Comme on le sait, chaque culture a ses fêtes inspirées par la religion.  Au Québec, les fêtes sont basées sur le catholicisme : Noël, Pâques, Jour de l’An, l’Action de grâce, etc. Qu’on soit pratiquant ou non, ces fêtes font partie de l’ADN culturel de beaucoup de Québécois. Elles sont maintenant de plus en plus familiales, mais restent très présentes dans le quotidien. Par contre, de nombreux Québécois ne sont pas catholiques et ont d’autres fêtes que celles que l’on est habitué. Par exemple, demain, les musulmans fêteront l’Aid al Kabir (la Grande Fête) ou l’Aid Al Adha (la fête du sacrifice). Il s’agit de la même fête et voici son histoire.

Pour comprendre l’importance de cette fête pour les musulmans, il faut remonter à l’époque d’Ibrahim, prophète commun aux trois religions monothéistes. L’histoire est écrite dans les trois Livres Sacrés, soit la Torah (lévitique, 22 : 18-19), la Bible (Genèse, 22 : 1-18) et le Coran (Sourate Les rangées, versets 100-109). En résumé, Ibrahim a reçu l’ordre d’immoler Ismaïl. Les deux étant d’accord à passer à l’acte, Dieu épargna Ismaïl et demanda à Ibrahim de sacrifier un mouton à la place de son fils. Il s’agissait d’un test pour connaître la soumission à Dieu du Prophète et de sa descendance. Aujourd’hui, les musulmans poursuivent ce sacrifice à la mémoire de cet événement qui correspond à la fin du Pèlerinage qui a lieu à La Mecque tous les ans. En plus de la journée de la fête, les trois journées qui la suivent permettent aux musulmans de pratiquer le sacrifice. Les dates avancent de plus ou moins 10 jours en raison du fait que le calendrier musulman est basé sur la lune et non le soleil comme le calendrier grégorien.

Il y a une polémique chaque année concernant l’abattage musulman. Selon le rituel islamique, tout animal doit être égorgé à la main. Pour certaines personnes, il s’agit de cruauté animale, mais si l’on compare avec l’abattage industriel, l’abattage islamique est beaucoup plus humain, car il doit y avoir des conditions précises pour que le rituel ait lieu. D’ailleurs, si vous questionnez des chasseurs, il y a de fortes chances que le rituel qu’ils font après avoir touché l’animal ressemble davantage à celui des musulmans que celui qui est lié à l’abattage industriel. Et rien n’est perdu sur l’animal. On mange tout ce qui peut être mangé. En Algérie, en temps normal, les abats sont vendus à même la rue.

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En Algérie, quartier Al Harrach. Pour ceux qui se questionne, oui, le chat est entré dans l’abattoir.  Crédit photo : moi!

L’an dernier, j’ai assisté pour la première fois à ce rituel. Pour être honnête, j’ai adoré mon expérience. Non seulement il est fascinant de voir la réaction de l’animal au moment où il comprend ce qui l’attend. Dès qu’il entend la formule que l’homme doit dire avant le passage à l’acte, il se calme. Il faut dire que l’attitude de la personne qui égorge l’animal joue énormément. Si la personne est trop stressée, c’est un peu plus difficile. Mais si elle est calme, l’animal se laisse faire. Lors de cette journée, il y a aussi un aspect communautaire. Nous sommes plusieurs musulmans à la même ferme et c’est un moment idéal pour discuter avec des gens que l’on ne connaît pas. De plus, pour les gens de la campagne, il s’agit d’une occasion de connaître l’Islam. L’an dernier, la ferme où l’on était recevait des musulmans pour la première fois. En discutant avec eux, à la fin, nous étions les derniers à quitter les lieux, on a pu répondre aux questions qu’ils avaient en tête toute la journée. C’était un très beau moment.

Si vous connaissez des musulmans, dans les prochains jours, questionnez-les sur l’Aïd et ses pratiques. Ils vous répondront sans problème.

Aïd Moubarak! (Bonne fête)

Jeudi dernier, le 24 août, Radio-Canada présentait un documentaire sur les 40 ans de la loi 101. Ce reportage est réalisé et produit par Stéphane Leclerc et Judith Plamondon. C’était l’occasion de faire un bilan de ces quatre décennies.

À la base, la loi 101 avait pour but de protéger la langue française en francisant les nouveaux arrivants. Il allait de soi dans les années 70, de créer cette loi, parce que beaucoup d’immigrants priorisaient l’anglais au français. En obligeant les immigrants à aller à l’école en français au primaire et secondaire, forcément, le français allait survivre. Ce qui est une bonne chose si on s’arrête là.

