Depuis la nuit des temps, l’immigration existe. Les gens étaient beaucoup plus nomades qu’aujourd’hui et vivaient au rythme des saisons. Au fil du temps, ils se sont sédentarisés, mais l’aventure, les découvertes, les épreuves ou le travail étaient et sont toujours des raisons qui poussent vers d’autres horizons. C’est grâce à cela qu’aujourd’hui, la société québécoise existe. Sans la colonisation des Français et des Anglais il y a quelques siècles, le Québec n’existerait pas aujourd’hui. Au grès des différentes crises du passé, comme la Grande Famine en Irlande, les deux Guerres mondiales, les conflits territoriaux, etc., le Québec s’est diversifié et est devenu ce qu’il est aujourd’hui.

Il suffit de lire un peu sur l’histoire migratoire du Québec pour comprendre et voir les différentes vagues de migration. Dès le début, la majorité des migrants viennent de l’Europe et c’est ce qui est favorisé. Par contre, on peut constater dans Deux siècles d’esclavage au Québec de Marcel Trudel avec la collaboration de Micheline D’Allaire paru en 2004 que des Noirs vivaient au Québec dès le 17e siècle. Évidemment, ils étaient, ainsi que les autochtones, considérés comme inférieurs aux Blancs, donc esclaves. Par la suite, plusieurs Européens sont venus s’installer au pays pour différentes raisons. On peut constater leur présence encore aujourd’hui le long du Boulevard Saint-Laurent à Montréal et dans les prairies. Lors de la construction du Canadian Pacifique, le Canada a engagé des Chinois pour combler le manque de main-d’œuvre. Donc, depuis l’arrivée des colons français, l’immigration est chose courante pour le Québec.

Pour les musulmans, l’immigration est aussi importante. Les Arabes étaient à la base nomade, c’était, en partie, dans leurs gênes. Ils ont commencé à se sédentariser bien avant l’arrivée de l’Islam, malgré le fait qu’il y avait beaucoup de caravaniers à cette époque. Mais dès que l’Islam fut révélé publiquement, après 3 ans d’activités clandestines, il y a une première immigration. Au cours des années, d’autres immigrations auront lieu, dont la plus importante est celle du Prophète de l’islam de La Mecque vers Médine. Plusieurs versets du Coran parlent de l’immigration, de son importance et de ses avantages. La sourate 16, Les abeilles, verset 110, est l’une d’elles : « Quant à ceux qui ont émigré après avoir subi des épreuves, puis ont lutté et ont enduré, ton Seigneur après cela, est certes Pardonneur et Miséricordieux. » Un autre verset (la Sourate 29, L’araignée, verset 56) du Coran en parle : « Ô Mes serviteurs qui avaient cru ! Ma terre est bien vaste. Adorez-Moi donc ! » En lisant l’Exégèse du Coran écrite par Ibn Kathir, on peut facilement comprendre l’importance de l’immigration islamique. En quelques mots, s’il est impossible de vivre l’Islam adéquatement, il est permis de quitter le pays pour aller vivre ailleurs. En échange, une grande récompense sera donnée à ceux qui exécutent cet ordre.

Suivant la logique du Coran, plusieurs musulmans ont dû quitter leurs pays d’origine pour aller ailleurs dans le monde. Le monde étant vaste, il est facile de trouver des musulmans partout sur le globe, y compris le Québec. Évidemment, cette immigration a sa propre histoire et elle a un impact majeur sur le Québec actuel. Contrairement à l’immigration homogène du début de la colonie, la présence de l’Islam se fait de plus en plus voir principalement dans les grandes villes de la Belle Province. Ce qui amène à se poser une question importante : quel est l’impact de l’immigration musulmane sur la société québécoise ? Dans les prochaines pages, il sera question, en premier lieu de l’historique de ce phénomène. Deuxièmement, l’aspect juridique de l’immigration sera abordé. En terminant, il sera question des interventions à favoriser avec ce type de clientèle.

La brève histoire de l’immigration musulmane

L’Islam est à tort et à raison associé aux Arabes. En effet, l’Islam est centralisé dans la péninsule arabique depuis le 7e siècle après Jésus-Christ. Les premiers musulmans étaient donc à grande majorité arabe. Malgré tout, il y a eu aussi des noirs, esclaves, qui sont devenus musulmans et affranchi par la suite. Avant l’Islam, les tribus arabes de l’époque ont énormément voyagé dans les différents secteurs asiatiques de l’Ouest. Par contre, La Mecque est un point central permanent où une certaine stabilité régnait depuis longtemps. Ce que l’on sait des premières tribus arabes, c’est qu’elles sont divisibles en trois grandes catégories : la première ayant disparu, il ne reste que les Arabes dits de souche, descendant Yaarab ibn Yachjoub ibn Khatan, et les Arabes d’adoption, descendants d’Ismaïl. Ces derniers ont colonisé l’emplacement actuel de la Mecque, Ismaïl étant arrivé à cet endroit bébé avec ses parents, le prophète Ibrahim et sa seconde épouse.

Comme mentionné plus haut, les premières révélations islamiques ont commencé en 610. Le prophète Mohammed a reçu sa première révélation durant le mois du ramadan alors qu’il était en retraite spirituelle dans la grotte de Hira. Le coup fut brutal pour le prophète, mais la nouvelle se rependit rapidement dans la cité, si bien qu’au bout de trois ans, l’Islam est devenu public et les représailles ont débuté. À cette époque, les Arabes étaient polythéistes et tout autour de la Kaaba, il y avait plus de 350 idoles. Le polythéisme faisait partie des us et coutumes de ce peuple depuis des siècles, et bien que chaque prophète préislamique enseignait le même message, l’adoration d’un Dieu unique, ce n’est qu’avec le prophète Mohamed que la situation changea vraiment.

