Tolérance : un mot comme un autre?

Aujourd’hui 16 novembre, c’est la journée internationale de la tolérance. Mais qu’est-ce que c’est la tolérance ? Selon Antidote, deux solutions sont possibles. Premièrement, il s’agit du « respect de la liberté d’autrui, de ses manières de penser et d’agir ; respect des opinions politiques et religieuses d’autrui même si on ne les partage pas. » C’est aussi le « fait de s’abstenir d’interdire ou d’exiger quelque chose alors qu’on le pourrait ; liberté qui résulte de ce fait. » Les définitions du Petit Robert 2009 abondent dans le même sens. Mais dans les faits, l’est-on vraiment ?

En fait, j’ai l’impression du contexte. Dans bien dans des cas, nous le sommes. Mais chacun d’entre nous avons des points que nous tenons réellement à coeur. Personnellement, je suis vraiment intolérante au manque de respect, qu’importe la forme. Je suis quelqu’un de patient, mais il se peut que si la personne n’est pas correcte avec moi, j’essaie de l’éviter dans le but de ne pas créer de conflit. Car, quand je me fâche, je traumatise un peu les gens tellement que ça n’arrive pas souvent.

Mais quel type de tolérance a-t-on au Québec ?

Selon Claude Gélinas, anthropologue à l’Université de Sherbrooke, il y en a au moins deux. Le premier est plus pragmatique, c’est-à-dire, qu’on n’a pas le choix de l’accepter. Le deuxième est plus intégratif, c’est-à-dire qu’on va plus loin que juste l’accepté mais aussi à l’intégrer dans la société, car on y voit une valeur réelle, utile pour notre identité collective. Les Québécois se situent majoritairement entre les deux. La tolérance est présente et précieuse quand on se compare avec d’autres sociétés.

Pour Gélinas, la tolérance vient avec la connaissance. Lorsque l’on ne connaît pas certains aspects de l’autre, on a tendance à se méfier de lui. Pour miser sur la tolérance, il faut miser sur l’éducation et la connaissance de l’autre. Cela évite de prendre les préjugés et de se les approprier maladroitement.

Comment procéder?

Pour y arriver, il existe des stratégies à long terme. Dans l’enseignement, il faut laisser de la place pour la prise de conscience en matière de différence. L’aspect anthropologique n’est pas assez enseigné au primaire et au secondaire. Le cours d’éthique et culture religieuse est un bon pas vers la bonne voie, mais on aurait pu éviter de parler de religion. Le but de ce cours est de parler des points communs que l’on peut avoir, mais c’est l’expression de ces points qui font la différence entre deux personnes.

À plus court terme, il faut multiplier les espaces de rencontres et de dialogue entre les citoyens issus de cultures différentes. Le rôle de l’État est de faciliter la création de ces espaces, car c’est au contact de la différence qu’on apprend à accepter ce qu’elle est et faciliter la convergence citoyenne.

Il faut avoir une expertise en la matière d’animer ces groupes de discussions. Pour cela, il y a les médiateurs interculturels. Ils n’ont pas pour mission de trouver eux-mêmes les solutions, mais d’amener les parties à le faire par elles-mêmes. Il s’agissait d’une recommandation de la commission Bouchard/Taylor.  L’État peut aussi avoir pour mission de favoriser ce type d’emplois. Le rôle de l’État est de soutenir l’action citoyenne, car la meilleure façon de favoriser un cadre de vie qui accepte l’interculturalité, les prises de décision ne doivent pas venir de l’État lui-même, mais des citoyens. L’État est là pour appuyer les projets citoyens.

Mais la représentation des immigrants au sien de l’État?

Pour Jorge Frozzini, professeur à l’université du Québec à Chicoutimi, il y a clairement un vide à ce niveau. Cette omission provoque un manque d’accès aux conditions d’implications à la vie active et à la volonté politique. Il y a un lien entre les deux, si l’un n’est pas stimulé, l’autre ne l’est pas non plus. L’équité des relations a aussi son importance. Il faut que les relations entre les différentes strates de la population soient égalitaires pour avoir droit à un partage des pouvoirs. Il s’agit d’un principe fondamental pour que l’implication de la diversité dans les institutions soit un succès. Si la relation est dominant/dominé, la place de la minorité est prise par quelqu’un d’autre qui est censé être influent dans une communauté qui n’est pas la sienne. La tolérance peut être néfaste, car la personne qui tolère se trouve en position de domination. C’est à éviter. Ce qu’il faut faire, c’est reconnaître l’autre comme un égal. Il est donc important de changer les termes, mais aussi nos comportements vis-à-vis l’autre.

Ce que l’on peut comprendre, c’est que la tolérance a un impact sur la vie des gens. Qui dit tolérant, dit éduqué, donc, ouvert d’esprit. Par contre, il existe un manque systémique par rapport aux immigrants. Bien qu’individuellement, chacun d’entre nous tolère l’autre, est-ce que le Gouvernement ou toutes autres instances le font ? C’est une question mérite réflexion.

 

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