Publié dans expérience personnelle

3 aspects culturels appris lors de mon hospitalisation

Pour ceux qui me suivent régulièrement, vous savez qu’en octobre j’ai été hospitalisée. Un gros 2 semaines et demie passées dans un lit à ne pas trop bouger. Et à manger de la nourriture qui ne goûte pas grand-chose. Par contre, j’avais quelqu’un qui m’aidait énormément et qui me cuisinait des plats à la maison. Je pouvais donc manger autre chose que du riz et du poisson au citron.

Comme c’était ma première hospitalisation comme musulmane et que mon cas était assez grave, j’ai eu à me questionner sur la façon de procéder avec tout ce qui se passait. Voici ce que j’ai retenu de cette expérience. Je vous avais déjà parlé, il y a longtemps de mon expérience d’aidante naturelle avec mon ex-mari. Mais là c’était l’inverse!

Comment gérer la pudeur durant une hospitalisation ?

La pudeur ! Ç’a été un sujet délicat avec la personne qui m’accompagnait à l’hôpital. Pour elle, je n’étais pas pudique, parce que je laissais les médecins m’examiner. Il faut dire que j’ai eu une cellulite placée près de l’aine et en haut de la cuisse droite. Donc, un endroit un peu difficile à traiter. Dès mon entrée à l’urgence, j’ai eu droit à plusieurs équipes de médecins qui se sont succédé pour voir mon inflammation. L’équipe de chirurgie a fait un drainage dès ma prise en charge. Ce qui m’a mise mal à l’aise, c’était de devoir tout enlever, même mes sous-vêtements. J’ai jeté un regard à la personne qui m’accompagnait qui fait signe que oui, je pouvais le faire.

Le plus difficile ?

Mais après a été plus difficile. Les changements de pansements se faisaient par des femmes seulement. Mais lorsque les médecins, des hommes pour la plupart, venaient m’examinaient, il y avait une tension provenant de la personne qui était avec moi. Elle supervisait et gérait tout en ce qui concernait ma cellulite.

Dans ma tête, dès qu’une personne me touchait là, qu’importe qui, mon cerveau se déconnectait. Je n’ai pas super à l’aise à ce que quelqu’un joue dans cette région. Mais je me disais que pour ma santé, je n’avais pas trop le choix. Donc, je le faisais un peu à contrecœur, et surtout par nécessité.

 La culture religieuse et l’hospitalisation

Oui, la culture religieuse a un impact sur la manière de gérer une hospitalisation. La personne qui m’accompagnait est quelqu’un de très proche de moi. Donc, dans sa tête, les décisions qui me concernaient lui revenaient. C’était correct les premiers jours, à l’urgence. Avec tout ce qui se passait autour de moi, la gestion de la douleur, des médicaments, la fatigue et des gens qui me touchions, il me manquait de grands bouts. Cette personne m’a été utile durant cette période.

Mais quand j’étais plus conscience de ce qui se passait autour de moi, les infirmières me posaient des questions et je pouvais répondre une chose qui ne faisait pas toujours son affaire. Une infirmière a même pensé que j’avais refusé une prise de sang. Mon accompagnateur lui expliquait seulement que c’était plus pratique d’utiliser mon cathéter que la méthode habituelle. Il faut dire que j’avais les bras bleus et qu’il n’y avait plus vraiment de sang qui sortait…  

Le vocabulaire

J’ai grandi en apprenant à dire les bons mots pour les bonnes choses. Alors, si ça me tirait dans la fesse, j’utilisais le mot fesse. Je parlais de mes règles, car je suis entrée aux urgences comme elles se terminaient. Ma cellulite a commencé en même temps mes règles. Elles auraient pu être la cause de l’infection. Il m’était donc impossible de ne pas le dire. Les médecins m’ont même interrogé sur mes protections hygiéniques…   Parce que ça aurait pu avoir un impact ça aussi. Même parler de sexualité pouvait être important.

Pour la personne qui m’accompagnait me trouvait vulgaire parce que j’utilisais ces mots. Que je parlais de ces sujets. Preuve comme la culture a un impact sur comment nous abordons certains sujets. Dans la culture musulmane, beaucoup de sujets sont tabous, alors qu’on doit seulement être pudique. Il y a une différence entre les 2. J’ai eu à répondre à des questions sur ma sexualité. Est-ce que j’avais des relations sexuelles ? Sont-elles protégées ? Mais jamais sur comment ça se passe dans le lit. Ça ne concerne personne…

Bref, je pourrais continuer longtemps sur les apprentissages concernant mon hospitalisation. Mais, je crois, ce que j’ai écrit est un avant-goût de ce qui peut arriver.

Et vous, vos expériences à l’hôpital, c’était comment ?