L’appel à l’Islam fut fait auprès des intimes de Mohamed. Sa famille et ses amis furent donc les premiers musulmans. Graduellement et avec l’aide de ses alliés, le nombre de croyants augmenta rapidement. Bien que le tout se passe discrètement, une rumeur circulait à la Mecque. Au bout d’un moment, Mohamed reçut l’ordre de faire ouvertement l’appel à l’islam. La tribu de Mohamed, les Banni Hachim, a été la première à être appelée publiquement. Le refus fut catégorique. Par contre, son oncle, Abou Talib, lui assura une protection jusqu’à son décès. Malgré cette protection, les efforts du prophète en matière d’enseignement se font difficilement. Toutes les techniques étaient bonnes pour dénigrer les musulmans : lancer des insultes, créer de doutes dans l’enseignement de l’Islam, empêcher l’écoute du Coran, et même, agresser maintes fois le prophète.

Dès la quatrième année de la révélation, les choses se compliquèrent, et ce, malgré la discrétion des musulmans. Les agressions se faisaient de plus en plus intenses. C’est vers la fin de la quatrième année que vient la première immigration islamique. Mohamed ordonna à quelques musulmans (12 hommes et 4 femmes) d’aller en Abyssinie pour se réfugier auprès du roi Négus, réputé juste envers tous. Ce qui fut le cas avec ce petit groupe. En dépit de cette migration, les musulmans furent malmenés par leurs concitoyens. L’ordre du prophète fut donc d’envoyer de nouveau un groupe de musulmans (89 hommes et environ 20 femmes) en Abyssinie. Deux hommes ennemis ont été envoyés en Abyssinie pour acheter le roi Négus, mais en vain. Mais ce n’est que le début de l’immigration musulmane. En effet, après les migrations de deux groupes musulmans, un blocus fut intenté vers les musulmans. Il était interdit de faire toutes transactions avec eux. Ils ont dû, encore une fois, se réfugier dans le fief d’Abi Talib. Tout ce qu’ils trouvaient pour se nourrir était souvent trouvé en secret ou acheté lors de mois saints. Au bout de trois ans, le feuillet sur lequel le pacte prônant le blocus des musulmans était détruit de façon naturelle : des termites l’avaient mangé.

L’immigration la plus importante, du moins durant la vie du prophète, et celle des musulmans de la Mecque vers Yathrib. La vie à la Mecque était insupportable pour tous musulmans incluant Mohamed. Pour leur propre sécurité et celle du prophète, plusieurs étapes ont été préétablies. La dernière étant le départ de Mohamed de la Mecque vers, ce que l’on appelle désormais, Médine. Cette migration se fait avec l’aide de son ami de toujours Abou Backer. Cette migration s’est faite environ 12 ou 13 ans après le début des révélations auprès du Prophète. Elle marque l’an un du calendrier musulman. Nous en sommes maintenant au début de l’an 1438.

Par la suite, les musulmans ont conquis graduellement les pays environnants pour prendre de plus en plus d’ampleur au fils des années. Au fil des traités et des batailles commencés à l’époque du prophète et poursuivis lors des califats qui ont continué le travail de Mohamed, l’Islam s’est propagé surtout autour de la péninsule arabique, en Afrique du Nord, en Afrique Noire et en Asie occidentale. À cette époque, les moyens de transport étaient sommaires : il s’agissait principalement de caravanes de chameaux ou de bateaux rudimentaires si on les compare à aujourd’hui. Avec les moyens de transport qui ont évolué avec le temps, la distance parcourue par les musulmans s’est répandue. Actuellement, il y a des musulmans sur tous les continents.

Selon le site Al Kanz, on peut voir une infographie qui démontre qu’en 2009, 23% de la population mondiale était musulmane. De ce nombre, 62% se retrouvent en Asie, 20% en Afrique du Nord et la péninsule Arabique, 15% en Afrique Sub-Saharienne, 3% en Europe et 0,03% pour les Amériques. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages (2011) de Statistiques Canada, au Canada, sur une population totale de près de 33 millions d’habitants, un peu plus de 1 million de personnes se disent de confession musulmane, soit 3.2%[1] de la population totale. Le nombre d’immigrants se situe à près de 300 milles. Quoi que beaucoup soient arrivés bien avant les années 1970, le nombre d’immigrants augmente sans cesse depuis les années 1980. La décennie ayant eu le plus d’immigrants est celle des années du début des années 2000, mais seulement à partir de la deuxième moitié. La première étant marquée par l’événement du 11 septembre. Les non-immigrants sont beaucoup plus nombreux en nombre que les immigrants eux-mêmes. On parle surtout des générations suivant la première et des convertis. Au Québec, il y a un total de 243 430 musulmans en 2011 sur une population de près de 8 millions. Les chiffres suivent la même proportion qu’au Canada, puisque la décennie ayant le plus d’immigrants est celle des années 2000. Par contre, la décennie 90 est celle où le nombre de musulmans augmente beaucoup dans la province. Les non-immigrants sont aussi en surnombre comparé aux immigrants de la première génération.

Comme le montre Statistiques Canada, l’immigration musulmane date avant même les années 1970.  Selon le livre Deux siècles d’esclavage au Québec de Marcel Trudel, il est question de noirs, entre autres, venus de la Guinée qui ont été enregistrés dans les registres comme étant baptisés au catholicisme. Le Dr Amir Hussein, professeur à l’université Loyola Marymount (L.A.), abonde dans le même sens : « Les gens ne le savent pas, mais environ 10% des esclaves ‘‘importés’’ en Amériques par les Européens étaient musulmans.[2]» Pour Ali Daher (Relation no 685, juin 2003), les premiers musulmans à venir s’établir officiellement au Canada sont arrivés en 1870. La progression fut très lente, car à cette époque, l’immigration était surtout restreinte aux catholiques. En 1921, on pouvait recenser 478 musulmans au Canada.

