Il n’y a pas si longtemps, je vous avais parlé du Guide du mieux vivre ensemble, ma laïcité, ma religion, mon identité de Patrick Banon et illustré par Anne-Lise Boutin.  À la toute fin du livre, il y a 20 principes pour une charte éthique du mieux vivre ensemble. Voici la première partie avec les 10 premiers points et quelques commentaires de ma part.

La dignité humaine est universelle

Qu’est-ce que la dignité humaine ? Pour remonter dans l’histoire, commençons par Cicéron. Pour lui, la dignité humaine est à la fois la reconnaissance des autres pour une situation sociale et un aspect intrinsèque lié au fait d’être doué d’intelligence. Si l’on chemine un peu (beaucoup) dans le temps, nous arrivons à Saint-Thomas d’Aquin, homme de foi, pour qui la dignité humaine se réfère à l’injustice sociale, notamment dans les discussions concernant l’esclavage et des droits des peuples autochtones d’Amérique Latine. Pour lui, la reconnaissance de la dignité humaine de « l’autre » est importante dans le processus de changement moral et spirituel qui permet de reconnaître l’injustice de l’oppression que les gens peuvent subir. Du côté philosophique, Kant ne laisse pas trop sa place non plus. Pour lui, la dignité humaine existe seulement si l’être humain est capable de moralité. Pour ça, même en 2017, je ne suis pas toujours certaine que ça existe !

Aujourd’hui, selon le professeur Steven Pinker (2008) le concept de la dignité humaine est « glissant et ambigu » et qui « engendre de nombreuses contradictions. » Pour lui, la dignité est une idée relative à chacun d’entre nous et qui peut varier selon le contexte.

Tout individu est unique et singulier

Il s’agit d’un concept étrange ici. On veut tous être uniques, mais ressembler aux autres ! Qui de mieux que Rousseau, lui-même, pour nous expliquer le concept ? Dans son livre Annales de la société, Rousseau mentionne qu’il y a l’individu et le génie. De plus, il ajoute que pour Helvétius, le génie n’est que la façon qu’un individu se distingue des autres. Diderot aborderait dans le même sens. Donc, on peut dire que ce qui nous différencie des autres, c’est notre personnalité et non ce que l’on voit à première vue !

Liberté et égalité permettent une communauté de destin

Ici, je crois qu’on a affaire à un concept très français, car on le sait, la France nous martèle avec sa liberté, égalité, fraternité… à moins que je me trompe dans l’ordre, mais c’est souvent comme bon lui semble.

Chaque individu a autant de valeur qu’un autre et possède le droit de rechercher le bonheur

Là-dessus, je suis d’accord. On ne peut pas prétendre être mieux qu’un autre. On ne sait pas par quoi il est passé, ce qu’il a pu vivre et, surtout, comment il en est arrivé à ce qu’il est au moment de notre rencontre. Et comment peut-on juger quelqu’un au bout d’une rencontre de quelques minutes ?

Chacun doit avoir le souci de l’autre

Se soucier de l’autre, c’est s’oublier un peu. Pas complètement, car il faut faire un équilibre dans tout. Concrètement, ce que ça signifie ? C’est d’être capable de mettre son orgueil de côté et d’être capable de prendre en compte l’opinion de l’autre, mais si on ne l’apprécie pas ! C’est d’être capable d’aller aider quelqu’un même si on ne s’en croit pas capable ! C’est de s’inquiéter pour un voisin fatigant que l’on voit moins !

Chacun doit privilégier sa responsabilité pour autrui avant toute forme de tolérance

De ce que je comprends de ce point, à moins que je me trompe, c’est qu’avant de dire que l’on tolère telle personne ou tel comportement, il faut faire en sorte de s’en soucier moindrement. C’est quelque peu en lien avec le point précédent, mais ce n’est pas fou comme idée. Pensez-y ! Cela veut dire que j’ai essayé de prendre contact avec cette personne, essayé d’apprendre à la connaître sur plusieurs aspects, essayé de ne pas la juger du premier coup ! C’est cela notre responsabilité envers autrui et cela demande beaucoup de travail sur soi.

Chacun doit respecter la liberté d’expression

En fait, oui! Si l’on veut que les autres écoutent ce que l’on a à dire, il faut savoir comment les écouter et réellement le faire. Et respecter ne veut pas dire être en accord, mais permet de développer notre compréhension d’un sujet ou de nouvelles idées,

Chacun doit accepter que l’idée qu’aucune religion ou philosophie ne peut prétendre détenir la vérité universelle

Dans la catégorie, un peu difficile, croire que ce que l’on accepte comme vérité n’est pas universel ! En fait, dans une même religion, il y a aussi plusieurs points de vue divergent qui font qu’il y ait des guerres de clocher ! Je m’en suis aperçue quand je me suis convertie à l’islam. Il y en a qui sont hyper strictes, d’autres très baba cool et il y a ceux qui sont dans le juste milieu et qui tente de faire comme ils peuvent.

Personne ne doit chercher à imposer la pratique de ses convictions à autrui

En effet, ce n’est pas parce que l’on croit en quelque chose que les autres doivent le faire aussi. Par contre, ce qui peut être bénéfique pour tous, c’est le fait d’échanger sur les idées que nous trouvons pertinentes. On n’impose rien, mais on peut faire évoluer les pensées. C’est comme ça que l’on chemine !

