quand un intervenant dépasse les frontières liées à l’intervention sans trop s’en rendre compte. Quand le personnel prend trop le dessus sur le professionnel, principalement en situation de violence extrême.

Les informations que je donne ici sont tirées de la formation que j’ai suivie à l’institut de formation en matière de violence faite aux femmes . Formation faite cet hiver.

Aujourd’hui, je vous fais une deuxième partie sur le traumatisme vicariant. Car aucun intervenant n’est à l’abri.

L’impact du traumatisme vicariant

En fait, la nature du travail a un impact sur le traumatisme vicariant. Quelqu’un qui subit des scènes de violence à répétition, s’il ne prend pas soin de lui, peut finir par vivre un traumatisme vicariant. Par exemple, les premiers répondants sur une scène de crime ou les intervenantes auprès de femmes violentées. Leur travail a un impact sur leur cadre de référence.

Mais aussi sur leurs proches et collègues de travail. Les gens ne comprennent pas forcément le changement d’attitude de l’intervenant.e. On parle d’hypervigilence, de surprotection, d’hypersensibilité, etc.

Les croyances sont aussi affectées. Surtout quand l’intervention se fait auprès de gens issus d’une communauté ethnique ou religieuse. Les valeurs n’étant pas les mêmes, il se peut qu’il y ait des conflits entre les différentes parties.

Les mécanismes de protection et d’adaptation lors de traumatisme vicariant

Malgré tout, il est possible de se protéger et de développer des mécanismes pour se défendre.

En fait, il y a 2 types de mécanismes qui nous aident à affronter les différents défis de la vie :

  1. Les mécanismes de protection
  2. Les mécanismes d’adaptation

Les mécanismes de protection

Par exemple, lorsque l’on parle de mécanismes de protection, il est possible de mentionner les rush d’adrénaline que l’on peut vivre. Ou à l’opposé, se dissocier complètement de ce que l’on vient de vivre. Il est important de dire que ces mécanismes sont importants. Ils nous permettent de survivre. Ce qui n’est pas rien. Et c’est quelque chose que tout le monde possède. On le vit tout simplement différemment selon la situation. Habituellement, un manque de flexibilité est visible.

Les mécanismes d’adaptation

Quant aux mécanismes d’adaptation, ils sont aussi importants. Ils nous permettent de s’accomplir dans la vie. Tout le monde a la capacité de s’adapter. Encore là, c’est relatif à chacun d’entre nous. Certains doivent apprendre à s’adapter, d’autres non. Contrairement aux mécanismes de protection qui est dans le futur, l’adaptation se vit dans le présent.

Quoi faire lorsque le cadre de référence se brise ?

Tout d’abord, faire une introspection. Seul ou avec de l’aide. Bref, il est utile de comprendre ce qui a causé cette rupture de notre cadre de référence.

Il est important aussi de rééquilibrer sa vie. Nous même en premier lieu, avec nos identités, nos valeurs, nos croyances, etc. Mais il ne faut pas oublier notre vie personnelle (famille, amis) et professionnelle (collègues, clients)

Il est donc important, en tant qu’intervenant.e de savoir prendre soin de soi. Il est possible d’exercer ce que l’on appelle les autosoins. En gros, de pratiquer des activités qui permettent de garder notre équilibre mental et physique. Il faut juste être capable de connaître ses limites et les ressources qui nous entourent. Et surtout de les utiliser. Il faut surtout que ce soit quelque chose qui nous ressemble. Ce qui fait du bien à quelqu’un ne nous fait pas forcément du bien.

Les milieux de travail peuvent être utiles en offrant diverses possibilités à leurs employés.

C’est la fin de la série

Voilà. C’est ce qui fait le tour de l’intervention féminisme. J’espère que cela vous a été utile et que vous avez appris un peu plus sur le sujet. Comme je l’ai mentionné tout le long de la série, les informations que l’on trouve dans les textes peuvent être utiles, qu’importe le contexte. L’être humain n’étant pas un être unique, personne ne réagira de la même manière à une même situation. Il est donc important en tant qu’intervenant.e d’être ouvert à d’autres types d’intervention…