Demain, c’est l’Halloween! La veille du jour des Morts dans la tradition chrétienne. Dans l’Islam, on ne fête ni un, ni l’autre. Nous n’avons que deux fêtes religieuses, soit à la fin du Ramadan et la fête du sacrifice à la fin du Pèlerinage. Pour ce qui est des autres fêtes religieuses issues du christianisme, elles se vivent au quotidien. Que ce soit la reconnaissance de l’amour des parents ou du conjoint ou que ce soit le rappel de la mort, on doit y penser tous les jours. Étant donné que c’est l’Halloween, j’en profite pour vous expliquer un peu les rituels islamiques liés à la mort.

Avant la mort

Car, oui, la mort se prépare avant son arrivée. Il y a le testament à faire et il y a des règles à respecter selon la situation. Par exemple, mon mari et moi n’avons pas le même type de testaments. Il a trois enfants, 4 frères et sœurs et ses 2 parents, en plus de moi, à tenir en compte. Alors que je n’ai que lui, mes parents et mon frère. Cela a une influence sur ce qui héritera de quoi, car chaque personne a son pourcentage après paiement de dettes.

Aussi, ce qui est important de décider, c’est l’endroit où l’on souhaite être enterré. Mon ex-mari, lors de son cancer, m’avait averti qu’il voulait être enterré en Tunisie. Actuellement, mon mari, on est tous les deux d’accord avec le fait d’être enterré là où l’on va mourir. Si c’est au Québec, ce sera au Québec. Si c’est ailleurs, ce sera ailleurs. Du moment que les rites funéraires musulmans soient respectés.

Aussi, lorsque l’on est croyant, il faut aussi faire en sorte que nos gestes quotidiens soient préparatifs à ce qui se passe avant les premiers signes de l’arrivée de la mort, de sa transition, mais aussi son après. Il est aussi bon de se rappeler qu’il faut prononcer l’attestation de foi avant de mourir. Pour les musulmans, c’est la clé d’accès au Paradis.

Rites funéraires musulmans

En effet, une fois que l’âme a quitté le corps et qu’il n’y a aucun signe de vie sur la personne, il y a une formule à dire lorsque l’on ferme les yeux du mort. Il existe plusieurs formules que l’on peut choisir. On doit aussi faire en sorte de maintenir la bouche fermée et de couvrir le corps d’un linge blanc, question de préserver la pudeur du défunt. Par la suite, on a 24 heures pour procéder au lavement, la prière et l’enterrement. Si la personne meurt durant la nuit, on l’enterre le jour suivant. Durant la journée, il faut que le corps soit en terre avant le coucher du soleil. La raison est simple : il n’y a pas d’embaumement en Islam. Il arrive que le délai soit plus long, comme dans le cas de rapatriement. Tout le rituel funéraire (du lavement à l’enterrement) se fait le corps du défunt face à la Mecque. Mise à part peut-être le transport du corps vers les différents lieux, mais les trois points suivants doivent respecter cette condition.

Lavage

Premièrement, il y a le lavage du corps à faire selon un rituel spécifique. Ce lavage peut se faire par un membre de la famille ou un bénévole, si la personne n’a pas de famille. C’est souvent le cas d’immigrants qui sont seuls dans le pays où ils ont immigré et que la mort est subite. Habituellement, dans le cas d’un couple marié, le conjoint survivant peut le faire. Mais sinon, les personnes qui s’occupent du lavement doivent être du même sexe que la personne décédée. Un parent peut laver ses enfants du même sexe que lui et vice versa. Une fois terminée on enveloppe le corps dans un linceul blanc et on parfume le corps de musc.

Prière Mortuaire

Cette prière se fait différemment que la prière habituelle que l’on fait cinq fois par jour. Il n’y a pas d’inclinaison ni de prosternation, ces dernières étant réservées à Allah. L’Iman se place devant le corps du défunt pour diriger la prière. Ici, les femmes peuvent assister à la prière.

Enterrement

Par la suite, on amène le corps vers le cimetière. Seulement les hommes suivent le cortège funèbre, les femmes restent entre elles avec la famille qui est présente. Dans les pays musulmans, on met directement le corps, enveloppé de son linceul, en terre. Tandis qu’en occident, on doit mettre le corps dans un cercueil tout au long du processus. À ce moment, un rappel concernant la mort est prononcé. S’il y a des femmes qui sont au cimetière, elles doivent rester à l’écart des hommes. Pourquoi les femmes ne vont-elles pas au cimetière ?  En raison de leur émotivité. En Islam, un cimetière n’est pas une place où l’on montre ses émotions, contrairement à d’autres cultures.

La suite…

Le deuil en Islam est relatif. Dans la majorité des cas, il dure trois jours. Durant cette période, la famille du défunt est prise en charge. Les voisins et la famille élargie lui apportent de la nourriture et s’assurent de la consoler. Par contre, dans le cas d’une veuve, la période de deuil est d’environ quatre mois lunaires (29 ou 30 jours) plus dix jours, si elle n’a pas ses règles. Dans le cas contraire, la femme doit avoir ses règles quatre fois de suite plus dix jours. C’est-à-dire que si elle a un cycle de 30 jours, elle doit le faire quatre fois plus dix jours. Pour un total de 130 jours pour vivre son deuil. Si la femme est enceinte, elle vit sa période de viduité tout le long de la grossesse. Si elle en est qu’au début, la période sera plus longue que si elle en est à la fin. Donc, la période de veuvage de la femme est relative à sa situation.

Il est aussi bien de visiter les tombes des gens que l’on connaît. Cela nous permet de nous rappeler la fragilité de la vie. Cela est permis autant à l’homme qu’à la femme.

Comme on le voit, le rite funéraire en Islam est à la fois similaire et différent des autres religions. Le lavement et le rassemblement sont importants. Ce n’est que la manière de procéder qui est effectuée rapidement. Il ne s’agit que des grandes lignes. Les musulmans doivent apprendre par eux-mêmes, comment procéder à un enterrement, selon sa condition.

Il y a deux semaines, j’ai terminé mon cours de communication et interculturalité. Dans la dernière fin de semaine du cours (trois en tout) on a parlé du lien entre la culture, la langue et l’identité. Le sujet me parlait particulièrement, car mon projet de stage s’enligne dans cette direction.

Il y a deux écoles de pensées concernant le langage. La première, l’universaliste, prône le fait que le langage est inné. La deuxième, la relativité linguistique, dit que l’apprentissage de la langue est acquis, comme l’est la culture. Les deux approches n’ont pas tort. L’être humain à la base veut communiquer. Les bébés le font avec les sourires, les pleurs et les babillages. La communication avec les mots, comme nous le faisons en tant qu’adultes, vient progressivement à force de côtoyer les gens d’une même culture, d’une même langue. Lorsque l’on change d’endroit, on doit s’adapter à un nouvel environnement, une nouvelle culture, parfois même, une nouvelle langue.

Plus on maîtrise de langues, plus notre cerveau perçoit différemment le monde dans lequel on vit. Et le phénomène est perceptible dès l’enfance. Les enfants qui apprennent plusieurs langues sont donc plus habiles à jouer avec les perceptions ainsi que de nuancer les propos et les idées des autres. Pourquoi ? Parce que la manière de parler et de penser est différente d’une langue à l’autre. En maîtrisant plusieurs langues, forcément une personne est aussi capable de réfléchir autrement. Ce qui peut aider à comprendre l’autre dans son ensemble. Par exemple, pour nous, il est sûr et certain que mon mari parlera en arabe avec nos enfants, si on en a. Je leur parlerais français. Pour l’anglais, on n’en a pas encore discuté, car notre langue commune est le français. À la mosquée, je parlais surtout en français avec les enfants, et je sais que certains ont fini par enregistrer des mots. Ils comprenaient bien ce que je leur disais, même s’ils répondaient en arabe ou en anglais.