Chacun doit adapter sa pratique religieuse à son environnement social et culturel.

Là aussi, je suis sensiblement d’accord. Il faut trouver un juste milieu entre l’endroit où l’on se trouve et nos propres croyances. Je ne pratique pas de la même façon lorsque je suis chez mes parents qui ne sont pas musulmans que quand je vais dans ma belle-famille en Algérie. Chez mes parents, je peux m’habiller comme je veux sans problème, car je sais d’avance quand des hommes arrivent. Chez ma belle-famille, ce n’est pas tout à fait comme ça. Le monde entre comme dans un moulin, alors je n’ai pas trop le choix de n’avoir rien de trop moulant et d’avoir un voile proche en tout temps. Par contre, je ne déroge pas de ma prière et bien souvent, personne ne sait que je la fais, tellement je suis discrète !

C’est la fin de la première partie. Revenez pour connaître la suite!

Aujourd’hui, je vous suggère de lire un livre qui va droit au droit dans un sujet tabou dans certaines parties du monde et complètement assumé dans d’autres : la sexualité! Le livre en question est La sexualité dévoilée sexologue, féminisme et musulmane de Nadia El Bouga et Victoria Gairin. Il est paru chez Grasset en 2017 et a 224 pages.

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(c) Photo: Myrianne Lemay

Tout d’abord, il faut savoir que Nadia El Bouga est née en France de parents marocains. Elle a donc grandi entre deux cultures bien différentes et appris à concilier les deux simultanément. C’est probablement ce qu’elle a fait d’elle, premièrement une sage-femme et à pratiquer dans les hôpitaux français et que deuxièmement, elle en est venue à pratiquer la sexologie.

En effet, dans la culture maghrébine, la sexualité n’est pas que pudeur, elle est souvent tabou. Deux choses complètement différentes. Il est permis de parler de sexualité dans l’islam, mais pas de ce que l’on fait dans l’intimité de notre couple. Dans l’ouvrage de l’Imam Ibn al-Qayyim (1292-1350), Zad al Maad (Provision pour l’au-delà), dit clairement :

« S’agissant de l’acte sexuel, l’enseignement du Prophète le concernant est le plus parfait, car il en fait le moyen de préserver la santé, de se procurer du plaisir et d’atteindre les objectifs qu’il vise. En principe, l’acte sexuel est destiné à réaliser trois objectifs. Le premier est le maintien de la procréation, la sauvegarde de l’espèce jusqu’au délai déterminé par Allah pour la réunion de toutes les composantes de l’espèce dans le monde. Le deuxième est de libérer le sperme dont la rétention nuit à l’ensemble du corps. Le troisième est d’assouvir un besoin, de se donner du plaisir et de jouir d’un bienfait. Seul ce dernier avantage existe au paradis où n’existe ni procréation ni rétention de sperme à libérer. »

Il mentionne aussi que :

« les bons médecins pensent que l’acte sexuel est un des moyens de préservation de la santé [et que l]’acte sexuel conduit au contrôle du regard, à la maîtrise de soi, à la chasteté et à la réalisation de tout cela au profit de la femme. L’auteur de l’acte sexuel profite à lui-même ici-bas et dans l’au-delà et profite à sa partenaire. »

Mais El Bouga va plus loin. Elle parle de l’éducation sexuelle dans le monde arabe. Selon elle, le tabou entourant la sexualité à un impact sur l’enseignement que les parents, voire les institutions scolaires, transmettent aux prochaines générations. Mais j’avoue que cela est difficile de répondre aux questions des jeunes par rapport à ce sujet. Surtout dans un milieu occidental. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’aborder. D’où l’importance d’avoir des spécialistes dans le domaine. Comme Nadia El Bouga. Mais vu qu’elle est en France, c’est un peu compliqué pour tous les musulmans d’aller la voir. Forcément, il y a des sexologues musulmans ailleurs dans le monde, mais ne les connaissant pas, je ne peux pas faire la promotion de chacun d’entre eux. Pourquoi il est nécessaire d’avoir des spécialistes de notre communauté ? El Bouga le dit vraiment bien dans son livre. Je vous montre la photo qui l’explique bien.

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(c) photo: Myrianne Lemay

Je vous conseille donc, que vous soyez musulmans ou non, de lire ce livre. Et même si vous vivez entouré de pratiquants. Personnellement, j’ai compris certains principes que je connaissais plus ou moins et qui me permettent maintenant de mieux comprendre cette culture !

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je me sers du blogue pour faire quelques annonces.

Remerciements

Tout d’abord, merci de suivre Le monde de l’autre, qu’importe où, quand, comment, pourquoi… Sincèrement, c’est motivant de savoir que des gens viennent vous lire, surtout quand vous avez un sujet atypique!

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Merci!

Nouveautés

Aussi, vendredi dernier, j’ai fais mon premier live sur Facebook! À la suite d’un sondage réalisé sur la page Facebook il y a quelques semaines, je demandais au membre de la page de choisir leur préférence entre un peu plus de textes, mais sous forme différente de ce que je fais avec le blogue ou bien d’avoir des vidée avec ma petite face dedans! Hé bien, le résultat sont partagés, donc je vais m’arranger pour combler vos désir en créant des vidéos et un texte complémentaire. Par contre j’aurais besoin de vos suggestions de thématique ou si vous avez des questions, c’est le temps de les poser! Je prévois en faire un par mois!