Le documentaire relate trois histoires de réussite en matière de francisation. Ces histoires sont celles de Akos Verboczy, auteur de Rhapsodie québécoise, Itinéraire d’un enfant de la loi 101, Cathy Wong, chroniqueuse au Devoir, et Ogden Ridjanovic, membre d’Alaclair Ensemble. J’ai bien aimé le propos de Cathy Wong ce qui a trait à la définition d’un Québécois, qui se résume en gros à un Québécois n’est pas forcément un blanc francophone. Elle-même disait qu’à l’adolescence, elle a eu beaucoup de difficultés à définir son identité, est-elle chinoise, québécoise ? Ce n’est qu’après un voyage au pays de ses parents qu’elle est vraiment québécoise.

Les jeunes du Collège Vanier ont aussi beaucoup de choses à raconter. Malgré le fait qu’ils parlent tous très bien le français, personne ne se sent Québécois. Un des jeunes dit même que la signification du québécois n’est pas la même en français ou en anglais. Pour lui, elle est beaucoup plus lourde dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. Une critique qui ressort aussi de cette discussion, c’est le fait que le français est enseigné dans les écoles, mais pas ce qu’est la culture québécoise. En anglais, la culture anglophone y est enseignée. Le sentiment d’appartenance à une culture est donc peut-être plus facile à acquérir en anglais qu’en français.

Ce qui revient souvent aussi, c’est le fait de se faire demander sans cesse ses origines. Comme si elle annulait le fait que d’être né au Québec fait de nous des Québécois. J’avoue que pour le vivre aussi, c’est désagréable. Comme si le fait d’avoir une différence (couleur, accent, signe ostentatoire) fait de nous des gens de second ordre. Ce n’est pas le cas. Lorsque j’écoutais les propos des jeunes, je disais à mon mari que je comprenais ce qu’ils disaient. Il m’est arrivé quelques fois de me faire demander de quel pays j’étais à cause de mon beau costume (sic). Je ne vous dis pas le malaise des gens quand je sors mon gros accent du Québec et que je leur dis que je suis originaire de la Capitale !

Ce qui ressort de ce reportage, c’est que le Québec est actuellement en mutation. Il n’est plus celui d’il y a 20 ans et c’est tant mieux comme ça ! Le problème est qu’on dirait qu’on ne va pas au même rythme. Les politiques et les institutions sont au ralenti par rapport au mouvement migratoire qui donne un nouveau souffle à la Belle Province. Akos Verboczy dit même à la fin du documentaire que, oui, l’immigrant change en arrivant dans un nouvel environnement. Par contre, la société doit aussi faire son bout de chemin en comprenant que l’immigrant ne peut changer du jour au lendemain. Ce qui est vrai et cela donne une couleur particulière au Québec.

Vous pouvez le voir sur ici tou.tv

Dernièrement, en lisant sur l’interculturalisme, je m’aperçois qu’en effet, l’interculturel a vraiment mauvaise presse. En effet, l’engouement pour l’interculturel est récent, alors, on a peu de documentations sur le sujet. Pourtant, le phénomène a toujours été présent au Québec. Notre province s’est construite, il faut se le rappeler, grâce à quatre peuples : les autochtones, les Français, les Britanniques et les Irlandais. Si vous visitez la la Prison des Patriotes au Pied-du-Courant à Montréal, vous pourrez d’ailleurs voir le drapeau tricolore de l’époque. Tricolore en raison des peuples français, britannique et Irlandais. Exit les autochtones.

Drapeau original des Patriotes. Pour connaître l’histoire: http://histoire-du-quebec.ca/drapeau-des-patriotes-drapeau-patriote/

Historiquement parlant, l’immigration a toujours été présente au Québec. Pourtant, la problématique de la relation avec les immigrants est récente. Nous avons donc inventé l’interculturalisme pour mieux assimiler le nouvel arrivant à sa nouvelle société. Le problème, c’est que cela a créé un malaise à cause du mot « interculturel ». C’est un mot qui dérange, car il est question de l’identité du peuple québécois. Il est, en quelque sorte, une menace pour ceux qui se décrivent comme étant « de souche ».

