Publié dans Diversité, Identité, Réflexion

La DPJ et les minorités culturelles

Il y a presque 2 semaines, l’organisme Défi’lles et des ailes a tenu un souper bénéfice pour pouvoir renflouer ses coffres. Leur cause est noble: pallier certains manquements que la DPJ concernant les jeunes issus des minorités culturelles. Dans ce cas précis, la clientèle cible est les filles musulmanes âgées de 10 à 20 ans et leur famille. Le hic, lors de son discours, la présidente de l’association  a mis côté à côté les mots « DPJ » et « musulmane ». Un tout petit dérapage, mais qui a causé une polémique au Québec.

Pourtant, il s’agit d’une réalité qui n’est pas exclusive aux musulmans. Au contraire, tout enfant qui vit dans une famille qui est issue d’une minorité culturelle le vit. Qu’importe l’origine, il y a un manque de ressources en ce qui a trait à la parentalité des immigrants, sauf peut être le Québécois blanc francophone.

Tout le monde le sait, être parent est une job à temps plein et qui est complexe déjà à la base. Si on ajoute l’intégration à une société complètement différente à la communauté d’origine, cela représente un défi particulier. Les immigrants perdent leurs repères habituels et se retrouvent en reconstruction identitaire important. Ils se rattachent donc à ce qui est fixe dans leurs vies. Mais pour les jeunes nés ici, il y a une double identité qui se crée sans trop le vouloir. Il y a l’identité à la maison et celle de la société d’accueil. Les familles doivent donc négocier avec une situation pas toujours facile.

Oui, il y a des familles pour qui la situation est plus facile, mais reste que les familles souhaitent transmettre leurs valeurs à leur progéniture. Comme n’importe quelle famille. La différence est que les valeurs bien que parfois similaires à celles de la société d’accueil, la transmission a un impact sur la vie des enfants. Si la transmission n’est pas adapté à la nouvelle réalité familiale, il y a possibilité qu’il y ait des réactions de la part des enfants. Surtout, il ne faut pas oublier que l’adolescence est une période de recherche et de remises en question. Et cette adolescence n’est pas vécue au Québec, qu’au bled, il y a 40 ou 50 ans.

En fait, les parents doivent donc apprendre à se dissocier de ce qu’ils on appris et vécu pour pouvoir s’adapter à la nouvelle réalité. Ce n’est pas une chose simple. Déjà que pour les familles qui sont ici depuis des lustres, peuvent aussi avoir de la difficulté dans l’éducation de leurs enfants, alors imaginez, quand on vient d’arriver dans un nouveau pays, sans plus aucun repère, il y a de quoi réagir. Il est donc important, pour les gens issus de minorités culturelles, de pouvoir compter sur un réseau qui peut les comprendre.

Bien que cliché, le dicton qui dit qu’il faut un village pour éduquer un enfant prend toute sa place.