 

Avis de recherche

Je suis à la recherche de femmes musulmanes qui aimeraient partager leurs expériences de vie au Québec. Tout au long de l’année. Pour les intéressées, écrivez moi et on en discutera. Idéalement, je cherches 12 femmes en raison d’une publication par mois!

Avis de recherche

Voilà les annonces que je vous ai réserver pour terminer l’année 2017!

L’hiver québécois, qu’est-ce que ça vous dit ? Pour beaucoup de gens venant de l’extérieur de la belle province, c’est pittoresque. Les Français ont l’image de « ma cabane au Canada. » Oui, on a des cabanes, dans le fond d’un bois, en haut d’un arbre ou dans le fond de la cour pour entreposer les babioles qui servent à l’entretien de ladite cour. Rien de très grandiose !

Encore moins lors de tempêtes ou de grands froids lorsqu’on a des déplacements ou des sorties à prévoir. Le mythe de la journée relaxante auprès du feu en pyjama et avec un chocolat chaud, c’est en vacances seulement, et non pas en plein milieu de semaine quand on a un rendez-vous important… à moins que ce soit un examen de mathématiques ou un oral dans le cours d’anglais. Là quand on va à l’école et qu’on doit manquer une journée, c’est la fiesta ! Au primaire, ce n’est pas trop compliqué, on vire complètement fou, car on peut aller jouer dehors. Au secondaire, on préfère retourner se coucher. Rendu au Cégep et à l’Université, là, on n’a pas le choix de se rendre, à moins que le cours soit annulé, car l’établissement reste ouvert malgré tout… Et sur le marché du travail, c’est similaire. On doit quand même s’y rendre en passant par les obligations quotidiennes, comme le détour à la garderie et être prit dans le trafic, car les Québécois ne savent plus conduire lors des premières neiges.

Sans c’est sans oublier que si on voit le soleil, il fait froid ! En fait, je devrais dire frette, car en bon québécois, cela veut dire qu’il fait plus froid que froid ! Oui, ça se peut… au Québec en particulier. Par contre, si on voit des nuages, on peut s’assurer d’un peu de chaleur, faute de vitamine D. Ici, l’hiver, c’est rare qu’on puisse avoir les deux en même temps, malheureusement.

Si je me fie à mon ex-mari, la température moyenne du Québec est de -40 degrés Celsius… à l’année, mais ce n’est pas le cas. Du moins, dans le sud de la province. Avec le facteur éolien, on peut atteindre ces températures, mais avec de grands vents. Dans le Grand Nord, par contre, c’est possible. Il faut simplement bien s’habiller, avec la technique de l’oignon ou de vêtements vraiment chauds et confortables. Pour la technique de l’oignon, ce n’est pas compliqué. Il suffit d’enfiler plusieurs couches de vêtements savamment choisis, genre coton, afin de faire circuler l’air chaud que le corps produit. Les sportifs pourront peut-être confirmer mes dires.

Mais on peut avoir de beaux souvenirs l’hiver. Dans l’enfance, principalement. OK le fait de manquer des journées d’école aide un peu à faire apprécier la saison. Ça, Noël et la semaine de relâche. Pourquoi ? Parce qu’on passe nos journées à jouer dehors, surtout quand on est à la campagne. Du moins, c’est se que faisait ma génération quand on n’était pas encabané à l’école. On allait dehors construire des forts… pour s’encabaner dedans. Sinon on glissait, on faisait de gros bonshommes de neige, on patinait… on était actifs et on avait énormément de plaisir. Sinon, les vacances de la semaine de relâche en février ou en mars, selon les années, étaient vraiment plaisantes. Car, là, on partait dans le fond d’un bois dans une cabane issue des rêves français.

La semaine dernière, je vous avais parlé du Guide du mieux vivre ensemble, ma laïcité., ma religion. Mon identité. Ce livre m’a donné l’idée de définir avec vous quelques notions qui peuvent vous permettre de comprendre les choses. Vous êtes prêts?

Accommodement

Selon le Larousse 2018, il s’agit d’un arrangement à l’amiable. On parle d’harmonisation son comportement avec une situation vécue. Selon Le petit druide des synonymes et des antonymes, il est question de s’habituer à l’autre, de s’adapter à lui. Est-ce que cela signifie que c’est réservé qu’aux minorités culturelles ? Et non, ce n’est pas que pour eux. Dans ce cas-là, les deux doivent s’accommoder. Mais si on parle d’une personne malade ou ayant un handicap, est-ce que c’est la même chose ? Non, parce que la personne étant dans cette situation n’a pas choisi d’y être. Pas tout à fait! Comme dans le cas de certains migrants.

Je suis d’accord que certaines demandes ne sont vraiment pas raisonnables et c’est le cas de certaines minorités. Par contre, au Québec selon le Comité des droits de la personne et des droits de la jeunesse, ce n’est que 35% des demandes d’accommodement qui ont comme motif la religion! En ce qui concerne l’accommodement lié à un handicap, on parle de 48% des demandes. On a qu’à penser à l’accessibilité universelle!