Non seulement le mot interculturel crée un malaise au sein de la société, mais la définition est floue.  On s’entend qu’au Québec, la grande majorité des gens rejettent le multiculturalisme canadien, même s’ils sont en pâmoison devant Justin Trudeau. De plus, le peuple serait contre l’assimilation, mais est d’avis d’intégrer les gens selon les valeurs que l’on a au Québec. Pourtant, lorsque j’écoute les médias ou même certaines discussions, ce n’est pas tout à fait exact. Certaines personnes souhaitent que les immigrants s’assimilent complètement. Des immigrants eux-mêmes s’assimilent à la société québécoise sans qu’on leur demande, et pourtant, se font quand même rejeter. Même moi, qui suis née ici, aux yeux d’une partie des gens, je suis immigrante et pas intégrée à ma propre nation.

Pourtant, lorsque je réfléchis à l’évolution de notre société, elle a fait un certain progrès en matière de diversité et d’intégration. Je me souviens d’une émission d’Ici, Louis-Josée Houde qui montrait le premier noir à avoir passé à la télé dans les années 60 : il était déguisé en robot, pour qu’on ne le voie pas ! En cinquième secondaire, on avait écouté le film Des souris et des hommes. Il y a un noir dans l’histoire. Jamais je n’aurais cru que c’était un noir. Le rôle était tenu par Yves Canuel et le maquillage était tellement mal fait qu’il avait plus l’air sale que de couleur noire ! Déjà, le fait que le film était en noir et blanc, ça n’a pas vraiment aidé à la compréhension de l’image. C’était à la fin des années 90 et on voyait des noirs un peu plus souvent.

Il ne faut pas oublier que pour beaucoup d’immigrants, l’intégration à la société d’accueil est importante. Comme je l’ai mentionné dans un autre article, le travail ne doit se faire que d’un seul côté. Il s’agit d’un travail d’équipe, de collaboration entre les nouveaux arrivants et les natifs. Ainsi, les immigrants seront entourés, et cela nous avantage, en tant que natifs, d’apprendre et d’ouvrir nos œillères. C’est le vrai sens de l’interculturel ; une rencontre entre deux cultures.

Pour poursuivre la série d’articles sur l’identité québécoise, quoi de mieux que de parler de notre belle vieille parlure ! Oui, le Québec  a sa propre manière de parler. On ne peut pas le nier. Notre dialecte est tellement particulier que peu de personnes nous comprennent et réussissent à nous imiter. Les Français le tentent tant bien que mal, sans trop de succès ! Mais même à l’intérieur du Québec, on n’a pas le même langage. On a qu’à penser à l’accent du Saguenay ou de la Gaspésie. Les influences culturelles et linguistiques ne sont pas les mêmes que celles de Montréal. La Gaspésie a l’influence acadienne du Nouveau-Brunswick et Montréal celles des différentes communautés culturelles qui la composent. Le Saguenay a son identité linguistique bien à lui. Dans le but de rire un peu de la diversité linguistique du Québec, voici une liste d’expressions bien de chez nous. J’ai comme principale source le site Narcity avec son article intitulé 100 expressions québécoises par région à mourir de rire.

Prêt pour le premier mot ? Le voici : klaxonner. Il n’a pas la même signification si vous êtes au Saguenay ou en Outaouais. Oh que non! Au Saguenay, on toutte de la haine. En Outaouais, c’est plutôt de la horn qu’on toutte. Que signifie toutter ? Aucune idée précise, car j’ai cherché dans les dictionnaires et je n’ai pas trouvé. Mais j’ai vaguement l’impression que l’on peut traduire ce mot par le verbe klaxonner. Alors, si vous êtes de ces régions, merci de confirmer et d’enrichir notre vocabulaire.

Quant à l’expression « fais pas ta neuve », il y a aussi deux possibilités. La première signification est de ne pas faire sa princesse et la deuxième signifie, en gros, « t’es capable de le faire, donc fais-le ! » Idem pour le fait de vomir. Dans certaines régions, on « call l’orignal », alors que dans d’autre on « gague. »

D’autres expressions peuvent porter à confusion en raison de la signification de certains mots. Par exemple, « J’m’en va faire la shop ». Dans certaines régions, la shop signifie l’épicerie. Honnêtement, je n’aurais jamais deviné, car pour moi, le mot shop est le mot anglais pour l’usine. Il y a aussi l’ourlet. Vous pensez sûrement au bas de pantalon. J’avoue que moi aussi, quand j’ai lu ce mot, c’est ce que j’ai cru ! Mais non! Il s’agit d’un banc de neige pour quelqu’un quelque part au Québec.

Ce ne sont que des exemples, mais elles montrent à quel point la langue est influencée par son environnement. Si au Québec, on note une grande différence dans notre manière de parler, alors qu’on est que 8 millions d’habitants, alors, imaginez le choc quand un immigrant arrive dans un nouvel environnement et qu’il doit apprendre le français. Les subtilités d’une langue sont nombreuses… et les accents aussi. Ce qui peut compliquer les choses lors de l’apprentissage de la langue.

