Publié dans Identité

La religion et l’identité

Depuis quelque temps, je vous présente différentes notions concernant la construction identitaire. Tout d’abord, les notions plus générales et dernièrement, la notion identitaire chez les adolescents. Aujourd’hui, je vais vous parler de l’impact de la religion sur la construction identitaire. Et ici, je sais de quoi je parle. Après ma conversion, j’ai eu droit à toutes sortes de commentaires, positifs comme négatifs, sur les changements qu’elle m’a apportés.

Mais qu’est-ce que la religion ?

Selon Patrick Banon, dans son livre Guide du mieux vivre ensemble ma laïcité, ma religion, mon identité, il n’y a pas de définition précise. Ce que l’on sait, par contre, c’est qu’il y a plusieurs systèmes religieux croyant tous qu’ils détiennent la vérité. Pour Banon, aucune religion n’est condamnable, ce n’est que les pratiquants qui peuvent avoir des dérives comportementales. Cicéron a dit de la religion quel « est le fait de se soucier d’une certaine nature supérieure qu’on appelle divine et de lui rendre un culte. » Pour Émile Durkhien, la religion est un système de solidarités lié à la croyance et à la pratique spirituelle qui fait qu’une communauté se rassemble autour d’un même Dieu et y adhère.

Mais on peut dire que la religion est un phénomène culturel ayant une perception personnelle et des normes collectives. On peut définir une personne religieuse comme étant une personne faisant partie d’une communauté de croyants pratiquant des rites qui nous connecte à plus grand que soi tout en ayant des conduites concrètes dans le monde réel.

Schématisation d'une communauté de croyant
La communauté de croyants est connectée à l’au-delà et au monde réel par des rites et des conduites.

Mais qu’est-ce qui fait que l’on pratique ?

Il y a trois principales raisons : la transmission, la socialisation ou la conversion. Forcément, il y a une interrelation entre les trois. La transmission est le fait de communiquer, d’une manière ou d’une autre, un sujet ou un intérêt particulier, dans ce cas-ci, la religion. Donc automatiquement, cela a un impact sur la socialisation et une possible conversion. Car en côtoyant un type de personnes, forcément on socialise et cela a un impact sur notre vie. Du moins, une réflexion s’opère.

Pour ce qui est de la socialisation, il y en a deux types : primaire (la famille ou les amis) et secondaire (via les institutions, la société). La socialisation est donc, pour Brown et Gary (1991) un processus ou non seulement, on apprend sur tout ce qui entoure la religion, mais on intériorise ce que la concerne. Dans la socialisation primaire, c’est là que l’on acquiert les comportements liés à la religion et ses croyances. Au contact de notre environnement immédiat, notre vision du monde évolue et fait en sorte de renforcer notre relation avec la religion pratiquée à la maison. À long terme, il est possible de voir qu’il y a une corrélation entre la relation que nous avons avec la religion que pratique nos parents et l’éducation religieuse que nous avons eue enfant.

Évidemment, lorsque l’on vieillit, on prend conscience de ce qu’il y a dans le monde. Que ce que nos parents nous ont transmis est validé ou non. Si cela est validé, la personne continue son petit bonhomme de chemin. Mais il se peut, comme c’est le cas pour moi, que l’éducation religieuse des parents n’ait pas fonctionné. Ce n’est pas parce que parents avaient de mauvaises intentions, mais pour moi, le christianisme n’avait aucun sens. Je me suis considérée comme athée pendant longtemps avant de connaître l’islam. Même si je me suis mariée à l’église, je n’y croyais pas. Ce n’est qu’après mon premier divorce que j’ai commencé à fréquenter des Arabes et que j’ai su qu’on pouvait s’apostasier de l’Église. Ce que j’ai fait en 2010. Pendant tout ce temps, ma socialisation auprès des Arabes continuait et j’en apprenais graduellement. Je me suis mise à lire sur le sujet jusqu’à je me décide, en 2012, de me convertir.

