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Publié dans Identité

L’identité et le choc culturel, parfois ça clash!

C’est indéniable. Lorsque l’on rencontre quelqu’un, même s’il est de notre culture, il y a une possibilité de frictions, d’accrochages, de choc. En fait, le choc culturel est quelque chose de personnel. Personne n’aura les mêmes réactions par rapport aux mêmes situations. C’est donc une manière de communiquer un malaise face à quelqu’un ou quelque chose que l’on découvre pour la première fois. En tant qu’humains, nous vivons des chocs culturels tous les jours. Mais les enfants en vivent plus que les adultes en raison du fait qu’ils sont davantage en apprentissage que les adultes.

Dans la plupart des cas, ces confrontations pédagogiques sont vécues positivement. Ce qu’ils nous apprennent tourne autour de la réflexion, l’adaptation, la médiation, l’ouverture. Bref, des qualités jugées positives par la grande majorité des gens. Les chocs culturels sont donc des sources d’apprentissages importants qu’importe l’âge auquel on le vit. Par le fait même, en ouvrant ses œillères et en se permettant de se conscientiser au vécu de l’autre, il est donc possible de briser l’isolement ou les préjugés. Il y a plusieurs façons de vivre un choc culturel. Par la rencontre de gens, par la lecture, les voyages, la gastronomie…

Évidemment, les chocs culturels sont très liés à l’éducation. Si l’on encourage dès un très jeune âge les enfants à l’ouverture et au respect des autres, leurs sensibilités à l’autre auront un impact sur leur réaction en cas de chocs culturels. En gros, la meilleure façon de permettre à un enfant de donner le goût d’apprendre et de bien gérer ses apprentissages, c’est de le laisser vivre des expériences positives dans ce sens. Par conséquent, tout choc culturel vécu forgera l’identité de l’individu le vivant.

Choc culturel ou choc des cultures ?

Il y a une différence entre les deux, mais il y a aussi une certaine complémentarité que l’on peut retrouver. Dans le cas du choc culturel, il s’agit d’un processus personnel, que seul l’individu vit. Il s’interroge sur ses propres valeurs, les normes sociales, ses propres repères. Dans cette optique, il se compare aux autres et se remet en question.  Le cas du choc des cultures, il est plus question d’un processus collectif. C’est à ce niveau que se joue la résolution de conflit, par exemple. Les gens réagissent en bloc et non par eux-mêmes. Il y a une certaine hostilité qui se répercute sur les autres et les contamine. On pense, entre autres, au colonialisme. Mais comme l’environnement immédiat joue sur l’identité de chacun d’entre nous, l’action collective a donc un impact sur nos questionnements individuels. Au cours d’une vie, les gens ont eu a plus ou moins vivre des variations identitaires selon les fréquentations qu’ils ont.

Est-ce positif ou non ?

Comme on vient de le voir, le choc culturel a un impact sur l’identité de chaque individu. Dans la grande majorité des cas, il est positif. Certaines personnes par contre, peuvent mal vivre ces apprentissages. Cela a donc un impact négatif sur leur identité. Apparu dans notre vocabulaire au milieu des années 1950 grâce à l’anthropologue Kalvero Oberg, il fait surtout allusion à l’anxiété vécue par les gens qui se sentent étrangers dans une situation qui ne leur est pas familière. Au fil des années, la définition du choc culturel a évolué. Par contre, il est unanime de dire qu’il existe 4 phases au choc culturel, chaque modèle ayant ses nuances.

Tout d’abord, on parle de lune de miel. Une période variable qui peut s’étendre de quelques jours à quelques mois. À cette période, les gens semblent ébahis par tout ce qui les entoure et sont dans le mode « tout nouveau, tout beau ». Vient ensuite la crise. C’est lorsque la personne se rencontre qu’en fait, tout n’est pas si rose que ça, qu’au cours des prochains mois, il rencontrera des difficultés qu’il ne pensait pas vivre. C’est à ce moment que ça passe ou ça casse. Si ça passe, enchaîne la phase de récupération. La personne s’ouvre à nouveau à ce qui l’entoure et reprend confiance en elle. Au bout du processus, elle s’adapte à la nouvelle situation.

Plusieurs choses peuvent causer un choc culturel.  Mais ce que l’on retient, c’est le fait qu’il y a une difficulté interne pour la personne qui le vit. Elle se remet en cause, car elle est prise dans un tourbillon entre son ancienne culture et sa nouvelle. Elle n’a plus de repère, donc elle devient instable, ce qui provoque une crise identitaire et un manque de communication. Ce qui peut marquer à vie certaines personnes. En fait, durant une certaine période, les gens vivant un choc culturel sont sous tension constante, sont désorientés, ont peur d’être rejetés ou de perdre une partie d’eux-mêmes, etc.

Bref, les différentes confrontations culturelles sont bien vécues par la grande majorité des gens. Mais il reste que pour d’autres, cela est plus difficile et le processus est plus long, voire dommageable.