En terminant, j’aimerais savoir quelles sont vos expressions préférées dans la langue française.

Pour continuer la série sur l’identité québécoise, je vais y aller avec mon expérience personnelle. J’avais déjà parlé de la notion d’étranger dans un autre article. Je vais donc continuer dans cette veine.

En effet, lorsque je me suis convertie à l’Islam, j’étais loin de m’imaginer que j’allais entendre des propos racistes à mon égard. J’étais peut-être naïve, mais oui, je croyais que c’était évident que je suis québécoise. Mais tant et aussi longtemps que je garde le silence, les gens pensent que je ne suis pas d’ici. La semaine dernière, un individu de Québec m’a dit que ses ancêtres avaient tout fait pour m’accueillir, moi l’immigrante. Hé! bien, dommage pour lui, mes ancêtres sont ici depuis des générations. Le premier de la lignée à être arrivé ici a même fondé le village où je suis née!

Qu’est-ce qui définit un Québécois? Quelles sont les caractéristiques de la société québécoise? Une question récurrente : après combien de générations n’est-on plus immigrant, qu’on est réellement québécois? Je n’ai pas de réponses précises, car moi-même, par moment, je me sens loin de la définition qu’on nous donne habituellement.

En 2012, dans le journal Métro, Alain Bourgeois écrit ceci :

« C’est assurément cet amalgame d’immigrants et d’habitants, qui a formé la base de notre société québécoise actuelle. Au fil des années, l’origine des immigrants s’est diversifiée et le mélange des cultures s’est multiplié. »

En 2013, dans Huffington Post, Richard Marceau se questionne sur la notion de québécois. Est-ce une question de territoire, d’histoire, de langue et culture? Selon lui, non ! C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine.

En fait, chacun a sa propre interprétation de ce qu’est un Québécois. Mais il semble clair que le sentiment d’appartenance est présent, mais aussi le respect des valeurs qui caractérisent le peuple. La grande majorité des gens le font. Alors, pourquoi critiquer une minorité de gens ne voulant pas s’intégrer? Il y a des gens issus de l’immigration récente qui participent davantage à la société québécoise que des gens issus d’une longue lignée de québécois.

Cette année, la loi 101 a 40 ans. Cela fait 40 ans qu’on dit aux immigrants qu’ils doivent envoyer leurs enfants à l’école en français, pour qu’ils apprennent la langue. C’est une bonne idée, mais est-ce qu’elle a du sens? Dans un article de Radio-Canada sur le sujet, on constate que les jeunes d’aujourd’hui ne s’identifient pas pour autant à la culture québécoise. Judith Plamondon, réalisatrice et productrice du documentaire Les Québécois de la loi 101, dit :

« On avait l’impression, 40 ans plus tard, […] que ces enfants de la loi 101 étaient bien intégrés dans la société. Mais on a vu qu’il y avait des problèmes d’appartenance. »

Cela veut tout dire. Alors qui sommes-nous pour juger qui est plus québécois qu’un autre? Il n’y a personne mieux que nous-mêmes pour savoir si on se sent appartenir à une nation. Surtout pas des gens qui ne nous connaissent pas.

Aujourd’hui, j’aborde un sujet qui me plais, mais je n’aime pas trop l’angle que je dois utiliser pour en parler. Mais avec ce qui arrive actuellement, je me dois l’aborder. Il s’agit d’un sujet sensible qui revient souvent en moment de crise : l’identité québécoise. La raison pour laquelle j’en parle, c’est qu’il y a une vague d’attentats en Europe et aussi aux États-Unis. La présence de plus en plus présente des suprématistes blancs en Amérique y est pour beaucoup aussi. Évidemment, mon texte n’est pas un article en profondeur, mais est axé sur une prise de conscience de notre identité en tant que société.

Nous avons de la difficulté à nous définir comme peuple. Notre identité semble floue pour nous-mêmes. Nous venons autant de la France que de la Grande-Bretagne ou de l’Irlande, les autochtones et autres minorités ayant été écartés des peuples fondateurs du Québec. Nous avons des influences américaines et françaises, la province se trouvant à cheval sur ces deux cultures. Les ouï-dire disent que les Québécois sont accueillants et chaleureux. Nous le sommes. Par contre, si les médias populistes ont une grande influence sur votre vie, ce n’est pas le cas! Mais lorsque les médias ne parlent que de groupes d’extrême droite et tiennent des propos sans nuance sur les minorités, on peut se poser la question. Notre histoire nous est mal enseignée.