En effet, la socialisation se fait par la langue. Une personne est toujours plus à l’aise avec sa langue maternelle. Par contre, pour les autres langues apprises plus tard, tout dépend du contexte dans lequel se fait l’apprentissage. Si on apprend une langue dans le cadre d’un emploi technique, ce sont les termes techniques qui sortiront plus facilement. Par contre, si on apprend une langue en voyage, ce sont les mots liés aux vacances qui seront appris en premier. Rien n’empêche de continuer à apprendre ces langues plus tard, mais le premier contexte d’apprentissage fera surface plus rapidement que les autres.

La socialisation se passera bien si la personne parle parfaitement la langue. Par contre, ce qui est triste, c’est lorsque la maîtrise d’une langue fait en sorte d’exclure quelqu’un. Ça et le manque de référent culturel. En effet, si l’on parle un peu croche ou que l’on cherche nos mots, et qu’on stresse pour une raison X ou Y, il se peut que des gens s’éloignent de nous. Comme il est possible que personne ne vienne nous voir parce qu’on est trop gêné de parler devant eux. On se retrouve donc isolé et on ne pratique pas. Ce qui affecte souvent notre attitude envers soi-même et en ses capacités. Idem si l’on ne maîtrise pas les codes d’une société qui sont liés à la langue.

La maîtrise d’une langue implique beaucoup de choses. Ça ne peut pas être que du par cœur. Il faut aussi que cela vienne du cœur, c’est-à-dire, vouloir apprendre, questionner sur les référents culturels qui peuvent être lié au quotidien des gens. À moins que l’on grandisse dans deux cultures. J’ai vu des vidéos de mon mari avec ses enfants en très bas âge. La manière dont il leur parle est totalement différente de celle qu’il utilise avec des adultes. Il est plus calme, plus joyeux. Aussi, il parle le dialecte de la mère des enfants, qui n’est pas algérienne. Avec les adultes, il est plus autoritaire dans sa manière de parler. Avec moi, c’est surtout l’arabe de base qu’on utilise, car je suis en apprentissage. Sans qu’on soit un langage trop enfantin, il n’est pas non plus autoritaire. Par contre, lorsqu’il est en colère, forcément, l’arabe prend le dessus. J’essaie de dédramatiser. Parfois cela fonctionne, d’autres fois, non.

Par contre, si je me prends en exemple, il est certain que si les gens ne me parlent qu’en arabe et que personne ne me traduit discrète la discussion, je décroche. Lors de mon passage en Algérie l’an dernier, les tantes de mon mari son venu me voir et m’offrir des cadeaux. Par contre, pas une ne m’a parlé en français. Par politesse, je devais rester avec elles, mais la discussion se passait entre elles et ma belle-famille. Lorsqu’elles sont parties, elles ont demandé à mon mari si j’étais fâchée. Je m’ennuyais plus qu’autre chose de ne pas rien comprendre et de ne pas pouvoir participer moi aussi à ce qui se passait. Par contre, lorsque je comprenais des mots, j’essaie de participer. Sauf dans la discussion sur le mariage de la veille. Ce que j’ai compris, c’est que personne n’était satisfait des gâteaux donnés en cadeau. Mon mari est arrivé sur le fait et j’étais vraiment contente de lui dire qu’il arrivait au moment de la chicane. C’est tout ce que j’ai compris sur les deux heures de discussion qu’il y a eu cette journée-là!

Idem lorsque j’ai rencontré mon ex-belle-mère. À peine sortie de l’avion, elle prenait le contrôle de la maison. Chose à laquelle je n’étais pas préparée et que je n’ai pas appréciée. J’aurais préféré lui laisser le temps de s’installer et de se connaître avant qu’elle agisse ainsi. Mais elle venait s’occuper de son fils malade. Personne d’autre ne pouvait le faire. Elle ne me parlait qu’en arabe, alors qu’avant elle me parlait en français avec des mots arabes. Mais on se comprenait. Mais là pas du tout. J’avais essayé d’expliquer la situation à mon mari, mais il prenait la défense de sa mère. J’étais donc la méchante épouse parce que je ne comprenais pas ce qui se passait!

La maîtrise des codes culturels est donc nécessaire, mais j’ai l’impression qu’elle est plus longue à faire que l’apprentissage d’une langue. Peut-être que je me trompe.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Voici la deuxième partie de la série sur le mariage en Islam! J’espère que vous avez apprécié la première partie, car ici on passe à l’acte!

Le consentement

OK rien d’étonnant ici! C’est le minimum. Autant l’homme que la femme peuvent dire non jusqu’au dernier moment. Une fois le oui prononcé, le mariage est conclu devant Allah! Par contre, le père ou le tuteur de la femme doit être en accord aussi. Il doit s’assurer que sa fille soit entre bonnes mains. Malheureusement, certains se laissent avoir par certains aspects que le prétendant laisse paraître. Par exemple, on m’a proposé quelqu’un du Maroc parce que, là-bas, il était millionnaire. Mon tuteur était prêt à me laisser partir seule rejoindre inconnu de nous deux. Mais lorsque je questionnais mon prétendant sur sa citoyenneté canadienne, il esquivait toujours la réponse. J’ai trouvé ça louche et j’ai laissé tomber. J’ai appris par la suite qu’il était déjà fiancé au Maroc et qu’il faisait ça pour les papiers canadiens. Plusieurs personnes, hommes ou femmes, se sont fait avoir sur ce point. Une fois le parrainage terminé, les personnes parrainées demandent le divorce. Avec la garde des enfants pour les femmes, les hommes disparaissent simplement dans la brume.

Qui peut être responsable de la femme? Son père, son frère, un oncle ou un grand-père musulman. D’abord, du côté paternel. Sinon, du côté maternel. Si la femme est orpheline ou convertie comme dans mon cas, c’est un imam ou tout homme musulman crédible peut faire office de tuteur. Pour moi, c’était l’imam de la mosquée que je fréquentais qui le faisait. Les deux musulmans que j’ai eu à marier ont été le voir pour qu’une rencontre ait lieu en sa présence.  Des questions sur la personnalité des deux personnes, mais aussi sur leur perception du mariage. La première rencontre sert principalement à faire un premier contact. Mais tout est relatif!

Pour mon premier mariage, j’ai rencontré mon ex-mari dans l’autobus allant à la mosquée! On s’est croisé à quelques reprises avant qu’il se décide à aller voir l’Imam. Pour mon mariage actuel, c’est une connaissance de mon mari qui avait l’habitude de me voir à la mosquée. Il lui en a parlé et sont allé voir l’Imam et tout à découler par la suite.

L’Islam considère que l’être humain devient adulte au moment de la puberté. Qu’importe le sexe. Il est donc possible de se marier autour de cette période. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut marier sa fille dès ses premières règles ou son garçon dès sa première éjaculation. La grande majorité n’a pas la maturité affective pour le faire de toute manière à cet âge-là ! Et bien qu’à une certaine époque cela était monnaie courante, aujourd’hui les choses sont réglementées dans beaucoup de pays. Malheureusement, cela n’empêche pas les mariages forcés ou arrangés et je suis d’avis qu’il faut continuer la sensibilisation à ce sujet. L’éducation doit passer avant le mariage, car sans éducation, le couple va faire quoi de son futur ?

Les droits

Les époux ont des droits l’un envers l’autre. Tout à fait logique, n’est-ce pas ? Oui, mais ce n’est pas le cas pour tous.  Idéalement, une fois marié, il est un peu tard pour les apprendre. Par contre, il n’est jamais trop tard pour réajuster le tir.