Dans le cas de l’esclavagiste, la migration noire était forcée, contre la volonté des gens. Évidemment, avec le temps, les raisons se sont variées, bien que dans certains cas, l’immigration soit, en quelque sorte, obligatoire. C’est le cas des réfugiés. Beaucoup de pays musulmans ont connu ou sont actuellement en guerre. On a qu’à penser à l’Algérie dans les années 1990 et la Syrie dans les dernières années. Beaucoup aussi viennent vivre au Québec pour des raisons économiques ou avoir une meilleure qualité de vie. En fait, cela en fonction du parcours de chacun des immigrants et de ce que l’État fait miroiter.

D’une manière ou d’une autre, pour le musulman,

« [les] actions ne valent que par les intentions et chacun n’a pour lui que ce qu’il a eu réellement l’intention de faire. Celui qui émigre pour Dieu et Son Messager, son émigration lui sera comptée comme étant pour Dieu et Son Messager. Et celui qui émigre pour acquérir des biens de ce bas-monde ou pour épouser une femme, son émigration ne lui sera comptée que pour ce vers quoi il a émigré.[3]»

L’aspect juridique de l’immigration au Québec

Dans son livre Les identités meurtrières, Amine Maalouf dit que

« [le] postulat de base de l’universalité, c’est de considérer qu’il y a des droits inhérents à la dignité de la personne humaine, que nul ne devrait dénier à ses semblables à cause de leur religion, de leur couleur, de leur nationalité, de leur sexe, ou pour toute autre raison. »

Voici donc ce que cela veut dire.

Quelques articles de lois

Comme il a été vu dans la partie concernant l’histoire de la migration musulmane, la présence de migrants pratiquant l’Islam a toujours été présente d’une manière ou d’une autre. Mais qu’est-ce qui attire les musulmans à venir s’établir au Canada et plus particulièrement au Québec?

Tout d’abord, la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule dès l’article premier que « [tous] les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont fraternité.» La lecture du deuxième article démontre clairement que

« [chacun] peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.»

Par la suite, la Charte Canadienne des droits et libertés datant de 1982 énonce dès le deuxième article les libertés fondamentales que peuvent avoir tous Canadiens.

«Chacun a les libertés fondamentales suivantes

a) liberté de conscience et de religion;

b) liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

c) liberté de réunion pacifique;

d) liberté d’association.»

En terminant, le Québec abonde dans le même sens avec l’article 3 (1975, c. 6, a. 3.) de la Charte des droits et libertés de la personne : « [toute] personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association.» Un peu plus loin, selon l’article 10 (2016, c. 19, a. 11.), on peut lire que :

«Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit.»

Pour ce qui est de la sécurité, des articles sont aussi présents dans les différentes chartes existent. Dans la Déclaration universelle des droits humains, il est écrit à l’Article 7 que « [tous] sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. » Au Canada, l’Article 7 stipule que « [chacun] a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale.» En terminant, le Québec abonde dans le même sens avec l’Article 24 (1975, c. 6, a. 24.) « [nul] ne peut être privé de sa liberté ou de ses droits, sauf pour les motifs prévus par la loi et suivant la procédure prescrite.»

Au regard de ces Articles de lois, il est évident que le Canada et le Québec sont des endroits où il fait bon vivre et que tous ceux et celles qui souhaitent s’y installer sont les bienvenus. L’image accueillante du pays ou de la province dépend aussi des politiciens en place. Un gouvernement Libéral, au Fédéral comme au provincial est beaucoup plus enclin à accepter de nouveaux immigrants, ce qui n’est pas le cas de tous les partis politiques. Mais est-ce qu’il y a une égalité dans l’accueil des immigrants? Si l’on se fie aux statistiques du Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles qui datent 2013, la réponse est non. Par exemple, le taux de chômage est beaucoup plus élevé chez les minorités visibles (13,1%) que chez le reste de la société (6,4%), particulièrement les Noirs (19,1%) et les Arabes (20,9%). Idem pour le choix du secteur d’emplois qui est souvent restreint à des emplois qui se situent au bas de l’échelle ou qui sont illégaux.

Le cas Hérouxville

Au début de l’année 2007, Hérouxville, petit village de 1300 âmes en Mauricie, instaure un code de conduite de cinq pages pour les nouveaux immigrants qui souhaitent s’y installer. « On y précise que la lapidation, l’immolation par le feu et l’excision des femmes sont interdites. On y souligne que l’Halloween est le seul moment où l’on peut se voiler le visage.[4]» Évidemment, on parle énormément  de ce village dans les médias et il devient assez vite la risée du Québec. Lors de la revue de l’année, le groupe Rock et belles oreilles (RBO) avait même fait un sketch relatant l’événement[5].

Pourtant, le but de ce court document était de protéger les valeurs québécoises[6]. En revanche, deux organismes musulmans, Congrès islamique canadien et le Forum musulman canadien, n’étaient pas du même avis et ont porté plainte envers Hérouxville. L’article 27 de la charte canadienne des droits et libertés stipule que toute interprétation de ladite charte a pour objectif «de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens. » Ce que le code de vie d’Hérouxville ne fait pas, et, malheureusement, aucun résultat de recherche n’a permis de trouver la conclusion de ces plaintes. On sait seulement que le code de vie d’Hérouxville n’existe plus.