Pourquoi je parle des minorités comme faisant partie des peuples fondateurs du Québec? En effet, selon certaines recherches, des noirs étaient déjà présents ici au Québec. Nous savons tous qu’ils étaient présents, comme esclaves, aux États-Unis. C’était identique ici. Certaines familles aisées de l’époque possédaient son esclave d’origine subsaharienne, donc noir et musulman. Désolée pour l’extrême droite, il se peut que vous ayez un ancêtre d’origine afro-musulmane dans votre lignée et que vous n’en ayez aucune connaissance. La raison est simple, ils ont été convertis au christianisme et les noms furent changés lors du baptême.

Malheureusement, comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres textes, le manque d’informations sur notre propre culture influence souvent nos actions. Je ne sais pas pour vous, mais c’est le genre de sujet qu’on n’a jamais abordé dans les cours d’histoire au secondaire. Du moins, je ne m’en souviens pas. Personnellement, j’ai appris leur présence en sol québécois  que l’an passé en lisant le livre de Marcel Trudel et de Micheline D’Allaire paru en 2004 aux Éditions Hurtubise HMH et qui s’intitule Deux siècles d’esclavage au Québec suivit du Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français sur CD-ROM. Mais étant curieuse de nature, j’ai toujours fait des recherches par moi-même pour connaître les autres. Par la force des choses, on en apprend sur nous-mêmes. Je vous suggère aussi de lire l’Encyclopédie Canadienne sur le sujet de la présence des noirs en terre américaine.

Une identité se construit à force de rencontres, de questionnements et de réflexion. Elle change au gré de ces introspections. Si nous ne sommes jamais confrontés avec autrui, comment peut-on évoluer ? Nous sommes le reflet de ce que l’autre perçoit de nous, de ce que nous lui projetons. Si nous avons que des barrières, comment est-il possible d’en apprendre sur nous-mêmes et évoluer en tant que société ?

Je vous reviens avec d’autres textes sur le sujet cette semaine.

Bonne lecture!

 

 

J’ai hésité longtemps avant d’écrire un article sur la cuisine. Je me questionnais à savoir s’il y avait un réel aspect identitaire et que je ne voulais pas écrire que pour écrire. Le déclic a été fait au moment où je cuisinais une recette algérienne pour souper. J’étais en train de me dire, en cuisinant, que ça faisait une éternité que je n’avais pas mangé de pâté chinois! C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je fasse une recherche et que j’en parle dans au moins un article.

En effet, lorsqu’on y pense, chaque région, chaque pays a son identité culinaire. Le Québec à sa poutine, le Maghreb a son couscous, le Japon a ses sushis, la France a ses vins et fromages, etc. Il s’agit de clichés, évidemment, mais oui, la question de l’identité est très présente dans la cuisine. D’ailleurs, quand on voyage, qu’est-ce que l’on fait? On goûte à la cuisine locale. D’accord, tout dépend du voyage et du tempérament aventureux de chacun, mais quand même, on doit goûter au moins à un plat typique de l’endroit où l’on voyage.

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Couscoussier, thé et fruits. Crédit photo: moi

Quand je suis allé en Algérie, mon mari me traînait dans les restaurants algérois et c’est comme ça que j’ai connu certaines recettes que nous faisons maintenant à la maison. Aussi, dans sa famille, le vendredi, c’est un classique, on mange du couscous. J’y ai appris une nouvelle façon de le préparer qui est différente de celle des Tunisiens. Du moins de mon ex-belle-mère. Le point commun, le grain est cuit à la vapeur, mais la cuisson de l’assaisonnement (viandes, légumes, pois chiche, etc.) et la présentation diffèrent. En Tunisie, l’assaisonnement est cuit à même le couscoussier, la vapeur qui s’y dégage donne du goût au couscous. Une fois terminée, on met les grains dans un bol et on verse l’assaisonnement dans la passoire du couscoussier. Le liquide se mélange avec les grains. On finit par mettre l’accompagnement sur le couscous. En Algérie, dans ma belle-famille, le couscous est cuit à vapeur d’eau dans le couscoussier. L’assaisonnement l’est dans une casserole à côté. Une fois terminé, on sert de façon séparée soit le couscous dans un récipient, la sauce dans un autre et l’accompagnement dans un dernier. Ne le dites pas à mon mari, mais je préfère la manière tunisienne ! Il y a moins de vaisselle à faire après et visuellement parlant, c’est plus appétissant.