Tout d’abord, l’homme au moment du mariage doit donner une dot à la femme. Elle choisit ce qu’elle veut selon ses besoins. Il peut s’agir d’apprendre des sourates, de l’argent, des bijoux, des vêtements, des objets qui lui sont utiles, des produits de beauté, etc. C’est son choix et son mari doit le respecter. Pour moi, dans les deux cas, j’ai eu plus que ce que j’avais demandé. Mais le meilleur test que j’ai trouvé pour voir la sincérité de quelqu’un en matière de mariage est de demander à apprendre le Coran. Ce que j’ai pu observer, les moins sérieux se sauvent dès qu’ils entendent ça. Et qu’il doit rencontrer l’Imam avant que notre relation aille plus loin. Surtout si vous être convertie, cela peut vous être utile.

Quand je vous parlais de richesse, c’est que la femme a le droit d’être prise en charge par son mari. Il en est responsable, il doit donc la loger, la vêtir et la nourrir adéquatement. Et ce, même si elle est la plus riche des deux. Par contre, l’homme ne doit pas abuser et chercher à soutirer de l’argent à sa femme pour aucune raison valable. S’il en a réellement besoin, la femme peut consentir à lui en donner. Mais elle a le droit de refuser aussi.

Le droit au savoir est important. On ne peut pas empêcher une femme d’aller apprendre quoi que ce soit. Que ce soit la science islamique ou d’aller à l’école apprendre un métier. De toute manière, dans l’Islam la femme est celle qui représente toute la religion du fait qu’elle l’enseigne à ses enfants. Si elle ne sait rien de l’Islam, elle ne peut pas rien transmettre et on ne sait pas ce qui peut arriver. Il est donc important qu’elle soit éduquée autant sur la religion que sur la vie de tous les jours. On ne peut pas non plus lui empêcher l’accès au travail, car certains métiers doivent idéalement être fait par des femmes. Je ne connais pas beaucoup de femmes, musulmanes ou non, qui aiment aller en gynécologie et de savoir que c’est un homme qui va jouer dans sa zone intime.

On parle de l’importance des droits des femmes en islam. Mais l’homme à des droits que sa femme doit aussi respecter. Dont celui qui implique la « soumission » de l’épouse à son mari. Pour moi, il est beaucoup plus question de respect plus que de soumission absolue. Si la femme sait que son mari apprécie telle ou telle chose, il est normal de le faire. Il n’a pas besoin de lui demander, c’est quelque chose naturel qui se place au fil du temps. La protection des biens de la maison et d’être accueilli dans une maison propre est aussi important. Par contre, l’homme se doit d’aider sa femme dans certaines tâches domestiques.

Plusieurs droits vont autant pour l’un que pour l’autre. Comme le droit à une sexualité épanouie, de pouvoir apprécier la beauté de notre conjoint(e) ou de l’effort qu’il a fait pour s’embellir. Les petits gestes sont aussi nécessaires. Que soit un petit cadeau, un geste tendre, ou quoi que ce soit d’autre qui vient du cœur est important au maintien d’une bonne relation.

Ici se termine la deuxième partie. En espérant que cette partie ait été enrichissante pour vous ! Dans la dernière, il sera question du divorce et de la polygamie. C’est à suivre !

À bientôt pour le troisième texte!

L’Halloween s’en vient à grands pas. Du temps d’avant ma conversion, c’était ma fête préférée, en raison des couleurs et des décorations. Bon, je suis un peu vendu à la saison aussi. Le mois d’octobre est mon préféré. Donc voici un top 5 sur l’origine de fêtes du calendrier catholique. J’ai puisé mes références sur le site Parents Momes

Jour de l’an

Aussi appelé la St-Sylveste, il s’agit de la première journée de l’année ! La veille, bon nombre de personnes se réunissent pour célébrer son arrivée. Selon le site Parents Momes, pour les Romains, janvier est lié à la divinité Janus, dieu des portes et des commencements. Le nom du mois est inspiré du nom de la divinité. Janus avait deux visages : un vers le futur, l’autre vers le passé. Ils fêtaient donc, le Nouvel An en janvier. Mais ce n’était pas la seule date qui était utilisée pour le changement d’année. À l’époque de Charlemagne, c’était le 25 décembre. Pour d’autres, c’étaient à Pâques.

Ce n’est qu’en 1622 que la date a été fixée au premier janvier, tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pourquoi cette date? Le Pape de l’époque voulait simplement unifier le calendrier des fêtes religieuses catholique. Je me souviens, au secondaire, je crois, qu’on disait que le jour de l’an a déjà été le premier avril! Le changement de date pour le 1er janvier serait à la naissance du poisson d’avril! Je ne sais pas si c’est fondé, par exemple.

Par contre, dans d’autres religions, les calendriers sont fondés sur le cycle de la lune et non du soleil comme le calendrier grégorien. Par exemple, le Nouvel An chinois se fête quelque part entre le 20 janvier et le 18 février de chaque année. Pour les Tibétains la date change chaque année, tout comme c’est le cas dans l’Islam. Le calendrier islamique et toutes les dates importantes décalent de plus ou moins 10 jours par rapport à l’année précédente. En 2017, la nouvelle année est arrivée le 22 septembre. L’an prochain, ce sera autour du 10 septembre. Pour les juifs, le Nouvel An se fête en septembre ou en octobre, tout dépendant de l’année. Bref, dans l’ensemble on se fie au calendrier grégorien pour simplifier les relations entre les sociétés, mais chaque personne à son calendrier religieux pour ce qui concerne la vie spirituelle.

Saint-Valentin

Le 14 février de chaque année, c’est la fête des amoureux. Mais ce n’est pas toutes les religions qui la célèbrent. Non, pour certains, l’amour c’est au quotidien, pas une journée dans l’année. Beaucoup aussi refusent de la célébrer à cause de son aspect commercial. Ils n’ont pas tort.

Mais d’où vient la Saint-Valentin? Quelles sont ses origines? Je crois que la version la plus connue est celle d’un prêtre chrétien du nom de Valentin. Selon l’histoire, il célébrait des mariages en cachette au temps des Romains et qui serait mort un 14 février. Son nom a été associé à la date à cause de cette histoire. Il y aurait d’autres versions, mais je ne connais pas leurs fondements.

La Saint-Valentin est fêtée différemment dans le monde. Dans l’islam, elle n’existe pas, comme beaucoup d’autres fêtes du calendrier grégorien. En Europe, elle est célébrée qu’entre amoureux. Ici, en Amérique du Nord, les enfants et les adultes participent à la fête selon différentes variantes. Elle peut être familiale, mais aussi fêtée qu’en amoureux, selon la situation. On peut aussi donner des cartes et présents aux gens en dehors de la famille. L’amour a un sens beaucoup plus large que le terme restreint entre deux adultes. Au Japon, il s’agit d’une fête commerciale, tout comme en Amérique. La différence, seules les femmes offrent des chocolats aux hommes, amoureux, membre de la famille ou collègue de travail. Par contre, les hommes ont le tour un mois plus tard, soit le 14 mars!

Pâques

Une autre fête par excellence pour offrir du chocolat! Du moins en Amérique. Les traditions varient d’un pays à l’autre. Les dates changent chaque année, mais sont toujours fêtées au printemps. Il s’agit de la seule fête catholique qui se base sur la lune. Pâques est toujours fêté le premier dimanche après la première pleine lune du printemps. Ce qui fait que parfois elle est très tôt au début du printemps, alors que des fois, elle est célébrée tard en avril.

Il y a deux principales fêtes liées aux Pâques. Celles des Juifs et celles des chrétiens. La Pâque juive (il n’y a pas de «s» ici) est un rappel de l’Exode de Moïse lorsqu’il s’est enfui d’Égypte suivit de Pharaon. L’épisode de la séparation des eaux de la mer morte, ça vous dit quelque chose? C’est ce que les Juifs célèbrent!