De plus, huit femmes musulmanes avaient aussi été à la rencontre des citoyens d’Hérouxville peu de temps après le dépôt du Code de conduite[7]. Elles y étaient principalement pour ouvrir la discussion sur la place des femmes dans l’Islam et offrir des présents aux gens de la place.

««Nous voulons servir le Québec, ont-elles dit, accommodons-nous les uns des autres», mettant en garde les citoyens de toutes confessions contre «la panique, le délire, et la paranoïa», et contre «les démons qui viennent semer la zizanie». Parmi les quelques cadeaux apportés, la délégation a offert à la bibliothèque de Hérouxville un livre sur les droits de la femme dans l’islam et un livre sur la philosophie de l’islam. «Le port du voile, a précisé Mme Boughaba, n’est pas un accommodement.»»

Tout ce que l’on sait maintenant, c’est que le code de vie d’Hérouxville, qui avait pourtant fait des petits après sa sortie médiatique, n’existe plus sous la même forme qu’à sa naissance.

La Commission Bouchard-Taylor

Peu de temps après l’affaire Hérouxville, le premier ministre du Québec de l’époque, Jean Charest, parle de mettre en place une Commission publique sur les accommodements raisonnables en lien avec les communautés culturelles. Cette Commission est codirigée par le sociologue Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor avait pour mission[8] :

  1. « De dresser un portrait des pratiques d’accommodements qui ont cours au Québec
  2. D’analyser les enjeux qui y sont associés en tenant compte des expériences d’autres sociétés ;
  3. De mener une vaste consultation sur ce sujet ;
  4. De formuler des recommandations au gouvernement pour que ces pratiques d’accommodement soient conformes aux valeurs de la société québécoise en tant que société pluraliste, démocratique et égalitaire. »

Pour Jean Charest, trois valeurs, dites québécoises, étaient importantes aux yeux de l’État, soit :

  1. « L’égalité entre les hommes et les femmes ;
  2. La primauté du français ;
  3. La séparation entre l’État et la religion.[9]»

Au total, 17 villes ont été visitées par les deux commissaires en 2007. Les formes étaient variables selon les situations, mais la parole était donnée à tous les citoyens, qu’importe leurs idées. Le rapport de 310 pages est publié en mai 2008 et comprend 8 grands thèmes qui recoupent au total 37 propositions.

La charte des valeurs québécoises

En 2012, Pauline Marois devient la première femme a dirigé le Québec. C’est un fait historique qu’on ne peut négliger. Par contre, le Parti Québécois (PQ), sous l’idée de Bernard Drainville, tente d’imposer une Charte de valeurs. Cette charte a pour but de définir l’identité québécoise. Ce n’est pas négligeable, car avec les différentes influences que le Québec possède, on doit établir des bases communes. Mais à quel prix?

La Charte, qui a causé la perte du PQ en avril 2014, voulait la neutralité et la laïcité de l’État en bannissant les signes ostentatoires. Elle prônait aussi l’égalité des femmes et des hommes dans la province. Pourtant, de façon déguisée, elle ciblait les femmes musulmanes en particulier. Pourquoi? Si l’on regarde les articles 3 à 6 de la Charte[10], on peut s’apercevoir de la cible réelle des péquistes.

« SECTION I

DEVOIRS DE NEUTRALITÉ ET DE RÉSERVE EN MATIÈRE RELIGIEUSE

 

  1. Un membre du personnel d’un organisme public doit faire preuve de neutralité religieuse dans l’exercice de ses fonctions.

 

  1. Un membre du personnel d’un organisme public doit faire preuve de réserve en ce qui a trait à l’expression de ses croyances religieuses dans l’exercice de ses fonctions.

 

SECTION II

RESTRICTION RELATIVE AU PORT D’UN SIGNE RELIGIEUX

 

  1. Un membre du personnel d’un organisme public ne doit pas porter, dans l’exercice de ses fonctions, un objet, tel un couvre-chef, un vêtement, un bijou ou une autre parure, marquant ostensiblement, par son caractère démonstratif une appartenance religieuse.

 

CHAPITRE III

OBLIGATION D’AVOIR LE VISAGE DÉCOUVERT

6. Un membre du personnel d’un organisme public doit exercer ses fonctions à visage découvert, sauf s’il est tenu de le couvrir notamment en raison de ses conditions de travail ou des exigences propres à ses fonctions ou à l’exécution de certaines tâches. »

Donc, si on se fie à ce qui est écrit dans ces articles, aucune personne portant un signe religieux ne peut travailler pour l’État québécois. Qu’importe quelle personne. Mais lorsque l’on écoute attentivement les propos des Pro-charte, les arguments qui reviennent le plus souvent concernent le voile islamique. Plusieurs actions ont été posées pour faire connaître la place de la femme dans l’Islam. Plusieurs musulmanes sont sorties dans les médias et les rues dans le but de manifester contre cette charte. On peut penser, entre autres, aux femmes, musulmanes, et Fémen[11], qui ont été manifesté à l’Assemblée nationale en septembre 2013 et aux manifestations, pro-charte ou non, qui ont eu lieu dans les rues de Montréal et Québec à l’automne 2013[12]. Bref, la Charte a été un sujet sensible qui a touché beaucoup les gens. De plus, cela prouve que le Québec a besoin de s’interroger sur ce qui il souhaite devenir sans négliger les nouveaux immigrants.

Types d’immigrants

Chaque immigrant reçu au Canada et au Québec, l’est, pour une raison ou une autre. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, depuis 1911, la population immigrante augmente sans cesse. En 1911, 7,3% de la population du Québec était issus de l’immigration. Cent ans plus tard, elle était 12,6%. Évidemment, qu’importe la période où l’immigration se fait, plusieurs étapes sont à franchir selon les situations et les périodes sont variables selon le type de demande. Par exemple, pour une demande de résidence permanente au Québec, en octobre 2016[13], le délai peut varier de 6-8 mois (Amérique Latine et Europe) à 46 mois (Iran). Pour les pays d’Afrique, la moyenne tourne autour de 3 ans. Au Fédéral, le processus est beaucoup plus rapide.