Assimilation

Ici, il est question d’intégration, mais cela va plus loin que juste s’intégrer. En psychologie, on parle de reconstitution identitaire afin de se sentir semblable aux autres. Est-ce que c’est une bonne chose? Je ne sais pas. Selon une étude menée en 2013, ce n’est qu’une minorité des allophones qui s’assimilent (10%) ou qui vivent un repli identitaire (30%). La grande majorité (60%) s’intègre parfaitement à leur nouvelle société d’accueil en faisant un savant mélange de ce qu’ils connaissent et de nouveautés.

Discrimination

La discrimination est le fait d’isoler un groupe par rapport à un autre selon des signes distinctifs. On pense à la race, au sexe, à l’âge ou à la scolarité, en fait tout ce qui fait qu’il y est une démarcation entre deux groupes. Un synonyme assez puissant est la ségrégation. Juste à l’écrire, je pense à toute l’histoire des noirs aux États-Unis ou à l’apartheid en Afrique du Sud. Selon Wikipédia, à la base, la discrimination était neutre. Par contre, lorsque l’on associe à un aspect social, elle a une connotation négative. Il est vrai que dans certains domaines, il faut savoir mettre de côté certaines choses. Mais lorsque l’on discrimine pour des raisons non justifiables, est-ce vraiment de la discrimination?

Injustice

Ça, je crois qu’on en a tous vécu à un moment ou un autre dans notre vie. Souvent, cela réfère à un acte qui nous semble inéquitable entre deux personnes. On croit, à tort ou à raison, qu’il y a eu une erreur de jugement ou du favoritisme et cela nous affecte personnellement. On vit de la colère, de l’humiliation… ça affecte notre confiance et on se remet en question. La justice est un principe moral impliquant le respect de ce qui est conforme au droit. Donc, il est tout à fait normal qu’on soit atteint en tant que personne et qu’il faille lutter pour qu’elle nous soit rendue.

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Laïcité

Un mot malmené ici! Selon Patrice Banon, du Guide du mieux vivre ensemble, ma laïcité., ma religion. Mon identité, mentionne qu’il s’agit d’un « système qui permet à une diversité de religions de cohabiter » et que tous concitoyens ont des droits égaux. En fait, selon le Larousse 2018, il est question de la séparation entre la religion et la politique. Ce qui fait que, dans certains cas, la ligne est mince et que den d’autres cas, la séparation est flagrante. La laïcité est souvent associée aux différents milieux où la religion catholique est majoritaire, mais ou d’autres religions sont présentes. La France et le Québec se disent laïques, car dans la politique, il y a une réelle volonté de séparer l’État de la religion. Par contre, dans les faits, c’est autre chose, car on fait souvent référence à l’identité religieuse des autres pour se définir.

Liberté d’expression

George Orwell disait que de « parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » Il n’a pas tort. Du moment que cela soit fait avec respect et qu’on sache distinguer la limite à franchir. Ce qui n’est pas toujours simple. Il ne faut faire attention à ne pas tomber dans l’injure ou dans la provocation à la haine. On ne peut pas être d’accord avec l’idée d’autrui, mais respecter son opinion est aussi important que le respect de la sienne. Et si l’on veut que l’on se fasse respecter en tant qu’individu, il faut respecter l’autre aussi. Il n’y a pas d’autre choix, car cela peut éventuellement causer des débordements… que l’on voir trop souvent, malheureusement.

Neutralité

Je ne sais pas pour la France, mais au Québec, la laïcité et la neutralité sont des notions souvent confuses dans la tête des gens. En fait, la neutralité en matière de religion est un sujet sensible. La neutralité réfère au fait de rester neutre dans un contexte précis. Donc, on ne doit pas prendre parti pour un parti plus qu’un autre. Est-ce que la religion fait en sorte que quelqu’un manque de jugement, s’il porte un signe quelque conque. Non, si la personne a obtenu son poste, c’est que les ressources humaines ont jugé qu’elle était capable de remplir les fonctions qui y sont liées… ou qu’il y a quelque chose de louche qui est caché (pots-de-vin, l’enfant du boss, etc.)

Préjugés

Les préjugés sont des jugements provisoires qui sont créés à partir d’idées préconçues et souvent sans prise de conscience. C’est là que les phrases toutes faite du genre « on sait bien, vous autres…» et autres commentaires irréfléchis interagissent avec la réalité. Personne ne sait ce que peuvent les autres et il est impossible d’être dans leurs souliers même que cinq minutes. Les préjugés ne sont que des suppositions sur quelque chose que l’on ne connaît pas réellement.

Nous sommes dans les derniers milles de l’année 2017. L’an 2018 cogne à nos portes dans quelques jours seulement. Faisons un survol de ce qui a marqué l’année en cours.

La fusillade de la Mosquée de Québec

L’événement s’est le 29 janvier 2017, à Québec lors de la dernière prière de la journée. Au total, six personnes sont tuées et on pouvait compter plusieurs blessés. L’auteur de ce crime est un jeune dans la vingtaine dont il est préférable de taire le nom… Il a déjà amplement de visibilité grâce aux médias. Par contre, il était connu comme étant quelqu’un ayant des influences comme Donald Trump et Marine Lepen en plus d’être affilé à l’extrême droite, de plus en plus présente dans la veille capitale. Alors, il ne faut pas s’étonner de l’acte qu’il a fait. Mais bon, il a déjà eu assez d’attention comme cela. Nous avons simplement une pensée pour ses parents et son frère jumeau pour qui les répercussions ont dû être importantes dans leurs vies.