Les chrétiens, quant à eux, fêtent la résurrection de Jésus trois jours après sa crucifixion. Pâques se référent donc à un renouveau dans la vie. Le printemps qui se réveille. La vie sur la mort, etc.

Halloween

C’est la fête que l’on fêtera la semaine prochaine! Mais connaissez-vous l’origine de cette fête?

À la base, il s’agit d’une fête celtique. Hey oui! Car en Irlande, le calendrier celte se terminait le 31 octobre et que la nuit du 31 octobre au 1er novembre était la nuit du dieu de la mort. C’était il y a 3000 ans. Selon la légende, les fantômes profitent des nuits pour visiter les vivants. Et comme les nuits se rallongent à l’automne, c’est le moment propice pour le faire. Pour les terrifier, les gens s’habillaient avec d’horribles costumes et se rassemblaient le 31 au soir, pour leur faire peur! C’est lors de la migration des Irlandais que la tradition s’est ancrée en Amérique.

L’origine vient de la fête de la Toussaint (tous les sains). C’est la fête du 1er novembre, donc celle qui suit l’Halloween (All Hallows Eve, la veille de tous les saints). Les citrouilles illuminées sont issues de la légende de Jack-o’-lantern. À l’origine, les Irlandais utilisaient des navets. C’est ici, en Amérique, que les choses ont changé… pour le mieux. La citrouille étant plus facile à sculpter que le navet.

Noël

C’est probablement la fête qui a le plus de variantes. En Amérique, c’est Noël et le Père Noël, en Europe, c’est Saint Nicolas. En fait, Saint Nicolas est le patron des enfants. Sa fête est à l’origine le 6 décembre. En Amérique, on fête le 25 décembre. Il s’agit peut-être d’un compris entre la fête de Saint-Nicolas en France et la célébration de la naissance de Jésus. Plusieurs doutent de la véracité concernant la naissance de Jésus, car l’origine réelle est païenne. La fête païenne fait surtout référence à la fête de la lumière et associée au solstice d’hiver. Les journées commencent à rallonger et on sort graduellement de la noirceur.

L’apparition du Père Noël est en lien direct avec Saint Nicolas. Les deux ont une grosse barbe blanche, un parka rouge et donnent des cadeaux aux enfants. La transition commence vers 1821 avec l’histoire écrite par un pasteur américain qui s’inspire libre de Saint Nicolas. En 1840, l’image du Père Noël est de plus en plus définie. Ce n’est qu’en 1940 que l’image se fixe en ce que l’on connaît aujourd’hui. On doit remercier Coka Cola pour ça!

Ce que l’on remarque avec ces fêtes, c’est que l’influence des cultures a toujours été présente dans l’histoire des fêtes religieuses. Chaque culture a son histoire, ses traditions et ses us et coutumes. Lorsqu’il y a des migrations, forcément, il y a des mélanges qui se font. Cela fait en sorte que ce que nous fêtons aujourd’hui a évolué dans le temps. Dans cent ans, les choses auront aussi changé et on ne fêtera plus comme aujourd’hui.

Mais il est toujours agréable de connaître l’origine des événements que l’on vit chaque année.

Je parle beaucoup de livres qui ont trait, d’une manière ou d’une autre, à l’identité. Il s’agit habituellement de livres théoriques. Par contre, si vous aimez les romans, en voici deux. Le premier date un peu, mais je l’ai lu à plusieurs reprises, principalement à l’adolescence. Le deuxième est un peu plus récent.

La thématique de base est similaire : la famille. Par contre, le contexte est différent. Le premier se déroule dans les années 1990 et le deuxième sur deux périodes distinctes : le moment de l’enfance et celui de la vie adulte. Autre différence, l’univers dans lequel baignent les deux personnages principaux ! Dans le premier cas, dans l’univers de la musique. La deuxième, le personnage est né de parents issus de l’immigration.

Annabelle

 

Ce livre de Marie Laberge (Édition originale: Éditions du Boréal, 1996. Éditeur actuel : Éditions Martha)  parle d’une jeune pianiste qui vit très mal le divorce de ses parents au tout début de son adolescence. Évidemment, on voit les questionnements qui sont typiques à cette période un peu critique beaucoup de jeunes. Les relations houleuses qu’elle subit avec chacun de ses parents font en sorte qu’elle se fait des alliés à l’extérieur de sa famille. Le voisin d’en face chez qui elle garde le bébé, une pianiste dont son père gère sa carrière et un nouvel élève, aveugle, dans sa classe. Avec chacune de ces personnes, elle découvre un aspect de sa personnalité. Avec le voisin, elle découvre la séduction. Mais étant donné qu’il est beaucoup plus vieux qu’elle, ce n’est pas une réussite. La relation avec la pianiste en est une fraternelle. C’est la sœur qu’elle n’a jamais eue, étant enfant unique. La relation avec Étienne, le jeune aveugle, lui est la plus bénéfique.

Cette relation est basée sur la découverte de soi, ce que l’on peut faire par soi-même. Étienne a eu une enfance difficile qui a fait en sorte qu’il a appris à se débrouiller très tôt dans la vie. Annabelle n’a connu que les heures de pratique au piano jusqu’au moment où elle a craqué. Tous les deux sont issus de la grande région de Montréal, mais ont eu un passé qui fait qu’ils sont de deux mondes différents. La relation, au début un peu forcée à cause d’un travail d’école, évolue de façon positive et graduelle. Cette relation avec Étienne et par ricochet sa grand-mère lui fait du bien, car elle compense les manques que ses parents lui causent. Son père est très souvent absent et sa mère est à l’opposée, trop étouffante. Je ne dévoilerais pas toute l’histoire, mais je vous assure qu’elle finit bien malgré ce qu’Annabelle vivra durant la période couverte par le roman.

La balade d’Ali Baba

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Le livre de Catherine Mavrikakis est paru en 2014 aux éditions Héliotrope. Il a été aussi finaliste pour le Prix littéraire des Collégiens 2015.

Dans ce roman, il est question de la relation entre un père (Vassili) et sa fille. Ce dernier est originaire de la Grèce et a grandi à Alger pour aboutir en Amérique au début de sa vingtaine. C’est là qu’il conçoit sa famille avec une immigrante de la France. On découvre l’histoire de la famille, principalement sur la vie du père. L’histoire est décrite par la fille aînée. Deux sœurs jumelles complètent le tableau. À la lecture, on constate trois périodes : l’enfance du père, l’enfance de la fille aînée et la période où le père mandate sa fille d’un projet bien spécial. Les trois parties sont en alternances, mais très bien ficelées.

Les chapitres sur l’enfance du père expliquent la migration de la Grèce vers l’Algérie et sur ce que le père a vécu là-bas. Ce dernier a vécu dans un contexte familial particulier. En fait, il a vécu le colonialisme français d’entre-deux-guerres, loin du père qui est dans la marine marchande Greco italienne et loin de la famille de la mère. La famille est donc isolée, car la mère ne parle ni français ni arabe et ne les apprendra jamais. Malgré son jeune âge, Vassili comprend qu’il est le chef de famille, car aucun homme est responsable de la famille comprenant mère et cinq enfants en bas de six ans. Évidemment, la famille de la mère n’était pas d’accord à cette migration. Ce qui suscite plusieurs questions en lien avec l’immigration et son impact sur ceux qui s’en valent. Le petit Vassili étant l’aîné de la famille et parlant l’arabe, le français et le grec sert de messager entre sa mère et la société Franco-Algéroise. Il a dû subvenir aux besoins de la famille… pas toujours de la bonne façon.