Toujours concernant les résidents permanents, selon le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, en 2014, au Québec, le 2/3 des immigrants sont issus de l’immigration économique. Le 1/3 restant se divise en 2 groupes : 22.5% pour le regroupement familial et 9,7% pour les réfugiés. Évidemment, beaucoup de musulmans sont du nombre. Selon le Ministère des Relations avec les citoyens et Immigration (2003), le document du Données sur la population recensée en 2001 portant sur la religion démontre qu’entre 1991 et 2001, la population musulmane a plus que doublée. En effet, elle est passée de 45 000 à 109 000 en l’espace de 10 ans. Déjà à cette époque, le nombre de musulmans dépassait le nombre de juifs. Pour le Québec, en 2001, l’écart était d’un peu moins de 20 000 personnes (90 000 pour les Juifs contre 109 000 pour les musulmans). Ce qui n’était pas le cas en 1991. Le phénomène est similaire pour le reste du Canada. En 2011, la différence est encore plus marquée. Pour le Canada, il y a 1 053 945 musulmans, nés ici ou immigrants, contre 329 500 juifs. Pour le Québec, 243 430 citoyens se sont définis comme musulmans et 85 105 comme juifs. Les autres religions sont beaucoup moindres dans tous les cas.

Quel type d’intervention favoriser?

Quelques définitions

L’idée préconçue de l’Islam veut que le musulman soit un Arabe. Comme il a été vu dans la partie concernant l’histoire de la migration musulmane, l’Islam est une religion universelle. Il y a des musulmans de toutes origines et les Arabes représentent seulement environ 20% de la population. Comme l’a dit le Prophète lors de son dernier sermon :

« Toute l’humanité descend d’Adam et Eve. Un Arabe n’est pas supérieur à un non-Arabe et un non-Arabe n’est pas supérieur à un Arabe. Un blanc n’est pas supérieur à un noir et un noir n’est pas supérieur à un blanc – seulement par la piété et la bonne action. Sachez que chaque Musulman est le frère de chaque Musulman et que les Musulmans constituent une fraternité.»

En effet, selon le Pew Research Center en 2010, 49 pays ont une majorité de population musulmane. Ce qui veut dire différentes manières de vivre l’Islam, plusieurs identités, plusieurs manières d’interprétations. Lorsqu’un immigrant musulman pratiquant arrive dans une nouvelle terre d’accueil, il n’est pas seulement confronté au racisme, mais à devoir géré des situations inexistantes dans son pays d’origine. Non seulement sur le plan social, mais sur le plan spirituel. L’inverse est le même pour quelqu’un qui se convertit à l’Islam. La thèse de Juliette Galonnier repose justement sur le phénomène des reconversions. Dans un vidéo intitulé Tous converti? elle a dit que pour beaucoup de musulmans de naissance, un converti sera toujours un converti et non un musulman. Ou bien idolâtrer en raison du fait qu’il fait tel ou tel acte. L’inverse est aussi vrai. Un Québécois peut insulter un autre Québécois en raison de sa religion, pensant qu’il est forcément arabe, comme lui demander de quel pays il vient! Selon Galonnier les convertis sont des êtres différents des musulmans de naissance. Pourquoi? Parce que la notion d’identité est remise en cause.

Mais qu’est-ce que l’identité musulmane? Doit-elle absolument passer par l’origine ethnique ou le simple fait de faire son attestation de foi suffit?  Les musulmans doivent, à la base, non seulement croire sincèrement en un Dieu unique, mais aussi se fier au Coran et à la souna. Mais le plus important est de comprendre et d’appliquer sa religion, donc de rechercher, d’apprendre ainsi que se perfectionner constamment et selon ses capacités. Est-ce que cela empêche d’être autre chose? Non. Comme mentionné dans la citation plus haut, dans l’Islam, tout le monde est égal, qu’importe ce à quoi il ressemble. Et ce n’est pas parce qu’on est musulman de naissance qu’on est forcément meilleur qu’un converti et vice et versa. Et que dire de l’identité québécoise? Est-ce que pour être québécois, il faut être blanc et parler que le français? Quelqu’un de moindrement conscient de l’histoire du Québec sait pertinemment que l’immigration a une place importante dans l’histoire de la province. Que non seulement les Français sont venus, mais qu’il y avait déjà présence d’homme avant leur arrivée en Amérique. Qu’il y a eu non seulement les Britanniques qui sont venus par la suite s’établir, mais aussi les Irlandais. Ce qui fait du Québec, une société métissée depuis des siècles.

Si on paraphrase un passage d’Identité Meurtrière d’Amine Maalouf, chacune des appartenances que l’être humain possède le relie à un certain nombre de personnes. Plus il y en a, plus l’identité individuelle se précise, donc moins de liens avec les autres. Par exemple, quelqu’un se dit uniquement musulman à beaucoup plus d’affinités que s’il rattache une ethnie à sa composite de base. L’humain est, à la base, fondamentalement différent malgré ses nombreuses ressemblances. Selon Maalouf, « ceux qui pourront assurer pleinement leur diversité serviront de ‘‘relais’’ entre les diverses communautés, les diverses cultures et joueront en quelque sorte le rôle de ‘‘ciment’’ au sein des sociétés où ils vivent. » Mais quand des musulmans de diverses origines se rencontrent en un même endroit, cela peut parfois causer des frictions, car les cultures ne sont pas les mêmes.