Émirats Arabes Unis, Abu Dhabi, Mosquée

(c)pixabay Manne1409

Évidemment, à la suite de cet attentat terroriste, car s’en est un même si c’est un blanc qui en est l’auteur, les politiciens ont repris l’événement à leur avantage, principalement le maire Labeaume qui y allait de promesses en raison des élections municipales qui ont eu lieu en novembre dernier. L’avantage, c’est que les médias ont parlé de comment faire une prière funèbre dans l’Islam. À ma connaissance, cela s’est très peu fait dans les médias au Québec. C’est la mascarade politique autour qui m’a le plus déranger. Par contre, on a pu constater que plusieurs personnes sont habitées par la haine envers les musulmans et qui approuvaient le geste posé contre la mosquée. Mais ce n’est qu’une minorité. La grande majorité des Québécois ont démontré de la solidarité avec leurs concitoyens musulmans.

Une question qui a été soulevée a été le fait qu’il n’y a pas de cimetière musulman dans la région de Québec. Des pourparlers ont eu lieu avec la municipalité de Saint-Apollinaire, mais qui se sont soldées comme un échec. Par contre, une section dans un cimetière chrétien est à la disposition des musulmans qui le désirent. Par contre, ce n’est pas tous les musulmans qui sont à l’aise avec cette perspective, en raison de certains principes islamiques. On verra ce qui arrivera dans l’avenir pour les musulmans vivant ailleurs dans la province, car pour l’instant, les musulmans peuvent être enterrés que dans la région de Montréal.

L’arrivée massive d’Haïtiens

Au courant de l’été, plusieurs migrants Haïtiens ont quitté les États-Unis pour venir s’établir au Canada comme demandeurs d’asile. Ils étaient irréguliers et non illégaux dans leurs démarches. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y a rien qui interdit le droit canadien. D’ailleurs, pour le Barreau du Québec, « il est important de distinguer les concepts de demandeurs d’asile et de réfugiés et d’éviter de faire référence au concept d’« immigrants illégaux » qui n’existe pas dans notre droit. » Qu’en déplaise à ceux qui considèrent qu’on devrait interdire l’entrée au pays de ces gens, pour que cela soit possible, il faudrait changer la loi. Je ne crois pas que ce soit possible pour le moment.

Haïti, Drapeau, Empreintes Digitales

(c) pixabay kurious

Si vous vous souvenez, le stade olympique, qui ne sert pas à grand-chose pour le moment, a servi de dortoir pour ses nouveaux arrivants. Malgré la contestation de certaines personnes au Québec, la grande majorité des Québécois ont été généreux avec ces personnes afin qu’elles puissent vivre avec dignité.

Le projet de loi 62

La Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements pour un motif religieux dans certains organismes, mieux connue sous le nom de code « projet de loi no62 », est une loi québécoise qui interdit aux fonctionnaires et aux usagers de se cacher le visage au moment de services dans la Fonction publique. Il s’agit d’un projet de loi qui est plus ou moins présent dans les débats politiques depuis quelques années dans le but de discriminer une poignée de personnes, une centaine tout au plus! Sur une population de plus de 8 millions d’habitants! Je rappelle que Marois a perdu ses dernières élections pour exactement cette raison, c’est-à-dire celle de vouloir cacher la femme musulmane portant le voile.

La loi 62 a été adoptée en octobre, juste un peu avant l’événement concernant les 10 ans de la Commission Bouchard/Taylor du 19 au 21 octobre. Il en était question à ce moment et je vous avais mentionné qu’elle serait contestée parce qu’elle est discriminatoire. Eh bien, ç’a été fait au début novembre par trois co-demandeurs: une citoyenne canadienne convertie à l’Islam, l’Association canadienne des libertés civiles et par le Conseil national des musulmans canadiens. L’article 10 est ciblé par une demande d’invalidation et suspendu pour un moment.

Comme je l’avais mentionné dans un autre article, les femmes portant le niqab collaborent déjà à ce niveau. Elles n’ont pas besoin d’une loi pour se le faire dire!

#moiaussi/#balancetonporc/#metoo

Toujours en octobre, il y a plusieurs dénonciations à travers le monde qui concernaient des hommes du milieu artistique. Le phénomène était planétaire et évidemment parlait des agressions sexuelles. On a pu constater, encore une fois, que le pouvoir monte facilement à la tête des hommes au détriment des femmes. Pourtant, on a pu prendre conscience que même les hommes peuvent en être victime. On ne dira pas plus le nom de tous ceux qui ont la fabuleuse idée (not) d’abuser de leur pouvoir auprès des plus faibles, mais on a bien vu que cela a eu un impact sur leur carrière. Je dis bravo à toutes les victimes qui ont dénoncé leur agresseur.

Metoo, Femmes, Harcèlement, Sexuelle

(c) pixabay surdumihail

By the way #moiaussi!