Cette enfance a évidemment un impact sur la vie familiale qu’il vit en Amérique. Il invente des histoires, les enfants gobent tout ce qu’il dit, la mère un peu moins. La dynamique de la famille s’en ressent. De plus, les voyages en famille sont parfois spéciaux. Un aller-retour à Keys West pour le jour de l’An, un voyage à Vegas avec son aînée qui est son gri-gri dans les casinos. Le dernier à Kalamazo pour visiter la famille maternelle et revenir en train parce que le père a disparu. Chaque voyage a son lot de mésaventures vraiment étranges. Sans compter toutes les habitudes familiales de la fin de semaine. La visite de la poissonnerie, du tailleur de pierre tombale, du resto grec et autre point de rencontres pour les potinages et les magouilles lié au père. Donc, une dynamique familiale très particulière que les enfants adorent, mais pas la mère. Ce qui cause le divorce des parents et les disparations à répétitions du père. Jusqu’à sa mort. Quelque mois plus tard, Érina se retrouve avec une mission particulière que son père lui avait mandatée. Je garde secrète cette mission, mais la fin est très belle.

Ce qui prouve que la construction de l’identité est influencée par une multitude de facteurs. Le principal facteur est la famille, mais aussi l’environnement dans lequel on grandit. Ici, la construction identitaire est romancée, mais est quand même ressemblante à la vraie vie. Et probablement que quelqu’un peut facilement s’identifier plus facilement à une histoire qu’à une autre. Tout dépend de son vécu.

Bonne lecture!

Il y a un moment de ça, je vous parlais de mon expérience personnelle concernant le mariage en Islam. À l’origine, je voulais parler un peu plus concrètement du fonctionnement. Mais j’ai préféré y aller graduellement, question de ne pas traumatiser personne.

En effet, le mariage en islam est quelque chose de sérieux. On ne prend pas ça à la légère. Plusieurs personnes le font malheureusement. Nombre de fois que je me suis fait demander en mariage pour des raisons plus ou moins correctes… trop souvent en fait ! En fait, dans le Coran, il est question de l’importance du mariage. On peut le constater avec le verset 21 de la sourate Les Romains :

{Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent}

 Ici, j’en profiterais pour expliquer les grandes lignes du mariage en Islam. Je ne suis pas experte, mais il y a quand même quelques principes à connaître pour s’assurer que le mariage soit parfait à nos yeux.

Qui peut marier qui?

Tout d’abord, les hommes musulmans peuvent marier une femme provenant des gens du livre. Qu’est-ce que cela veut dire? Qu’idéalement, il marie une femme musulmane. Question d’entretenir les liens islamiques et de faire en sorte que la femme musulmane soit protégée. S’il ne trouve pas de femmes musulmanes satisfaisantes à son goût, il peut marier une femme issue de la religion chrétienne ou juive. Par contre, il y a des conditions à respecter. S’il ne trouve pas, il peut marier n’importe quelle femme, du moment que cette dernière se convertit à l’islam de son plein gré.

Les femmes musulmanes doivent marier un homme musulman. Point barre. Est-ce que cela est injuste? Pas forcément. Cela est dans le but de protéger, premièrement, la femme musulmane, mais aussi la famille. Il faut aussi dire que la religion passe par le père. C’est lui, au moment de la naissance de ses enfants, qui prononce l’attestation de foi dans leur oreille. Le mariage en islam est, oui en lien avec l’amour. Il se développe au gré des saisons. Mais il est aussi notion d’équilibre. Le but étant de s’appuyer sur l’autre lorsqu’il y a des périodes de faiblesses. Pour ça, il faut qu’il y ait une base commune, idéalement la religion.

Avant le mariage

Avant le mariage, l’homme et la femme en Islam évitent de trop se fréquenter. C’est-à-dire qu’ils ne doivent même pas se connaître réellement. Donc, pas de concubinage ou quoi que ce soit d’autre avant de s’être dit oui lors du mariage. Pour plusieurs, cela est insensé, mais malheureusement, je peux vous garantir que beaucoup d’hommes ne font pas attention à cela. Avant de me convertir, plusieurs musulmans se sont essayés sur moi. Et j’ai pu constater la différence dès que j’ai porté le voile sérieusement. Par chance, ce n’est pas la majorité qui est comme ça, mais il y en a. Donc, il n’y a aucune relation intime avec l’autre sexe avant le mariage. Ne vous en faites pas, on survit à l’absence de contacts avec l’autre. Je ne vous cacherais pas que c’est difficile par moment, mais on passe à travers.

Ce qui est permis avant le mariage, c’est quelques rencontres. La première doit se faire avec au minimum trois personnes : les principaux intéressés (eux, c’est primordial qu’ils y soient) et un responsable pour la femme. Est responsable de la femme tout homme musulman digne de confiance. Tout d’abord dans la famille, en suite, l’Imam ou toute autre personne de confiance. Le nombre de rencontres est variable. Comme je l’avais mentionné dans le précédent texte sur, le mariage, lorsque je me suis mariée avec mon ex-mari, en tout est pour tout, on s’est fréquenté six mois, dont trois semaines intensives. Avec mon mari actuel, une semaine nous a séparés entre notre première rencontre et notre mariage. On s’est énormément parlé au téléphone et on s’est vu une autre fois dans la semaine. Mais c’est tout. Pour d’autre, ils vont préférer attendre jusqu’à plusieurs années avant de se marier. Tout dépend du contexte et de la culture.

Les raisons

En fait, il y existe un hadith* qui peut nous aider à prendre notre décision. Selon Abou Hourayra (que Dieu lui accorde sa satisfaction), le Prophète (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a dit :

On épouse la femme pour quatre raisons : pour son argent, pour sa famille, pour sa beauté, ou pour sa religion (sa chasteté). Emporte celle qui a la religion, puissent tes mains se couvrir de poussière !

Selon le commentaire associé à cet hadith, l’homme qui choisit une femme pour sa religion sera tranquille, car l’honneur de la personne est la base essentielle de la vie. Mais cela n’empêche pas d’avoir les quatre conditions. Car, on s’entend, il faut un minimum de richesse pour faire vivre quelqu’un, c’est-à-dire, le strict nécessaire pour que la personne soit bien. La beauté est aussi importante, car on passe du temps avec notre conjoint. Il doit plaire au regard même s’il n’est pas la beauté absolue sur terre. Pour ce qui est de la famille, c’est relatif à chacun d’entre nous. La personne peut venir d’une bonne famille, mais être pourrie à l’os. Comme l’inverse est aussi possible.

Cet hadith vaut autant pour l’homme et pour la femme. Et on remarque qu’il n’est pas question de comportement. Pourtant, il s’agit d’un point important. Mais quelqu’un qui est sincèrement pieux aura le bon comportement qui va avec sa foi. Évidemment, l’habit ne fait pas le moine, il ne faut donc pas se fier au voile ou à la barbe.

Pour ne pas alourdir la lecture, je vais m’arrêter ici. Il y aura deux autres parties qui suivront ce texte. Je rappelle qu’il s’agit des grandes lignes concernant le mariage en Islam. Je ne suis pas une spécialiste, le but étant de sensibiliser les gens sur le sujet. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à contacter des gens formés sur les sciences islamiques.

À Bientôt pour la suite!

 

*Hadith: il s’agit de ce qui est rapporté par des compagnons du Prophète. Ces gens ont vu le comportement de ce dernier et entendu ses propos. Ils sont donc bien placé pour en parler!

Aujourd’hui, 16 octobre, c’est la journée mondiale de l’alimentation. Hé oui! les journées mondiales se suivent, mais ne se ressemblent pas. Heureusement, car cela nous enlèverait un peu d’idées de sujet pour les blogueurs. En fait, pour ceux qui me suivent régulièrement, j’avais écrit un texte sur l‘aspect identitaire de la cuisine. J’avais longuement hésité avant de me lancer dans la rédaction d’un article sur le sujet. Avec le recul, je n’ai aucun regret, car l’identité n’est pas seulement l’apparence physique et mentale d’une personne. Elle se reflète dans ses habitudes de vie.