Mais qu’est-ce que la culture? Selon Geert Hofstede, il s’agit d’une «programmation mentale acquise très tôt dans l’existence et partagée par les membres d’une même nation.»  Pour Philippe d’Iribane, «la culture est un contexte, elle fournit un référentiel de sens: ‘‘Une culture nationale ne se réduit pas à une collection de dimensions indépendantes. Elle correspond à un ensemble de traits possédant une certaine cohérence.’’»  En fait, la culture est ce qui fait que des gens se relient entre eux, que ce soit des points communs ou des références similaires. Pour Jean-Pierre Dupuis, professeur titulaire en gestion des Hautes Études commerciales de Montréal, les cultures sont en mouvance permanente. Elles sont donc appelées à changer continuellement autour d’un point central. Dans son texte L’analyse interculturelle en gestion : décloisonner les approches classiques[14],  il mentionne que « [les] connaissances interculturelles servent à nous faire connaître les cultures et, par la même occasion, à nous aider à les comprendre, et surtout à comprendre les attitudes et les comportements des personnes à qui appartiennent ces cultures.»

L’aspect positif de ces rencontres culturelles est bénéfique sur plusieurs points. La rencontre de personnes issues de deux milieux complètement différents peut être une source d’apprentissages personnels et collectifs. Par contre, l’inverse existe aussi. Les personnes immigrantes ont leurs lots de difficultés. Elles font face aux préjugés et sont souvent discriminées. Dans son Lexique du racisme, Micheline Labelle, de l’Université du Québec à Montréal, dit que « les préjugés ne se résument pas à la négativité et à l’hostilité. Ils peuvent être louangeurs, comme l’ont montré diverses enquêtes. Mais ce caractère laudatif se révèle finalement être l’envers de la médaille de la négativité.»  Toujours selon Labelle, la discrimination, quant à elle,

 « [à un caractère raciste qui] renvoie à des actes et des pratiques sociales concrètes. [Elle] impose un traitement dans divers domaines de la vie sociale sur un mode qui infériorise, entrave l’égalité et la participation dans [diverses institutions]. [Elle] suppose […] un enfermement dans des niches économiques du marché secondaire du travail et de l’économie informelle […] ou encore un plafonnement dans des segments favorisés du marché du travail. […] Elle s’exerce de diverses manières selon les contextes et la spécificité des cibles du racisme.»

Solutions proposées

Dans le livre Gestion en contexte interculturel, le texte[15] d’Eduardo Davel, professeur de gestion à la Télé-Université, et de Philip D. Ghadiri, candidat au doctorat en administration à la Judge Buisness School de l’Université de Cambridge, plusieurs solutions et stratégies sont intéressantes. Ils partent d’emblée avec les défis de la gestion en milieu interculturel. Au nombre de trois, ces défis démontrent que ce milieu est en pleine croissance. La migration étant plus présente et de plus en plus diversifiée, elle demande à être ajustée. Auparavant, l’immigration était surtout européenne, maintenant, le Québec accueille des gens de cultures totalement différentes des unes des autres. Forcément, la terre d’accueil doit s’interroger sur la manière de parler aux immigrants et sur la façon de les intégrer à une société différente de celle d’origine. Un défi de taille est aussi lié aux enjeux politiques liés au nouveau visage de la société.

Une stratégie proposée par Davel et Ghadri est une méthode proactive avec une approche d’apprentissage. L’accent est mis sur les différences comme source d’enseignement et encourage un travail individuel et organisationnel à long terme. Elle favorise « l’inclusion de la diversité dans l’évolution de l’organisation.» En fait, il s’agit d’utiliser les ressources acquises à l’étranger et les mettre à profit dans un espace de travail distinct. Elle permet donc à ceux n’ayant jamais quitté le pays d’apprendre et de diversifier leurs techniques travail. Les gens issus de l’immigration musulmane sont plus éduqués que la population locale, il serait donc pertinent de les intégrer dans des milieux de vie qui leur permettraient non seulement de pouvoir combler leurs besoins de base, mais être un vecteur de changement social. Pour cela, il faut donner aux immigrants musulmans, groupe marginalisé, les outils nécessaires à la reconnaissance des acquis ou de promouvoir la création d’emplois.

De plus, plusieurs immigrants musulmans ont eu des enfants nés au Québec. La deuxième, voire la troisième génération, est en ce moment sur les bancs d’école. Dans le cours d’éthique et culture religieuse, on apprend dès le plus jeune âge à réfléchir sur soi et aussi sur les autres. Bien avant la réforme et l’apparition de ce cours, les religions enseignées étaient exclusivement la catholique ou la protestante. Si on était d’une autre religion, il fallait aller dans le cours d’enseignement moral. Ce qui créait une division entre les jeunes. Actuellement, le cours offert dans les écoles favorise l’ouverture d’esprit et la connaissance de l’autre par le dialogue et la réflexion. Ce qui favorise le vivre ensemble. Les jeunes musulmans, qu’importe sa génération, doivent aussi apprendre à réfléchir sur sa place en tant qu’individus, car même né au Québec, il sera un immigrant. Lorsqu’on se retrouve avec une double identité, il y a beaucoup de questionnements et le fait de pouvoir réfléchir et d’exposer son idée aux autres, permet aussi de bien se connaître.

Comme le confirme la lecture du texte Apprendre à «vivre ensemble» par la pratique du dialogue[16] de Mireille Estivalèze, il est possible de constater que trois composantes sont nécessaires à ce principe. La première implique la capacité d’avoir une démarche réflexive et d’organiser sa pensée. La deuxième consiste à exprimer son point de vue en ayant des preuves et des arguments justes tout en étant à l’écoute du point de vue des autres. La dernière composante permet d’être capable de choisir des sources appropriées, de s’interroger et, ensuite, de former une idée tout en ayant en tête les interrogations et objections des autres. Ce travail par composante se fait au secondaire, au moment où l’adolescent est capable d’articuler une pensée et d’apprendre à nuancer ces propos.