Les femmes et la politique municipale

Le 5 novembre dernier, c’était jour d’élection au Québec. Pour ceux qui me suivent d’ailleurs, c’était pour les élections municipales. Plusieurs premières se sont produit cette journée. Selon les Affaires municipales et Occupation du territoire, et comme il a été mentionné dans la lettre ouverte de l’événement Femmes et féminismes en dialogue, non seulement les Montréalais ont élu la première femme comme mairesse de Montréal en la personne de Valérie Plante, mais le pourcentage de femmes présentes dans les différents conseils municipaux est désormais à 31,3% et la majorité est âgée de 35 à 44 ans. Cela représente une augmentation depuis 2005 où la présence des femmes rodait, à cette époque, autour de 26%. Et plusieurs autres premières se sont produites lors de ces élections municipales, autant à Montréal qu’en région, en ce qui a trait à la cause des femmes. Entre autres, le Québec a élu la première femme autochtone à Montréal comme conseillère, mais aussi la première femme transsexuelle comme mairesse à Très-Saint-Rédempteur, en Montérégie. À la suite de ces élections, une première femme est présidente du Conseil municipal de Montréal. En plus, elle est issue de l’immigration récente du Québec!

Cocher La Case, Croix, Choix, Oui, Consentement

(c) pixabay jette55

Comme nous pouvons le voir, 2017 a été assez mouvementé au Québec. Mais, personnellement, je ne m’ennuierais pas de cette année ! Pour vous, quels ont été les événements les plus marquant en 2017?

[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3.

Du Nord au Sud, des femmes luttent encore pour faire face à l’injustice, l’exclusion et l’oppression. Ces dernières mènent une lutte permanente pour faire reconnaître leurs droits, obtenir la place qui leur revient dans la société ou « simplement » contribuer au bien-être de leurs congénères. Certes, « elles ont obtenu des gains, mais il reste beaucoup à faire ». C’est l’idée dans laquelle s’est inscrit le forum et le colloque Femmes et féminismes en dialogue. Cette rencontre a été menée en s’appuyant sur deux cadres théoriques : la médiation interculturelle et l’intersectionnalité. C’est dans une ambiance conviviale que les participantes ont présenté et échangé leurs idées et expériences grâce à un processus de recherche action-médiation qui avait été mis en place dans leurs pays respectifs.

Chacun de ces pays a des enjeux qui lui sont propres. Il est certain que la réalité des femmes est différente selon l’endroit d’où elles viennent. On note des éléments de différenciation entre ces femmes qui ont une influence sur leur perception de ce que sont les enjeux.  En effet, en référence à ce que l’on a entendu durant ces quatre jours, il apparaît que des faits tels que l’âge, le statut social, l’éducation, la religion, l’ethnie, la couleur de peau, l’accès aux ressources, le handicap, la colonisation, etc., ont un impact important sur les problématiques vécues par les femmes. Et de toute évidence, ces éléments ont aussi un impact sur leur perception des stratégies à adopter afin d’adresser les problèmes. La définition que l’on donne du féminisme peut varier en fonction de ces éléments de différenciation et, dans certains cas, le féminisme peut devenir un terme controversé tout en permettant l’inclusion ou l’exclusion d’autres femmes.

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Mini synthèse de ce que l’équipe a retenu de cet événement! Crédit: une membre de l’équipe!

Malgré tout, il est possible de trouver des similitudes dans les revendications communes à l’ensemble de ces femmes. On pense à l’accès à l’éducation, à la lutte contre la violence qui leur est faite, au besoin de solidarité entre elles ou à la nécessaire participation des femmes à différents niveaux de la société. Lors du forum, à travers différents ateliers (de conte, d’écriture et de théâtre), ces femmes ont pu s’exprimer et échanger au sujet de leurs préoccupations. Par ce dialogue autour de la question des femmes et les luttes qu’elles ont menées, il s’est avéré possible de favoriser une compréhension commune, de se rapprocher, de « sortir de la zone du féminisme et trouver une place normale dans tout ce qui se passe dans le monde », selon les dires d’une femme présente lors du colloque. La convivialité, qui a teinté les divers échanges, a permis de construire des ponts et de créer des zones de rapprochement. Au point où, vers la fin, ces femmes se sont vues comme étant militantes, alliées, motivées, fortes, humaines, bâtisseuses, courageuses, chercheuses de solutions, sensibles, ouvertes, etc. Elles ont trouvé un consensus et avancé le souhait que, quelles que soient leurs revendications, il serait important de développer un « bled » (probablement virtuel), où il serait possible de travailler pour une construction collective et la capitalisation des acquis. Aussi, ce qui semble important n’est plus d’arriver à une définition commune du féminisme, mais d’être à même de communiquer sur nos différences, de les accepter et de favoriser leur compréhension et la prise en considération des perceptions qu’elles génèrent.

Dans ce contexte, il est bon de se rappeler l’Article 3 de la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination sur la discrimination à l’égard des femmes disant que « toutes mesures appropriées doivent être prises pour éduquer l’opinion publique et inspirer dans tous les pays le désir d’abolir les préjugés et de supprimer toutes les pratiques, coutumières, et autres, qui sont fondées sur l’idée de l’infériorité de la femme. »

Comme certains le savent, je suis étudiante à la maîtrise en médiation interculturelle à l’université de Sherbrooke. Dans la dernière session, nous devrons faire un stage et rédiger un essai à propos de la matière que l’on a vu en 1 an et demi. J’ai envie de vous partager mon idée afin d’avoir vos commentaires. Peut-être que cela pourra m’aider à produire quelque chose de mieux. Je ne mentionnerais pas le milieu dans lequel je ferais mon stage, car, au moment d’écrire ces lignes, rien n’est encore signé.

