Publié dans Définition, Réflexion

Pourquoi le black lives matter?

Black lives matter, la vie des noirs compte. Oui, elle est importante, comme toutes autres vies. J’avoue que je n’utilise pas souvent des titres en anglais, mais là, la situation l’impose. Avec la mort de George Flyod le 25 mai dernier, le mouvement a repris des forces. Mais pourquoi black lives matter ?

Des manifestants sur Wilshire Boulevard à Los Angeles, le 1er juin © London Entertainment/Splash News/ABACA

La vie des noirs compte pour plusieurs raisons

Ils sont victimes de beaucoup d’injustices. Le mouvement se veut donc un mouvement d’émancipation, principalement par rapport aux meurtres commis par les policiers. Des blancs, majoritairement. Mais le mouvement va bien plus loin que la mort de noirs aux bras des forces de l’ordre. Il inclut aussi toutes discriminations que les noirs peuvent subir.  Soit en raison d’un handicap, de leur orientation sexuelle, leur genre ou tout autre aspect de  leur vie.

La naissance du mouvement

Le mouvement naît aux États-Unis en 2013, sous le règne d’Obama. Il a suffi d’un tweet de Patrisse Cullos pour que le mouvement démarre. Dans ce tweet, il y avait la lettre d’une amie qui avait été écrite le jour de l’acquittement de George Zimmerman, la personne responsable de la surveillance du voisinage de Sanford, en Floride. C’est lui qui avait tué Trayvon Martin, un jeune noir de 17 ans, en février 2012. Il vivait temporairement et en toute légalité, dans une des résidences que Zimmerman surveillait.

Bref, à la fin de la lettre, Alicia Garza, son autrice, a terminé en disant :

« Black People. I love you. I love us. Our lives matter. ».

Une autre femme est aussi initiatrice du mouvement : Opal Tometi. Elle dirige Black alliance for just immigration en plus d’être écrivaine.

Au fils des années, des filières locales ont émergé un peu partout dans le monde.

Black lives matter : des perceptions ?

Il va de soi que ce mouvement plaît à la grande majorité des Afro-Américains. Et ils trouvent aussi beaucoup d’alliés à leur cause. Car dans les manifestations, il est possible de constater qu’il y a pas mal toutes les couleurs.

Par contre, il y a une forte opposition. Aux États-Unis, la majorité des républicains n’appuie clairement pas le mouvement. Mais il suffit de regarder qui dirige ce Parti pour comprendre la raison de cette opposition.

Mais il existe aussi une incompréhension par rapport aux revendications des Afro-Américains. Dans la tête de bien des gens, en disait que la vie des noirs compte, les autres vies humaines ne comptent pas. Pourtant, les partisans de ce mouvement affirment le contraire. Par contre, diverses études démontrent que les minorités visibles, notamment les noirs et les autochtones (vous pouvez lire le livre NoirEs sous surveillance de Robyn Maynard), sont surreprésentées dans tout ce qui concerne les relations avec les autorités policières. La situation empire si une situation d’itinérance ou de pauvreté est présente.

Mais pourquoi pas All lives matter alors?

C’est probablement la question qui revient le plus auprès des blancs privilégiés. Oui, en effet, toutes les vies comptent. Mais il existe une hiérarchie humaine dans bien des sociétés. L’homme blanc, surtout s’il parle anglais, sera pratiquement toujours en haut de la tour. Surtout s’il est fortuné et éduqué. Plusieurs facteurs influencent l’ordonnancement de cette pyramide : le genre, la race, la religion, un handicap, la pauvreté, l’éducation, etc. D’où le fait que plusieurs mouvements deviennent de plus en plus intersectionnels. Il est de plus en plus difficile de se focaliser que sur une revendication, car nous avons tous plusieurs dimensions et qu’elles sont vécues différemment selon les cas.

En revendiquant pour que les minorités puissent avoir de meilleures conditions de vie, pour que la hiérarchie sociale actuelle change, le mouvement black lives matter se bat pour toutes les vies. Mais il existe des critiques par rapport au fait qu’il n’y ait pas de mouvement spécifique aux autres minorité. Lundi, Michelle Audette, ex commissaire de l‘Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées au pays, en a parlé dans La Presse.

Une critique du mouvement All lives matter ? Qu’il préconise le racisme. Ce que l’on ne veut plus en 2020.

Black lives matter en conclusion

Le but de ce billet est surtout de sensibiliser à la cause du mouvement. Car oui, toutes les vies se valent. Mais il n’est pas normal que des gens perdent la vie en raison de leur couleur de peau. Bien que le mouvement soit né aux États-Unis, l’histoire aide aussi, il met le doigt sur un bobo international.

Qu’importe l’endroit où l’on vit, tout être humain subit ou fait subir du racisme à une autre personne. Parfois même de façon inconsciente. L’histoire nous montre de nombreux exemples sur le sujet. Le Nazisme allemand, l’apartheid sud-Africain, le conflit israélo-palestinien, le racisme systémique dans plusieurs pays du monde.

Donald Trump visite l’Église St. John près de la Maison Blanche après avoir fait évacuer la manifestation, le 1 juin 2020 – Photo The White House

Bref, contrairement à certaines personnes de droites, comme François Legault, qui affirment que le racisme, surtout au Québec, n’existe pas – on n’est pas les États-Unis après tout (ça n’existe probablement pas là-bas non plus) – il est bien réel. On s’en rend compte au contact de ceux qui le vivent quotidiennement et non en restant dans sa tour d’ivoire.

Faites vos recherches

Je vous encourage à faire vos recherches : faites des lectures (entre autre, ce livre), parlez avec des gens qui peuvent vivre du racisme, assistez à des conférences, etc. Ce n’est pas les initiatives qui manquent pour comprendre l’autre.

Auteur :

L'autre, celui qui est différent, qui dérange. Nous, qui accueillons ou rejetons. Nos relations, nos perceptions avec l'autre qui vient d'ailleurs.

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