Lors d’une conversion, beaucoup de choses changent. On se reconstruit tout en restant la même personne. Notre réseau change, nos habitudes aussi. Je suis moins d’accord avec le fait que, quand on se convertit, on devient radical et qu’on se coupe de la réalité. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Oui, on devient vulnérable, car tout le monde veut nous aider et nous guider selon ce qu’il connaît, mais il fait savoir prendre du recul par rapport à ce changement, y aller à son propre rythme. La conversion n’est pas une coupure d’avec notre réalité, mais une transition. Le principal message qui est dicté aux nouveaux convertis à l’Islam, je ne sais pas pour les autres religions, c’est de prendre son temps. Ce n’est pas tout le monde qui est de cet avis, mais honnêtement, il est préférable de comprendre ce que l’on doit faire avant de l’appliquer.

Ce qui est parfois difficile lorsqu’on effectue des changements dans notre vie, soit une conversion ou une immigration, il y a beaucoup de répercussions dans la vie des gens. On en parlera dans un prochain texte.

À bientôt!

Publié dans Lectures

Osez-vous les conversations ?

C’est ce que propose Guillaume Villemot dans son livre Le pouvoir des mots, osez les conversations ou comment les nouveaux outils de communication peuvent devenir de véritables espaces de conversation. Oui, le titre est vraiment long, mais le livre se lit très bien. Il n’a que 157 pages, alors, en moins d’une journée, on le dévore. Sorti en avril 2017 chez Eyrolles dans la collection L’instant qui suit, l’auteur se questionne sur les différents espaces de communication actuelle.

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Le livre Le pouvoir des mots de Guillaume Villemot. (c) Moi-même

J’oublie, la préface est d’Alexandre Jardin. Il m’a bien fait rire avec une liste de risques à entretenir une conversation avec autrui. En voici quelques-uns :

  • Changer d’opinion ;
  • Envisager un sujet sous un autre angle ;
  • Être séduit ;
  • Découvrir notre propre incohérence sur certains sujets ;
  • Ne pas toujours se prendre au sérieux.

D’ailleurs Jardin compare le fait de converser à une renaissance perpétuelle. Chaque conversation nous permet de renaître, intellectuellement parlant, et de voir la vie autrement. Le meilleur conseil qu’il donne, de façon ironique bien sûr, est de rester cloîtré, de stagner dans nos idéaux ou de s’entourer de gens insensibles… si on ne veut pas évoluer. C’est tout dire.

Mais qu’est-ce qu’une conversation ?

Une conversation est, selon Villemot, un échange d’informations entre deux individus. Habituellement, sur un sujet précis. Mais bon, si vous écoutez les commères dans votre entourage, les sujets sont précis et sujets aux changements rapides. Mais pour le commun des mortels, il y a aussi une alternance entre la parole et le silence. On oublie souvent que le silence parle, parfois plus, qu’un simple mot. Surtout lorsque le sujet est sensible comme dans le cas des gens ayant connu une forme ou une autre de violence.

La conversation est née lorsque l’homme a pris conscience de ses besoins de communiquer avec les autres. Et cela remonte à loin. Les philosophes croient que la découverte de la vérité a eu un impact sur la dynamique des discussions. C’était peut-être vrai à une époque, mais j’ai un doute là-dessus aujourd’hui avec la quantité de FakeNews qui existent et que le monde gobe sans brocher. Pour Montaigne, une conversation se fait face à face, car le corps est impliqué dans la discussion. Le non verbal et les sous-entendus en disent gros sur la façon de s’exprimer.

Communique-t-on partout pareil ?