Depuis 1945, cette journée mondiale consacrée à la nourriture a pour mission de commémorer la naissance de l’agriculture comme mode de vie, mais aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire. Aujourd’hui, en occident, tout est industrialisé.  Alors beaucoup de gens ne savent même le chemin de l’aliment qui est dans leurs assiettes. Pourtant, dès que l’on longe le fleuve vers l’Est, on constate qu’il y a des champs et des animaux à perte de vue. Même en ville, il y a possibilité de faire pousser des fruits et légumes, soit sur son balcon, dans un jardin communautaire ou, comme les Fermes Lufa, sur le toit ! Il est même d’avoir son poulailler dans certains arrondissements de Montréal. Alors, il est possible de faire ce que l’on veut à peu près n’importe où. Il suffit de s’informer sur les options qui se présentent à nous, selon nos besoins.

Dans les sociétés plus traditionnelles, l’agriculture est un mode de survie. Ainsi que la chasse et la pêche. Les rôles sont souvent divisés : les femmes sont dans les champs et les hommes à l’extérieur à chasser. Mais cela dépend du contexte et du fonctionnement lié travail : à son propre compte ou pour une entreprise.  On a qu’à penser comme vivent les sociétés d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. En faisant, une recherche sur l’agriculture traditionnelle, j’ai trouvé le site Universalis qui a 25 articles et 19 photos sur le sujet. Je vous conseille d’aller zieuter le site pour en apprendre davantage sur le sujet.

Le volet de la lutte contre le gaspillage alimentaire s’est ajouté que récemment. Il s’agit d’une initiative de la France qui date de 2013. L’idée est excellente. En occident, on vit dans une société de consommation, alors on gaspille même la nourriture alors qu’ailleurs dans le monde, il y a des gens qui meurent de faim. Je ne dis pas de se remplir la pense jusqu’à explosion à chaque repas, mais de ne pas jeter ce que l’on ne mange pas est déjà un progrès. Surtout si l’on va au resto! Mais même au quotidien, il y a des gestes que l’on peut faire pour réduire les résidus alimentaires.

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Notre mouton pour l’année 2017/2018

Par exemple, si l’on est chasseur ou que l’on paie pour tuer un animal, il est possible d’utiliser l’animal au complet, ou du moins, le plus possible selon nos capacités et nos besoins. Ici, à chaque égorgement de mouton, les abats sont gardés. Mais vraiment tous les abats. Même que c’est ce que l’on mange en premier, du moins le foie. On en congèle une partie aussi. Dans la culture nord-américaine, ce n’est pas quelque chose qui se fait. Pourtant, s’ils sont bien apprêtés, c’est excellent. Personnellement, le seul truc que je n’arrive pas à manger, c’est les yeux. Peut-être parce qu’il s’agit des abats que l’on voit en permanence. Mais le reste, aucun problème avec. Mais pour ce qui est des peaux et des os, on le voit avec les Premières Nations et les Inuits. Ils en font des vêtements et des articles de maisons. C’est tout l’inverse du gaspillage !

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Les peaux qui ont été retirées lors de la fête du sacrifice en septembre 2017. Crédit photo: moi

Il y a plusieurs possibilités pour éviter le gaspillage alimentaire. Et ce n’est pas forcément comestible. On a qu’à penser au compost. Surtout si on a un jardin, cela est très utile. Oui, il faut s’informer si l’on fait soit même, mais sinon informez-vous à votre ville pour connaître les possibilités. Si vous faites du recyclage en plus, vous allez sortir vos poubelles moins souvent ! Je vous le promets. En plus, vous faites un bon geste pour la planète. Elle en a besoin!

Ce que l’on peut constater avec cette journée, c’est que s’il y a des changements dans notre consommation alimentaire, c’est dû principalement aux divers flux migratoires dans l’histoire, mais aussi aux changements climatiques. Il ne faut pas oublier qu’à la fin des années 1800 et début des années 1900, il y a eu la période de l’industrialisation. Les gens ont massivement quitté les campagnes pour les villes. La relève agricole s’est vue réduite avec le temps. On a qu’à penser au film Les temps modernes de Charlie Chaplin pour s’en rappeler. Comme nos sociétés occidentales se sont industrialisées, forcément, il y a des connaissances qui se sont perdues. Mais certaines personnes prônent un retour à de saines habitudes de vie et qui parle abondamment de l’agriculture comme méthode alternative.

Pour ce qui est des changements climatiques, ils affectent les gens travaillant dans le domaine de l’agroalimentaire et des chasses et des pêcheries. On l’a vue cette année, au Québec. On a eu un printemps tardif et pluvieux. Cela a provoqué un été très tardif et ensoleillé. Il y a donc des répercussions sur tout le travail qui se passe sur une ferme : la plantation des semis, la pousse et la récolte. À court terme, il faut trouver des alternatives qui seront bénéfiques à long terme. Ce qui implique la consommation durale et la réduction du gaspillage alimentaire.

Le changement se fera pas du jour au lendemain. Par contre, en les mentalités se changent graduellement. En quoi cela implique l’identité d’une personne ? Cela dépend de la définition que l’on se donne comme société. Il y a une interrelation entre ce que nous sommes individuellement et ce que l’on est en tant que société. Actuellement, la société se veut de consommation rapide, mais le développement durable prend graduellement de l’ampleur même ici. Petit à petit, l’identité du peuple se changera et impactera sur le climat. C’est une roue qui tourne… pour le mieux, j’espère.

Si je me fie aux diverses publications que je vois défiler sur les médias sociaux, oui, le féministe a toujours sa place. Par contre, la manière de le vivre est différente d’une personne à l’autre, voire d’une culture à l’autre. La preuve ? Deux événements qui arrivent très bientôt et qui se dérouleront à Montréal et à Longueuil, au Québec.

Dans le cadre d’un de mes cours de maîtrise, j’ai à faire un travail d’équipe chaque session. Pour ce trimestre-ci, on a une promotion : on a une expérience terrain ! Je sais que vous ne me voyez pas, mais je viens tout juste de faire une petite danse de joie. Un peu difficile à mettre sur papier. Et comble de bonheur, on a eu le choix du sujet. Redance de joie! Donc, mon équipe et moi, nous travaillons sur le sujet des féministes. Un forum et un colloque se tiendront du 26 au 29 novembre 2017. Le forum se tiendra à Montréal, tandis que le colloque sera à Longueuil.

En tant qu’équipe, nous nous greffons à un processus bien entamé. Et, bien évidemment, comme nous sommes étudiantes en médiation interculturelle, il était tout naturel de se joindre à un événement qui parle de féministe au niveau international. En effet, des femmes venant d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine et du Québec seront présentes pour échanger sur le sujet. Le but principal étant de favoriser le dialogue entre les femmes de divers horizons.

Il est connu, dans toutes les sociétés, les femmes sont sous-représentées dans plusieurs domaines. Dans bien des cas, ces dernières se retrouvent à occuper plusieurs fonctions : éducatrice, cuisinière, ménagère, blanchisseuse, garde-malade, etc. Sans compter toutes les autres tâches connexes, comme les courses et le travail ou les études à l’extérieur pour une grande majorité d’entre elles. De plus en plus les hommes prennent davantage leur place au sein de la famille, mais ce n’est pas le cas partout. Dans beaucoup de sociétés traditionnelles, les tâches sont séparées. Il est vrai que les rôles sont complémentaires, mais cela n’empêche pas le fait qu’un homme peut apprendre à cuisiner et qu’une femme de gagner ses propres sous. Car, c’est un fait, un homme peut se retrouver à devoir accomplir les tâches de sa femme pour plusieurs raisons. De même que certains métiers doivent être exécutés par des femmes.