En 2002, j’ai fait Katimavik. Dans chaque rotation, on devait rester dans une famille de la place. Ma famille m’avait fait une recette de ragoût originaire d’Europe de l’Est et honnêtement, c’est différent de notre ragoût d’ici. Je ne me souviens pas de la recette, mais ce qui m’avait marquée était la présence de boules de pâte plus ou moins cuites dans le mélange. Sincèrement, je n’avais pas vraiment apprécié le plat, mais bon, la famille était vraiment contente de me présenter cette recette, alors j’ai mangé sans trop protester.

En faisant mes recherches sur l’aspect identitaire de la cuisine, j’ai trouvé un article, datant de 2008. Il a été écrit par Mariagrazia Margarito et est intitulé Cuisine identitaire : remémoration et déclaration d’identité. Il a été trouvé sur le site de cairn.info. D’emblée, il est question de la langue et l’auteure dit que « l’alimentation et la cuisine reflètent nos racines, sinon il n’y aurait pas l’expression : la cuisine française, espagnole, africaine ou italienne ! »  Je suis d’accord ! Quand je cuisine pour mon mari, je sais que si je change la moindre chose dans une recette, il le remarque. Lorsqu’il est question de la cuisine des immigrants, il est dit que les traditions culinaires sont très présentes dans notre quotidien, qu’elles sont révélatrices de l’identité de la personne, mais aussi de sa culture. Mais comme toute chose, les recettes sont influencées par l’environnement du cuisinier. Par exemple, au Québec, on a la quiche et ses variantes, mais en Tunisie, il y a une recette de tajine qui y est similaire. Il n’y a que deux points qui les diférencient. Le tajine n’a pas de croûte et des patates frit à la poêle. Sinon, on peut mettre ce que l’on veut dedans. Idem avec la soupe que les musulmans prennent durant le ramadan. Il n’y a pratiquement que le nom qui change, car il s’agit principalement de soupe-repas comprenant de la viande et des pois chiches.

Sans faire une critique complète de l’article de Margarito, on peut constater lors de sa lecture que la cuisine et l’identité sont vraiment reliées l’un à l’autre. La cuisine est quelque chose d’universel et rassembleur. Je vais sûrement pousser ma recherche un peu plus sur le sujet et vous revenir là-dessus plus tard.

Dans plusieurs lectures ou conférences que j’écoute actuellement, on mentionne que l’immigrant doit s’impliquer pour réussir son immigration. C’est un fait, les gens que je connais qui sont les mieux intégrer sont ceux qui s’impliquent activement dans leur nouvelle société.

Le mieux pour les nouveaux arrivants est de se faire un bon réseau de contacts. Mais pour ça, il faut savoir où aller. Évidemment, il y a les organismes d’aide aux immigrants. Il y en a énormément dans la région de Montréal, mais aussi partout au Québec. Par contre, il faut savoir où les chercher! Plusieurs facteurs font en sorte que les immigrants ne vont pas forcément vers ces organismes. Et cela explique aussi pourquoi ils ne s’impliquent pas comme on le voudrait. Tout d’abord, si l’immigrant ne maîtrise aucune des langues officielles, il aura du mal à se créer un réseau fort et durable. Sans compter que le plus important quand on arrive n’est pas forcément de retourner sur les bancs d’école apprendre une nouvelle langue. La survie passe avant tout. Cela signifie se trouver un toit, un travail, de quoi manger, etc. Il suffit de se rappeler la pyramide de Maslow. Le besoin d’appartenance vient seulement en troisième position. C’est donc dire qu’avant que l’immigrant se sente bien intégrer dans sa nouvelle société, il doit combler les besoins psychologiques et de sécurité avant tout. Aussi, c’est à se questionner à savoir si les organismes sont adéquatement préparés à aider les nouveaux arrivants.

Dans une conférence qui a eu lieu en mai 2016 à l’UQAM dans le cadre du Sommet citoyen pour l’harmonisation des droits universels et l’harmonisation des relations interculturelles Bob White parlait de l’approche citoyenne. Qu’est-ce que c’est? François Rocher explique dans le cadre de l’approche citoyenne, l’individu est perçu comme étant un membre actif de sa communauté. Donc, il est impliqué à sa construction. Pour cela, il doit comprendre les normes de sa société. Pour que cela se fasse chez les immigrants, il faut que la base de la pyramide de Maslow soit comblée. Bob White demande aux organismes qui travaillent auprès des immigrants de les questionner sur le sujet. Pour lui, l’approche citoyenne en est aussi une culturelle. Il faut donc comprendre ce que représente la citoyenneté et l’implication dans la société pour eux. Dans certaines cultures, la femme reste à la maison pour s’occuper des enfants et c’est l’homme qui va à l’extérieur pourvoir aux besoins de la famille. Forcément, pour eux, l’implication citoyenne ne se fera pas comme quelqu’un qui vient d’un pays où les deux sexes sont impliqués activement dans la société.