La problématique du stage

Ma problématique part du fait que depuis quelques années, on entend parler en mal des musulmans. Les médias semblent associer l’islam à certains actes violents qui sont perpétrés actuellement. Ces fusions idéologiques ont un impact sur la cohésion sociale au sein de la population québécoise, entre musulmans et « de souche ». Selon certaines études, les adolescents sont les plus vulnérables dans cette situation. Non seulement l’adolescence est une période difficile à vivre, mais certains se font davantage étiqueter que d’autres de sobriquets en raison de cet amalgame. C’est à cette période que l’adulte se forme. Par contre, on constate un manque de soutien provenant des différents milieux où se trouvent ces jeunes. Ce qui ressort des études sur le sujet, c’est le manque d’espace de discussions pour que ces jeunes puissent s’exprimer et se développer. De quoi parler dans ces espaces ? De tout ce qui peut les intéresser : religion, politique, histoire, etc. L’avantage de ces échanges est de favoriser le développement de compétences qui sont utiles tout au long d’une vie : l’esprit critique, l’ouverture, la confiance, la communication, le respect, l’apprentissage linguistique, etc. La relation avec les parents peut influencer aussi ce que l’adolescent comprend de sa nouvelle réalité. Aussi, le manque de formation des intervenants est mentionné dans les études. L’impact des différents éléments peut faire en sorte qu’un individu reste sur la bonne voie ou non.

Cette réflexion m’amène à me poser la question suivante : comment promouvoir l’autonomisation des jeunes musulmanes au sein de la société québécoise et ainsi favoriser la cohésion sociale entre musulmans et québécois ?

Mes objectifs

L’objectif principal est de créer une banque de ressources permettant à l’autonomisation de jeunes adolescentes musulmanes. Il s’agira d’un document ayant des activités et des outils qui favoriseront le dialogue et l’apprentissage de compétences comme l’esprit critique, la langue arabe et la connaissance de soi et d’autrui.

L’objectif secondaire est de permettre à l’organisme d’être autonome dans l’animation des activités. J’espère que ce document soit un outil de travail pour vous et qui vous sera utile pour attirer une visibilité qui sera positif ainsi d’être une plus-value en matière d’intervention.

En gros, ce que je compte apporter par la réalisation d’une banque de ressources, c’est de permettre aux jeunes musulmanes d’en apprendre sur elles, mais aussi de s’assurer qu’elles soient outillées pour analyser certaines situations. D’où l’apprentissage de compétences qui seront traversables dans quatre aspects qui ont été relevés dans plusieurs études. Il y a l’aspect identitaire, le fait d’en apprendre sur la société québécoise, la relation qu’elles ont avec leurs parents et tout ce qui touche la religion musulmane et la langue arabe.

Mon positionnement

Bref, c’est mon idée de départ, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je tiens à préciser qu’en tant que médiatrice, la neutralité reste importante. Je ne suis pas là pour créer un document de propagande afin d’endoctriner qui que ce soit. Au contraire, le but est de faire en sorte de prévenir que cela arrive. Étant convertie, je comprends un peu le fait de se remettre en question lorsque quelqu’un nous attaque par rapport à notre foi et ne pas être en mesure de se défendre parce qu’on ne connaît pas assez bien le sujet et qu’on ne maîtrise pas la langue arabe. Je sais aussi que bien des parents immigrants ne connaissent pas très bien la société québécoise n’ont pas forcément l’opportunité de bien l’expliquer à leurs enfants. Je crois que le fait que je sois musulmane et Québécoise est une richesse qui permettra au projet d’avoir des répercussions positives sur les adolescentes.

Qu’en pensez-vous? J’attends de vos nouvelles.

Oui, aujourd’hui, je m’adresse principalement aux adolescents. Quoique le livre dont je vous parlerais soit quand même bien pour les adultes. Il s’agit du Guide du mieux-vivre ensemble, ma laïcité, ma religion, mon identité de Patrick Banon. Les illustrations sont de Anne-Lise Boutin et il a été publié chez Actes Sud Junior en octobre 2016. Divisé en huit courts chapitres, ce document se lit rapidement, car il n’a que 103 pages. Personnellement, je l’ai lu en moins d’une journée.

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Ce que je trouve bien de ce livre, c’est qu’il ouvre la porte à la discussion avec vos enfants. Comme mentionné dans le titre, on nous explique principalement le lien existant entre la religion, l’identité et le mieux-vivre ensemble. Dès le début, on nous explique le principe de différences et de ressemblances, qu’elles font partie de nos sociétés depuis toujours. Dans le premier chapitre, Ma terre, on y parle de la mythologie grecque, de la sédentarisation, de l’agriculture, de la différence homme/femme, etc.