La réponse est non. Et la manière d’apprendre la communication est aussi différente d’une culture à l’autre. Un exemple que j’aime bien dans ce livre le démontre bien. Le peuple kanak, un peuple de Nouvelle-Calédonie, dit :

« D’abord tu es les oreilles et tu écoutes, ensuite tu es les yeux et tu regardes, enfin tu es la parole, tu es sage, tu sais comment faire et tu apprends aux autres, tu partages. »

Ce que je comprends de cette citation, c’est que l’apprentissage se fait par étape. On écoute, on pratique et, une fois que l’on a bien compris, on transmet au suivant. Ce qui signifie aussi que la manière de dialoguer varie d’une culture à l’autre, mais aussi selon les sexes. On le sait, les femmes ont une petite tendance à parler trop comparée aux hommes. Mais on constate que les sujets varient aussi d’un sexe à l’autre.

Qu’est-ce qui influence les conversations ?

L’environnement dans lequel on évolue influence grandement la manière dont on entre en contact avec les autres. En ville, il y aurait moins d’espace réservé à la communication, comme les marchés publics. Par contre des initiatives existent un peu partout dans le monde. Par exemple, en France comme au Québec, il existe des jardins communautaires ou des potagers partagés, pour les Français qui me lisent. D’autres initiatives : la Fête des voisins et Dialogue en humanité. Les exemples sont majoritairement français, mais il en existe un peu partout dans les grands centres urbains de la planète.

En conclusion, je termine en citant Villemot. Il dit que la conversation n’est pas un art, mais juste une manière de se comporter, de vivre. On le voit actuellement. Les médias sociaux sont maintenant le théâtre de conversations de toutes sortes, bien souvent en moins de 140 caractères. Cela en dit long sur nos sociétés actuelles qui communiquent rapidement sans prendre en compte les différentes variantes qui les entourent.

Publié dans Réflexion

L’esclavagiste : non merci

Depuis quelques jours, on entend parler dans les différents médias, que la Libye fait de la vente d’esclave. On croyait pourtant le phénomène révolu, mais non, cela existe encore. Je constate par exemple que les Français en parlent plus qu’au Québec. Est-ce qu’on est moins concerné ici qu’en France ? La distance d’avec la Libye étant moins grande, les répercussions se font sentir davantage en France, du fait que les migrants souhaite aller en Europe en traversant la méditerranée. Ce qu’on a moins ici au Québec.

Mais pour faire une courte histoire, CNN a sorti il y a quelques jours un vidéo ou l’on voit des Libyens vendre aux enchères des migrants venant de l’Afrique Noire. Comme si, par le passé, l’esclavagiste n’avait pas causé assez de dégâts auprès de ces peuples. Mais contrairement à l’époque où l’on arrachait les Africains de leurs pays d’origine pour combler le manque de main-d’œuvre en Amérique, ici on parle de gens qui tente de fuir des conditions de vie déjà difficiles pour aller vers un avenir meilleur… qu’ils n’atteindront pas de ci tôt.

Dans la situation qui nous concerne présentement, on parle de migrants clandestins qui, comme on vient de dire, tentent de rejoindre la méditerranée pour s’assurer d’un avenir meilleur. Pour se faire, ils n’ont pas le choix de passer par l’Afrique du Nord, qui s’étend du Maroc à l’Égypte, donc des pays musulmans. Pourtant, l’islam interdit l’esclavagiste. Au contraire, dès le début de la révélation coranique, les plus fortunés des musulmans libéraient des esclaves aux riches non-musulmans. L’exemple le plus célèbre est Bilal. De plus, lors de son discours d’adieu, le Prophète a clairement dit qu’un Arabe n’est pas supérieur à un non-Arabe et qu’un noir n’est pas inférieur à un blanc. Vive et versa. Donc, nous sommes tous égaux, si ce n’est qu’en matière de foi. Mais bon, ce n’est pas parce qu’on est musulman, que l’on pratique adéquatement l’Islam. Malheureusement.