Mais la situation est bien différente d’une société à l’autre. En occident, on a une vision qui dit que la femme est soumise à l’homme, point barre. Mais si vous parlez à une immigrante, elle n’aura pas la même vision. Ce qui la préoccupe davantage que le patriarcat, c’est sa survie, son identité. Elle va vouloir se battre pour qu’on la respect en tant qu’individu minoritaire. Si elle est monoparentale, elle doit travailler pour améliorer la situation familiale. Si elle est incapable de trouver du travail en raison de son apparence, de son identité, ce n’est pas à cause des hommes, mais da la société. Donc le combat n’est pas le même.

Et c’est le cas un peu partout dans le monde. Dans les pays musulmans, certaines femmes ne veulent pas porter le voile et que la religion ou les hommes décident pour elles. De l’autre côté, il y a des femmes qui veulent le mettre et affirment le faire par elle-même sans que la religion ou les hommes les obligent à faire quoi que ce soit. Pourtant, les deux parties ont raison et en d’autres mots, le milieu influence grandement notre perception du monde. Ce qui influence aussi notre engagement dans les différents mouvements.

Le féminisme englobe beaucoup de choses. Mais selon le dictionnaire Antidote, il s’agit d’une

doctrine qui fait la promotion des droits des femmes et de l’importance de leur rôle dans la société. C’est un mouvement qui milite en faveur des droits des femmes.

Ce qui m’amène à vous rappeler le livre dont je vous avais parlé il y a quelques semaines sur la Déclaration des droits des femmes et de la citoyenne. Ce texte est important dans ce contexte. La femme est l’égale de l’homme, et ce, même si les rôles de chacun dans la société sont différents et complémentaires.

En terminant, je vous donne les dates des deux événements dont je vous ai parlé.

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FORUM INTERNATIONAL

Rencontre des femmes en dialogue

26 et 27 novembre 2017

COLLOQUE INTERNATIONAL

Femmes et féminismes en dialogue : approches de médiation, lectures interculturelles et intersectionnelles ​

28 et 29 novembre 2017

La programmation est disponible sur leur site internet. Et pour l’inscription, vous le faire directement sur le site, sinon vous pouvez essayer ici.

En espérant vous y trouver!

 

On connaît tous quelqu’un qui a vécu ou vit actuellement avec une maladie mentale : la dépression, la schizophrénie, les troubles compulsifs ou socio-affectifs, la démence ou autre.  Dans beaucoup de culture, il s’agit d’un sujet vraiment tabou. Ici, au Québec, on commence à en parler davantage. Pour sensibiliser à cette cause, le 10 octobre de chaque année, l’Organisation des Nations Unies organise une journée mondiale sur le sujet. J’en profite donc pour parler de la manière de traiter les patients issus de l’immigration.

La manière de parler de la maladie peut varier selon le contexte, mais aussi selon la culture. En fait, c’est ce qui l’influence grandement. On le sait, lorsque ça ne va pas bien dans notre vie, on a tendance à aller vers ce qui nous rassure, ce que l’on connaît. On se réfère à ce que notre mère nous faisait pour nous réconforter ou nous soigner. On se base aux normes culturelles de notre pays. Ce qui signifie que l’on aborde souvent les sujets tabous de manières subtiles.

Lorsque l’on parle de maladie, c’est souvent de manière déguisée. Certaines cultures vont utiliser des métaphores pour en parler ou évitent complètement le sujet avec la famille. Pas qu’ils ne veulent pas en parler ! C’est qu’ils ne veulent pas inquiéter les membres de leur famille. Dans d’autres cas, la personne malade, si elle en parle à la parenté, se retrouve envahie et surprotéger.

Les professionnels de la santé ont, évidemment, une opinion sur la question ! Pour beaucoup d’entre eux, les patients issus de l’immigration doivent s’adapter à leur nouvel environnement. Donc, exit tout l’aspect réconfortant de la culture d’origine. Et on oublie tout de nos habitudes d’avant. Oui, soigner quelqu’un est un grand défi et les spécialistes ont de grandes responsabilités. Mais lorsque l’on prendre soin d’une personne culturellement différente de nous, c’est un double défi, car, non seulement, le malade se réfère à ce qu’il connaît, mais le médecin se concentre parfois que sur le traitement tout en oubliant l’être humain derrière. Forcément, cela cause un choc culturel immense.

Les médecins peuvent, par exemple, croire que la personne n’en fait qu’à sa tête en ce qui concerne sa maladie. Mais en fait, peut-être qu’elle n’a tout simplement pas compris le message qui lui est transmis. Lorsque l’on parle avec un immigrant, même s’il maîtrise très bien le français ou l’anglais, il faut s’assurer de vulgariser le plus possible notre message. L’émotion qu’une mauvaise nouvelle génère coupe, en quelque sorte, la compréhension de la situation. Même si la personne vit au Québec depuis longtemps et qu’elle est bien intégrée, lorsqu’elle apprend vit une émotion forte, elle l’exprime souvent dans sa langue maternelle. Que l’émotion soit positive ou non, la réaction est la même. Je le vois au quotidien avec mon mari. Lorsqu’il se fâche, les insultes sont en arabe. Je ne peux pas tout traduire, mais je comprends que ça ne va pas. Un point important est de toujours vérifier si la personne a bien compris la discussion. De plus, prévoir un traducteur, comme quelqu’un de proche ou personne de référence dans l’hôpital, n’est pas une mauvaise idée.

Autre exemple, quand mon ex-mari a eu la confirmation de son cancer, ici au Québec, évidemment, il était en colère. Il s’est fâché contre le médecin qui s’occupait de son cas, principalement en raison que le diagnostic a pris plus de temps à arriver qu’en Tunisie. Là-bas, il l’avait eu la journée même, si je ne me trompe pas. Ici, le résultat a pris près de deux mois avant d’arriver. Là-bas, il parlait sa langue maternelle. Ici, le français était la deuxième langue du médecin et de mon mari. J’étais la seule personne pour qui le français était la langue maternelle. Ce qui a fait que mon ex-mari a explosé, car il ne comprenait pas le résultat. On lui avait sorti le nom scientifique de sa maladie et non les termes « cancer de l’œsophage ». J’ai tenté de le calmer sans trop de succès, car il a traîné sa frustration pendant quelques jours, au point de réprimander tout le personnel infirmier à qui il s’adressait au téléphone. J’ai dû prendre les rênes et lui parler. Il s’est calmé par la suite.

Tout ça pour dire que l’aspect culturel est important dans le traitement de la maladie. En sachant grosso modo comment chaque culture réagit face à la maladie, il y a de fortes chances que la guérison soit meilleure. Par contre, je sais que certaines cultures dans le déni de la maladie. Je connais beaucoup d’Arabes qui font comme si de rien n’était lorsqu’il est question de maladie. Ils ont un déni total sur le sujet. Ma belle-mère mange hyper sucrer juste après s’être piquée à l’insuline. J’ai connu des gens qui ont un fils autiste dont le père ne s’occupe pas de lui parce qu’il n’est pas capable de s’en occuper. La mère en prend soin seule et est certaine que la situation de son fils sera meilleure après des traitements au Canada.

Bref, la médecine traite l’humain. Il est donc important de comprendre toutes ses composantes (biologiques, psychologiques, culturelles) pour bien intervenir. Si une personne réagit d’une manière qui nous paraît étrange, c’est qu’il y a une raison. Au Québec, on a une culture plus individuelle. On est autonome très tôt. Dans les sociétés traditionnelles, la collectivité passe avant l’individu. Ce qui veut dire qu’une partie de la famille est impliquée dans le processus de guérison. Mais ce n’est pas forcément un gage de succès. Ce qui est important, c’est le respect de l’autre dans son entièreté pour s’assurer de sa collaboration. La personne, même malade, a une identité culturelle qui lui est propre et qui doit être prise en compte dans sa guérison. Il faut seulement que le personnel médical apprenne à faire leur travail tout en laissant la place nécessaire à la culture identitaire du malade.

