Osez-vous les conversations ?

C’est ce que propose Guillaume Villemot dans son livre Le pouvoir des mots, osez les conversations ou comment les nouveaux outils de communication peuvent devenir de véritables espaces de conversation. Oui, le titre est vraiment long, mais le livre se lit très bien. Il n’a que 157 pages, alors, en moins d’une journée, on le dévore. Sorti en avril 2017 chez Eyrolles dans la collection L’instant qui suit, l’auteur se questionne sur les différents espaces de communication actuelle.

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Le livre Le pouvoir des mots de Guillaume Villemot. (c) Moi-même

J’oublie, la préface est d’Alexandre Jardin. Il m’a bien fait rire avec une liste de risques à entretenir une conversation avec autrui. En voici quelques-uns :

  • Changer d’opinion ;
  • Envisager un sujet sous un autre angle ;
  • Être séduit ;
  • Découvrir notre propre incohérence sur certains sujets ;
  • Ne pas toujours se prendre au sérieux.

D’ailleurs Jardin compare le fait de converser à une renaissance perpétuelle. Chaque conversation nous permet de renaître, intellectuellement parlant, et de voir la vie autrement. Le meilleur conseil qu’il donne, de façon ironique bien sûr, est de rester cloîtré, de stagner dans nos idéaux ou de s’entourer de gens insensibles… si on ne veut pas évoluer. C’est tout dire.

Mais qu’est-ce qu’une conversation ?

Une conversation est, selon Villemot, un échange d’informations entre deux individus. Habituellement, sur un sujet précis. Mais bon, si vous écoutez les commères dans votre entourage, les sujets sont précis et sujets aux changements rapides. Mais pour le commun des mortels, il y a aussi une alternance entre la parole et le silence. On oublie souvent que le silence parle, parfois plus, qu’un simple mot. Surtout lorsque le sujet est sensible comme dans le cas des gens ayant connu une forme ou une autre de violence.

La conversation est née lorsque l’homme a pris conscience de ses besoins de communiquer avec les autres. Et cela remonte à loin. Les philosophes croient que la découverte de la vérité a eu un impact sur la dynamique des discussions. C’était peut-être vrai à une époque, mais j’ai un doute là-dessus aujourd’hui avec la quantité de FakeNews qui existent et que le monde gobe sans brocher. Pour Montaigne, une conversation se fait face à face, car le corps est impliqué dans la discussion. Le non verbal et les sous-entendus en disent gros sur la façon de s’exprimer.

Communique-t-on partout pareil ?

La réponse est non. Et la manière d’apprendre la communication est aussi différente d’une culture à l’autre. Un exemple que j’aime bien dans ce livre le démontre bien. Le peuple kanak, un peuple de Nouvelle-Calédonie, dit :

« D’abord tu es les oreilles et tu écoutes, ensuite tu es les yeux et tu regardes, enfin tu es la parole, tu es sage, tu sais comment faire et tu apprends aux autres, tu partages. »

Ce que je comprends de cette citation, c’est que l’apprentissage se fait par étape. On écoute, on pratique et, une fois que l’on a bien compris, on transmet au suivant. Ce qui signifie aussi que la manière de dialoguer varie d’une culture à l’autre, mais aussi selon les sexes. On le sait, les femmes ont une petite tendance à parler trop comparée aux hommes. Mais on constate que les sujets varient aussi d’un sexe à l’autre.

Qu’est-ce qui influence les conversations ?

L’environnement dans lequel on évolue influence grandement la manière dont on entre en contact avec les autres. En ville, il y aurait moins d’espace réservé à la communication, comme les marchés publics. Par contre des initiatives existent un peu partout dans le monde. Par exemple, en France comme au Québec, il existe des jardins communautaires ou des potagers partagés, pour les Français qui me lisent. D’autres initiatives : la Fête des voisins et Dialogue en humanité. Les exemples sont majoritairement français, mais il en existe un peu partout dans les grands centres urbains de la planète.

En conclusion, je termine en citant Villemot. Il dit que la conversation n’est pas un art, mais juste une manière de se comporter, de vivre. On le voit actuellement. Les médias sociaux sont maintenant le théâtre de conversations de toutes sortes, bien souvent en moins de 140 caractères. Cela en dit long sur nos sociétés actuelles qui communiquent rapidement sans prendre en compte les différentes variantes qui les entourent.

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