Oui, l’humain est égal vis-à-vis son semblable. Techniquement parlant. Mais ce n’est pas le cas. Partout dans le monde, des gens font en sorte que les plus vulnérables subissent les pires injustices, touchant ainsi à leur dignité. Ce que fait en sorte que leurs droits sont bafoués à plusieurs niveaux. Mais qu’est-ce que la dignité humaine ? Il s’agit du respect de l’autre, qu’importe, de quoi il a l’air, quoi qu’il pense ou dise. Cela implique aussi que toute personne a droit à sa liberté. On s’entend que ce qui se passe actuellement en Libye touche particulièrement ce point. On brime des gens vulnérables en raison, entre autres, de leur couleur. Non seulement on les vend, le prix de base est estimé à 340 euros, soit un peu plus de 500$ CAD, mais on les torture physiquement et mentalement. Déjà qu’il est impossible de mettre un prix sur un être humain, mais on leur fait perdre leur valeur intrinsèque en les maltraitant.

Les migrants auront de la difficulté à faire confiance aux autres, car selon Le Parisien, ce sont les passeurs qui les ont dénoncés. Mais cela n’est rien comparativement aux traumatismes qui perdureront dans le temps pour ces gens. Le gouvernement libyen promet de faire enquête sur la réapparition du phénomène en leurs terres. Mais cela ne changera rien aux conséquences que les migrants garderont toutes leurs vies.

L’indignation est mondiale. Personne ne reste insensible aux images qui circulent actuellement concernant ces ventes aux enchères. Par contre, après une recherche, je n’ai rien trouvé sur le site d’Amnistie International sur le sujet. Du moins pour le Canada francophone. Si vous entendez parler de quoi que ce soit sur ce sujet, contactez-moi pour que je puis relayer les informations.

Publié dans Identité, immigration

La construction identitaire chez le jeune immigrant

Lundi dernier, je vous ai parlé de la journée mondiale des droits de l’enfant. Il n’y a pas si longtemps, l’enfance et l’adolescence n’existaient tout simplement pas, ou du moins, n’avaient pas la même définition qu’aujourd’hui. Mais que pour certains spécialistes, l’adolescence n’est qu’une invention culturelle liée à certaines sociétés contemporaines. En effet, encore aujourd’hui, pour certains peuples, il n’y a pas vraiment d’étape entre l’enfance et l’âge adulte. Dès que l’être humain est pubère, il est considéré comme adulte. Donc, pour la grande majorité d’entre nous, c’est autour de 12 ou 13 ans. Mais pour beaucoup, l’adolescence n’est qu’une transition entre l’enfance et la majorité.

On le sait tous, l’adolescence a été une période hasardeuse pour beaucoup d’entre nous. Et ce l’est encore aujourd’hui. On n’est plus des enfants, mais on n’est pas des adultes. On est donc responsables, mais immatures à la fois. L’adolescence est donc un moment ambigu dans la vie d’un humain. Il y en a qui sont encore couvert jusqu’à leur départ de la maison alors que d’autres l’ont difficile dès leur plus jeune âge.

Si vous vous souvenez de votre adolescence, nos besoins étaient essentiellement égocentriques. Nous voulions être reconnus pour ce que nous étions réellement. Nous voulions nous dissocier, pour la grande majorité d’entre nous, de ce que nos parents voulaient pour nous. Mais que dire quand on traverse l’adolescence dans un contexte migratoire.

L’adolescence est synonyme de quête identitaire. Nous cherchons à combler des besoins de singularisation, d’appartenance, d’une identité bien définie, de continuité, de cohérence et d’avoir une image positive de soi. En gros, on a besoin d’être unique, mais de ressembler à des gens auxquels on s’identifie (amis, vedette, adultes qu’on admire, etc.) et qui nous valorisent.