 

On le sait, quand on vit des changements, qu’importe lequel, il y a des réactions qui viennent avec. Si la transformation touche la santé, forcément vous aurez des compliments et des félicitations. Si vous changez de religion, comme je l’ai fait, il y a des incompréhensions et des questionnements. Voici une petite liste de ce que l’on peut vivre quand on se convertit à l’Islam.

L’éloignement de certains membres de la famille ou d’amis

On dit que quand on fait certains changements, on trouve nos vrais amis. Je vous confirme que le dicton n’est pas faux ! Il y a des gens que je croyais sincères ou relativement proches de moi qui se sont éloignés. Je n’ai plus de contacts avec depuis que je suis devenue musulmane. Ce qui est triste d’une certaine manière, surtout quand c’est de la famille.  Lorsqu’on les questionne sur le sujet, on nous mentionne qu’on a changé… sur Facebook. Hé oui ! c’est un fait ! Il y a des trucs que j’y partage qui ne cadrent peut-être pas avec la vision actuelle du monde. Mais la personne ne se fie qu’à une publication parmi tant d’autres. Elle ne cherche pas à savoir le pourquoi d’une telle publication ou interprète mal un propos. La meilleure solution, lorsque l’on ne comprend pas quelque chose, c’est d’interroger et d’effacer l’incompréhension de notre tête ! Mine de rien, cela évite beaucoup de disputes inutiles et des chicanes de famille. Par contre, il faut le bon vouloir de tous pour que cela fonctionne. S’il y en a un qui est fermé comme une huître, on oublie ça ! Aucune chance de réconciliation à court terme n’est possible.

Par contre, je constate que ces personnes ne sont habituellement pas capables de me dire directement la raison de leur aversion soudaine envers moi. Il faut absolument qu’ils passent par quelqu’un d’autre pour me le dire. Je suis devenue musulmane, pas invisible. J’ai seulement changé de religion. Je n’ai pas perdu mes compétences à communiquer!

Les musulmans veulent convertir tout le monde ou qu’on s’est fait brainwashé

Désolée de vous apprendre que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Je vous sens un peu déçu que je brise ce préjugé. On ne peut pas forcer quelqu’un à se convertir. Le mieux que l’on puisse faire, c’est de répondre aux questions, s’il y en a.  Oui, il y a des musulmans qui sont peut-être plus incitants que d’autres sur le fait de rejoindre les rangs de l’islam. Personnellement, je ne suis pas capable. Je ne suis pas à l’aise avec cette manière d’agir. Je parle rarement de l’Islam outre quand il y a des questions ou lorsque le sujet s’impose. Je préfère sensibiliser à l’Islam plutôt que de forcer la conversion de quelqu’un. On m’a déjà accusée de vouloir convertir un bébé de trois mois. Hé non! Pour qu’une personne se convertisse, elle doit être consciente de ses propos. Quelqu’un qui le fait de force sans rien comprendre, sa conversion ne peut pas être acceptée. Que dire d’un bébé qui n’a aucune conscience de ce qui se passe autour de lui ! Un peu absurde. Dans l’Islam, on croit qu’un enfant est conscient naturellement qu’il y a plus grand que lui, que c’est l’éducation reçue qui change tout. Comme quoi tout est relatif!

Personnellement, si je me suis convertie, c’est à la suite de rencontres et de lectures. Il n’y a personne qui m’a obligé à le faire. Le processus a duré plus ou moins deux ans. Une fois qu’on est décidé, on a qu’à prononcer notre attestation de foi et c’est tout. Le reste coule de source. Une conversion est un choix personnel, même si cela ne plaît pas aux autres. Forcer quelqu’un à faire l’inverse de ses convictions n’est pas correct, même si l’on a de bonnes intentions et qu’on lui veut du bien. Et ce, qu’importe qui l’on est. Question de bon gros sens.

Le comportement des inconnus

On le sait, comme toute chose, les inconnus en savent beaucoup plus sur nous que nous-mêmes ! Quoi de plus logique ? Ce qui fait que certaines personnes que l’on ne connaît pas du tout ont des comportements qui sont parfois louches, parfois comiques avec nous. Dans un court laps de temps, on peut passer à « Vous avez dont un beau costume. Vous venez de quel pays ? » à « Retourne dans ton pays ! » Donc, même en étant né ici, on ne vient pas d’ici. Le monde se fie au fait de voir un voile sur la tête de quelqu’un et fait automatiquement l’association avec l’ailleurs. Mais cette situation est universelle. J’en ai déjà parlé dans un autre texte, l’été passé. Si vous l’avez lu, vous vous souvenez donc que même en Algérie, je me faisais dire que j’étais étrangère. Si je parlais français, le monde ne comprenait pas que je venais d’ailleurs… jusqu’à tant que je leur dise ou qu’ils voient mes souliers.

Évidemment, il y a tous ceux qui te dictent comment vivre ta religion, alors qu’eux-mêmes la renient ou n’y connaissent rien. Nombre de fois que je me suis fait dire d’enlever mon voile, incalculable. On m’a même demandé de mentir de dessus en disant qu’il fait froid, alors qu’il fait plus de 30 degrés à l’extérieur. Dans certaines régions du monde peut-être, mais pas au Québec ! Je me suis fait aussi dire, lors de mon dernier divorce, que si mon ex-mari mourait pendant notre mariage, sa famille devait me brûler vive ! Je ne sais pas ni où ni quand, mais j’ai l’honneur de vous annoncer que je suis toujours en vie, et ce, même après plus de 2 ans et demi depuis son décès J Je ne sais pas d’où la personne a eu ces informations, mais, au contraire, il y a une période 4 mois et 10 jours de deuil à respecter avant de pouvoir se remarier.

Je traumatise les personnes âgées

On m’a sorti ça récemment. Je ne sais pas comment je le fais, mais je les traumatise vraiment beaucoup. OK, il y a quelques paires d’yeux qui ont des points d’interrogation, mais une fois que je les salue, on est limite les meilleurs amis du monde ! J’ai droit de connaître leur vie en détail… ainsi que celle des autres. Je ne sais pas quelle énergie je dégage, mais j’ai soutiré involontairement trop de confidences que je ne voulais pas connaître. Alors je me demande en quoi je les traumatise. Au contraire, je n’ai que des compliments de la part de personnes âgées. On me trouve polie, gentille et bien habillée. C’est souvent eux qui trouvent que j’ai un beau costume avec mon Jilbab. Et c’est aussi avec eux que j’ai souvent les plus belles conversations. Les personnes âgées sont plus ouvertes que l’on pense. Elles ont moins de filtres aussi et ça cause quelques malaises, mais il est tellement agréable de discuter avec elles. En se mettant au même niveau qu’elles, on arrive à connecter facilement.

Ici, je vous parle de religion, mais je suis sûre et certaine que si vous analysez les changements que vous avez faits dans votre vie, il y a des gens qui ont critiqué, positivement ou non. Ici, je vous ai parlé de points plutôt négatifs. Mais il y en a aussi de positifs. Des gens ont remarqué que le fait que j’ai changé de religion, mon comportement s’est amélioré. Comment ? Ça l’air que je me suis assagie, alors que la grande majorité des gens me trouvaient déjà calme. Il est vrai que je dirigeais ma colère vers certaines personnes, mais pas tout le monde. Seulement une minorité à l’adolescence. En effectuant ce changement, j’ai appris à mieux m’exprimer et à réfléchir davantage avant de juger. Le plus important lorsque l’on fait des changements, c’est de faire ça pour soi-même. Pas pour les autres. En pensant à soi en premier, le changement sera à notre avantage.