Bob White recommande aussi aux intervenants de se questionner afin de mieux s’outiller et de faire en sorte que la cohésion sociale entre les divers organismes, les immigrants et la société d’accueil. Aussi, il est important que le sentiment d’appartenance soit développé pour que l’immigrant puisse participer. Si ce dernier sent qu’il n’est pas le bienvenu dans sa nouvelle société, il n’y participera pas. Il préférera rester avec les siens, là où il se sentira utile! Donc, le meilleur moyen de faire en sorte que quelqu’un s’implique dans sa nouvelle société, c’est, premièrement, combler ses besoins primaires et deuxièmement, être guidé par quelqu’un de sa nouvelle communauté. C’est possible, mais il faut que nous aussi on s’implique comme citoyen!

Depuis que j’ai décidé d’être un peu plus active sur le blogue, les termes « diversité interculturelle » reviennent souvent. Mais en fait qu’est-ce que c’est ?

On sous-entend avec ces termes à une diversité entre minimums deux cultures, qu’importe lesquelles. Mais j’avoue qu’on a peut-être une petite tendance à penser « le Québec par rapport à l’ailleurs ». Pourtant, même ici, il y a des sous-cultures. On a qu’à penser aux autochtones, aux sourds, aux LGBT, à la musique, au geek, etc.  Donc, voici quelques définitions pour se repérer lorsque l’on parle de diversité interculturelle.

Les définitions viennent du Petit Robert, 2009, du dictionnaire Antidote 2016, mais aussi de notes de cours.

Culturalisme : il s’agit d’une « doctrine sociologique qui considère l’influence du milieu culturel, des formes acquises de comportement sur l’individu. » Au Québec, on parle d’interculturalisme. Tandis qu’au Canada on parle de multiculturalisme.

Pour le mot culture, le Petit Robert a deux grandes définitions pour ce mot. Une liée à la terre et l’autre lié à l’être humain. Pour des raisons évidentes, nous allons prendre la deuxième. Dans cette définition, il y a 4 possibilités, mais deux s’apprêtent mieux à la situation actuelle. La première parle de « l’ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation, une nation » et la deuxième d’un « ensemble des formes acquises du comportement, dans les sociétés humaines. » Pour ces deux définitions, on réfère aussi à l’interculturel, au transculturel, au multiculturalisme et au culturalisme.

Pour la diversité, le dictionnaire mentionne qu’il s’agit d’un caractère ou d’un état de ce qui est divers. On parle alors de multiplicité, de pluralité, de variété, et même de richesse.

Le mot interdisciplinarité n’est pas dans le Petit Robert, mais nous avions fait notre propre définition en classe. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il s’agit d’une approche collaborative qui favorise la co-construction des savoirs entre différents champs disciplinaires. L’interdisciplinarité est, selon Antidote, ce qui concerne les relations entre les disciplines, les sciences. L’interdisciplinarité est une approche qui est souvent utilisée lors des médiations interculturelles, car le médiateur ne peut à lui seul tout régler. Il a besoin de ressources et de soutien dans certaines interventions.

L’interculturalité selon Antidote est liée à l’interculturel et ça va de soi! En classe, lors d’un exercice où l’on devait s’entendre sur une définition, nous sommes arrivés à celle-ci : « l’interculturalité est l’ensemble des interactions entre des groupes et individus porteurs de différentes cultures.

Évidemment, qui dit le mot interculturalité, dit interculturel. En fait, selon le Petit Robert, c’est ce « qui concerne les rapports, les échanges entre cultures, entre civilisations différentes. »

En terminant, on définit ce qu’est la médiation. Selon le Petit Robert, deux définitions sont possibles. Dans un premier temps, il s’agit d’une entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes ou des parties. On a qu’à penser à la médiation familiale. La deuxième définition est le fait de servir d’intermédiaire dans un processus créatif où l’on permet à une situation de passer d’un stade à un autre. En classe, notre définition se résumait ainsi : « la médiation est à la fois une discipline, une pratique et un processus volontaire favorisant le rapprochement et la compréhension mutuelle entre des individus, des groupes ou des organisations. » La médiation peut être préventive ou curative.