Les jeunes issus de l’immigration ont les mêmes besoins que les jeunes natifs. Par contre, la manière de combler ces besoins est difficile. Ils sont confrontés entre les désirs de leurs parents et ceux qu’ils découvrent en s’établissant ailleurs. Je le répète souvent, mais les jeunes immigrants sont souvent pris entre deux mondes. Ils ne sont pas d’ici totalement, mais ne sont plus de cet ailleurs. Par contre, ils vivent encore dans ces deux environnements et doivent faire en sorte de trouver un équilibre entre les deux. Y arriver n’est pas toujours évident, car chacune de ces expériences est douloureuse. Alors, imaginez lorsqu’on vit simultanément une immigration en pleine crise d’adolescence. J.A. Howard disait qu’être immigrant en même temps que de vivre son adolescence est beaucoup plus difficile en raison du faire fait que, non seulement les aspects physiques, sociaux et économiques ont un impact sur la vie de tout adolescent, mais que ces aspects varient selon la culture dans lequel nous vivons. Donc, c’est un joyeux bordel pour les adolescents immigrants.

En effet, il est difficile pour les adolescents issus de l’immigration de concilier les différents écarts de règles : celles de la maison et celles de la société. Forcément, lorsqu’on est confronté à ce genre de situation, beaucoup de questions se posent par rapport aux valeurs de ces deux mondes. Cela a donc un impact sur la manière de se définir en tant qu’individu, de cheminer vers une nouvelle version de soi-même. Les parents perdent souvent leurs repères en raison qu’ils n’ont pas de références dans la nouvelle société. Ils ont vécu leur propre adolescence d’une autre manière que celle de leurs enfants. La culture a une influence sur notre perception de notre vécu et de celui des autres. Ce qui fait que, dans tout ça, le jeune essaie de trouver une cohérence entre ce qu’il vit à la maison et à l’extérieur. Il se retrouve donc en repositionnement constant à la recherche de lien de confiance et d’amitié avec autrui.

Ce dernier point est souvent difficile à vivre pour ces jeunes immigrants par le fait que les repères ne sont pas les mêmes que pour les jeunes natifs. Il s’agit d’un problème d’intégration, soit dans leur communauté d’appartenance ni dans la société d’accueil. L’école est l’endroit par excellence pour que ces jeunes s’intègrent. Pour bien des parents, la scolarisation de leurs progénitures est importante par le fait de réussir à l’école est un gage d’intégration dans le nouveau milieu. Mais pourtant, ce n’est pas le cas. Souvent, lorsque les parents ne parlent pas la langue du pays, ces jeunes se retrouvent donc l’intermédiaire entre leurs géniteurs et la société d’accueil. Ce n’est pas une mince affaire que d’être le responsable de ses parents quand on se cherche soi-même.

Tout dépendant de l’âge où l’intégration scolaire se fait, divers problèmes peuvent être découverts soit avec l’enfant ou le parent : linguistique, sociale, santé, l’hiver québécois. Il y a un isolement qui se fait, surtout quand on est parent immigrant. Cet isolement est un résultat du manque de reconnaissance de compétences parentales. Pourtant, dans leur pays d’origine, ils ont ces compétences. Cela a donc un impact sur la vie familiale.

Tout ça fait que la question identitaire devient un sujet sensible pour bien des immigrants. Les repères ne sont plus les mêmes et que la transmission des valeurs peut se faire difficilement. Dans un prochain texte, j’aborderais la notion de la religion sur la construction identitaire. Car, bien qu’au Québec, la religion fait partie du privé, ce n’est pas le cas de toutes les sociétés.

Publié dans évenements, Lettre ouverte, médiation interculturelle

Femmes et féminismes en dialogue: lettre ouverte

[Collaboration]

Ce texte a été écrit en collaboration avec des étudiantes de deuxième année à la maîtrise en médiation interculturelle offert par l’Université de Sherbrooke dans le cadre du cours Projet Intégrateurs 3. Les images sont de Rafael Benitez de l’organisme Paalmtl.