Étant donné que l’arrivée massive des immigrants musulmans est récente, la dynamique de la société n’est plus la même qu’il y a 30 ans. Il n’y a pas si longtemps, on ne voyait pas de musulmans dans la ville de Québec. Ce que l’on voyait c’était des enfants adoptés qui venaient soit, pour la plupart, d’Haïti ou de la Chine. Ayant grandi en région, voir un quelqu’un d’une autre couleur était un événement en soi. Surtout que les références de l’époque c’était, par exemple, Vision Mondial, et la Course destination autour du monde. Cela permettait de voir ce qui se passait ailleurs, mais pas forcément enrichissant au point de vue personnel.

L’immigration massive au Québec permet d’apprendre plus davantage sur le côté humain, en étant en communication avec les nouveaux arrivants. Oui, il y a les conventions sociales qui sont différentes, mais on peut aussi apprendre sur la géographie, l’histoire, la gastronomie, les langues, etc. En plus, tout dépend du type de personnalité de chaque être humain, il y a forcément une remise en question qui se fait. Cela peut être positif, car il y a des changements qui peuvent s’opérer. Le résultat ne sera jamais le même, car nous sommes tous différents, mais en ce qui a trait à l’immigration musulmane, il est clair qu’un impact y est associé. Au cours des dernières années, il y a beaucoup de conversions qui se font. Majoritairement, les femmes se convertissent davantage. Pourquoi? Les histoires sont similaires pour la grande majorité : elles ont rencontré des musulmans. Par la suite, des recherches se sont faites pour aboutir à la conversion.

La confrontation se fait principalement lorsque les valeurs semblent être différentes. Comme celles de l’Islam par rapport à la société occidentale actuelle. Pourtant, il y a énormément de ressemblances entre les deux, mais il y a un manque de communication pour qu’il y ait compréhension. Il y a donc une importance d’instaurer, non seulement un dialogue entre les différentes communautés musulmanes et les différentes instances, mais aussi de passer à l’action. Les gestes ne doivent pas seulement venir de la société d’accueil, mais aussi des immigrants. Le travail doit se faire des deux côtés. Forcément, si les immigrants, principalement les musulmans, s’impliquent au niveau des différentes instances, que c’est communautaire, politique, scolaire, au travail, etc. Il est important qu’il y ait une place pour les musulmans dans la société actuelle. Pas seulement en apparence, mais réellement.

Mais par chance, un point positif que nous avons actuellement au Québec, c’est que les générations actuelles sont plus favorables aux découvertes des autres. Les jeunes d’aujourd’hui sont prêts à voyager avec un sac à dos et à aller sur le terrain, de poser des questions à faire en sorte de faire des liens entre ce qu’ils connaissent et la nouveauté. La jeunesse actuelle n’est plus centrée sur elle-même comme l’étaient celles d’avant. Elle passe à l’action et beaucoup plus respectueuse envers la différence. Ce qu’il est possible d’apprendre des autres est immense. Lorsque, en tant qu’individu, on a vécu un dépaysement quelconque, on est plus réceptif à ce qu’un immigrant peut vivre. On ne peut pas forcément tout comprendre, mais on peut avoir une idée.

Ce qui est important, c’est de créer un climat constructif entre les différentes cultures. Toujours selon Davel et Ghandiri, en favorisant l’écoute active et une communication efficace entre les différentes parties, les relations entre elles seront meilleures. Cela permettrait de voir, les différences entre elles, mais surtout leurs similitudes. Dans leur texte, il est question d’une évidence de la vie de tous les jours, mais aussi lors de relations avec les immigrants. Elle est de Fisher et Brown[17] et elle en va ainsi : «si l’on parvient à changer d’attitude envers l’autre et à adopter une orientation constructive, alors l’autre sera progressivement porté à changer aussi.»

Bibliographie

Internet

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B-Doiun http://www.le-bdouin.com/identite-nationale/, vu le 19 octobre 2016;

Centre justice et foi : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2449, vu le 19 octobre 2016;

Ensemble… pour le respect de la diversité : http://www.ensemble-rd.com/discrimination/discrimination-au-canada/la-loi-sur-l-exclusion-des-immigrants-chinois/la-construction-du-chemin-de-fer-du-canada-pacifique, vu le 10 octobre 2016;

Gouvernement du Canada, http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/const/page-15.html,  vu le 20 octobre 2016;

Havre du savoir, http://havredesavoir.fr/le-dernier-sermon-du-prophete-mohamed-sws-au-mont-arafat/, vu le 23 octobre 2016;

Immigration Québec : https://www.immigrantquebec.com/immigration-quebec-delais-traitement-dossiers-octobre-2016/, vu le 20 octobre 2016;Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion : www.midi.gouv.qc.ca, vu le 23 octobre 2016;

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Pew Research Center : http://www.pewforum.org/2011/01/27/table-muslim-population-by-country/, vu le 23 octobre 2016.

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Sajidine : http://www.sajidine.com/prophete/sa-parole/ahadiths/actes.htm, vu le 19 ocobre 2016;

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Livres

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CORAN al-tajwid avec traduction des sens en français avec les concepts et thèmes principaux (2010) Damas, Syrie. Dar Al-Maarifah. 1264 p.;

BOUCAHRD, Gérard et Charles Taylor (2008) Fonder l’Avenir, le temps de la conciliation. Québec. Gouvernement du Québec. 309 p.