Dès le deuxième chapitre, Mes stéréotypes, on y parle de notre perception de l’autre. Le troisième chapitre, Mon identité, parle entre autres de Noé et son déluge, de citoyenneté et de narcissisme. Le quatrième chapitre, Ma religion, il est question de diversité religieuse, plus particulièrement des trois religions monothéismes et de définitions qui y sont reliées. Par contre, je ne sais pas pourquoi, les Français ont une tendance à changer les noms qui ne sont pas français. Chaque fois que je lis un livre qui traite de religion et qui vient de la France, je ne me peux m’empêcher de grincer des dents. On y lit que le Prophète de l’Islam est Mahomet. Désolée de vous apprendre que ce n’est pas son nom, mais bien Mohammed. Mahomet est le surnom que les Juifs lui ont donné qui signifie le non-bénie, alors qu’en réalité son nom signifie le digne de louanges. Petite différence!

Le cinquième chapitre, Ma liberté d’expression, mentionne qu’il y a une limite à la liberté d’expression, ou du moins une manière de dire les choses, et de blasphèmes. Par contre, une erreur s’est glissée dans ce chapitre lorsqu’il est question des attentats de Charlie Hebdo et du mouvement « Je suis Charlie » en janvier 2015… L’auteur parle de 2014, soit un an trop tôt!  Dans le sixième chapitre, Ma laïcité, on définit ce qu’est la laïcité. C’est un concept mal compris qu’on confond avec neutralité religieuse, du moins au Québec. Mais ce chapitre-là, à mes yeux, concerne davantage la situation de la France. Au Québec, même si certains tentent de suivre l’exemple de nos cousins, notre situation est différente de ces derniers.

Le septième chapitre, Ma mixité, parle de l’égalité homme/femme. On y parle du fait qu’elle est nécessaire du fait que les femmes ont été soumises à l’homme pendant trop longtemps. La mixité est vue comme un remède au totalitarisme. Mon avis sur ce point est partagé. C’est vrai que la femme a un certain désavantage par rapport à l’homme et qu’il faut corriger. Par contre, de là à dire que la mixité est un remède, un peu moins certaine. Je crois davantage que l’éducation est un remède à bien des maux ! En terminant, le dernier chapitre, Mon humanisme, parle davantage de juridiction. Dans un prochain article, je vous parlerais de la charte dont il est mention dans ce chapitre.

Ce que j’aime de ce livre, malgré quelques points de désaccord, c’est qu’il aborde des sujets délicats et qu’il ouvre la porte à la compréhension de l’autre. Par contre, je ne laisserais pas un adolescent le lire sans pouvoir en parler avec lui par la suite. Comme je l’ai dit au début, il s’agit d’une opportunité de discussion avec eux et il faut la saisir. Ce n’est pas tout le monde qui est du même avis concernant les mêmes points, c’est un moment idéal pour leur montrer le respect de l’autre et comme exprimer son opinion sans blesser l’autre.

Je n’ai pas d’ado en ma possession actuellement, donc je ne peux pas vraiment tester l’activité sur eux, mais ceux qui en ont, est-ce que vous avez ce genre de discussion avec les vôtres?

Hier, c’était la journée des droits de l’homme. Cette journée existe depuis 1948 et est fêtée tous les ans depuis cette date. Adoptée à Paris par les 58 États Membres qui constituaient l’Assemblée générale de l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l’homme est devenue officielle. Aujourd’hui, le texte de la Déclaration est traduit dans plusieurs centaines de langues, mais je me questionne à savoir si tout le monde la connaît réellement. Déjà que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen était controversée en 1789. Vous pouvez lire le texte concernant la Déclaration des droits des femmes illustrée, pour vous mettre en contexte.

En fait, si l’on revient au sujet de ce texte, je ne crois pas que tout le monde connaisse cette déclaration. Poser la question est y répondre, n’est-ce pas ? C’est bien que cette Déclaration soit accessible linguistiquement, mais ce n’est pas tout le monde qui peut lire. Certains dépendent des autres pour connaître ce qui se passe ailleurs. Le manque d’éducation est un facteur important dans ce qui est transmis les uns aux autres. Pourtant, l’article 26 de la Déclaration est clair :

« 1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Déjà en partant, aucun être humain n’est égal sur ce point. Et sur bien d’autres points vous me direz et je vous l’accorde. Déjà que ce texte cible les droits de l’homme et non de l’être humain ! Selon le site Philosophons, il y a trois critiques possibles : politique, sociale et empirique. Dans la critique politique, on y mentionne le fait que l’égalité absolue entre concitoyens est inexistante. Ce qui n’est pas faux. Pour ce qui est de la critique sociale, on fait référence à Karl Marx et à sa conception du droit et de la liberté qui est surtout liés la bourgeoisie. Du point de vue empirique, il n’y a pas de droit naturel, c’est la communauté qui a le dernier mot. Il y a aussi une nuance entre la pratique et la théorie. Mais ça, je crois que tout le monde le sait. Mais je vous invite à aller lire le texte, car je n’ai fait qu’un résumé de trois critique. Mais dans aucune critique mentionnée, la présence des femmes n’est pas mentionnée. Pourtant, comme on le sait, elles sont celles qui sont le plus brimées dans leurs droits.

Bref, il est toujours d’actualité de se rappeler que les inégalités sont toujours très présentes dans nos sociétés. Au sein même des sociétés occidentales, très industrialisées, les inégalités sont déjà très marquées. Si on compare avec les sociétés plus traditionnelles, c’est totalement différent. Mais c’est selon nos yeux d’Occidentaux. Dans les faits, est-ce que ce l’est réellement ?

Et vous, vous en pensez quoi ?