 

Depuis toujours, on se questionne sur la place des femmes dans la société. Comment développer leurs droits ? Lesquels prioriser en premier ? Quel type d’égalité hommes femmes devrait-on viser ? Comment y arriver ? Quels types d’obstacles les femmes vivent-elles au quotidien ? Beaucoup de questions, beaucoup de possibilités. Avec les récents événements au Québec (adoption de la loi 62, la Commission d’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, la Commission sur le racisme systémique, la vague de dénonciation pour les inconduites sexuelles, etc.) on peut se questionner encore plus sur ce que la femme représente au sein de notre société. Quelles femmes veut-on voir ? Quelles femmes veut-on cacher ? Les femmes sont-elles solidaires les unes des autres ? Y a-t-il un ou plusieurs féminismes? Le féminisme se vit-il de façon identique ailleurs dans le monde ? Sinon, de quelle manière est-il vécu ?

Depuis des siècles, le mouvement féministe a apporté beaucoup aux femmes et par conséquent, aux sociétés. Mais principalement dans les dernières années. On sait que le féminisme a toujours existé sous différentes formes. On pense à Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), aux suffragettes et au droit de vote (1832 au milieu 1940 environ), à Simone de Beauvoir et à la lutte pour la légalisation de l’avortement (deuxième partie du 20e siècle), à Thérèse Casgrain qui fonde la Fédération des femmes du Québec en 1966, à Malala Yousafzai et l’éducation des filles (actuellement) ou à Natacha Kanapé Fontaine et aux femmes autochtones (actuellement). Les exemples ne manquent pas. Mais encore aujourd’hui, et partout, de nombreuses femmes vivent des conditions difficiles et injustes. Il y a des avancées, mais elles sont inégales selon le contexte. Les différences au sein des diverses sociétés, politiques et économies varient, non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi d’un secteur à l’autre.  La politique illustre bien cette nouvelle dynamique. On n’a qu’à penser aux dernières élections municipales[i] au Québec. Non seulement on vient d’élire la première femme comme mairesse de Montréal en la personne de Valérie Plante, mais le pourcentage de femmes présentes dans les différents conseils municipaux est de 31,3%. La grande majorité étant âgée de 35 à 44 ans. Une augmentation depuis 2005 où la présence des femmes rodait, à l’époque, autour de 26%. Et plusieurs autres premières se sont produites lors de ces mêmes élections municipales, autant à Montréal qu’en région, en ce qui a trait à la cause des femmes. Entre autres, le Québec a élu la première femme autochtone à Montréal comme conseillère, mais aussi la première femme transsexuelle comme mairesse à Très-Saint-Rédempteur, en Montérégie.

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On parle des progrès de la cause des femmes, entre autres en politique, au Québec. Mais est-ce le cas pour toutes les femmes selon les différences sociales, religieuses, culturelles, d’origines et de générations ? Et qu’en est-il ailleurs dans le monde ? On pense que ces femmes se battent contre un environnement misogyne dans leurs sociétés ou communautés d’origine, un environnement que l’on croit plus inégalitaire que le nôtre. Qu’en est-il vraiment ? C’est ce dont il sera question lors du Forum et du Colloque Femmes et Féminismes en dialogue du 26 au 29 novembre 2017. Cet événement regroupera des femmes, déjà dans un processus de dialogue dans leur pays et venues pour partager sur les réalités multiples des femmes dans leur société et dans le monde. Non seulement tous les continents y sont représentés, mais les femmes qui sont présentes viennent autant de la société civile que du monde universitaire. Les sujets abordés vont des tensions qui existent entre femmes, aux avancées et reculs dans le ou les mouvements féministes. Cet événement a pour but de favoriser les échanges, savoirs et stratégies, entre participant-e-s. De plus, on vise la solidarité entre les femmes pour se construire et se renforcer au-delà des frontières. Organisé par une équipe de recherche action médiation interuniversitaire, cet événement rassembleur se tiendra à Montréal (Centre Justice et Foi) le 26 et 27 novembre et à l’Université de Sherbrooke, campus de Longueuil le 28 et 29 novembre. Pour plus d’informations, visitez le site du Colloque et du Forum international Femmes et féministe en dialogue.

[i] Source : Affaires municipales et Occupation du territoire https://www.electionsmunicipales.gouv.qc.ca/je-minforme/portrait-statistique-preliminaire-des-elections-municipales-2017-candidats/