Il est important de mettre les définitions sur table lorsque l’on parle avec quelqu’un. On n’a pas tous le même vécu, alors on n’a pas forcément les mêmes définitions pour les mêmes mots. L’écart se fait sentir davantage lorsqu’il y a des barrières culturelles, comme la langue ou la culture d’origine.

Éventuellement, j’aurais d’autres textes sur la thématique du langage et des communications. Il va sans dire que les mots choisis ont un impact sur les gens.

On se reparle bientôt!

Une chose que tout le monde a en commun est le fait d’avoir une langue maternelle. Celle apprise à la maison par les parents. Mais forcément, dans une société multiculturelle, il va de soi d’apprendre d’autres langues, d’être polyglotte. Le minimum est d’apprendre l’anglais comme beaucoup de québécois le font. Mais lorsqu’on est issu de l’immigration, c’est souvent bien différent. À la base, il faut savoir parler la langue du pays vers lequel on souhaite s’installer.

Mais personnellement, comme j’essaie d’apprendre l’arabe, j’ai mes petits trucs. Bien que ça ne fasse pas de moi quelqu’un qui parle couramment cette langue, j’arrive quand même avoir des discussion très de base avec les gens. Il faut dire que ce n’est pas une langue qui est facile à parler et qui a un vocabulaire très riche. C’est probablement une des langues les plus complète qui existe en raison du fait que la bouche et la gorge sont utilisées pour l’utilisation des lettres. Pour vous donner une idée, dans mon Coran, j’ai cette image qui explique la provenance des lettres arabes.

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L’emplacement des lettres arabes dans la bouche et la gorge. Photo prise dans mon Coran.

Mais ne vous inquiétez pas, mon Coran n’est pas exclusivement en arabe. J’ai pris un qui a, oui les sourates en arabes, mais qui a une traduction et une page en phonétique. Donc je peux lire le Coran en arabe et comprendre ce qu’il y est écrit grâce à ça. C’est une des manières que j’ai pour apprendre la langue. Si mon mari récite à la maison, je peux donc suivre en prenant la page de la phonétique. Si je suis seule et que je lis la phonétique et qu’un mot me semble familier, j’essaie de trouver l’équivalent en français ou j’essaie de trouver le mot dans la partie en arabe, car j’arrive à lire les lettres. Par contre, si j’essaie de lire en arabe exclusivement, j’ai énormément de difficultés car je n’arrive pas toujours à bien prononcer les lettres ou j’en confonds. Donc, je me trouve meilleure à lire et écouter l’arabe que de le parler.

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Ce à quoi ressemble mon Coran. Il s’agit de la première sourate Al Fatiha.

Pour ce qui est de l’écoute justement, ce que je fais est évidemment écouter des émissions en arabe avec mon mari. Lorsque je crois comprendre un mot, je lui répète ce que je crois avoir entendu, mais ce n’est pas une réussite à chaque fois. Par contre, ça me permet d’apprendre des mots qui ne sont pas forcément issu de la religion.

Personnellement, je trouve important, en tant que convertie d’apprendre, même un peu, la langue arabe. Cela me permet mieux de comprendre lorsque je suis entourée de musulmans et qu’il est question de religion. Par contre, ce n’est pas tout le monde qui ont cette mentalité. Je connais des arabes qui ne veulent pas que leurs enfants apprendre la langue des parents, sauf si c’est pour réciter le Coran. À mon avis, et je ne suis pas la seule à le penser, il est important de comprendre l’arabe quand on est musulman. Car forcément, ça nous oblige à apprendre notre religion et mieux la comprendre. Je ne dis pas de la maitriser parfaitement, mais de comprendre certains mots clés. Et comme je viens de le mentionner, les recherches prouvent que ceux qui sont enclin à la radicalisation sont les jeunes de la deuxième génération qui ne maitrise rien de la culture de leurs parents ni de leur religion.  En plus, c’est tellement facile, quand on est enfant d’apprendre une autre langue. Beaucoup plus facile qu’une fois adulte.

Pour l’instant, je n’ai pas d’enfant, mais il est déjà entendu avec mon mari qu’il allait parler en arabe avec nos enfants, si on en avait. Je sais que c’est le cas aussi de beaucoup de familles multiculturelles. Il existe une langue parlée avec chaque parents  et la langue commune du couple. Parfois s’ajoute la langue de la société d’accueil… L’avantage de cela: avoir des enfants ouverts sur le monde et qui auront des opportunités a en plus finir.

Pour les convertis qui me lisent, voici de quoi à l’air mon Coran. Il existe aussi des exemplaire en d’autres langues, à moins que je me trompe.

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Mon Coran