DAVEL, Edouardo, Jean-pierre DUPUIS et Jean-François CHALAT (2008) Gestion en contexte intercultruel, approche, problématiques, pratiques et plongées. Québec, Presses de l’université Laval, 472 p.;

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC sous la direction de Bernard Drainville (2013) Projet de loi 60 Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement. Québec. 24 p.

MINISTÈRE de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (2014) Population immigrée au Québec et dans les régions en 2011 : caractéristiques générales Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 Données ethnoculturelle. Gouvernement du Québec. 125 p.;

MINISTÈRE des relations avec les citoyens et Immigration (2003) Données sur la population recensée en 2001 portant sur la religion. Gouvernement du Québec 10 p. ;

LABELLE, Micheline (2006) Un lexique du racisme, Étude sur les définitions opérationnelles relatives au racisme et aux phénomènes connexes. Montréal, CRIEC, UQAM, 49 p.;

MAALOUF, Amine (1998) Les identités meurtrières. Paris, Grasset. 211 p.;

Mc Andree, Marie, Maryse Potvin et Corina Borri-Anadon (2013) Le développement d’institutions inclusives en contexte de diversité. Québec, Presses de l’Université du Québec. 234 p.;

TRUDEL, Marcel et Micheline D’Allaire (2004) Deux siècles d’esclavage au Québec suivi du Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français sur CD-ROM. Montréal Hurtubise HMH. 405 p.

Articles de journaux

HUFFINGTON POST, Des manifestantes aux seins nus à l’Assemblée nationale http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/01/des-manifestantes-aux-seins-nues-a-lassemblee-nationale_n_4024844.html, vu le 2 décembre 2016;

MONTPETIT, Caroline (12 février 2007)  Hérouxville et les musulmans : quelques pas vers le dialogue http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/130867/herouxville-et-les-musulmans-quelques-pas-vers-le-dialogue, Journal Le Devoir, vu le 30 novembre 2016;

RADIO-CANADA, Genèse de la commission, http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/366258/bouchard-taylor-accueil, vu le 30 novembre 2016;

RADIO-CANADA, Hérouxville accusée d’incitation à la haine,  http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/339640/poursuites-herouxville , vu le 30 novembre 2016;

RADIO—CANADA. Manifestation à Québec contre la Charte des valeurs québécoises, http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/633263/manifestation-quebec-charte-valeurs, vu le 2 décembre 2016;

TANGUAY, Sébastien, L’islam et le rêve américain, Métro, Montréal, 15 septembre 2016;

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/366258/bouchard-taylor-accueil.

Autres documents

Carrefour le Moutier (2016) Les différents statuts d’immigration. Document reçu en classe en août 2016. 2 p.;

Notes de cours manuscrite d’Hélène Mayrand, cours Flux Migratoire PMI 701 le 23 octobre 2016;

GALONNIER, Juliette (2016) Tous convertis? The muslim think tanks. Vidéo. Disponible sur différentes plateformes web.

YOUTUBE, RBO, bye, bye 2007, Hérouxtiville, la tite ville intolérante, https://www.youtube.com/watch?v=MmIp7c-MatM, vu le 2 décembre 2016.

[1] Statistiques Canada : https://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-010-x/99-010-x2011001-fra.cfm, vu le 19 octobre 2016

[2] TANGUAY, Sébastien, L’islam et le rêve américain, Métro, Montréal, 15 septembre 2016

[3] Hâdith rapporté par AI-Bukhârî et Muslim.

[4] RADIO-CANADA, Genèse de la commission, http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/366258/bouchard-taylor-accueil, vu le 30 novembre 2016

[5] YOUTUBE, RBO, bye, bye 2007, Hérouxtiville, la tite ville intolérante, https://www.youtube.com/watch?v=MmIp7c-MatM, vu le 2 décembre 2016.

[6]RADIO-CANADA, Hérouxville accusée d’incitation à la haine,  http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/339640/poursuites-herouxville, vu le 30 novembre 2016

[7] MONTPETIT, Caroline (12 février 2007)  Hérouxville et les musulmans : quelques pas vers le dialogue http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/130867/herouxville-et-les-musulmans-quelques-pas-vers-le-dialogue, Journal Le Devoir, vu le 30 novembre 2016

[8] BOUCAHRD, Gérard et Charles Taylor (2008) Fonder l’Avenir, le temps de la conciliation. Québec. Gouvernement du Québec. P. 17

[9] Idem

[10] GOUVERNEMENT DU QUÉBEC sous la direction de Bernard Drainville (2013) Projet de loi 60 Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement. Québec. Page 6

[11] HUFFINGTON POST, Des manifestantes aux seins nus à l’Assemblée nationale http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/01/des-manifestantes-aux-seins-nues-a-lassemblee-nationale_n_4024844.html, vu le 2 décembre 2016

[12] RADIO—CANADA. Manifestation à Québec contre la Charte des valeurs québécoises, http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/633263/manifestation-quebec-charte-valeurs, vu le 2 décembre 2016

[13] Immigration Québec : https://www.immigrantquebec.com/immigration-quebec-delais-traitement-dossiers-octobre-2016/, vu le 20 octobre 2016

[14] DAVEL, Edouardo, Jean-pierre DUPUIS et Jean-François CHALAT (2008) Gestion en contexte intercultruel, approche, problématiques, pratiques et plongées. Québec, Presses de l’université Laval, pages 73-118

[15] Gestion du personnel multiculturel pages 379-420

[16] Mc Andree, Marie, Maryse Potvin et Corina Borri-Anadon (2013) Le développement d’institutions inclusives en contexte de diversité. Québec, Presses de l’Université du Québec. Pages 99- 115

[17] Fisher, R et S. Brown, Getting together: Building Relationships as we Negociate, New York, Houghton Mifflin, 1988

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