Publié dans Femmes, immigration

La violence faite aux femmes : pistes de solutions

Aujourd’hui, au Canada, c’est la journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Pourquoi ? Parce que le 6 décembre 1989, un tireur a été à la Polytechnique de Montréal et y a tué 14 femmes, dont 13 étudiantes en ingénierie. Et on le sait, la violence faite aux femmes est sujet délicat. Mais qu’en est-il lorsque les femmes vivent de la violence et qu’elles sont issues de l’immigration ? C’est déjà difficile lorsque l’on connaît les ressources et que la langue parlée de la société est notre langue maternelle. Et encore là ! C’est ce qu’aborde le document que Pamela Cross a réalisé en 2013 pour le Conseil Canadien des femmes musulmanes. Il traite de La violence à l’égard des femmes santé et justice pour les femmes musulmanes canadiennes. Il s’agit d’une série d’articles décrivant le contexte culturel de la violence. Voici le deuxième texte.

Mes gestes comptent
« Je viens de m’engager à mettre fin à la violence fondée sur le sexe. Enferez-vous autant? Visitez femmes.gc.ca »

La violence faite aux femmes, les hommes

Selon les travaux de Baobaid et Hamed, la violence faite aux femmes musulmanes est souvent due au fait que de nombreux maris résistent à abandonner les modèles qu’ils ont connus dans le pays d’origine ou qu’ils sont incapables d’y renoncer. Les hommes se sentent plus isolés que les autres membres de leurs familles dans le fait d’adopter les aspects culturels de la société d’accueil. Ils y voient souvent une contradiction avec les valeurs qu’ils ont connue dans leurs pays d’origine. Ce qui fait que certains hommes adoptent un comportement qui se veut protecteur de ces influences négatives. Comme ils n’ont pas les ressources nécessaires pour s’aider à s’en sortir, les hommes se tournent vers des pratiques de contrôle et de violence pour s’assurer de contrôler sa famille tout en la maintenant intacte.

La violence faite aux femmes, l’intersectionnalité

Pour étudier la question de la violence à l’égard des femmes et des filles dans les communautés musulmanes, l’intersecionnalité est nécessaire. Cela permet d’avoir une meilleure vision d’ensemble de la situation. Car la violence faite aux femmes n’est pas due qu’à un point précis. Elle découle de plusieurs facteurs et ils varient d’un cas à l’autre. Bien qu’il y ait des ressemblances entre les différentes cultures en matière de violence faite aux femmes, il y a beaucoup de différences. Cela dépend de la culture, de l’âge, de la classe sociale, de l’éducation, etc.

La violence faite aux femmes, victimes, vraiment?

Une tendance au Canada est de considérer les femmes musulmanes comme des victimes du patriarcat en oubliant qu’elles sont comme tout le monde, avec des forces et des faiblesses. Il y a donc une confusion entre la culture et le patriarcat pour bon nombre d’intervenants ce qui fait en sorte qu’ils oublient les habiletés des femmes musulmanes qui leur demandent de l’aide. Aussi, le cloisonnement des offres de services a aussi un impact sur l’aide que les femmes reçoivent.

La violence faite aux femmes, les solutions

Bien qu’il y a plusieurs initiatives pour aider les femmes musulmanes, mais ce n’est pas assez. Il est aussi important de sensibiliser les hommes, incluant les jeunes et les imams à cette réalité et à embarquer dans le mouvement d’aide aux femmes. Il est important d’élaborer des services adaptés aux différentes cultures présentes au Canada. Cela se traduit par des services offerts dans les langues maternelles des usagers et des moyens de communication efficaces qui peuvent les rejoindre facilement. La raison d’offrir de tels services aux femmes musulmanes est qu’elles ne doivent pas avoir l’impression de choisir entre leurs communautés et avoir accès à l’aide nécessaire à leurs problématiques.

Le modèle Duluth

Un modèle est utilisé pour bien comprendre la violence faite aux enfants et aux enfants : le modèle Duluth. Il a été conçu dans les années 1980 par des travailleurs communautaires de la communauté de Duluth au Minnesota. Un de leur outil est connu : la Roue du pouvoir et du contrôle, traduite en 40 langues en plus d’être adaptée aux réalités culturelles des communautés. Pour la communauté musulmane, il s’agit de Roue musulmane de la violence familiale. C’est à Sharifa Alkhateed que l’on doit son adaptation. Cette roue démontre que les messages religieux peuvent être utilisés pour autoriser la violence conjugale. On note comme exemples les menaces, comme d’avoir une deuxième épouse. Le fait aussi de dire que, selon les règles islamiques, qu’une femme parlant de la violence qu’elle subit est une violation de la vie privée de l’homme.

La roue de l’égalité et la roue du pouvoir et de contrôle  (c) Amal women center

 

 

Voici la fin de la deuxième partie. Une suite s’envient.